• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
 
ZERO PUISSANCE ZERO
Jean Jacquelin
ZERO TO THE ZERO
TH
POWER
Translated by
Sam Schiavone
Les pages suivantes ( 2 à 6 ) ont été publiées dans le magazine
QUADRATURE 
n°66, pp.34-36, octobre 2007Edité par EDP Sciences, 17 av. du Hoggar, PA de Courtaboeuf, 91944 Les ULIS, Francehttp://www.edpsciences.org/quadrature/  The English version (pages 7-11) was first publishd in
Physics Furums
, June 4-2011 :http://www.physicsforums.com/showpost.php?p=3337721&postcount=59 
Acknowledgement
Je remercie vivement Dr. S. Schiavone pour la traduction bénévole qui, non seulementrespecte scrupuleusement le contenu mathématique, mais aussi restitue au mieux les quelquesdigressions humoristiques.
 
 
Jean Jacquelin,
 ZERO PUISSANCE ZERO
, 20 septembre 2006. Updated : June 6, 2011
2
ZERO PUISSANCE ZERO
Jean Jacquelin
1. Prologue :
Sans doute, n’avez-vous jamais vu le monstre du Loch Ness. Par contre, il serait fortétonnant que celui du Power Less ne vous soit jamais apparu, au détour d’un exercice, ouqu’un étudiant curieux vous ait posé la question, ou encore qu’un autre, moins bienintentionné, ait cherché à vous mettre dans l’embarras.On ne compte plus les apparitions du
monstre du Power Less
sur la toile, dans lesforums de mathématiques, où il ne cesse de refaire surface, donnant lieu à des questionstoujours renouvelées et à de sempiternelles controverses.Mais quel est donc ce serpent de mer ? Ce n’est pas
00
, trop bien connu maintenant.Eh oui, il s’agit d’un de ses descendants, l’étrange 0
0
, le zéro puissance zéro.Certains diront que 0
0
est indéterminé. Quelques-uns pensent que 0
0
=0 dans certains cas.D’autres déclareront que 0
0
=1, ou plus prudemment que cette égalité est une « convention
 
».Mais, s’il s’agissait seulement d’une convention et non pas d’une propriété générale etdémontrée, comment savoir dans quel contexte elle reste valide ?
2. Le point de vue des ensemblistes :
Considérons deux ensembles N et M comportant respectivement
n
et
m
éléments(cardinal(N)=
n
et cardinal(M)=
m
). Le cardinal de l’ensemble des applications de N vers M(c'est-à-dire le nombre d’applications) est égal à
m
n
.Dans le cas très particulier où
n
=
m
=0, il s’agit de l’application de l’ensemble vide verslui-même, ce qui fait donc une seule application. Conclusion : 0
0
=1.Encore que ce ne soit pas très intuitif ! Néanmoins, c’est logique et cohérent dans lescalculs d’analyse combinatoire, entre autres.Ainsi, dans ce contexte, 0
0
=1 est plus qu’une convention, c’est une égalité démontrée.
3. Un point de vue algébrique élémentaire :
Etant donné un réel
 x
différent de 0 et un entier
n
>0, que signifie
 x
n
? Chacun a apprisen son temps que
 x
n
est obtenu en multipliant
 x
par lui-même
n
fois de suite :
 x
n
=
 x*x*…*x
, dans laquelle
 x
apparaît
n
fois (sous-entendu : dans le membre de droite).Soit
m
entier pouvant être égal à 0. D’après ce qui vient d’être vu,
 x
(
n+m
)
=
 x*x*…*x
,dans laquelle
 x
apparaît (
n+m
) fois, ce qui est correct puisque (
n+m
)>0. On peut scinder cettesuccession de
 x
en deux : l’une (
 x
n
) qui en comporte
n
et l’autre (
 x
m
) qui en comporte
m
. Cette
 
 
Jean Jacquelin,
 ZERO PUISSANCE ZERO
, 20 septembre 2006. Updated : June 6, 2011
3dernière pouvant n’en comporter aucun dans le cas
m
=0. Sa valeur, (alors formellement écrite
 x
0
) est donc nécessairement égale à 1 puisque l’on a dans ce cas : (
 x
n
)= (
 x
n
)* (
 x
0
)= (
 x
n
)* (1).Conclusion :
 x
0
=1.On serait tenté d’étendre le raisonnement à
 x
=0, au quel cas on aurait 0
0
=1. Mais sil’on revient au début de ce paragraphe,
 x
n
étant obtenu en multipliant
 x
par lui-même
n
fois desuite et dans le cas
 x
=0, on a 0
1
=0, 0
2
=(0*0)=0, etc, 0
n
=0 et cette fois, ce serait 0
0
=0 auquelon s’attendrait !L’origine du dilemme, 0
0
=1 ou 0, tient clairement dans la définition élémentaire de
 x
n
, « obtenu en multipliant
 x
par lui-même
n
fois de suite », qui dans le cas
n
=0 conduit à unaphorisme dénué de sens : «
x
0
est obtenu en multipliant
 x
par lui-même 0 fois de suite ». Queveut bien pouvoir dire «multiplier zéro fois de suite » ?Certes, on a vu que l’on peut étendre la définition à
 x
0
=1 , avec
 x
différent de 0, ce quin’est donc pas une convention, mais une égalité démontrée dans ce cas. Par contre, pour
 x
=0,la convention pourrait être aussi bien 0
0
=0 que 0
0
=1.
4. Point de vue topologique :
L’idée est de définir, si possible, 0
0
en tant que limite d’une fonction à deux variablesréelles
 x
et
 y
, en les faisant tendre vers 0. On considère donc la fonction :
( )
(,)expln()
 y
 fxyxyx
= =
avec
 x
>0.- Dans le cas
 y
=0, on a :
 x
0
=exp(0)=1.- Dans le cas
 y
>0 si l’on fait tendre
 x
vers 0,
 y
.ln(
 x
) tend vers
−∞
et
 x
 y
tend vers 0.- Dans le cas
 y
<0 si l’on fait tendre
 x
vers 0,
 y
.ln(
 x
) tend vers
+∞
et
 x
 y
tend vers
+∞
.On voit déjà que, selon que
 y
est nul ou pas et dans ce cas selon le signe de
 y
,l’hypothétique limite 0
 y
n’est pas toujours la même. Elle saute de 0 à
+∞
lorsque
 y
passe denégatif à positif. Mais elle passe par
 x
0
=1 pour y=0, ce qui laisse supposer que 0
0
=1.Cette conjecture se renforce en constatant qu’avec
 y
=
 x
, la limite de
 x
 x
=exp(
 x
.ln(
 x
)) est1 lorsque
 x
tend vers 0, car (
 x
.ln(
 x
)) tend vers 0.Par les exemples précédents, on serait donc tenté de croire que la limite est toujours0
0
=1. Mais ce n’est pas si simple. La limite dépend aussi de la façon dont on fait tendre
 x
et
 y
 vers 0, soit indépendamment l’un de l’autre, ou simultanément. Par exemple considérons lafonction :
( )
( )
( )
( )
( )
2/ln()
()exp2/ln()ln()exp2
 x
 fxxxx
= = =
 Lorsque
 x
tend vers 0, l’exposant
 y
=2/ln(x) tend vers 0. Donc, à la limite, 0
0
=
e
2
.
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...