L’écho des Amériques
N°1 Mars 2009
La face cachée de l’immigration choisie
D’après le Rapport 2008 sur l’état de la migrationdans le monde
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, il existe à l’heure actuelle plus de200 millions de personnes en état migratoire. Ettoujours dans le même rapport, il est estimé quependant les quatre prochaines décennies il y aurasuffisamment de travailleurs migrants du mondeen développement pour satisfaire les besoins enmain d’œuvre des pays développés. Or, si l’onobserve les politiques migratoires de ces pays,depuis au moins les vingt dernières années onassiste à une sélectivité dans l’immigration, baséesur des principes en apparence économiques:c’est ce que politiciens et sociologues appellent« immigration choisie ». Ce choix desgouvernements, à accepter ou refuser l’entrée àtel ou tel groupe particulier, est devenu un desgrands débats de société, tant en Europe qu’auxÉtats-Unis : quels sont les manifestations et lesfondements de l’immigration choisie ?
La fuite des cerveaux : refuser au Tiers-Mondele droit au développement
Selon une interview de 2006 réalisée par leJournal Marianne
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à l’ex-Président de laCommission de l’Union Africaine, Alpha Oumar,« Chaque année, plus de 25000 diplômés, danstous les domaines, quittent l’Afrique. » L’exemplede l’Afrique, un continent très touché par la fuitedes cerveaux, (de l’anglais
brain drain
), est assezreprésentatif de ce phénomène qui consiste àattirer vers un pays développé des travailleurshautement qualifiés (recherche, industrie depointe) ou des étudiants méritoires, de nations oùles options professionnelles sont moindres. Celapermet d’augmenter le rayonnement scientifiqueou culturel du pays d’accueil. Ces « fuites decerveaux » peuvent avoir des effets dévastateursdans bien des pays, comme c’est le cas del’Afrique, où, faute de possibilités économiques ouacadémiques, ses États perdent la minorité de jeunes éduqués, qui partent vers des territoiresplus « attrayants » en termes d’options. Cesderniers sont alors énormément favorisés quant àla recherche et l’industrie, tant dans le public quedans le privé : c’est ce qui explique que 30% desdoctorants aux USA soient des étudiantsinternationaux.
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1. International Organization forMigration
2. Marianne, 25 avril-5 mai 2006
3. US Doctorates in the 20th Century,National Science Foundation
4. US bureau of Labor Statistics
Tolérance ou délocalisations?
Bien que les États-Unis profitent des migrants,notamment grâce aux centaines de chercheursqualifiés, les contrôles de surveillance à lafrontière du Mexique sont extrêmement agressifs.Parallèlement à la vague de délocalisations, quidirige les entreprises au Mexique, pour profiterdes bas salaires mexicains, les services decontrôle et la population, souvent issue desclasses moyennes blanches, se chargent de tirersur tout immigrant illégal qui prend le risque detraverser la frontière sud. Pourtant les travailleursqui réussissent le passage, peu ou non qualifiéset évidemment sans ressources, deviennent alorsle soutien de l’économie
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: ce sont les ouvriersdans les grandes usines, les employés del’hôtellerie et du tourisme, les petits agriculteurs ;enfin, ceux qui occupent les places àrémunération minimale et aux mauvaisesconditions de travail.
Mais ce n’est pas seulement le cas des USA. AuRoyaume-Uni une situation semblable se produit,surtout avec les travailleurs des anciennescolonies anglaises (Asie majoritairement).L’entréeest très limitée, et certaines protestations contreles étrangers, notamment d’Europe de l’Est,circulant librement grâce à l’espace Schengen, semultiplient. Simultanément, nombre de firmesaméricaines et anglaises se délocalisent, pours’implanter dans ces pays à l’économie demarché récente et à la main d’œuvre sous-payée.Un autre cas, l’Espagne, où de nombreuxtravailleurs irréguliers sont attaqués et répudiéspar des partis politiques et des liguesxénophobes.
Avec l’instabilité politique qui resurgit dans lesDOM-TOM et la crise économique quil’accompagne, la France se trouve dans unesituation de redéfinition de la questionpostcoloniale et migratoire. À presque deux ansdu gouvernement de Nicolas Sarkozy, dont undes slogans de campagne était l’immigrationchoisie, il est important de clarifier le sens duterme. Peut-être que l’on aura plus de réponseslors de la visite du président au Lycée Franco-Mexicain, le 9 mars prochain…
Eric Martinez Tomasini 1
ère
S3 Lycée Franco- Mexicain
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