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avril
2009
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LA MOUCHELA MOUCHELA MOUCHELA MOUCHELA MOUCHE
e-mail:
journal.lamouche@yahoo.fr
L’opinion d’un francophone et professeur de français averti sur le thème de:
La diversité culturelle
La Radio, la Télé ou Internet peuvent devenir des réalités perceptibles
Florian TUPI, profes-seur vacataire à l’Université« Aleksander Xhuvani »d’Elbasan a participé, fin2008, au Colloque interna-tional organisé par le Con-seil de l‘Europe, Pro-gramme Pestalozzi sur lethème de : Plurilinguisme,diversité, citoyenneté.Son intervention avaitpour sujet : La diversité cul-turelle dans l’enseignementdu français : enjeu de dia-logue entre les peuples dumonde balkanique ou autre.
SUITE…
bibliographie
Dumont Pierre
Francophonie, francophonies
, dans InLangue Française, Les représentationsde la langue, 1990.
Compte Carmen
La vidéo en classe de langue, Hachette F.L.E., 1993, p 52-53
Citation de Marie
Bernadette le Berne., Anthropologie culturelle de la France, Université Stendal,Grenoble III, CNED 1998
Senghor Léopold Sédar
Œuvre poétique, De l’Académie Française Edition du Seuil, 1990, p 427
De Beaucé Thierry
Le nouveau discours sur l’universalité de la langue française, Gallimard, 1985, p 84
C’est ainsi que la Radio, la Télé ouInternet peuvent devenir des réalitésperceptibles pour les citoyens de cemonde. L’esprit jeune des peuples quiveulent se découvrir et qui veulentégalement découvrir est en quêted’émotions et de beautés cachées.Il faut du travail pour qu’on apporte lapart belle et mauvaise à toutes les formes deculture et de langue française : celle de laFrance et celle de l’Ailleurs.Nous considérons l’audiovisuel comme un in-strument qui fait aujourd’hui allier des peuplesfrancophones et apporte un accord parfait descultures qui se fonde sur un respect des ex-pressions particulières ; une manière d’avoirune véritable rencontre. C’est en ce sens qu’ilfaut aller.Cela, pour que la langue françaisen’apparaisse pas comme un instrument mys-tique ou un moyen de pression de la culturefrançaise, mais comme un patrimoine univer-sel. Le français a pris des chemins, il est deve-nu le lieu d’identités multiples.1Une autre manière de pouvoir faire découvrirle monde à nos enfants et nos concitoyens,c’est la littérature. A cet égard, Simone de Beau-voir s’exprime : « ...
c’est à travers la littérature que l’on peut apprendre le mieux un pays étranger
». On est d’accord avec de Beauvoir,parce que la littérature est le refuge des rêver-ies, des secrets, des moments intimes desêtres. Ce cosmos que les écrivains francoph-ones essaient de partager avec les lecteurs,Français de France ou Français d’Ailleurs, aune nature humaine, parce qu’il a pour sourcel’homme et ses activités quotidiennes, ses in-quiétudes et ses soucis, ses problèmes et sessouffrances, ses douleurs et ses vécus, ses joies et ses échecs. Les auteurs francophonesfont de la magie avec leur plume, parce qu’ilsrendent possible le contact entre les gens decultures différentes, ils font que les gens se ren-contrent, se dialoguent et pardonnent ; bref, ilssont humanistes.La création des images, descomparaisons et les analogies qui se constru-isent par la lecture, en effet, peuvent être dif-férentes parce que il s’agit des univers référen-tiels divers susceptibles qui intéressent aux lo-cuteurs du français.Les œuvres littéraires expriment aussi des in-timités que les hommes de lettres découvrentdans leurs pays respectifs ou dans d’autrespays ; cela veut dire que l’apprenant, commelecteur, curieux de connaître un monde, autreque le sien, part. Il voyage dans de différentspays, mais avec la langue française : en Franceet au-delà de France, dans la révolutionfrançaise et dans toutes les révolutions despays balkaniques ou autres, de la cathédralefrançaise et des cathédrales dans le monde,du Vélodrome Français et de tous les lieux his-toriques qui mettent en évidence des traces desefforts pour bâtir des nations, du peuple multicol-ore français et des peuples « jeunes » ( blancs,rouges, jaunes, noirs, métissés), donc, les peu-ples d’outre France, Et comme ça, le français,son enseignement par la littérature, amène à uneautre morphologie du monde : les