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Demanget Magali - Turisme a Geometrie Variable en Huautla

Demanget Magali - Turisme a Geometrie Variable en Huautla

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TOURISME À GÉOMÉTRIE VARIABLE EN TERRE INDIENNE:L'EXEMPLE DES INDIENS MAZATÈQUES, OAXACA, MEXIQUE
 
Magali Demanget
 
Presses de Sciences Po |
Autrepart 
2007/2 - n°42pages 21 à 38 ISSN 1278-3986
Article disponible en ligne à l'adresse:
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http://www.cairn.info/revue-autrepart-2007-2-page-21.htm
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Pour citer cet article :
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Demanget Magali
 
, «Tourisme à géométrie variable en terre indienne: l'exemple des Indiens mazatèques, Oaxaca,Mexique» ,
Autrepart 
, 2007/2 n°42, p. 21-38. DOI : 10.3917/autr.042.0021
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Autrepart (42), 2007, p. 21-38
Tourisme à géométrie variable en terre indienne :l’exemple des Indiens mazatèques, Oaxaca, Mexique
 Magali Demanget*
Introduction
Depuis les années 1980, des travaux parus notamment dans les
 Annals of Tourism Research
1
, se sont employés à définir le phénomène du tourisme et lacatégorie de touriste. Le tourisme est alors entendu comme une relation interethniqueoù se joue la confrontation entre des visiteurs et une population d’accueil qui se meten scène à leur attention. Alors que D. Mac Cannell [1986] fait état d’une ethnicitéreconstruite à l’attention de spectateurs de l’ethnicité, des auteurs tels que E. Cohen[1979] se sont attachés à établir une classification des touristes selon leur compor-tement. Cependant, le nouveau tournant pris par l’anthropologie du tourismedepuis une vingtaine d’années
2
, en focalisant son attention sur la diversité despratiques touristiques, a contribué à remettre en cause les tentatives de typologierigide des comportements touristiques. Par ailleurs, les analyses ont égalementdémontré combien ce phénomène social ne saurait pour autant être réduit à unéchange distancié et à sens unique. Dans cet article, on s’attachera au caractèremultiforme du « tourisme ethnique » au Mexique, en nous appuyant sur l’exempledes Indiens mazatèques. Le tourisme ethnique est ici à entendre au sens large d’unerencontre entre des visiteurs et un groupe ethnique qui s’autodéfinit comme tel.Partons tout d’abord de l’angle régional où, selon la perspective avancée parMac Cannell [
op. cit.
, p. 385], se trouvent mises en jeu « des images ethniquesqui sont à la fois artificielles et déterministes ». Parmi les attraits du Mexiquemontrés dans les guides touristiques, la richesse culturelle passée des vestigesarchéologiques se conjugue à celle, vivante, des Indiens de villages pittoresques,porteurs contemporains de préhistoire. Au fondement de l’exotisme mexicain, lesformes de vie indienne y sont souvent perçues comme le reflet inversé de celles des
* Ethnologue, Laboratoire d’anthropologie et de sociologie comparative, Université de Paris 10 Nanterre– magali.demanget@free.fr.1. Notamment le volume 11 [1984] et le volume 15 [1988] dont on cite des auteurs dans cet article.2. Concernant l’émergence d’un intérêt récemment affirmé de l’anthropologie et de la sociologie dutourisme, nous renvoyons ici à Picard et Michaux [2001].
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   2   0   1 .   1   4   1 .   1   0   1 .   1   5  -   2   6   /   0   1   /   2   0   1   2   0   4   h   3   1 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   d  e   S  c   i  e  n  c  e  s   P  o
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Autrepart (42), 2007
