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Afrique CFA:
2 400 F CFA,
Algérie:
200 DA,
Allemagne:
5,50 €,
Antilles-Guyane:
5,50 €,
Autriche:
5,50 €,
Belgique:
5,40 €,
Canada:
7,50 $C,
Espagne:
5,50 €,
Etats-Unis:
7,505 $US,
Grande-Bretagne:
4,50 £,
Grèce:
5,50 €,
Hongrie:
1835 HUF,
Irlande:
5,50 €,
Italie:
5,50 €,
Luxem-bourg:
5,40 €,
Maroc :
30 DH,
Pays-Bas :
5,50 €,
Portugal (cont.):
5,50 €,
Réunion:
5,50 €,
Suisse:
7,80 CHF,
TOM:
780 CFP,
Tunisie :
5,90 DT.
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CD,ceux-ciformeraientcinqpilescapableschacune de relier laTerre à la Lune.L’hyperinflation des données est un phénomène relativement nouveau. En2000,unquartseulementdesinformationsconsignées dans le monde existaient auformat numérique. Papier, film et supportanalogique se partageaient tout le reste.Du fait de l’explosion des fichiers – leur volume double tous les trois ans –, lasituation s’est renversée dans des propor-tionsinouïes.En2013,lenumériquerepré-sente plus de 98 % du total. Les Anglo-Saxons ont forgé un terme pour désigner cettemassedevenuesigigantesquequ’ellemenaced’échapperaucontrôledesgouver-nants et des citoyens : les
big data,
oudonnées de masse.Devant leur démesure, il est tentant denelesappréhenderqu’entermesdechires.Mais ce serait méconnaître le cœur du phénomène : l’immense gisement dedonnéesnumériquesdécouledelacapacitéà paramétrer des aspects du monde et delaviehumainequin’avaientencorejamaisété quantifiés. On peut qualifier ce processus de «mise en données»
(datafi-cation)
. Par exemple, la localisation d’unlieu ou d’une personne a d’abord été miseen données une première fois par lecroisementdelalongitudeetdelalatitude, puisparleprocédésatellitaireetnumériquedu Global Positioning System (GPS). Atravers Facebook, même les goûts personnels, les relations amicales et les«j’aime»sechangentendonnéesgravéesdans la mémoire virtuelle. Il n’est pas jusqu’aux mots qui ne soient eux aussitraitéscommedesélémentsd’informationdepuis que les ordinateurs explorent dessiècles de littérature mondiale numérisée.
(Lire la suite page 10.)(Lire la suite page 20.)
I
MPOSSIBLE
de la rater, même au milieu de cette forêt d’immeubles enverre aux formes plus biscornues les unes que les autres – ici, l’origi-nalité est signe de distinction. La tour Samsung trône en plein cœur deGangnam, l’un des districts les plus «bling-bling» de Séoul avec sesavenues gigantesques, ses voitures de luxe et ses jeunes branchés,rendus mondialement célèbres par le chanteur Psy dans son clip
Gangnam Style 
.Samsung Electronics y présente, sur trois niveaux, ses inventionsles plus spectaculaires : écrans géants où l’on se transforme en joueurde golf ou en champion de base-ball; télévisions en 3D; réfrigérateursaux parois transparentes et dotés d’un système pouvant suggérer desrecettes à partir de leur contenu; miroirs avec capteurs indiquant votrerythme cardiaque, votre température… Sans oublier, en très bonneplace, le dernier bijou du groupe : le smartphone Galaxy S4, lancé dansle monde entier.C’est la face lumineuse de Samsung. En cette fin d’après-midi demai, des dizaines d’adolescents se retrouvent ici, l’université de Séoulse situant à quelques centaines de mètres. Ils vont d’un stand à l’autre,s’ébahissent devant les prouesses, se défient, s’interpellent. Tousceux que l’on a pu interroger assurent que travailler chez Samsungserait
«le rêve» 
.
5,40 - Mensuel - 28 pages N° 712 - 60
e
année. Juillet 2013
 ART ET POLITIQUE, L’ACTION SŒUR DU RÊVE
pages 22 et 23
 AU LONG DU NIL,LES SOURCESDE LA DISCORDE
PAR HABIB AYEBPages 14 et 15.
en Grèce depuis trois ans se soldent par des
«échecs flagrants» 
. S’agit-il d’une méprise uniquement imputable à desprévisions de croissance enjolivées? Sans doute pas. D’aprèsle décryptage que fait le
WallStreetJournal 
d’un texte verbeuxà souhait, le FMI admet qu’une
«restructurationimmédiate 
[dela dette grecque]
aurait été meilleur marché pour les contri- buableseuropéens,carlescréanciersdusecteurprivéontété intégralement remboursés grâce à l’argent emprunté par  Athènes. La dette grecque n’a donc pas été réduite, mais elle est dorénavant due au FMI et aux contribuables de la zone euro plutôt qu’aux banques et aux fonds spéculatifs 
(3)
».
