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Débat AITEC sur l’EUROPE
En relation avec l’espace de débat ouvert par l’AITEC au sujet des questionseuropéennes, je ne pense pas utile de revenir sur le contenu des dossiers que lemouvement social français et européen, y compris l’AITEC, suit avec attention etbeaucoup de cohérence en dépit de la faiblesse de moyens. Je souhaiterais plutôtfaire, du point de vue de « Sirius », un certain nombre de remarques qui pourraientsembler tautologiques, mais que je considère bon de rappeler en ces temps propicesaux interrogations essentielles. Un débat que nous espérons soutenu est opportunprincipalement parce que les conditions de vie de la grande majorité des Européensentrent en contradiction de plus en plus dangereuse avec les exigences de rendementfinancier des détenteurs de capitaux dans l’économie européenne. De même, alorsmême qu’autorités américaines et celles des pays émergents donnent le sentiment decommencer à mesurer ce danger et modifier leurs comportements, l’Europe officiellesemble aujourd’hui quelque peu piégée par son orthodoxie : refus des restrictions auxmouvements des capitaux, découragement de l’activité financière publique, maintiendes mécanismes de l’échange inégal avec les pays pauvres, mais surtout, convictionque la géopolitique mondiale ne change pas parce que les nouveaux acteurs ne fontpas le poids. C’est une attitude qui peut mener rapidement à l’isolement.Le débat devrait se préoccuper d’abord d’alternative avant de se consacrer auxalliances et aux compromis. La remarque n’est ni théorique ni partisane ; elle a lesouci de la réalité. Tout d’abord, l’Europe n’est pas fondamentalement une régionpolitique ; elle est délibérément alignée à l’OTAN, n’exerce une capacité diplomatiquecommune que sur les questions économiques et n’a une monnaie que partiellementautonome par rapport au dollar. Le débat sur l’Europe politique relève en partie del’illusion, en partie d’un scénario d’avenir possible mais non encore ancré dans lespratiques. On pourrait ne pas trop y insister.Il reste et ce n’est pas peu que l’Europe est un vrai grand marché bien huilé et qui aproduit, je serais tenté de dire dans le passé, de la valeur économique et du bien êtresocial pour les ressortissants européens. Il a bien réussi dans de nombreux domainesà accompagner avec beaucoup de solidarité et de succès, des régions nettement enretard vers des progrès matériels importants. Il me semble important de souligner quele sentiment que ce marché est aujourd’hui en panne est de plus en plus partagé.Le capitalisme de marché pur auquel tient l’Europe officielle s’est avéré conduire àl’effondrement économique; il a rapporté ces dernières années beaucoup d’argent auxpratiques les moins honorables sur les marchés a scandaleusement enrichi une faiblepartie des capitalistes et entraîné le monde dans une récession. Peu de gens pensentle contraire ; les progrès de ces convictions disqualifient les politiques récentes del’UE, sans que nous soyons certains, sauf aggravation nouvelle de la situation, qu’elleentende raison. Il me paraît ainsi opportun d’insister dans le débat d’abord sur l’élaboration de l’alternative que nous voulons en donnant libre cours et sans tabous ànotre inventivité politique et sociale pour ne se pencher qu’ensuite sur les démarchespolitiques de la mobilisation pour qu’elle soit entendue.
 
Nos propositions sur l’Europe sociale et des services publics, le changement despositions dans les négociations commerciales, l’ancrage dans la solution durables desquestions climatiques, l’autonomie stratégique de l’Europe, la question des honteuxobstacles à la circulation des humains ne prennent de sens que si nous affirmonsd’abord nos principes politiques quand au devenir de l’Europe.
Sommaire
Les questions européennes p2Vers un pacte pour une Europe durable p2Sécurité humaine, soutenabilité environnementaleet économie globalisée p3-5Ancrer la solidarité internationale dans lesterritoires franciliens p5Un Grand Paris pour un espace écologique p6-7Formations, écoles universités p7-8Appel de Louvain contre le processus de Bologne p8Les issues stratégiques à la crise globale p9-10Forum des sans voix à Bamako p10
Calendrier 
 
Le 18 mai
(18h)
 
