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: radios et voyages communautaires : le web renforce les liens sociaux.Par Vianney Meunier et Luc BretonesDe nos jours lorsqu’on parle de Web 2.0, la première idée qui surgit est celle des réseauxsociaux à usage personnel ou professionnel. Toutefois, la palette s’étend lorsqu’on imaginel’ensemble des services offerts par Internet et orientés utilisateur. Voici la présentation de
deuxde ces sites pourvoyeurs de lien social
et qui ont innové sur la base de services préalables auWeb tout en se servant des outils mis à leur disposition par les nouvelles technologies.Depuis Edison et la RTF, la radio a bien évolué. Les moyens d’écouter de la musique chez soi ouen nomade ont changé. On parle aujourd’hui beaucoup du streaming et les radio web se sontmultipliées, offrant une myriade de choix aux utilisateurs. Mais qu’il s’agisse de la radiotraditionnelle ou des radio web, les choix de programmation sont toujours laissés à des équipesqui les déterminent sur la base de critères forcément subjectifs : popularité d’un titre ou d’unartiste, politique musicale de la station, accords avec certains labels… On est toujours dans unelogique de diffusion univoque, où un petit nombre de personnes décident de la musique qui seraécoutée par un grand nombre d’auditeurs. Ces dernières années, un nouveau type de radio a faitson apparition, il s’agit des services de
radio personnalisables et communautaires
. Le site
Last.fm
en fait partie.Avec last.fm on aborde un niveau de personnalisation très fin puisqu’il n’existe plus une radiomais
autant de radios que d’auditeurs
. Fondée par 
Felix Miller 
et
Martin Stiksel 
au début desannées 2000, la radio innove véritablement lorsqu’elle incorpore la
technologie del’audioscrobbling
inventée par 
Richard Jones
dans sa chambre d’étudiant aux Etats-Unis.Cette technologie repose sur une
reconnaissance d’un flux musical écouté
, que ce soit sur laversion flash du site last.fm ou dans le logiciel client installé chez l’auditeur ou même, et c’est làtout son intérêt, dans le baladeur numérique ou le lecteur multimédia de son choix. Chaquemorceau écouté pendant suffisamment de temps est « scrobblé », c’est-à-dire que lesinformations le concernant (Artiste, Titre, Album, Pochette…) et celles concernant l’utilisateur enregistré sur last.fm sont récupérées par le serveur pour établir un profil d’écoute musical. Amesure que l’auditeur écoute des morceaux sur son ordinateur et que son profil s’étoffe,
unalgorithme d’intelligence collective permet de proposer à cet auditeur des morceauxcorrespondants à ses goûts musicaux
 
lui permettant ainsi de découvrir des artistesméconnus car peu médiatisés ou des titres inconnus d’un artiste qu’il apprécie
.Mais
la dimension sociale de cette radio d’un genre nouveau prend tout son sens avec lacréation de communautés : chacun peu entrer en contact avec des voisins définis comme« des auditeurs ayant des goûts musicaux similaires aux siens »
,
ou de faire partager àses « amis » choisis, certaines découvertes musicales
.L’interactivité est massivement utilisée sur last.fm puisque
les utilisateurs peuvent commenter les morceaux, se les recommander entre eux, annoncer leur participation à des concertsdans une ville où l’artiste se produit et écrire les biographies d’artistes grâce à la méthodecollaborative du Wiki
, popularisée par Wikipedia.
La communauté dépasse sa dimensionvirtuelle lorsque des groupes de voisins se retrouvent pour un concert dans la vraie vie,faisant connaissance, pouvant devenir vrais amis, prolongeant les conversations qu’ilspeuvent avoir eu en ligne
. C’est ainsi que, partant d’un site de radio web,
les liens sociauxentre les individus se développent autour de goûts musicaux et d’intérêts communs
.Voici donc un exemple de service communautaire totalement personnalisable qui permet, à lafois aux passionnés de musique de découvrir de nouveaux artistes et aux simples auditeurscurieux, de faire de nouvelles connaissances.
 
Dans le même esprit, un
site internet de partage d’hébergement
a vu le jour à la fin desannées 90.