 Ainsi, ces derniers se sont dégagés sans perdre un centimedes prêts qu’ils avaientconsentis à Athènes à des taux d’intérêtastronomiques.Onconçoitqu’unetellemaestriadansledépouil-lementdes contribuables européens au profitdes fonds spécu-latifs confère une autorité particulière à la «troïka» pour marty-riserunpeupluslepeuplegrec.Maisaprèslatélévisionpublique,ne reste-t-ilpas des hôpitaux,des écoles,des universités qu’onpourrait fermer sans coup férir? Et pas seulement en Grèce.Car c’est à ce prix-là, n’est-ce pas, que l’Europe tout entièretiendra son rang dansla course triomphale versle Moyen Age…
(1) Lire «La leçon de Nicosie»,
Le Monde diplomatique,
avril 2013.(2)ConstituéedelaCommissioneuropéenne,duFondsmonétaireinternational(FMI) et de la Banque centrale européenne (BCE).(3) « IMF concedes it made mistakes on Greece»,
The Wall Street Journal,
 NewYork, 5 juin 2013.
SOMMAIRE COMPLET EN PAGE 28
 Amitiés,pensées,échanges,dépla-cements: la plupart des activitéshumaines donnent désormais lieuà une production massive dedonnéesnumérisées.Leurcollecteet leur analyse ouvrent des pers- pectivesparfoisenthousiasmantesqui aiguisent l’appétit des entre- prises.Maislamiseendonnéesdumonderisqueaussidemenacerleslibertés,commelemontreletenta-culaireprogrammedesurveillanceconduit aux Etats-Unis.
A
U
-
DELÀ DE L
ESPIONNAGE TECHNOLOGIQUE
Mise en données du monde,le déluge numérique
* Cet article est tiré de leur livre
Big Data : A Revolution That Will Transform How We Live, Work,andThink 
,HoughtonMifflinHarcourt,Boston,2013.Avec l’aimable autorisation de Houghton MifflinHarcourt Publishing Company (tous droits réservés).
Moyen Age européen
P
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H
 ALIMI
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politiques économiques imposées par la défense del’euro sont-elles encore compatibles avec les pratiquesdémocratiques? La télévision publique grecque fut créée aulendemain d’une dictature militaire. Sans autorisation duParlement, le gouvernement qui exécute à Athènes les injonc-tions de l’Union européenne a choisi d’y substituer un écrannoir. Avant que la justice grecque suspende la décision, laCommission de Bruxellesauraitpu rappelerlestextesde l’Unionselon lesquels
«lesystèmedel’audiovisuelpublicdanslesEtats membresestdirectementliéauxbesoinsdémocratiques,sociaux et culturels de toute société»
. Elle a préféré cautionner le coupde force, plaidant que cette fermeture s’inscrivait
«dans lecontexte des efforts considérables et nécessaires que les autorités fournissent pour moderniser l’économie grecqu
.LesEuropéensontfaitl’expériencedesprojetsconstitutionnelsrejetés par le suffrage populaire et néanmoins entérinés. Ils sesouviennentdescandidatsqui,aprèss’êtreengagésàrenégocierun traité, le font ratifier sans qu’entre-temps une virgule en aitété changée. A Chypre, ils ont failli subir la ponction autoritairede tous leurs dépôts bancaires (1). Une étape supplémentairevient donc d’être franchie : la Commission de Bruxelles se lavelesmainsdeladestructiondesmédiasgrecsquin’appartiennentpasencoreàdesarmateurs,dèslorsquecelapermetdelicencierséancetenantedeuxmillehuitcentssalariésd’unsecteurpublicqu’elle exècre depuis toujours. Et de tenir ainsi les objectifs desuppressions d’emplois dictés parla «troïka (2)» à un pays dont60 % des jeunes sont au chômage.Cet acharnement coïncide avec la publication par la presseaméricaine d’un rapport confidentiel du Fonds monétaire inter-national (FMI) qui concède que les politiques mises en œuvre
A
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III
e
siècleavantnotreère,ondisaitde la bibliothèque d’Alexandrie qu’ellerenfermaitlatotalitédusavoirhumain.Denos jours, la masse d’informations dispo-niblesesttelleque,sionlarépartissaitentretous les Terriens, chacun en recevrait unequantité trois cent vingt fois supérieure àla collection d’Alexandrie : en tout, milledeuxcentsexaoctets(milliardsdemilliardsd’octets). Si on enregistrait le tout sur des
Sa tablette Galaxy l’a propulsé sur le devant de la scène, au pointqu’ildépasseApple.Ducoup,Samsungetsonconcurrent  se livrent une guerre sans merci devant les tribunaux et lesinstances internationales. Mais, au-delà de l’électronique, le groupe sud-coréen, aux activités multiformes, constitue unconglomératsipuissantqu’ilinfluenceaussibienlapolitiqueque la justice ou la presse du pays.
