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LA RECONQUÊTE BYZANTINE DE CPLE

LA RECONQUÊTE BYZANTINE DE CPLE

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08/19/2014

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Pagină
1 din 9LA RECONQUÊTE BYZANTINE DE CONSTANTINOPLE (1261) ET LESALLIÉS
„SCYTHES”
DE MICHEL VIII PALÉOLOGUENicolae-
Şerban TANAŞOCA
 
Institut des Études Sud-Est Européennes
de l’Acad
émie Roumaine
Les
„Scythes”
participent comme alliés de Michel VIII Paléologue à lareconquête byzantine de Constantinople (1261).
Les historiens Georges Akropolitès (1217-1282)
1
et surtout Georges Pachymérès (1242-1310)
2
ont pris soin de souligner le rôleimportant joué par les alliés « Scythes » des Byzantins dans les luttes menés par Michel VIIIPaléologue pour reprendre des mains des Latins l
ancienne Capitale de l
Empire. Ces« Scythes » (
οἱ
 
Σκῦθαι
,
τὸ
 
Σκυθικόν
)
, qu’il est plus que jamais difficile d’identifier sous leur 
nom archaisant, formaient le noyau dur du modeste corps d
armée byzantin commandé par lecésar Aléxios Stratégopoulos qui, le 25 juillet 1261, réussit à occuper à nouveauConstantinople.
Une hypothèse de Eugen Darkó : les alliés Scythes de Michel VIII seraient desCumans de Hongrie.
Plutôt negligés par l
’historiographie byzantine
et latine médiévale, lesalliés « Scythes » de Michel VIII Paléologue ont suscité, en revanche, un grand intérêt parmiles byzantinistes modernes.
L’historien hongrois Eugen Darkó fut le premier 
à essayer 
d’
identifier ces alliés Barbares des Nicéens et
d’
éclaircir la raison de leur présence dansl
armée byzantine
3
. Selon lui, les « Scythes » mentionnés par Akropolitès et Pachymérèsseraient des Cumans réfugiés par peur des Tartares en Hongrie, leur participation à lareconquête de Constantinople par les Byzantins
étant l’
un des résultats de l
alliance conclue par 
l’Empire byzantin et le
Royaume de Hongrie dans la seconde moitié du XIII-e siècle.Deux ans auparavant, en 1259, en vertu de la même alliance, les sujets Cumans de laCouronne de Saint Etienne auraient pris part, à côté des Nicéens, à la bataille de Pélagoniacontre les Épirotes et leurs alliés Francs
, c’est à dire contre la coallition formée par 
le déspote
1
Georgii Acropolitae,
Opera,
recensuit Augustus Heisenberg, I, 85, Lipsiae, 1903, p. 181-182
2
Georgii Pachymeris
 Relationes Historicas
edidit, introductione notisque instruxit Albertus Failler, Galice vertitVitalianus Laurent, Paris, Les Belles Lettres, 1984, II, 27, p. 194-203 (ed. Bonn, 140-149)
3
Eugen Darkó, Byzantinisch-ungarische Beziehungen in der zweiten Hälfte des XIII. Jahrhunderts, VerlagHermann Böhlaus Nachfolger, Weimar, 1933. V. surtout p. 8-19 (Ungarische Hilfe für die Byzantiner in der Schlacht von Pelagonia) et p. 20-26 (Ungarländische Kumanen bei der Wiedereroberung von Konstantinopel).
 
Pagină
2 din 9
Michel d’Épire,
 prétendant à la couronne impériale
 byzantine et rival de l’Empereur nicéen,
le
roi Manfred de Sicile et le prince d’Acha
ïe Guillaume de Villehardouin.
4
Suivant EugenDarkó,
c’est justement
la victoire remportée en 1259 par l
alliance byzantino-hongroise sur cette coallition franco-épirote qui aurait ouvert la voie de la restauration byzantine àConstantinople. L
alliance entre Hongrie et Byzance était dictée, soutient Eugen Darkó, par des intérêts politiques et des impératifs stratégiques communs: tandis que le Royaume deHongrie, tout aussi que l
Empire byzantin
, rêvait d’instaurer 
son hégémonie sur la PéninsuleBalkanique, les trois dynastes franco-grecs
d’un côté, la Bulgarie et la Serbie de l’autre,étaient fermement décidées d’
empêcher la réalisation d
un tel projet. Selon Eurgen Darkó, cescirconstances auraient donc obligé la Hongrie et Byzance de procéder à un compomis: ils sesont partagés la domination du monde balkanique, le divisant en
sphères d’influence. Les
"heureux» résultats de cette collaboration « méritoire», auraient été: 1° la restauration de
l’Empire
 byzantin
 par Michel VIII Paléologue et 2° l’expansion
territoriale de la Hongrie enBulgarie nord-occident
ale. En 1263, l’alliance byzantino
-hongroise aurait été,temporairement, suspendue
 par suite de la tentative de l’Empereur grec d’étendre son autoritédans l’espace balkanique occidental, réservé jusqu’alors aux Magyars.
Les arguments de Eugen Darkó
.
À l’
appui de son hypothèse
concernant l’identité
des guerriers «Scythes» de Michel VIII Paléologue, Eugen Darkó avance pour le moins cinqarguments tirés avec beaucoup d
ingéniosité de quelques sources narratives et diplomatiques:1)
 