Atelier Grand Paris au CICP
Le 28 mai à
(19h)Réunion AITEC / RESOL au CICP
3 Juin
(17h30)
Assemblée générale et 25 ans de l’association
18 juin
(19h)Atelier urbain au CICP
 
par Ghazi Hidouci, co-président de l’AITEC
 
 
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et de mobilisations réellement européennes. La crise a révélé la nécessitéde créer un nouveau modèle. Les propositions alternatives existent, baséessur les analyses élaborées par le mouvement social depuis des décennies ;mise au pas de la finance, refonte de la fiscalité nationale, européenne etglobale, responsabilisation économique et sociale des acteurs économiques,reconstruction de services publics, réforme de la gouvernance mondiale... Ladimension écologique tend à être de plus en plus reconnue et intégrée auxpréoccupations des mouvements sociaux "classiques", elle susciteégalement l'émergence de réseaux et mouvements dynamiques au planeuropéen.C'est pourquoi le croisement des thématiques et l’échange entre les acteurssont plus que jamais d'actualité, un rôle que l'Aitec s'est attaché à jouer depuis plusieurs années, et pour lequel il a acquis une légitimité certaine. Sil'accès de tous aux droits fondamentaux est l'objectif ultime reconnu, deshorizons distincts se dégagent. A court terme l'enjeu porte clairement sur lalimitation des impacts sociaux des crises et la bataille pour la justice sociale(incluant des contre-attaques sur la question fiscale, sur l'utilisation del'argent public à court terme...) et la défense de la démocratie et des droitscontre la tentation autoritaire. A moyen terme les alternatives portées par lemouvement social européen doivent être poussées et cela suppose desalliances stratégiques et tactiques complexes : pour la disparitionprogressive des paradis fiscaux, pour une réforme des institutionsfinancières internationales, batailles offensives sur la fiscalité - globale eteuropéenne, pour des organismes bancaires sous contrôle public...L'alliance à la fois avec les syndicats "cogestionnaires", avec une frangesociale-démocrate de la gauche européenne, avec une partie des élitesémergentes est-elle contournable dans cette perspective ?Entre ces deux horizons se jouera vraisemblablement le sort de l'idée de"capitalisme vert", qui résume assez bien, pour l'heure, la représentation quese font les élites du g8 de ce dont les réunions internationales des mois àvenir doivent accoucher. Avec la confirmation que les mécanismes demarché peuvent être les outils de régulation adéquates des désordresenvironnementaux : c'est une question fondamentale à très court terme,avec la conférence de Copenhague en déc. 2009.Enfin à plus long terme la reconstruction d'une Europe sociale, la définitionprogressive de modèles de développement durables et solidaires et larefonte d'un multilatéralisme économique et écologique fondé sur lacoopération et les complémentarités plutôt que sur la concurrence et laguerre,.appellent des réformes profondes de l'architecture internationale, deses normes et de ses logiques.
 