P
AR NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE
M
ARTINE
B
ULARD
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ORÉE DU
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Samsungou l’empirede la peur 
CHARLES GIULIOLI. – «Raisonnement», 2010
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*
 
 JUILLET 2013
– 
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ONDE
diplomatique
2
compense de manière diérente, sauf larecherche d’une réduction des dépensessociales. Il n’en a pas toujours été ainsi. Laloi d’orientation du 30 juin 1975 traitait toutle monde de la même manière
(…)
.A l’ini-tiative des conseils généraux est apparue lanotion de «dépendance». Bien utile puisqueles «vieux» se voient attribuer 40 % demoins que les «handicapés».Pis encore : la loi de février 2005 stipuleque,
«dans un délai maximum de cinq ans,lesdispositionsdelaprésenteloiopérantunedistinction entre les personnes handicapéesen fonction de critères d’âge en matière decompensation du handicap et de prise encharge des frais d’hébergement en établis- sement sociaux et médico-sociaux seront  supprimées».
Le délai est dépassé depuis plusdetroisans,etcettedispositionn’estpasappliquée. Motif : ce serait trop coûteux. Leministrequiafaitvoterlaloisiégeaitdanslegouvernement qui a refusé de l’appliquer.
Anglais
 M. Gil Stauer, journaliste scien-tifique, exprime son désaccord avecl’éditorial «Contre la langue unique»(juin) :
L’anglais des
Physical Review Letters
oudu
New England Journal of Medicine
(fondéen 1812) n’a pas grand-chose à voir avecl’anglais de John Keats, John Lennon ouJim Harrison (l’écrivain et poète...). L’an-glais des sciences et des techniques estconsidéré par ses locuteurs, dans le mondeentier, comme un outil – le latin des sciencesau XVIII
e
et même au XIX
e
siècle –, et riende plus. Un millier de mots courants permettant de manier un vocabulaire spé-cialisé, voilà le
technical English
! Rien de plus ! Je n’ai jamais entendu personne, dansun quelconque congrès à sujet technique,s’ousquer de l’emploi de l’anglais. Enrevanche, j’ai souvent entendu des Anglo-Saxons, des germanophones et des Scan-dinaves regretter que les participants fran-çais ne mettent pas davantage de bonnevolonté à parler et à prononcer correcte-ment l’anglais…
Libéralisme
 M 
me
 Rosa Llorens réagit à l’articlede Serge Halimi «Le laisser-faireest-il libertaire(juin), qui faisait l’analyse croisée de deux ouvrages,l’un de Jean-Claude Michéa, l’autrede Geoffroy de Lagasnerie :
Le parallèle entre Jean-Claude Michéa etGeoffroy de Lagasnerie est faux. Ce nesont pas
«deux pôles entre lesquels tâtonnela gauche française»
: qu’a à voir le secondavec une réflexion de gauche? Le vrai rap- port entre eux, c’est que Lagasnerie dévoilesans crainte à l’«élite» de Normale Sup le projet réel du libéralisme, que Michéa veutdénoncer devant le peuple de gauche : ladestruction de toutes les valeurs symbo-liques (histoire, traditions, croyances,valeurs, culture, morale) qui font larichesse et la dignité des hommes et des peuples, pour imposer partout le mêmeordre libéral nihiliste, productiviste etconsumériste.
ACCÈS DE FRANCHISE
 Dans un entretien au siteTheTimes of Israel, le 6 juin,le ministre adjoint de la défense israélien, M. Danny Danon, n’a pas hésitéà contredire le discours ociel du gouvernement auquel il appartient.« Regardez ce gouvernement :il n’y a jamais eu en son sein dediscussion, de résolution ou de voteau sujet d’une solution à deux Etats
[au conflit israélo-palestinien], a déclaréDanon.
Si vous la soumettiez au vote – mais personne ne le ferait, ce ne serait  pas intelligent –, vous verriez la majoritédes ministres du Likoud 
[droite,au pouvoir],
de même que le parti Foyer juif  
[nationaliste religieux],
 s’y opposer.» (…)
Quand on lui demande si Benyamin Netanyahou est vraiment en faveude cette solution, Danon répond que le premier ministre fait dépendre la créationd’un Etat palestinien de conditionsauxquelles il est certain que lesPalestiniens ne consentiront jamais.
