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 LA DERIVATION FRACTIONNAIRE
Essai de vulgarisation, d'après :
Use of Fractional Derivativesto express the Properties of Energy Storage in Electrical Networks
(1982)Rapport édité par les Laboratoires de Marcoussis, route de Nozay, 91460, Marcoussis, France.Les pages suivantes ont été publiées dans le magazine
QUADRATURE 
n°40, pp.10-12, octobre 2000Edité par EDP Sciences, 17 av. du Hoggar, PA de Courtaboeuf, 91944 Les ULIS, Francehttp://www.edpsciences.org/quadrature/ 
 
 Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24-05-2000
1
 
LA DERIVATION FRACTIONNAIRE
Jean Jacquelin
1. Un vieux paradoxe !
Croyez-vous que les mathématiciens se contenteraient de faire subir à une brave ethonnête fonction
 f(x)
des dérivations successives ...,...,,,
22
nn
dx f dx f dxdf 
?Ce serait bien mal les connaître !De même que "la Nature a horreur du vide", "le Mathématicien a horreur du discontinu".Alors, n'existe-t-il vraiment rien entre
nn
dx f 
et
11
++
nn
dx f 
?Il faut remonter à 1695 pour trouver dans une lettre de G. W. Leibniz à G. A.L'Hospital la mention d'une différentielle fractionnaire
1/2
 x
, qualifiée de "
 paradoxeapparent 
", d'où le titre de cette préface.Dès le 18
ième
siècle, les prémices du concept de dérivation fractionnaire, c'est-à-dired'un opérateur de dérivation de degré non entier, apparaissent dans des écrits de L. Euler, deJ.L. Lagrange et, au début du 19
ième
siècle, avec P. S. Laplace et N. H. Abel.Les avancées les plus marquantes sont celles de J. Liouville dans ses multiplesmémoires à l'Ecole Polytechnique entre 1832 et 1835, puis la contribution de B. Riemann en1847, faisant que les noms de ces deux mathématiciens restent attaché à la fameusetransformation que nous rappellerons plus loin.Les développements ont été nombreux depuis lors. La très intéressante compilationréalisée par le Pr. Ross et publiée dans [1], outre sa valeur historique, montre la diversité etl'importance des applications récentes. La présente et trop succincte introduction doitbeaucoup à cette bibliographie.
2. La transformation de Riemann-Liouville
 Sous sa forme généralisée, la transformation de Riemann-Liouville [2], [3], que nousidentifions à l'opérateur de dérivation fractionnaire de degré (
 ν
), s'exprime par :
( )
∫ 
+
Γ =
 xa x f  x f dx
1
)()(1)(
ν ν ν 
 χ  χ  χ ν 
(1)Nous donnerons plus loin un "aperçu" de la justification de cette formule.Comme nous allons le voir maintenant, l'opérateur (1) s'étend aux dérivations de degrénégatif, ce qui l'identifie alors à une intégration fractionnaire de degré
 µ 
=
-
ν 
.
 
 Jean Jacquelin, "LA DERIVATION FRACTIONNAIRE", 24-05-2000
2
 
3. L'intégration fractionnaire
Considérons (
m
) intégrations successives d'une fonction
 f(x)
. La formule de Cauchy[4] donne le résultat sous la forme d'une unique intégrale :
 χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ 
 χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ  χ 
 f  xm f 
m xmmmmm xmm
)()( !)1( 1...)(...
101211 210132021010
==========
=
∫ ∫ ∫ ∫ ∫ 
 Sachant que
)(!)1(
mm
Γ =
, de là à remplacer
m
, entier, par
 µ 
, réel, il n'y a qu'un pas quenous franchirons allègrement, sans plus nous préoccuper de bien des contingences ! Ainsidonc, l'intégrale de degré
 µ 
se présenterait sous la forme suivante:
 χ  χ  χ  µ  χ  χ  χ  µ  χ  χ  µ 
 µ  µ  µ 
 x f  x f  x x f  x
11
)()(0)(1)()( 0)(1)()( )(0
+
Γ =Γ =
    
∫ ∫ ∫ 
 Oh, merveille ! nous retrouvons l'opérateur de dérivation fractionnaire (1) avec ledegré (
-
 µ 
)
au lieu de (
 ν
). C'est dire que l'intégration n'est autre que la dérivation avec undegré de signe contraire et réciproquement.Ceci fait que le nom de "
differintégration
" est parfois, et à juste titre, employé.
4.
Justification sommaire
Les premières justifications de l'identification l'opérateur de dérivation fractionnaire àla transformation de Riemann-Liouville ont été apportées en travaillant sur le développementen série de Taylor de
 f(x)
. C'est un exercice délicat de passage aux limites dans le cas
 ν
>-1,plus aisé dans le cas le l'intégration fractionnaire proprement dite. Contentons nous d'une"vérification" formelle et triviale, dans le cas le plus simple, soit
 µ 
>1 : La dérivation, au senshabituel, de (1) par rapport à
 x
donne (avec
 ν
=-
µ
) :
( )( ) ( )
χ  µ  χ  χ  χ  µ  µ  χ  χ  χ  µ 
 µ  µ  µ 
 x f  x x  xa f  x xa x f dx
)()(1)()(1)()(1
121
+
Γ +Γ =
    
Γ 
∫ ∫ 
 
( ) ( )
∫ ∫ 
++
Γ =
    
Γ 
 xa x f  xa x f dx
21
)())1(1)()(1
 µ  µ 
 χ  χ  χ  µ  χ  χ  χ  µ 
(2)En effet, la fonction Gamma a la propriété suivante: )1()1()(
Γ =Γ 
µ  µ  µ 
et il n'y a aucuneambiguïté sur 0)(
1
=
 µ 
 x x
pour
 µ 
>1.Ainsi, on voit dans (2) que la dérivation simple ne modifie pas la forme de l'expressionet remplace simplement
 µ 
par (
 µ 
-1), ce qui montre la récursivité de l'opération.
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