A la veille des élections européennes de juin 2009, l’Aitec ouvre unespace de débat sur les questions européennes. Ces dernières annéesl’actualité européenne en lien avec nos chantiers a été riche : bataillecontre la directive Bolkestein puis refus de la Commission d’élaborer unedirective-cadre sur les services publics, lancement de la stratégie « GlobalEurope» et multiplication des négociations d’accords de libre-échangebilatéraux, votes « non » au TCE dont l’entrée en vigueur est encoreincertaine (les irlandais devraient revoter en octobre)…L’Unioneuropéenne s’est également élargie, passant à 27 membres.Au niveau mondial, les négociations à l’OMC ont marqué le pas, lesobjectifs fixés en terme d’APD et d’efforts pour réaliser les objectifs duMillénaire ne sont pas atteints, les récentes mises en évidence deschiffres de l’évasion fiscale ont réouvert le débat sur la dérégulation et lamise à mal des finances publiques. L'Aitec s'est progressivementconstitué en acteur engagé et présent sur ces différentes problématiques,en s'intégrant dans des réseaux européens, en multipliant les alliances etles expériences de collaboration avec des groupes, en bilatéral oumultilatéral. En particulier l'Aitec s'est investie dans de nombreux réseauxà l’échelle continentale : le réseau "Athens-SP" sur les services publics, leréseau Seattle to Brussels, plus récemment encore l'initiative inter-réseaux sur les crises ou le réseau AlterEU qui travaille sur les lobbieséconomiques privés et la démocratisation des processus de décisioncommunautaires.De nouvelles questions émergent, que l’Aitec souhaite prendre davantageen charge : la question environnementale (programme européen piloté par le CRID sur la gestion des ressources naturelles pour le développement),les modes de productions et de consommation, le rôle des multinationaleset leur impact sur les politiques publiques… La représentation du mondea évolué, les grandes régions ont désormais un rôle clé à jouer dans lamondialisation, mais face à la crise les tendances souverainistes etcentrifuges ressurgissent. L’Europe fait aujourd’hui face à de nombreuxdéfis. Largement discréditée dans les mouvements sociaux et citoyenseuropéens en raison de l'empreinte libérale qu'elle a imprimé sur tous sesprojets et politiques, elle est pourtant le lieu où devraient s'esquisser lesréponses structurelles à la crise globale que nous vivons : la redéfinitiond'un modèle social européen partagé et intégrateur dans une UnionEuropéenne à 27, l'affirmation de propositions face à la crise, en matièrede régulations internationales notamment, dans une position qui ne serapas seulement suiviste critique des USA, l'édification d'une politique desolidarité internationale qui réduise durablement les inégalités inter-régionales et dépasse l'actuel néocolonialisme même bien intentionné, defaçon plus globale la promotion d'un modèle de développement nouveau,qui garantira la satisfaction des droits de tous, sobre écologiquement,solidaire et pacifique.Les lignes ont bougé, le mouvement global s’est affirmé mais peineencore à faire entendre sa voix à l’échelle européenne. Même les réseauxeuropéens peinent à formuler leurs questionnements et construire leursbatailles à l'échelle régionale plus qu'aux confins de la somme desbatailles nationales. La logique et la stratégie de la Confédérationeuropéenne des syndicats, où la plupart des grandes centrales syndicaleseuropéennes discutent l'élaboration de stratégies communes face àl'Europe libérale, suscitent des interrogations et des critiques croissantes :relativement fermée aux syndicats plus proches des mouvements sociauxet citoyens, elle se pose davantage en structure de lobby des institutionsbruxelloises, voire de cogestion. Elle fait l'objet de critiques croissantes etne fournit pas de cadre de réponse au besoin d'européanisation des luttessociales, tout en préemptant plus ou moins les mobilisations syndicales àl'échelle régionale.Le Forum social européen et le processus de préparation qui lui estdévolu sont en crises : enferrés dans des discussions méthodologiqueset/ou existentielles, faute d'ouverture et de renouvellement,
 
le processusFSE dans son ensemble ne parvient pas à être
 
le catalyseur d'initiatives
Vers un pacte pour une Europe durable :
En juin prochain, les citoyens des 27 états membres de l’Unioneuropéenne seront appelés à élire leurs représentants au Parlementeuropéen pour la législature 2009-2014. Ces élections s’inscrivent dansun contexte de crise multiforme, dont la dimension financière et partantsociale et économique ne doit pas occulter la dimension écologique etl’Union européenne doit reconnaître la part que son mode dedéveloppement non durable joue dans cette crise écologique mondiale.Un développement plus durable doit devenir le pivot de la définition desobjectifs politiques répondant concrètement à la crise et constituer lepoint de convergence de l’essentiel des mouvements qui mûrissentdans la société civile. C’est le moment pour les citoyens d’oeuvrer nonpas à une Europe-marché mais à une Europe-projet pour changer lemonde. Nous demandons aux candidats aux élections européennes des’engager à lutter pour ce nouveau modèle de développement, équitablesocialement, respectueux des ressources planétaires, etéconomiquement viable, articulé autour de 4 axes de transition : desrègles et instruments économiques compatibles avec le développementdurable ; coopération « Nord Sud » fondée sur la réciprocité et lepartage ; des politiques sectorielles tournées vers le développementdurable et cohérentes entre elles ; de nouvelles règles de gouvernanceet de fonctionnement.
Lire le détail des axes sur le site de 4D et réagissez à ce projet avant le15 mai:cbourdel@association4d.org 
 
