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TILLIETTE, études mystiques du P. Joseph Maréchal.pdf

TILLIETTE, études mystiques du P. Joseph Maréchal.pdf

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08/25/2014

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À propos des études mystiquesdu Père Joseph Maréchal
Au moment de se rendre à la Trappe pour une retraite de huit jours, le néo-converti Durtal, héros d’
En route
de Joris-Karl Huys-mans, passe en revue sa bibliothèque du mysticisme, il soupèse leslivres que lui a prêtés son directeur l’abbé Gévresin. Quelles lec-tures va-t-il choisir et emporter? Il écarte la haute mystique, trophaute pour lui, Thérèse d’Avila, Jean de la Croix, Denys l’Aréopa-gite… Il élimine les œuvres qu’il estime bavardes ou plates, Ruys-broeck, Brigitte de Suède, Catherine de Gênes, Marie d’Agréda,concède un satisfecit à saint Bonaventure, à Monsieur Olier, àAngèle de Foligno et Lidwine de Schiedam, au Père Faber… Leslivres lui tombent des mains. On a l’impression qu’il ne gardera queles visions d’Anne-Catherine Emmerich, la stigmatisée de Dulmenen Westphalie, la confidente de Clemens Brentano.
Quoi qu’il en soit de cet inventaire et de ce tri, les sélections deDurtal écho de Huysmans témoignent de l’engouement pour lamystique qui depuis le Romantisme et le gros ouvrage touffu de Josef Görres n’a cessé de travailler les milieux catholiques. Rap-pelons le succès de la
Sainte Élisabeth de Hongrie
de Montalem-bert et les envolées oratoires de Lacordaire. Mais au début de cesiècle-ci l’étude des mystiques entre dans une phase nouvelle,scientifique, avec le développement de la psychologie. Elle nelaisse pas non plus d’intéresser au plus haut point la théologie etmême la philosophie, qui sort de sa réserve. De ce temps date lasomme ou l’énorme compilation du Père Auguste Poulain, S.J.,un ouvrage à consulter plutôt qu’à lire
1
. Il sera critiqué entreautres par Mgr Saudreau, d’Angers
2
, un autre Auguste; mais le jésuite, savant amateur, jovial et actif, avait travaillé honnêtement,
 NRT 
122 (2000) 533-546X. T
ILLIETTE
, S.J.
1.A. P
OULAIN
,
Des grâces d’oraison. Traité de théologie mystique
, Paris, VictorRevaux, 1901; 10
e
édition augmentée, avec une introduction de J.V. B
AINVEL
,Paris, Beauchesne, 1922.
2.A. S
AUDREAU
,
L’état mystique. Sa nature. Ses phases
, 1903, 1921;
La vied’union à Dieu et le moyen d’y arriver 
, 1900;
Les faits extraordinaires de la viespirituelle
, 1908. Les éditeurs sont à Paris, Vic et Amat, à Angers, Germain etGrassin.
 
et son exposé est une mine. Cependant il n’outrepasse pas sadocumentation, on cherche en vain chez lui une théorie des faitset des écrits mystiques, il en reste à la nomenclature. Il en va demême de nombre d’ouvrages portant l’estampille religieuse. D’untout autre calibre sont les études et recherches d’Henri Delacroix,grand universitaire
3
. Elles tranchent par leur honnêteté et le PèreMaréchal les tient en estime. Plus tard Jean Baruzi produira sonbeau et profond livre sur saint Jean de la Croix
4
et il est dommageque le Père Maréchal, qui le cite, n’ait pas jugé bon de s’expliqueravec son interprétation métaphysique.
En revanche il a traité avec déférence le travail d’Henri Dela-croix. Les
Études d’histoire et de psychologie du mysticisme
ontassurément inspiré le titre des
Études sur la psychologie des mys-tiques
5
, avec la
Psychologie du mysticisme
d’Émile Boutroux
6
.C’est que Maréchal n’a aucunement l’intention de polémiquercontre ses prédécesseurs et rivaux en psychologie mystique. Ilréserve ce qu’il appelle pittoresquement ses «boulets ramés» àl’américain Leuba, homonyme du pasteur et théologien suisse auxtempes argentées
7
. C’est que Leuba réduit la mystique à la biolo-gie, au neuro-végétatif, autant que faire se peut. Il n’a pas évité lesdifficultés inhérentes à la psychologie religieuse comme science.D’une façon générale la proximité aux faits pathologiques a égaréles savants. Les schèmes de la pathologie mentale ne sauraient s’ap-pliquer sans plus aux phénomènes mystiques, l’extase mystiquen’est pas l’extase hypnotique. On ne saurait récuser sans examen larevendication des mystiques d’expérimenter le Transcendant.Cependant la démarche beaucoup plus prudente et respectueusede Delacroix échappe à ces reproches sous leur forme outrée. Il estd’ailleurs un beau représentant de la philosophie française clas-sique, éprise d’écriture soignée et de perfection. Comme chezLachelier, Boutroux, Brunschvicg, Xavier Léon… la langue n’a pas
534X. TILLIETTE, S.J.3.
Études d’histoire et de psychologie du mysticisme. Les grands mystiqueschrétiens
, Paris, Félix Alcan & Guillaumin, 1908. Réédition sous le seul titre
Les grands mystiques chrétiens
.4.J. B
ARUZI
,
Saint Jean de la Croix et le problème de l’expérience mystique
,Paris, Félix Alcan,
2
1931. La première édition est de 1924.5.J.M
ARÉCHAL
,
Études sur la psychologie des mystiques
. Tome I
er
, Bruges /Paris, Charles Beyaert / F. Alcan, 1924; tome II, Bruxelles / Paris, L’Éditionuniverselle / DDB, 1937.6.Paris, Félix Alcan, 1902. Maurice Blondel également a rédigé un essai peuconnu,
Le problème de la mystique chrétienne
, dans le collectif 
Qu’est-ce que lamystique?
(Cahiers de la Nouvelle Journée, 1925).7.J.L. Leuba, de Neuchâtel, philosophe et théologien. Le Leuba américainétait également originaire de Neuchâtel.
 