sociétés occidentales. Encore immergés dans un univers magique séculaire, lesIndiens, selon un sens commun répandu tant à l’échelle nationale qu’internationale,se situeraient plutôt du côté de la nature et de la tradition que de celui de la ville etde la modernité [Favre, 1994, p. 81-82 ; Schaffhauser, 2001, p. 152]. Ces projec-tions sur l’identité des Indiens semblent prolonger les distinctions classiques entrevoyageurs et autochtones, entre la modernité propre aux sociétés des uns face à latradition des autres. Plus largement, une telle distinction renvoie à la démarcation– dérivée de réalités socio-économiques toutefois bien réelles – entre pays exporta-teurs de touristes et pays « exotiques » récepteurs, séparation qui a marqué desanalyses du tourisme comme agent dévastateur des sociétés locales « exotiques »[Boutiller
et alii,
1978 ; Rossel, 1988]. À l’échelle nationale mexicaine, ce clivageest aussi lisible dans les approches entre villes métisses et périphéries indiennes, oùles Indiens sont souvent présentés comme les victimes d’étrangers consommateursde traditions adultérées. Le phénomène touristique est alors appréhendé au traversdu prisme de la « folklorisation » entendue comme « processus d’expropriation-appropriation-transformation » [Barabas et Bartholomé 1990, p. 36-37].En terres indiennes cependant, un tel processus se trouve démenti par l’inven-tion sociale à laquelle donne lieu le tourisme. Des hauts lieux de tradition sontvisités par des populations nationales et internationales, l’apogée des visites culmi-nant lors d’un événement à grande résonance identitaire, la fête des morts (
Fiestade Todos Santos
). Les vieilles définitions se brouillent : les visiteurs ne sont plusseulement consommateurs, ils viennent voir, mais aussi vivre, partager, êtreensemble. Les spectateurs deviennent aussi acteurs et la vie collective prend alorsforme de spectacle. Comment délimiter ici le phénomène touristique, alors que lamultiplicité des rôles sociaux fait exploser les limites du théâtre de la « folklorisation » ?Le tourisme apparaît en effet comme un échange qui est loin d’être unilatéral. Pluslargement, comme le remarque J.-D. Urbain [2002, p. 18-19], l’image, tropsimpliste, d’un monde coupé en deux entre les pays pourvoyeurs de « touristes-colons » et les « colonies touristiques » réceptrices, ne rend que partiellementcompte de la réalité des échanges
3
. On peut alors s’interroger, à l’échelle nationale,sur la coupure entre Indiens « objets touristiques » et touristes non Indiens, coupurequi n’est pas sans rappeler celle existant entre colonisés et colonisateurs signalée àl’échelle du monde. Si cet aspect est aussi à prendre en compte, il ne peut constituerun principe explicatif d’un phénomène complexe, qui ne saurait être réduit à unéchange duel et unilatéral. Dépasser un tel dualisme revient également à rappelerque la catégorie d’Indien est le résultat d’une construction sociale et politique quis’est transformée au fil de l’histoire des relations entre minorités et gouvernants
4
.
3. L’auteur rappelle que la France, cinquième pays pourvoyeur de touristes au monde, en est aussi lepremier pays récepteur. Sans nier pour autant les effets dévastateurs de certains types de tourisme, ce constatne manque pas de briser la caricature d’un monde coupé en deux par l’industrie touristique [
ibid 
.].4. Au Mexique, comme dans l’ensemble des pays colonisés, les dynamiques identificatoires entre mino-rités et dominants ont tout d’abord impliqué une assignation asymétrique des catégories ethniques (Indiens
vs
« gens de raison »). Dans la perspective indigéniste, bien que le terme d’ethnie ait remplacé dès les années1950 celui de race, les classifications de groupes indiens consistent en des attributions initiées selon uneapproche objectiviste qui repose sur un inventaire de traits culturels. À présent, dans un climat de revendications
   D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   2   0   1 .   1   4   1 .   1   0   1 .   1   5  -   2   6   /   0   1   /   2   0   1   2   0   4   h   3   1 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   d  e   S  c   i  e  n  c  e  s   P  o
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