Les questions européennes
Amélie Canone et Hélène Cabioc’h
 
 
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Sécurité humaine, soutenabilité environnementaleet économie globalisée
Par Vinod RainaTel un tsunami qui saccagerait tout, le capital global exploite la bulle d’énergiedes marchés monétaires, la force militaro-industrielle des nations puissanteset les aspirations fabriquées de milliards de gens à une ‘meilleure vie’ àtravers le monde afin de mettre à genoux les gouvernements faibles pour marchandiser, monopoliser et commercialiser jusqu’à ces aspects de la vieconsidérés comme sacrés et appartenant au domaine public, comme l’eau,l’air, les forêts et la connaissance. Les bouleversements dans la vieéconomique, sociale, culturelle et spirituelle des gens, remuée comme par untremblement de terre massif (l’origine même d’un tsunami), ruinent lessystèmes locaux de production, les institutions sociales, les systèmes culturelset de croyance dans une dévastation qu’on peine à décrire. Avecl’éblouissante mais douteuse promesse de fournir une sécurité économique àune plus large part de la population via des taux de croissance plus élevés,l’économie globale a besoin de ressources naturelles pour soutenir laproduction à des taux qui n’ont pas de précédent dans l’Histoire humaine ;c’est là la raison première de l’insécurité environnementale et del’insoutenabilité à l’échelle planétaire. Seulement, lorsque la bulle éclate,comme ça a été le cas avec la crise des subprimes devenue une crisefinancière mondiale, les renflouements publics ne mènent qu’à garantir larécurrence des cycles conduisant à des bulles au lieu de servir unchangement de pensée, comme l’a récemment très bien démontré la farce duG20.Si nous cherchions un exemple et une métaphore pour décrire latransformation du concept de sécurité et de soutenabilité à travers l’Histoire, laChine se détacherait. En tant qu’Etat ‘socialiste’ qui a pris le chemin capitalistede l’économie néo-libérale de manière fascinante et pour certains rageante, laChine est un pays qui se fait remarquer par ses contrastes exaspérants. Leprix environnemental de sa frénésie économique, sur lequel l’information filtremalgré les contrôles, semble très élevé. C’est évident non seulement si l’on sepenche sur les conséquences connues du déplacement forcé de millions depersonnes et des dommages environnementaux d’un seul projet, le barragedes Trois Gorges, mais aussi si l’on observe l’effet cumulatif de milliersd’unités industrielles dans les villes qui usent du travail bon marché desmigrants en provenance des zones rurales. Ces migrants internes vivent unasservissement virtuel, sans vraiment avoir de droits, afin de founir des biensbon marché compétitifs sur un marché mondial dévasté par la présentedébâcle économique globale. Comme si l’actuel ravage ne suffisait pas, lesommet de l’Etat chinois parle désormais avec réjouissance de quatre projetsgigantesques qui transformeront les zones de l’Ouest en grande partiedésertiques pour qu’elles atteignent la capacité de production des zones del’Est et du Sud. Cela inclue le transfert de gaz d’Ouest en Est, une énormeroute vers le Tibet etc, chaque projet étant à l’échelle de la construction de laGrande Muraille mais avec des impacts massifs sur la terre, l’eau et lessystèmes de biomasse. C’est pourquoi la Grande Muraille fournit un bonexemple historique pour examiner la façon dont la notion de sécurité humainedevrait être reconsidérée dans les temps présents.Entre le Vème et le IIIème siècle avant JC, une série de murs a été construitedans le Nord de la Chine par plusieurs royaumes belligérants. Le but étaitd’établir et de protéger leurs différentes souverainetés et d’assurer leur sécurité contre les envahisseurs nomades. Malgré ces murs, en 221 avant JCles armées de Qin Shi Huang ont été capables de conquérir les six autresroyaumes, faisant de Qin le premier empereur d’une Chine unifiée. Pour consolider son pouvoir et asseoir la souveraineté impériale, Qin ordonna queces portions de murs qui divisaient les royaumes soient démolies et que cellesqui courraient le long de la frontière Nord soient connectées et étenduesdonnant naissance à la ‘Grande Muraille’, de plus de 6000 kilomètres de long.On pense que plus de 300 000 hommes ont travaillé sur ce projet qui a duréune décennie, (comme la plupart des femmes travaillent maintenant pour laproduction à l’export à des taux bon marché), et ont été forcés à travailler dansde grandes privations : beaucoup sont morts dans le processus.
 