(…)
Evoquant les condamnations habituelles par la communauté internationaledes constructions israéliennesà Jérusalem-Est, Danon déclare :
«La communauté internationale peut diretout ce qu’elle veut, et nous pouvons fairetout ce que nous voulons.»
LUCRATIFS PIRATES
 La radio publique norvégienne (NRK)rend compte d’une étude de l’autoritébritannique de régulation desmédias (Ofcom) selon laquelletéléchargement illégal et consommationtraditionnelle de contenus seraient   finalement complémentaires(13 mai 2013).
Les plus grands pirates sont aussiceux qui achètent la plus grande quantitéde contenus le plus légalementdu monde… Environ trois fois plusque les autres consommateurs(que le rapport d’Ofcom qualified’
«honnêtes»
). Des études antérieuresavaient déjà montré que ceux qui partagent des fichiers en ligne sont plus enclins à acheter des contenuslégaux que d’autres. Cette tendances’est sensiblement accentuée.Les gros consommateurs de contenus piratés (3,2 %) sont très précieux pour l’industrie du divertissement,car ils représentent à eux seuls près de 11 % de l’ensembledu contenu acheté légalement...Au cours des trois mois pendantlesquels le sondage a été eectué,les «pirates» ont dépensé en moyenne168 livres sterling
[environ 197 euros]
en téléchargement,alors que les internautes «honnêtes»,eux, n’achetaient qu’à hauteur de105 livres sterling
[environ 123 euros]
.
PÉNITENCE
 De l’avis même des autorités grecqueschargées de la mettre en œuvre,l’austérité imposée àAthènes viserait avant tout à souligner la soumission du pays aux exigences de ses bienfaiteurs
(International HeraldTribune,
12 juin).
Les créditeurs exigent encore quinzemille suppressions d’emplois
[dans la fonction publique]
d’ici à la fin de l’année,ce qui ressemble à une forme de pénitenceimposée. Comme la Grèce a déjà licenciécent cinquante mille fonctionnaires, lesquinze mille restants sont un peu
«un symbole»,
expliqueAntonis Manitakis, unconstitutionnaliste que le premier ministrea chargé de superviser les réductionsd’eectifs au sein de l’Etat.
«La troïka
[Commission européenne, Banque centraleeuropéenne et Fonds monétaireinternational]
souhaite surtout que nous fassions la démonstration de notredétermination à réformer le pays.»
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Partenariat«Manière de voir» – Utopia
En partenariat avec les cinémas Utopia,la parution de chaque numéro de
Manière de voir 
est accompagnée en 2013 d’uneprojection-débat en présence d’un journa-liste ou d’un collaborateur du
Mondediplo- matique 
.La prochaine rencontre se tiendrale 11 juillet, à 19h40, au cinéma Utopia deTournefeuille (Haute-Garonne) autourdu
Manière de voir 
n° 130, «A qui le crimeprofite»
.
La projection du film de JoshuaMarston
Maria, pleine de grâc
serasuivie d’un débat
(amdtoul@free.fr) 
.
Editions internationales
L
 A 
réunion annuelle des éditions internationales du
Monde diplomatique 
s’estdéroulée à Budapest (Hongrie) les 7 et 8 juin 2013. Vingt-cinq éditions surcinquante et une étaient présentes ou représentées : Allemagne, Angola, Argentine, Brésil, Chili, Corée, Croatie, Equateur, Espagne, espéranto, Finlande,Grèce, Hongrie, Iran, Italie, Japon, kurde sorani, Norvège, Portugal, Républiquetchèque, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suisse, Venezuela. Les partici-pants ont fait le point sur le développement du réseau – création de deuxnouveaux journaux partenaires en 2012-2013, projets dans les Balkans et en Afrique, difficultés dans les pays affectés par la crise de l’euro –, ainsi que surla situation de la presse et sur les évolutions de la géopolitique mondiale.Depuis toujours,
Le Monde diplomatique 
se conçoit comme un journal inter-national réalisé en France, plus que comme un périodique français vendu àl’étranger. Quarante-sept éditions, imprimées ou en ligne, ont ainsi été crééessur tous les continents, lui permettant de paraître en vingt-huit langues avecprès de deux millions d’exemplaires vendus tous les mois.Pour plus d’informations, consulter : www.monde-diplomatique.fr/int
COURRI
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Mali
 M. Erick Fessiot estime que l’articlede Dorothée Thiénot «Le blues del’armée malienne»
(Le Monde diplo-matique,
mai 2013) fait la part tropbelle au capitaine Amadou HayaSanogo :
Sanogon’étaitnullementencolère.Ilétaitlui-mêmeunhéritier,c’est-à-direqu’ilfaisait partie de cette frange de l’armée qui reçoit,étant bien née, avantages et privilèges, dotéede cinquante-huit généraux pour moins dequatremillehommes.
