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Combien y a-t-il de coeurs en français_Picoche

Combien y a-t-il de coeurs en français_Picoche

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06/27/2013

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Combien y a-t-il de cœur(s) en français ?
In: Langue française. N°105, 1995. pp. 120-125.
 AbstractJ. PicocheIn this paper, the author studies the polysemic word cœur (heart) in the French lexicon. The author discusses various synchronicdefinitions given by Jean Dubois and Igor Melc'uk and presents her own lexicographic treatment within the approach of GustaveGuillaume. She concludes on unavoidable complexity for such polysémie words. The structure of a noun such as cœur cannot bereproduced for other items. There are two types of descriptions of these "semantic archetypes" : the analytical one which leads toformal treatments and the synthetic one which leads to systematic teaching of the vocabulary of languages.Citer ce document / Cite this document :Picoche Jacqueline. Combien y a-t-il de cœur(s) en français ?. In: Langue française. N°105, 1995. pp. 120-125.
 
Jacqueline
PlCOCHE
Université
de
Picardie
COMBIEN
Y
A-T-IL
DE CŒUR(S)
EN FRANÇAIS
?Dans
les
années
60,à une
époque
le
sens semblait
banni
d'une
linguistique à
dominante
phonologique
et
morpho-syntaxique,
Jean
Dubois,
entouré
d'une
petite
équipe,
eut
le
courage
de
s'attaquer
à
ce
grand
méconnu
qu'était
alors
le
lexique.
Il s'y
attaqua
d'une
façon
neuve
qui
n'était
ni
la
façon
philologique
de
Littré,
ni
la
façon
encyclopédique
de
Larousse,
ni
la
façon
logique
d'Hatzfeld
et
Darmesteter,
mais
d'une
façon
purement
linguis
tique.
Ses choix
étaient
clairs
:
une
synchronie
stricte,
garantie par
l'exclusion
de
toute
considération
étymologique
et
de
tout
exemple
littéraire,
les
rédacteurs
en
étant
les
seuls
auteurs,
et
une répartitiondes
sens fondée
sur
les
seuls
critères
suivants
:
1)
les
distributions
:
constructions
syntaxiques
et
environnement
lexical
proche,
2)
les
dérivations,
étant
donné la
constatation
qu'un
dérivé
d'unebase
quelconque
n'est
d'ordinaire
en
relation
sémantique
qu'avec
une partie
et
non
avec la
totalité
de
ses
emplois,
3)
les
substitutions
de
synonymes.
Un
seul
de
ces
critères
et
àplus
forte
raison
la
convergence de deux,
ou
des
trois,
conduisait
à
affirmer
qu'il
y
a
dans
la langue
non
un
seul
mot
polysémique,
mais
deux
ou
plusieurs
homonymes
sans
lien
sémantique
les
uns
avec
les
autres.
Cette
révolution
méthodologique
engendra
deux
dictionnaires,
tous
deux
produits
par
la
maison
Larousse
:
d'abord
le
Dictionnaire
du
français
contemporain
plus
connu
sous
le
sigle
DFC
(lre
éd. 1966),
puis
le
Lexis
(lre
éd. 1975).
Elle
ouvrit
une
voie
que
devait retrouver
vingt
ans
plus tard, de son
côté,
avecl'enrichissement
de
toutunsystème
de
«
fonctions
lexicales
»,
le
linguiste
et
lexicologue
ukraino-québecois
Igor
Melc'uk.
Nous
nous
contenterons,
pour juger
des
résultats,
d'un
simple
résumé de
leursarticlescœur,
suffisant
toutefois
pour
notre
étude, pensant
que
le
nom
du
siège
de
tous
les
sentimentsne
sera
pas
déplacé
dans
un
numéro
consacré aux
«
sentiments
».
En
contraste
avec
les
articles
de
ces
auteurs, nous
suggérerons
la
possibilité
d'un
autre
traitement,
non moins
synchronique
que
le
leur,
mais
relevant
d'une
autre
linguistique.
Dans
le
DFC
(éd.
de
1967),
il y
a
trois
cœurs
:
1.
cœur
a)
organe
doué
de
pulsations
qui
est
le
moteur
principal
de
lacirculation
du
sang,b)
objet
en
forme
de
cœur,
et
c)
les
loc. avoir
mal
au
cœur,
le
cœurbarbouillé,
serrer
sur
son
cœur,
joli
comme
un
cœur2.
cœur
a)
partiecentrale des choses,
avec
les ex.
le
cœur
de
la
laitue, de
l'été,
du
problème,
h)
une des
couleurs
du
jeu
de cartes
3.
cœur
a)
dispositionà
être
ému
et
àcompatir,
b)
siège
de
la
tendresse, de
l'affection,
de
l'amour,
c)
siège
de
la
joie
ou
de
la
tristesse,
d)
ardeur,
désir,
courage,
e)
conscience,
dispositions
morales,
f)
locutions
:
de
tout
cœur,
de
bon
cœur,
savoir
par
cœur,
etc.
Dans
le
Lexis
(éd.
de
1975),
il y
a
quatre
cœurs
:
Le
1
est
identique
à celui
du
DFC.
Le
2
correspond au
3
du
DFC.
Le
3
correspond au
2
du
DFC,
mais
amputé
du
cœur
du
jeu
de cartes
qui
apparaît
ici
isolé
dans
un
4.
120
 