Veit Kühne
, un internaute allemand engagé a vu l’intérêt que pourraient tirer d’internet des voyageurs répartis à travers le monde. Il s’agissait de
« mettre en relation despersonnes avides de rencontres et de découvertes » pour trouver des hébergementsgratuits et il a fondé le siteHospitality Club
. Le concept de ce site est simple : je planifie unvoyage au Vietnam. Je vais donc rechercher qui, parmi les utilisateurs inscrits dans ce pays, estsusceptibles de m’accueillir et je vais leur adresser un message en leur demandant s’ils peuventm’offrir un toit pour la période considérée. En retour lorsque des voyageurs visiteront ma ville, jeleur offrirai le même service. L’idée de réciprocité est simple mais encore fallait-il la mettre enœuvre.
Le site est donc formé d’une grande communauté d’utilisateurs enregistrés dansdifférents pays qui utilisent la messagerie, le chat, les forums pour échanger et secontacter lorsqu’ils ont besoin d’être hébergés quelque part dans le monde
.
Outre son intérêt économique manifeste pour les voyageurs à petit budget, ce site permetsurtout de rencontrer des personnes de cultures et d’environnements extrêmement variéset de partager l’espace de quelques jours des conversations passionnées et des points devue sur le monde
.Ce concept s’étant
développé par le bouche-à-oreille, la communauté des membresd’Hospitality Club organise régulièrement des rassemblements dans certaines villes
afinde se rencontrer entre accueillants et accueillis et d’échanger sur les pays visités.Pour ses fondateurs, le concept de confiance était fondamental à l’origine. Il s’agit d’accueillir quelqu’un dont on ignore tout au départ. Pour cela,
un système de recommandations a été misen place afin de permettre aux membres d’indiquer s’ils font confiance à telle personne
,s’ils ont été son hôte ou son invité et de laisser un commentaire. Ainsi lors d’une nouvelledemande, un hôte peut aller vérifier le sérieux d’une personne sur le site.Nous avons également posé la question à
Jean-Louis Pagès
, co-auteur avec
Jean-YvesHegron
d’un ouvrage sur les nouvelles formes de voyage : Voyager presque gratuit. Il s’estpenché sur les sites comme Hospitality Club ou
Couch Surfing
. Selon lui, « ces sites ne sontque la continuité d’une cinquantaine d’autres et qui ont tous pour but de mettre en relation desvoyageurs. On peut citer 
Pasporta Servo
qui réunit les Espérantistes du monde entier, ouencore
WAYN
, acronyme de « Where are you now ? » qui regroupe quelque 15 millions demembres et dont un Marseillais,
Jérôme Touzé
, est à l’origine. Cependant pour Jean-LouisPagès,
le passage du papier à l’internet « s’est accompagné d’une perte en ligneidéologique au cours du temps
. Les communautés qui existaient avant l’arrivée de ces sitesétaient basées sur des convictions idéologiques fortes : pacifistes, écologistes, et le terme de«communauté» prenait vraiment son sens (cercle des cyclistes, communauté homosexuelle,..).Tous avaient des points communs entre eux avant le goût du voyage. » Le site
Servas France
,par exemple abrite notamment une communauté de pacifistes. « Aujourd’hui des gens qui sontattirés par un site comme Couch Surfing recherchent plus une solution d’hébergementéconomique et si CS connaît du succès aujourd’hui, c’est grâce à son côté très corporate àl’instar des grandes entreprises américaines » nous indique-t-il.Bien entendu
Hospitality Club fait un usage important des contenus utilisateurs
: profils desmembres, groupes, forum, commentaires sur les autres membres, la communauté s’enrichit deses membres chaque jour un peu plus et fonctionne finalement bien.
Couch Surfing atteind 1million de membres en mars 2009
. « Mais ces sites restent très ancrés dans une technologie1.0. Ils n’ont pas franchi de cap majeur » nous rappelle Jean-Louis Pagès. « Des sites commeWAYN ou le récent site brésilien
 Yowtrip
sont plus avancés sur ce point. WAYN n’offre d’ailleurspas que l’hospitalité mais également un réseau social de plusieurs millions de membres. »Pour Jean-Louis Pagès, «
le Web 2.0 marque une véritable révolution sociétale dans lafaçon de voyager 
. Dans un avenir proche, on peut imaginer qu’il n’y aura plus besoin depréparer autant son voyage en amont pour trouver un hôte. Via les terminaux portables, le
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