(…)
Ilconsidéraitseu-lement qu’il pouvait piller mieux et plus auregard de ces chefs aectés au Nord qui, protégeant les narcotrafiquants et couvrantleurs prises d’otages, réalisaient de substan-tiels profits. Ceux-ci, répartis entre les poli-tiques, n’arrosaient pas les bérets verts deKati dont il était l’icône. Bref, il avait plei-nement conscience d’être, dans la gabegiegénérale,ungagne-petit.
(…)
Aujourd’hui,ilcontinuedenégocieravantagesetprivilèges,exigeant que ses collaborateurs soient nom-més consuls, comme l’avait été le TouaregAg Ghaly avant de devenir le chef d’Ançar Dine, l’un des principaux mouvements dji-hadistes du Nord.
Mutilations génitales
 M 
me
 Florence Humbert apporte uncomplément à l’article de Philippe Rekacewicz «Défis du Millénaire enmatière de santé» (juin) :
En Afrique subsaharienne vivent à peu prèscentquarantemillionsdesurvivantesdemutilations génitales. Il s’agit d’une atteinteextrêmement grave à l’intégrité corporelledes filles et d’une menace constante pour lasantédesfemmes,leurviedurant.Jereprocheà l’Organisation des Nations unies (ONU)de ne pas avoir intégré la lutte contre lesmutilations génitales dans les Objectifs dumillénaire. Comme votre article est relative-ment critique – à juste titre – avec ces objec-tifs,j’espéraisquelesmutilationsgénitalesyseraient ne serait-ce qu’évoquées.
(…)
Il y atrente-cinq pays, majoritairement africains,oùl’excisionestpratiquée,etdansvingt-huitd’entre eux elle est interdite. Les exciseusesont donc intérêt à faire le silence sur leur  pratique, pour mieux la perpétuer. Elles yarrivent fort bien, entre autres grâce au sou-tiend’unegrandepartiedesinstitutionsetdela presse internationales. En eet, personnen’en parle : l’Organisation mondiale de lasanté (OMS) ne signale pas dans ses statis-tiquessurlamortalitépérinatalecombienlesfemmes excisées sont, bien plus que lesautres, susceptibles de décéder pendant unaccouchement. Les chires de la mortalitéinfantile ne distinguent pas les causes desmaladiesinfectieuses:certainessontcontrac-tées lors de l’excision et aectent durable-ment la santé des filles. Devant une telle loidusilence,lesmilitantsdebeaucoupdepaysd’Afriquequiluttentjouraprèsjourcontrecefléauvoientnonseulementleurseortsigno-rés,maisenpluslespolitiquesdesantéorga-nisées en dépit du bon sens.
Vieillesse
 La lecture de l’article de Jerôme Pellissier « A quel âge devient-onvieux?» (juin) inspire à M. Gérard  Fucks la réflexion suivante :
L’auteur s’indigne à juste titre de l’inéga-lité de traitement entre personnes âgées et personnes en situation de handicap. Cettedistinction est curieuse, puisque ces deux pseudo catégories sourent d’un déficitfonctionnel entraînant une réduction de leur capacité à agir. Rien ne justifie qu’on le
 
3
L
E
M
ONDE
diplomatique
– JUILLET 2013
I
L N
Y A PAS QUE LE
«
COÛT DU TRAVAIL
»...
Coût du capital, la question qui change tout
On aurait pu penser que, parvenus au bout de cette impasse, les responsableseuropéens,lesdirigeantsdesgrandesinsti-tutions économiques, les experts sérieux,les commentateurs graves se détournentde leur obsession du coût du travail pour en explorer une autre, qu’un simple espritde symétrie aurait dû depuis longtempsleur souffler. Sans quitter le registre descoûts, qui peuple l’imaginaire des écono-mistes, ils auraient ainsi pu s’enquérir, juste pour voir, de ce qu’il en est du coûtdu capital, et de son augmentation. Non parce qu’il y aurait là de quoi renforcer ànouveaux frais la doctrine de la compéti-tivité (2), mais parce qu’une fois rassasiéleur appétit pour les solutions sans problèmes, un petit goût pour la diversitéaurait pu les amener à examiner des problèmes sans solution (jusqu’ici). C’estcepointdevuequepermetdedégageruneétude réalisée par des économistes duCentre lillois d’études et de recherchessociologiques et économiques (Clersé), àla demande de la Confédération généraledu travail (CGT) et de l’Institut derechercheséconomiquesetsociales(IRES).Les auteurs de cette étude expliquent,aprèsd’autres,quel’augmentationducoûtdu capital – ou plutôt, de son surcoût –,dans le sillage de la financiarisation del’économie, rend largement compte des piteuses performances des économiesanciennement développées depuis unetrentaine d’années : le rythme poussif d’accumulation du capital qu’elles ontconnu, le creusement des inégalités,l’explosion des revenus financiers, la persistanced’unsous-emploimassif…Ilsdonnent également à voir la montée enflèche de ce surcoût du capital, en proposant un indicateur moins lénifiantque le fameux «coût moyen pondéré descapitaux (3)» popularisé par la doctrinefinancière standard.
