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Louis Marin.intro.antoINE ARNAULD Et PIERRE NICOLE.logique Ou l'Art de Penser

Louis Marin.intro.antoINE ARNAULD Et PIERRE NICOLE.logique Ou l'Art de Penser

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Published by Mark Cohen
Introduction to Arnauld and Nicole Logique (1662)
Introduction to Arnauld and Nicole Logique (1662)

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ANTOINE ARNAULDet PIERRE NICOLE
LA LOGIQUE
ou
L'ART DE PENSER 
contenant, outre les règles communes, plusieursobservations nouvelles, propres à former le jugement 
Introduction de Louis MarinFLAMMARION
 
Il ne peut être de meilleure approche de la
 Logique de Port-Royal 
que de réfléchir sur la constitution de sontexte; car le livre ne fut pas, en 1662, le produit définitif et intangible d'Arnauld et de Nicole, ses auteursanonymes, mais d'abord, et pendant vingt années, un jeude textes, et au sens propre du terme, un ouvrage, untravail de production dont le livre devait pour toujoursconserver les marques. Aussi, par fidélime àl'histoire, ne peut-on recevoir passivement la
 Logique
sil'on veut la comprendre : il faut en faire une lectureactive, transformatrice et pour cela, suivre, à la trace,dans les éditions successives, un travail du sens qui nes'est point arrêté jusqu'à ce jour. Dès 1664, Nicole nousdonne une sorte de protocole de lecture : « Ainsi, il seraità désirer qu'on ne considérât des premieres éditions desLivres que comme des essais informes que ceux qui ensont les auteurs proposent aux personnes de lettres pour apprendre leurs sentiments. Et qu'ensuite sur lesdifférentes vues que leur donneraient ces différentes pensées, ils travaillassent tout de nouveau pour mettreleurs ouvrages dans la perfection où ils sont capables deles porter » (p. 47). Cet accomplissement que se propose Nicole par le travail incessant d'une communauté delecture est devenu, au-delà de l'auteur, un horizond'interprétation du texte dont les directions et les nuancesouvrent le livre à la variété des sens, à la pluralité descontenus.De ce point de vue, la
 Logique de Port-Royal 
estexemplaire : l'ouvrage a connu pendant deux siècles
 
8
INTRODUCTIONINTRODUCTION
9et demi une étonnante fortune : quarante-quatre éditionsfrançaises, sans compter les traductions anglaises etlatines. Puis le silence pendant un demi-siècle, etaujourd'hui un réveil : deux rééditions en 1964 et en 1967et avec les travaux de Michel Foucault et de Chomsky en1966,
l'Art de Penser 
devient d'une certaine façon une desréférences privilégiées de notre modernité philosophique.Redécouverte donc de la
 Logique,
mais au prix d'undéplacement significatif de son sens : Elle n'est plus toutà fait cet « art de penser... propre à former le jugement »qu'elle fut d'abord pour ses auteurs, pour devenir le prolongement de la
Grammaire Générale et Raisonnée
 — ce qu'elle est aussi, dès l'origine, et être comprisecomme une des plus fortes réflexions sur les rapports dulangage et de la pensée, comme un des textes essentielsde la philosophie de la linguistique. Or ce n'est pas un desmoindres paradoxes de l'ouvrage que les textes deréférence qui jalonnent et justifient ce déplacement dansla
 Logique,
furent ajoutés, pour la plupart, à la cinquièmeédition de 1683 — en particulier le fameux chapitre sur l'idée de signe — ou importés alors de la
GrammaireGénérale;
comme si la
 Logique
n'abordaitqu'obliquement le problème philosophique du langageque des événements historiques paraissaient alorsintroduire de façon polémique.D'une façon plus remarquable encore, ce livre où l'on avoulu voir — et sans doute à juste titre — le monumentoù s'exprime, avec le plus de netteté, la représentationqu'une société et une culture se sont données d'elles-mêmes à l'époque classique, l'Avis qui l'accompagne précise que « sa naissance est due entièrement au hasardet plutôt à une espece de divertissement qu'à un desseinsérieux »; il explique le « pari pédagogique » qui motivasa rédaction. Coquetterie de professeurs qui s'effacentdans l'anonymat, pieuse abnégation de penseurs chrétiensprisant les sciences « spéculatives », ou dédaincartésien pour la logique? Il s'agit de retrouver dans lesintentions explicites des auteurs, « l'intention objective »que porte la réalité même de l'ouvrage.Déplacé, dans son sens, du siècle classique au cœur denotre actualité, la
 Logique
le fut également au cours descinq premières éditions qu'elle eut du vivant de sesauteurs. De 1660 à 1683, le texte de la
 Logique
va bourgeonner d'additions, de compléments et de modifi-cations. Nous noterons deux grandes « poussées » textuellessur le projet initial : la première, lors de la deuxièmeédition en 1664, qui accroît le livre d'un sixième, laseconde, lors de la cinquième édition en 1683, quiintroduit six chapitres entiers dans la première et ladeuxième partie. Quel était ce projet initial? Comment,autour de quels axes, ces réflexions nouvelles s'orga-nisent-elles ?
 La première édition : l'idée et le jugement.
Le dessein de cette nouvelle logique est clair : rienn'étant plus difficile de distinguer le vrai du faux dans lessciences comme dans la conduite, rien n'étant plus utileque de savoir choisir le bon chemin, « la principaleapplication qu'on devrait avoir serait de former son jugement et de le rendre aussi exact qu'il le peut être » (p.35). Là est le centre de la logique; en ceci réside sa fin.Tout doit tourner autour de ce point qui est la mesure detoutes les activités humaines : les sciences spéculativesn'en seront dès lors qu'un point d'application.Aussi, par opposition aux anciennes logiques, la
 Logique de Port-Royal 
 placera le centre de gravité de sondiscours dans le jugement, et non dans le raisonnement.Ce n'est pas le discours dans son agencement et sonarchitecture qui est en question, mais son unité minimalequi porte signification, la phrase, réduite à son noyau,l'acte de parole et de pensée par lequel un homme neconçoit pas seulement les choses, mais les juge et lesaffirme, comme l'indiquait en substance la
GrammaireGénérale;
 bref le jugement comme prise de la pensée sur le monde, comme opération de connaissance et d'action.Mais dans le même mouvement, le jugement passe audeuxième plan, car il est une
 premure
action de l'espritqui s'appelle concevoir. « Comme nous ne pouvons avoir aucune connoissance de ce qui est hors de nous que par l'entremise des idées qui sont en nous, les réflexions quel'on peut faire sur nos idées sont peut-être ce qu'il y a de plus important dans la Logique parce que c'est lefondement de tout le reste » (p. 63).Tel est donc implicitement le problème que posel'ordre d'exposition adopté dans la
 Logique :
la
Gram-

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