- 3 -Nous nous appuierons dans le cadre de cette étude sur l’analyse des conseils de quartierMontparnasse-Pasteur et Violet-Commerce du quinzième arrondissement de Paris auxquelsnous avons assisté les 26 novembre et 19 décembre 2008 respectivement.
2. La définition des quartiers : du découpage administratif à l’appropriation habitante
La définition du quartier proposée par Guy Di Méo (1994), celle d’un « espace perçu etdésigné comme tel par les habitants », révèle l’importance des processus d’identification,d’appartenance et d’appropriation se jouant derrière cette notion. La délimitation du quartier,dans cette définition, ne relève en effet aucunement d’une décision administrative, mais laisseuniquement la place aux perceptions et représentations qu’ont les habitants de leur quartier. Sila notion de quartier, dans cette définition, peut être assimilée à celle du quartier vécu, unautre type de quartier est également communément identifié par les différentes disciplines dessciences sociales : le quartier institué, résultant d’un découpage administratif. Se pose alors laquestion des rapports existant entre ces deux entités. Loïc Blondiaux (1999) affirme ainsi quec’est dans les allers et retours constants entre découpages officiels et représentations habitantque se joue l’existence effective des quartiers. Dans ces conditions, nous nous demanderons sile découpage des quartiers proposé dans le cadre de l’application du dispositif dialogique duconseil de quartier est approprié comme tel dans les interventions réalisées ou si ces dernièresfont apparaître d’autres espaces de référence, puis nous discuterons de la gestion des écarts àce découpage pouvant être réalisés au cours des conseils de quartier.2.1. Les quartiers institués de Violet-Commerce et de Montparnasse-Pasteur : uneappropriation inégale par les habitantsNous avons accordé, lors de notre participation à chacun des deux conseils de quartiermentionnés précédemment, une attention particulière aux termes employés par les habitantsau cours de leurs interventions pour désigner des lieux, ainsi qu’à l’espace couvert par lesdifférentes références territoriales mobilisées, dans le but d’analyser le degré d’appropriationpar les habitants du découpage du quartier institué pour l’exercice du conseil de quartier. Cetravail nous a alors permis de mettre en évidence une nette différence d’appropriation desquartiers institués dans le cadre des deux conseils de quartier.Les interventions réalisées dans le cadre du conseil de quartier Violet-Commerce accordaientune place très importante à l’arrondissement : la quasi-totalité des désignations de lieuxconcernaient « le quinzième » ou « le quinzième arrondissement », tandis que le termequartier était très peu employé. Cet emploi du terme
«
arrondissement » apparaissaitcependant relativement flou, semblant parfois faire l’objet d’une confusion avec le terme« quartier », comme le montre l’intervention d’un habitant faisant suite à la présentation duPLU de Paris ayant été réalisée par le directeur adjoint de la direction de l’urbanisme de Parisde façon générale, non spécifique au quinzième arrondissement ou au quartier Violet-Commerce : « Peut-on avoir des informations par quartier ? Il doit bien être possible deréaliser un indexage du PLU par arrondissement ». Par ailleurs, plusieurs interventions ontconcerné un espace inclus dans le quinzième arrondissement, mais non compris dans lepérimètre délimité pour l’exercice du conseil de quartier. Un habitant mentionnait parexemple la maison des associations du quinzième arrondissement, ouverte en juillet 2007,relativement éloignée du quartier puisque située sur le périmètre d’un autre conseil de quartierde l’arrondissement non contigu à celui de Violet-Commerce. Les termes sont essentiellementrestés généraux (quartier, arrondissement) et peu de mentions ont été faites d’espacescorrespondant au lieu de résidence plus ponctuels situés dans le quartier, à l’exception de larue du Commerce, artère commerçante constituant un lieu repère fort dans le quartier.
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