L’objectif ultime de Qin était d’atteindre l’immortalité par un règnedynastique qui se prolongerait à perpétuité. Mais sa nouvelle dynastie futde courte durée ; quinze années plus tard seulement elle fût remplacée par la dynastie Han. A travers les siècles, la muraille tomba dans ledélabrement, victime des forces de la Nature. Nombre de dirigeantsordonnèrent sa reconstruction ou son extension, mais inévitablement laNature la réclamait. Aujourd’hui, bien que les portions qui demeurent soientmaintenues en tant qu’héritage de la réussite humaine (c’est l’une desseules structures élaborées par l’être humain qui soit visible de l’espace),la Grande Muraille n’a pas d’autre réelle signification que la symbolique dela sécurité et de la souveraineté de la Chine. En fait il s’agit d’untémoignage de l’échec à long terme et de la folie de la quête humaine de lasécurité territoriale.La Muraille est écrasée par l’étendue des montagnes auxquelles elle estadossée telle une ligne fine et nerveuse. La vie et le pouvoir reposent sur les montagnes, grouillants d’une myriade de plantes et d’espècesanimales. Les microorganismes transforment la pierre en poussière ; lesinsectes, les rongeurs et les chèvres parcourent les ruines du mur,mordillant les plantes qui poussent dans les fissures, inconscients dugrand dessein des humains. Les arbres sur la pente fournissent du bois etdu combustible pour les foyers ; leurs racines protègent le sol et l’eau del’érosion et de la sécheresse. La pluie et la neige fondante coulent en petitsruisseaux le long des pentes, convergent ensuite dans les rivières jaillissantes dans leur cheminement vers les terres basses des rizières quinourrissent plus d’un milliard de personnes. La sécurité de la Chine, ainsique celle de son milliard d’habitants, de sa voisine l’Inde et d’autres pays,maintenant et dans le futur, dépend au bout du compte du fonctionnementintégral de cette dynamique et des processus interactifs de la Terre, dessystèmes écologiques.Certes, cela dépend aussi de la santé économique. Ainsi chaque année laMuraille est envahie par des milliers de touristes étrangers, amenant desdevises étrangères. Leur présence est tolérée, sollicitée même, car lesdirigeants chinois ont placé le pays sur la voie de l’économie néo-libérale,conjecturant dans une ère de compétition économique mondiale que ceserait des fondements plus forts pour la sécurité que des murs souverains.Le bénéfice stratégique de la Grande Muraille pour la Chine d’aujourd’huin’est pas de maintenir les gens à l’extérieur mais bien de les faire entrer.
Soutenabilité et Sécurité
On pourrait dire qu’aujourd’hui aucun mur ne peut faire rempart au reste dumonde. Dans une époque d’interdépendances économiques etécologiques, les petits murs comme les grands sont des métaphoreserronées pour conceptualiser, des stratégies bancales pour la sécurité –comme le prouve dans un autre coin de la Terre le cruel emmurement desPalestiniens qui résistent par les Israéliens. Nous devons par conséquentréexaminer la notion même de sécurité puisqu’elle est intrinsèquement liéeà la soutenabilité.La sécurité est communément définie comme ‘libération du danger,sécurité’. Dans le cadre de la prévalence d’un système stato-centré, lasécurité nationale est pensée en termes militaires, comme la capacité d’unEtat de contrecarrer une invasion armée par une autre.L’arrivée de l’OMC nous a également conduit à une nouvelle notion de lasécurité, qui fait désormais référence à la capacité de rivaliser sur lemarché mondial pour l’accès à de nouveaux marchés et aux ressourcesrares ainsi que pour une balance des paiements et une balancecommerciale favorables. La
sécurité écologie
a rarement été incluse,encore moins été une priorité dans une matrice de sécurité nationalebasée sur les marchés mondiaux et les pactes militaires. Ce qui est assezirrationnel vu que ce qui est naturellement global c’est l’écologie, tandisque la mondialisation économique et les méthodes militaires sont desexemples clairs de la conception et de la construction humaines. Puisquel’air, l’eau et la forêt forment un continuum, la biosphère globale, lacoopération globale pour la préserver semblerait être une nécessitélogique pour contrer la mise en danger de la vie future et devrait être lefondement de la soutenabilité.
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