P
AR
L
AURENT
C
ORDONNIER
*
Afin de justifier toutes sortes de réformes, médias etgouvernants se prévalent de leur disposition à bousculerles «archaïsmes» et à faire preuve de courage. Mais il s’agit toujours en définitive de réduire salaires et pres-tations sociales. Il existe pourtant bien un tabou péna-lisant tous ceux qui souhaitent investir et créer de l’em- ploi : le coût prohibitif du capital.
I
L SERAIT
sans doute passionnant derefaire le trajet d’ivrogne, tortueux etchaloupant, parcourant toute l’Europe,qui a finalement abouti à ramener tousnos maux à des questions de compétiti-vité et, de proche en proche, à des problèmes de coût du travail. Oubliés lacrise des
subprime,
la crise de liquidité bancaire, les gigantesques dépréciationsd’actifs, l’effondrement du crédit, latétanie de la demande, la transformationdes dettes privées en dettes publiques, les politiquesd’austérité.Commenousl’avait bien expliqué dès 2010 M. UlrichWilhelm, alors porte-parole du gouver-nement allemand,
«la solution pour corriger les déséquilibres
[commerciaux]
dans la zone euro et stabiliser les finances publiques réside dans l’augmentation dela compétitivité de l’Europe dans sonentier 
(1)
»
.Quand on tient une explication, il fautsavoir la défendre contre vents et marées,ycomprisceuxdelarigueurarithmétique.Puisqu’on comprend sans doute très bienque nos déséquilibres internes ne peuventse résoudre par une course fratricide etsans fin entre les pays européens pour gagner en compétitivité les uns contre lesautres–cequis’appelle,aminima,unjeuà somme nulle… –, le projet qui nous estmaintenant offert consiste à tenter degagner en compétitivité contre le reste dumonde.Au bout de ses efforts, l’«Europedans son entier» parviendra à redresser les balances commerciales de ses paysmembres, contre celles de ses partenairesextérieurs. On attend avec impatiencel’injonction, venant de l’Organisation decoopération et de développement écono-miques (OCDE) ou de l’Organisationmondiale du commerce (OMC), deredresserlacompétitividu«mondedanssonentier»pourqu’ilserefasseunesantécommerciale contre les Martiens. produites,d’emploisjamaiscréés,deprojetscollectifs,sociaux,environnementauxjamaisentrepris du seul fait que le seuil d’éligi- bilitépourlesmettreenœuvreestd’atteindreunerentabilitéannuellede15%?Quandlefardeau qui pèse sur toute entreprise, publiquecommeprivée,envientàmajorer soncoûtréelde50à70%,faut-ils’étonner du faible dynamisme de nos économies,soumises au joug de la finance? Seul unâne peut supporter une charge équivalenteà 70 % de son propre poids.Le problème n’est pas tant que cettesurcharge financière siphonne les fondsnécessairesàl’investissement.C’estplutôtl’inverse.L’argentdistribuéauxprêteursetaux actionnaires est l’exacte contrepartiedes profits dont les entreprises n’ont plus besoin, du fait qu’elles limitent de leur  propre chef leurs projets d’investissementàlafrangesusceptibled’êtrelaplusrentable.La bonne question est donc la suivante :dans un monde où ne sont mises en œuvrequelesactions,individuellesoucollectives,qui rapportent entre 15 % et 30 % par an,quelleestlasurfaceducimetièredesidées(bonnes ou mauvaises, il faut le déplorer)qui n’ont jamais vu le jour, parce qu’ellesn’auraient rapporté qu’entre 0 et 15 %?A l’heure où il faudrait entamer latransition écologique et sociale de noséconomies,onpourraitpenserqu’unprojet politiqueauthentiquementsocial-démocratedevraitaumoinssefixercetobjectif:libérer la puissance d’action des gens entrepre-nants,dessalariés,etdetousceuxquirecher-chent le progrès économique et social, du jougdelapropriétéetdelarente.Liquider larente,plutôtqueletravailetl’entreprise.Une telle ambition est certes hors de portéed’unhommeseulfût-il«normal».Mais c’est sûrement à la portée d’uneambitioncollective.