vérités culturel-les la composent.Ainsi, même pour nos étudiants, qui souhaitentaller un jours toucher des terres inconnues, ren-contrer des gens jamais vus avant, mais qu’ils con-naissent par les lectures, le choix des documentslittéraires nous conviendrait afin d’accomplir notremission : faire aimer et apprécier la différence descultures.L’image et la littérature, ces deux possibilités quiorientent le professeur en classe de langue,mettent en évidence des formes concrètes de tra-vail qui traduisent dans une certaine manière uneexpression culturelle des peuples qui parlentfrançais.Intéressant c’est le fait que, les deux stratégies,pratiquées par l’enseignant, font apparaître destraits linguistiques comme c’est par exemple destournures et des structures, des énoncés, desformes linguistiques, des mots nouveaux, pas tou- jours connus de tous les locuteurs du français ;un phénomène inévitable dira- t- on. Ces particu-larités linguistiques sont porteuses d’une richesseculturelle qui peut être véhiculée dans l’espacefrancophone. Ces traits seraient d’abord des néol-ogismes, et des particularités lexicales provenantdu fait que le locuteur veut restituer les réalités deson territoire par des termes n’existant pas oun’ayant pas d’équivalent en français de France.Atitre d’exemple : Léopold Sédar Senghor dans sespoésies utilisent le mot
kôra
et le mot
balafong
,mais la traduction
harpe
et
piano
en français nesont pas leurs équivalents. Pour lui, en laissantles mots dans leur forme d’origine, cela«
...touchera les Africains de la langue française,les français, et par-delà des mers et des frontières,les autres hommes
».De l’examen des exemples, résultent ces con-sidérations :1Le français, pour nous, en tant que professeursde français, et pour nos étudiants a des mérites,parce que grâce à lui que se prend en charge lephénomène dynamique de la rencontre des cul-tures et des valeurs de tolérance qui en résultent.On partage ici le même avis que Thierry de Beaucé« Le français est une chance pour les gens dumonde francophone».2L’apport desvaleurs cul-turelles prove-nant du rat-tachementdes peuples francophones peut constituer unesource d’enrichissement culturel et un vecteur dedynamisme de beaucoup de pays. Les étudiantsfrancophones appartenant à un monde francoph-one et à des mondes francophones en mêmetemps, n’apprennent pas un seul Français, maisdes Français, ce qui amène à un respect desvaleurs communes citoyennes et démocratiques.Au total, si on aide nos étudiants à aimer cettecommunauté solidaire francophone d’hommes etde valeurs, et à y participer, à contribuer à bâtirun espace où la langue française sert d’outild’intercommunication à la fois un et pluriel, ou-vert aux échanges et garantissant le respect del’autre, du voisinage et de ses valeurs, alors lamission sera accompli : le dialogue est atteint. Ily a là un enjeu de civilisation, parce que latolérance résulte de ces pluri-contacts.Pour ga-rantir la fraternité et la solidarité entre les peu-ples, il faut faire aller les apprenants voir l’autrecoté des frontières de leur pays, de voir de prèsdes lieux francophones, voisins, balkaniques eteuropéens, ainsi qu’au delà des mers ou desocéans, faire montrer qu’il y a dans la planètedes pays riches, en valeurs et en traditions com-me le leur dont toute personne veut parler et abesoin de connaître. Aujourd’hui les professeurssont comme les artistes ou les hommes de laplume : leur tâche n’est pas seulement de trans-mettre la beauté, mais aussi des bontés. De nos jours, on parle de bons professeurs du français,mais le mieux serait qu’ils soient « engagés ».On parle de ce type d’enseignement, on travaillepour ce type d’enseignement pour que nos étu-diants soient munis de valeurs citoyennes,tolérantes et humanistes. Nos étudiants ne sontpas moins ou plus balkaniques, européens, con-tinentaux que les autres ; ils ne sont pas moinsou plus forts que les autres ; ils ne se considèrentmeilleurs ou inférieurs par rapport aux autres ;ils sont justement des hommes qui ont besoinde connaître et de se reconnaître. Aidons-les !La route est déjà projetée par leur volonté, il fautla construire ; le Conseil de l’Europe a mis unepierre ; mettons- en d’autres !
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