Journée de l’Innovation ESSECParis, le 9 avril 2009 1
Forum ESSEC interdisciplinaire : « Questionnerla crise »
Introduction : Le forum ESSEC interdisciplinaire sur la criseen action
Pierre Tapie, directeur général de l’ESSEC, indique qu’une réflexion collective a été lancée avec lecorps professoral permanent depuis le mois de décembre. Il s’agit de déterminer comment la criseinterpelle l’environnement et d’essayer de trouver des réponses permettant de retrouver laconfiance. Un ouvrage, intitulé
Le leadership responsable
, a été rédigé à ce sujet.L’innovation est l’une des valeurs fondatrices de l’ESSEC. Dans le contexte actuel, elle peut ouvrirdes pistes d’avenir. Néanmoins, Alain Pekar Lempereur, professeur au département Droit etEnvironnement de l’Entreprise, constate qu’elle est aujourd’hui en crise.Il existe trois visions historiques de l’innovation.
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Comme dans le mythe de Prométhée, l’innovation serait exclusivement source de progrès.Evidemment, la crise questionne de manière fondamentale cette vision angélique.
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Le mythe d’Icare renvoie à une approche plus diabolique. Toute tentative de s’éleverdéboucherait immanquablement sur un échec. Les dérives constatées pourraient inciter às’inscrire dans cette vision et à faire preuve d’une prudence excessive qui empêcherait touteprise de risque.
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Une voie médiane, ambivalente, est également envisageable. Comme dans le mythe deSisyphe, il serait possible d’avancer de crises en reprises, avec l’innovation à l’origine descycles.Au cours de l’histoire récente, un certain nombre d’innovations n’ont pas été questionnées. Lafinanciarisation de l’économie ou la mise en place de nouveaux modes de rémunération desdirigeants, comme les stocks options, en sont des exemples. Ces modèles ont été érigés en dogme.Les premiers doutes se sont accompagnés de dénégations et n’ont pas réussi à remettre en cause lafoi dans la toute puissance du système. La situation s’est totalement inversée avec la crise. Lesfailles qui sont apparues ont donné lieu à un pessimisme tout aussi irrationnel que ne l’était jusqu’àprésent la croyance dans la solidité de l’économie et peuvent se traduire par une forte inertie. Or ilfaut au contraire passer dans l’action en conscience. Il est indispensable de repenser les modes defonctionnement et de renouveler les réponses à apporter aux défis actuels.Plusieurs critères permettent de distinguer le bon grain de l’ivraie. Ils reposent sur quelques règlessimples :
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