«Celaneveutpasdire,
nousadéjàprévenusJohnMaynardKeynes,
quel’usagedesbienscapitauxnecoûterait  presquerien,maisseulementquelerevenuqu’on en tirerait n’aurait guère à couvrir que la dépréciation due à l’usure et à ladésuétude, augmentée d’une marge pour compenserlesrisquesainsiquel’exercicede l’habileté et du jugement.»
A ceux qui y verraient s’avancer la findu monde, Keynes proposait une conso-lation :
«Cet état de choses serait parfai-tement compatible avec un certain degréd’individualisme. Mais il n’impliquerait  pas moins l’euthanasie du rentier et, par  suite,ladisparitionprogressivedupouvoioppressif additionnel qu’a le capitalisted’exploiter la valeur conférée au capital  par sa rare
(4)
Brrrr!...en selle par la montée en puissance desinvestisseursinstitutionnels(fondsd’épar-gne mutuelle, fonds de pension, compa-gnies d’assurances…), s’est appuyé sur ladisciplinedesmarchés,l’activismeaction-narial et la nouvelle gouvernance d’entre- prisepournepaslaisserfilerlarentedansd’autres mains.Autotal,onpeutdirequel’explosiondusurcoût du capital au cours des trentedernièresannéesestlaconséquencedirectede l’élévation de la norme financièreimposéeauxentreprisesavecl’aidedeleursdirigeants, dont les intérêts ont été correc-tement alignés sur ceux des actionnaires.Pour passer des exigences de retours sur fondspropresdel’ordrede15%paranausurcoûtducapital,ilsuffitenquelquesortede rectifier la mesure. De telles exigencescorrespondent en pratique à un surcoûtimposé à tout projet d’investissement del’ordre de 50 à 70 %.Leseffetsdecetteélévationdelanormefinancière,bienqu’imaginables,sontincal-culables.Carenlamatière,leplusimportantn’estpeut-êtrepasleplusvisible.Cestrans-ferts de richesse vers les prêteurs et lesactionnairesreprésententcertesunemanneimportante, qui n’a cessé d’augmenter (de3 % de la valeur ajoutée française en 1980à 9 % aujourd’hui) et qui ne va ni dans la pochedesgensentreprenantsmoinsqu’ilssoientégalementpropriétairesdeleurentre- prise), ni dans la poche des salariés.On pourrait déjà déplorer que l’exploi-tation des travailleurs se soit clairementrenforcée.Maisilyaplus:quipeutdireeneffetl’énormegaspillagederichessesjamais
* Economiste, maître de conférences à l’universitéLille-I.Auteurde
 L’EconomiedesToambapiks,
Raisonsd’agir, Paris, 2010. A participé, avec Thomas Dallery,Vincent Duwicquet, Jordan Melmiès et FranckVan deVelde,àl’étudeduClersésurlaquelles’appuiecetarticle.
Et si l’âne se mettait à ruer ?
(1)
FinancialTimes,
Londres, 22 mars 2010.(2)Ilyatoutdemêmeunlien,commel’ontmontla Fondation Copernic etAttac dans leur rapport «Enfiniraveclacompétitivité»(octobre2012).Quandlesentreprises françaises, en perte de compétitivité, sontcontraintes de réduire leurs marges, mais continuentde verser de copieux dividendes à leurs actionnaires,oncomprendquec’estenpartieaudétrimentdeseffortsde recherche et développement.(3)
Cf.
«Rentabilitéetrisquedanslenouveaurégimede croissance», rapport du groupe présidé par Dominique Plihon pour le commissariat général duPlan, La Documentation française, Paris, 2002. Oul’article de Wikipédia : «Coût moyen pondéré ducapital».(4) J. M. Keynes,
Théorie générale de l’emploi, del’intérêt et de la monnaie,
Petite Bibliothèque Payot,Paris, 1971.