À
s'en
tenir
à
la
perspective
qui
est
celle
des auteurs,
on
peut
formuler
les
remarques
suivantes
:
La
formulation du
Lexis
constitue
un
progrès
par
rapport à
celle du
DFC.
En
effet,
le
cœur
n'est
pas
la
partiecentrale
du
jeu
de cartes,
et
sa
présence
en
3
ne
se
justifiait
absolument
pas.
Elle
aurait
pu
se
justifier,
par
contre
en
1)
dans
la
section
des
«
objets
en
forme
de
cœur
»,
mais
il
est
vrai
que
des
distributions
spécifiques
telles
que
couper
à
cœur,
atout
cœur
justifiaient
un
traitement
homonymique.
Par
contre,
on
peut
se
demander
pourquoil'ordre
des
articles
a
été
modifié.
S'il
s'agit
vraiment
d'homonymes,
cet
ordre
est
absolument
sans importance.
Il
aurait
même
été
agréablement
provocateur
dechoisir
l'ordre
le
moins
attendu,
4, 3, 2,
1,
ou
bien
2,
1,
3,4...
Mais
le
nombre
4
lui-même
ne
semble
pas
suffisant.
Les
distributions
spécifiques
Avoir
mal
au
cœur,
avoir
le
cœur barbouillé,
d'où
le
dérivé
:
écœurer,
absolument pas
synonymes
de
souffrir
du cœur,
avoir
le
cœur
malade
(dérivés
cardiaque,
cardiologie)
ustifieraient
un
traitement
particulier,
donc
uncœur
5.
Certaines
locutions,
comme
joli
comme
un
cœur
et
savoir
par
cœur
s'intègrent
mal
à
la
place
elles
apparaissent
et
pourraient
justifier
un
traitement
indépendant,
ce
qui
nousamènerait
à
comptabiliser
sept
cœurs.
Dans
le
premier
volume de son
Dictionnaire
explicatif
et
combinatoire du
français
contemporain
(1984),
I.
Melc'uk
traite,
lui
aussi,
du
mot
cœur
de
la
façon suivante
:
il
isole
dans
un
premier article
indépendant
la
locution
prépositive
au
cœur
de
et
traite
ensuite
les
autres
emplois
dans
un
article
unique
ainsi
divisé
en
trois
parties,
elles-mêmes
diversement
subdivisées
:
I.
la)
organe
principal
de
la circulation
sanguine
d'une
personne
lb)
organe
principale
de
la circulation
sanguine
d'un
animal
2)
produit alimentaire
(cœur
de
veau)
3)
poitrine
d'une
personne
(serrer
sur
son
cœur)
4a)
organe
imaginaire des
sentiments
4b)
organe
imaginaire de l'intuition
5a)
propriété de
la personnalité
5b)
personne
H.
la)
partie
principale
d'une
unité
fonctionnelle
lb)
élément
principal
2a)
partie
centrale
d'un
espace
2b)
partie centrale
d'une
plante
3)
objet
ayant
la
forme
d'un
cœur
4)
unedes
quatre
couleurs
du
jeu
decartes
III.
organe
imaginaire des
nausées.
Si
Melc'uk,
qui
d'ordinaire
ne
reculepasdevant
de
fortes
disjonctions homonymiques
traite,
pourl'essentiel
le
mot
cœur
en un
seul
article
subdivisé, c'est
parce
qu'il
voit
ce
qu'il
appelle
des
«
ponts
sémantiques
»,
c'est-à-dire
des
sèmes
communs
entre
les différents
emplois,
cessèmes
communs étant
/organe/
et
/principal/.
Mais
on
pourrait
lui
objecter
que
cesponts
sont
fragiles,
reposant
sur
une
formulation
des
sèmes
sujette à de
dangereuses
synonymies
:
si,
par
exemple,
au
lieu
d'organe
imaginaire
il
avait
écrit
siège,
il
n'y
aurait
plus eude
«
pont
»
.
Et
il
n'y
a
pas
de
«
pont
»
explicitement
formuléentre
Г«
organe
imaginaire
»
et
la
«
pro
priété
de
la
personnalité
»...
En
fait le
choix
des
sèmes
formant
«
pont
»
est
plus
vraisem
blablement
imposé par
l'intuition
d'une
unité
que
par
l'analyse
strictement
objective
des
différentes
occurrences.
On
pourrait
lui
objecter aussi
que
la
locution
prépositive
au
cœur
de
qu'il
a isolée
hors
article
s'intégrerait
parfaitement
en
II.
On trouvera
ci-dessous
la
solution unitaire
que
nous
proposons,
et
qui
est
plus
proche
de
celle
de
Melc'uk
que
de
celle
de
Dubois
et
de
ses
collaborateurs.
Elle
s'intégrera
(sauf
corrections)
dans
notre
Dictionnaire
des
mots
de
haute fréquence
encore
en
chantier.
CŒUR
(nom
masc.)
1
.
Le
cœur
est
un organe
profond
et
essentiel,
indispensable
à
lavie,
qui
bat
au
centre
de
notre
poitrine
aussi
longtemps
que
nous
vivons
;
ses
battements
s'accélèrent
sous
l'effet
de
121

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