vieilli, tandis que le jargon d’auteurs bien plus récents est insup-portable. De plus Delacroix a probablement été le fournisseur ini-tial, sinon principal, de Bergson, lequel n’a guère prêté attention àla théorie et a recueilli les faits à pleines mains; notamment le longet magnifique chapitre sur Madame Guyon a pu éveiller sonenthousiasme pour les
Torrents
. Les belles cadences des
DeuxSources
sur les mystiques chrétiens: ils ont rompu une digue
8
doivent plus encore à Delacroix qu’à William James.
L’interprète laïc a témoigné à ses mystiques une évidente sym-pathie, de sorte que l’interprète religieux ne lui ménage pas lasienne
9
. Il ne saurait pour autant dissimuler les faiblesses d’unethéorie qui se veut exhaustive en excluant tout recours au surna-turel. Ces faiblesses se résument en un point faible, talond’Achille de la théorie, et pourtant sa pièce maîtresse: le subcons-cient ou la subconscience
10
. La subconscience intervient commeun
deus ex machina
dès là que les faits mystiques débordent l’ex-périence courante, virent à l’insolite et à l’extraordinaire.
Certes Delacroix, sans entreprendre des démonstrations détaillées,
s’appuie sur l’autorité de la psychopathologie et sur l’automa-tisme psychologique de Paul Janet. Effectivement des faits cli-niques viennent à son aide et, plus plausible que le reste, la patho-logie du génie. Mais outre que l’on ne sait pas grand’chose (avantFreud) du subliminal ou du subconscient, l’explication simple-ment psychologique est réductrice, en ce sens que la méthodescientifique ne fournit pas une explication empirique complètedes faits religieux, a fortiori mystiques — à la rigueur d’une mys-tique humaine très élevée, sublime, mais purement naturelle
11
. Lathéorie, dit Maréchal, n’atteint l’extase qu’au prix d’une extrapo-lation, étant donné le peu que l’on sait de la subconscience
12
. Letout est de savoir si la psychologie peut donner le dernier mot,comme Delacroix le suggère à plusieurs reprises. Non sans ingé-niosité il superpose aux états pathiques des représentations, descroyances, des doctrines, qui servent de superstructure et quiarticulent le discours mystique. Mais c’est que le sujet se fait sonpropre herméneute, et que cette herméneutique rentre à son tour
ÉTUDES MYSTIQUES DU P. MARÉCHAL5358.
Les Deux Sources de la morale et de la religion
, Paris, F. Alcan, 1932,p. 243.9.Cf. J. M
ARÉCHAL
,
Études…
(cité
supra
, n. 5), I, p. 51-57, 71, 237.10.Cf. H. D
ELACROIX
,
Études d’histoire…
(cité
supra
, n. 3), p. 10, 86-91,218-219, 220, 224.11.Cf. J. M
ARÉCHAL
,
Études…
(cité
supra
, n. 5), I, p. 51-52.12.Cf.
ibid.
, p. 57.

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