du fait qu’il s’agit d’un coût supporté par lespartiesprenantesinternesàl’entreprisequi vient surcharger inutilement le «vrai»coût du capital.L’étudeduClermontrequecesurcoûtest considérable.A titre d’illustration, en2011, il représentait en France, pour l’ensemble des sociétés non financières,94,7 milliards d’euros. En le rapportantau «vrai» coût du capital, c’est-à-dire àl’investissement en capital productif de lamême année (la FBCF), qui était de202,3 milliards d’euros, on obtient unsurcoût du capital de 50 %... Si l’onrapportait ce surcoût à la seule partie del’investissement qui correspond à l’amor-tissement du capital – laquelle représen-teraitmieux,auxyeuxdenombreuxécono-mistes, le «vrai» coût du capital –, onobtiendrait une évaluation encore plusétonnante : de l’ordre de 70 %!Celasignifiequelorsquelestravailleursfrançais sont capables de produire leursmachines, leurs usines, leurs immeubles,leurs infrastructures, etc., à un prix totalde 100 euros par an (incluant la marge de profit), il en coûte en pratique entre 150et 170 euros par an aux entreprises quiutilisent ce capital productif, du seul faitqu’elles doivent s’acquitter d’une rente,sansjustificationéconomique,auxappor-teurs d’argent.Un tel surcoût du capital n’a rien denécessaire ni de fatal. Durant la période1961-1981, qui a précédé le «big bang»financier mondial, il était en moyenne de13,8 %. Il était même devenu négatif à lafin des «trente glorieuses» (1973-1974),du fait de la résurgence de l’inflation.Cesontlespolitiquesrestrictivesissuesde la révolution monétariste qui, dans un premier temps, ont fait grimper la rentefinancière,enpropulsantlestauxd’intérêtréelsàdessommets.Lorsques’estamorcéeladécruedecestaux,danslesannées1990,leversementaccélérédesdividendesaprisle relais. Le pouvoir actionnarial, remis
P
OUR 
comprendre de quoi il est ques-tion, il faut distinguer entre deux notionsde coût du capital : le coût économiqueet le coût financier. Le coût économiqueestl’effortproductifnécessairepourfabri-quer les outils et, plus largement, l’en-semble des moyens de production :machines,immeubles,usines,matérielsdetransport, infrastructures, brevets, logi-ciels… Cet effort productif représente enquelque sorte le «vrai» coût du capital,celuiqu’ilfautnécessairementdépenserentravail pour fabriquer ce capital, entenduici dans le sens «capital productif». Lamesure de cet effort (sur une année, par exemple) représente ce qu’on appelle pluscourammentlesdépensesd’investissement,et que les comptables nationaux nommentla formation brute de capital fixe (FBCF).Cesdépensesreprésententàpeuprès20%de la production annuelle des entreprisesfrançaises.Mais ce coût de production du capital productif,mesuréàsonprixd’achat,n’est pas le seul à peser sur les entreprises.Lorsqu’elles veulent acheter et mettre enœuvre ces moyens de production, ellesdoiventdesurcroîtrémunérerlespersonnesou les institutions qui leur ont procuré del’argent (argent appelé aussi «capital»,mais dans le sens financier cette fois).Ainsi,au«vrai»coûtducapitals’ajoutentles intérêts versés aux prêteurs et lesdividendes versés aux actionnaires (enrémunérationdesapportsenliquidedecesdernierslorsdesaugmentationsdecapital,oulorsqu’ilslaissentunepartiede«leurs» profits en réserve dans l’entreprise).Or une grande part de ce coût financier (lesintérêtsetlesdividendes)necorrespond àaucunserviceéconomiquerendu,quecesoit aux entreprises elles-mêmes ou à lasociétédanssonentier.Ilimportealorsdesavoircequereprésentecettepartieducoûtfinanciertotalementimproductive,résultantd’unphénomènederenteetdontonpourraitclairement se dispenser en s’organisantautrement pour financer l’entreprise; par exemple en imaginant un systèmeuniquement à base de crédit bancaire,facturé au plus bas coût possible.Pour connaître le montant de cette renteindue, il suffit de retrancher des revenusfinancierslapartquipourraitsejustifier pardebonnesraisonséconomiques.Certainsde ces intérêts et dividendes couvrent eneffet le risque encouru par les prêteurs etles actionnaires de ne jamais revoir leur argent,enraisondelapossibilitédefailliteinhérente à tout projet d’entreprise. C’estce que l’on peut appeler le risque entre- preneurial.Uneautrepartiedecesrevenus peut également se justifier par le coûtd’administration de l’activité financière,laquelle consiste à transformer et aiguiller l’épargne liquide vers les entreprises.Lorsqu’on retranche de l’ensemble desrevenus financiers ces deux composantesqui peuvent se justifier (risque entrepre-neurialetcoûtd’administration),onobtientune mesure de la rente indue. On peut ladésigner comme un «surcoût du capital»,
HERVÉ TÉLÉMAQUE. – «La Gourmandise», 1974
«La religion des quinze pour cent»,
Isabelle Pivert 
(mars 2009).
«Partage des richesses, la questiontaboue»,
François Ruffin 
(janvier 2008).
«Enfin une mesure contrela démesure de la finance,le SLAM!»,
Frédéric Lordon 
(février 2007).
«Mais exportez donc! dit le FMI»,
Gabriel Kolko 
(mai 1998).
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Frédéric Lordon
tente une sortie de l’euro
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25 juillet.
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