2
La Feuille bio du LimousinN° 101 mars 2009
La restauration collective bio a le vent en poupe. Et pourcause, elle n’a que des avantages : véritable levier pour la pro‐duction locale, elle permet également de sensibiliser lesconsommateurs de demain à l’environnement, à la biodiversi‐ té, au rapport entre santé et alimentation…et tant d’autreschoses encore. L’Etat a fixé des objectifs et veut montrerl’exemple : atteindre 15% de repas bio en restauration col‐lective d’ici 2012. Les collectivités locales, elles aussi, s’en‐ gagent, notamment à travers la mise en place des Agendas21. Mais est‐ce si simple de proposer des repas bio ? Tout dépend de la cohérence que l’on souhaite donner àsa démarche…Car quoi de plus simple pour un cuisinierque de déballer un sachet de carottes bio en provenanced’Italie et de compter jusqu’à 100 le temps que çachauffe, ou d’inscrire à son menu du 20 décembre desfraises bio « made in Maroc » arrivées en Limousin àcoups de semi‐remorques remplis de gazoil ? Ou encorepour un gestionnaire de signer au bas d’une page undevis qui lui propose des repas « équilibrés » à moins de1€50 par élève, sans se demander comment, à ce tarif,est‐il possible de garantir des produits de qualité et unprix juste au producteur ?C’est pour veiller à cette cohérence que les GAB et lesGRAB de toutes les régions de France font le choixaujourd’hui d’accompagner les plateformes de produc‐ teurs bio locaux qui souhaitent fournir la restaurationcollective. Et les collectivités territoriales y sont parti‐culièrement sensibles car, pour la première depuis trèslongtemps, elles sont pleinement associées au dispositif etsont partie prenante dans le succès de chaque projet aumême titre que les paysans, les transformateurs, les cuisi‐niers, les enseignants… Alors forcément, on ne peut qu’être écoeuré par cette récentecondamnation à plus de 3000€ d’amende de la plateforme Resto Bio Midi‐Pyrénées et du GAB 32. Le GAB 32 accusé d’avoir, en2004 dans le cadre d’un partenariat expérimental avec le ConseilGénéral du Gers, mis à disposition de la plateforme Resto BioMidi‐Pyrénées, à hauteur de 2 jours par mois, ses animateurs fi‐nancés par le Conseil Général pour effectuer les livraisons desrepas bio dans les collèges. Une condamnation d’autant plus révol‐ tante qu’elle n’aurait jamais eu lieu sans une lettre de dénoncia‐ tion pour « concurrence déloyale », adressée à la DGCCRF parune structure nationale leader dans le domaine de la restaurationcollective bio, qui voyait d’un mauvais
œ
il arriver toutes ces peti‐ tes plateformes de producteurs locaux qui, elles, s’attachaient àne pas oublier que commerce peu rimer avec développement localet économie solidaire.Surtout qu’aujourd’hui, 5 ans après, et alors que le verdict vientseulement de tomber, cette même structure nationale démarcheles collectivités en se vantant de travailler avec les producteurslocaux, voire même en partenariat avec leurs GAB et leurs GRAB. Ben voyons ! Quand on sait que cette entreprise propose des to‐mates bio en plein mois de décembre aux collégiens corréziens, onest à la limite du dépôt de plainte pour propos mensongers, etutilisation abusive de l’image des producteurs bio, de leur savoir‐faire, et de la notoriété de leurs groupements auprès des collecti‐ vités locales !
Mikaël Guerreiro
(GABLIM et Manger Bio Limousin ont décidé de manifester leur soutien au GAB 32 et à Resto Bio Midi-Pyrénées en ver- sant une contribution de soutien. Si vous souhaitez vous y associer, contactez GABLIM)
Bio fliquesse, bio petitesse, bio promesse, bio tris‐tesse…une gamme complète !
Après l’annonce en septembre du plan Ecophyto 2018 –quivise la réduction de 50% de l’usage des pesticides d’ici 10 ans,l’adoption du paquet Pesticides par le Parlement européenen janvier dernier signe le renforcement du contrôle deleur usage. Il était temps. Surtout en France, premierconsommateur de pesticides en Europe (77.300 tonnesutilisées en 2007, soit plus de 5 kg/ha/an).C’est dans ce contexte qu’est né l’Observatoire des rési-dus de pesticides (ORP) en 2001, à l’initiative des 4ministères chargés de l’écologie, de la santé, de l’agri-culture et de l’économie. L’ORP a pour mission decaractériser les expositions aux pesticides de la popu-lation et des écosystèmes en exploitant les donnéesexistantes, et d’identifier les besoins de recherchecomplémentaires. Coordonné depuis 2005 parl’Agence française de sécurité sanitaire de l’envi-ronnement et du travail (Afsset), l’ORP ras-semble 25 agences sanitaires, instituts, et orga-nismes de recherche.Le premier plan d’actions (2006-2008),doté d’un budget de 4 millions d’euros etstructuré autour de 22 actions, s’achève, etdes constats et propositions ont déjà puêtre établis. En premier lieu, des listes prioritaires en fonction desmilieux ont été créées, totalisant 70 substances. Ensuite, plusieurs travaux ont permis de mettre en lumière la présence de pesticidesdans des milieux jusqu’alors peu investigués, comme celle du lin-dane, un insecticide interdit depuis 1998, dans 100% des échantil-lons de sols analysés dans le cadre d’une étude menée sur le grandnord de la France, ou encore celle d’importants dépôts aériens depesticides dans la mer et sur le littoral. Parmi les autres résultatsmarquants figurent ceux d’une étude de l’Afssa sur l’expositionaux pesticides via des aliments réellement consommés, c'est-à-direaprès préparation ou cuisson, et qui conclut que la transformationdes produits ne fait pas disparaître les résidus.Le deuxième plan d’actions (2009-2011), organisé autour de 27actions, prévoit notamment la mise en place d’un dispositif desuivi quantitatif des pesticides utilisés, ainsi que d’études permet- tant de caractériser l’exposition réelle des Français, par l’analyse depesticides dans le sang, les urines ou les cheveux. L’approche régio-nale est également mise en avant afin de faciliter les échanges surles bonnes pratiques et d’intégrer les spécificités agronomiques etclimatiques des territoires. Enfin, un système d’information géo-graphique regroupant les données sur les résidus de pesticides,complétant ainsi la carte interactive mise en ligne en 2007.
(source : Le Journal de l’Environnement du 13/03/2009)
Plan Ecophyto 2018 : où en est l’observatoire des pesticides ?
TrbuLibe
L e S a v i e z - v o u s ?
Leave a Comment