Georges Akropolitès et Georges Pachymérès ne nomment que les Cumans dunom ethnique archaïsant de
«Scythes»
.2)
 
Évoquant la reconquête de Constantinople par les Byzantins, le chroniqueur 
vénitien Stefano Magno parle d’un détachement de
«Ongari infideli»
qui aurait lutté sous lesordres du césar Alexios Stratégopoulos. Les
«Scythes»
des historiens byzantins GeorgesAkropolitès et Georges Pachymérès ne sauraient donc être que les
« Ongari infideli »
deStefano Magno, c
est à dire des «
Cumans sujets du Royaume de Hongrie»
5
.
 3)
 
Suivant les versions grecque et française de la Chronique de Morée, à la veillede la bataille de Pélagonia, Michel VIII Paléologue auraient envoyé auprès des rois deHongrie et de Serbie des ambassades chargées de requérir leur aide, démarche reçuefavorablement par les deux souverains balkaniques. Selon Eugen Darkó, le «roi de Serbie» ne
4
 
Sur la triple alliance de Michel d’Épire, de Manfred de Sicile et de Guillaume de Villehardouin, v.
GeorgOstrogorsky,
Geschichte des byzantinischen Staates,
München,
3
1963, p. 367 suiv.; D.M.Nicol,
The Despotate of  Epiros,
Oxford, 1957, p. 169-182. Sur la bataille de Pélagonia, v. Deno Geanakoplos,
Greco-Latin Relations onthe Eve of the Byzantine Restauration: the Battle of Pelagonia
, Dumbarton Oaks Papers, 7, 1953, p. 99-141.
5
Darkó,
 Byzantinisch-ungarische Beziehungen
, p. 22-23
. Darkó cite Stefano Magno d’après le Cod. Vind. 6240
fo 158
v
.
 
Pagină
3 din 9
saurait être que le ban de Ma
čva, Rostislav, le pro
tégé du Royaume de Hongrie et point le roi
Uroš, adversaire des Byzantins et allié du despote
Michel
d’Épire. Beau
-père de Michel Assen(1246-1257) et adversaire de Constantin Tich, qui était, à son tour, un ennemi de Michel VIII,Rostislav servait les aspirations des Arpadiens à dominer la Bulgarie. La participation du bande Ma
čva
et des Hongrois à la bataille de Pélagonia aurait été le
résultat de l’alliance
 byzantino-hongroise, anti-serbe et anti-bulgare
6
.4)
 
Selon Eugen Darkó, la participation des Hongrois à la bataille de Pélagoniaserait attestée par le fameux diplôme que le roi Étienne V avait accordé au
magister  Reynoldus
(1270), en récompense de ses exploits dans la guerre
contre la Grèce
7
.5)
 
En guise de remerciement pour l’
appui que leur avait offert les Hongrois à
l’occasion de la bataille de
Pélagonia, les Byzantins participent, comme alliés du roi Bela IV,à la bataille de Kreussenbrunn (12 juillet 1260) contre le roi Ottokar II de Bohème, ainsi
qu’en ressort de la lettre adressée par ce dernier au pape Alexandre IV
8
.Les historiens n
ont ni tous, ni entièrement accepté les démonstrations de grandevirtuosité exégétique par l
esquels Eugen Darkó s’évertue à prouver, en fait,
non seulement
l’identité cumane des „Scythes”
de Michel VIII Paléologue, mais surtout
l’importancecapitale de l’alliance
contractée par Byzance et Hongrie au XIII-e siècle. Dans son
 Histoire de
l’État byza
ntin,
Georg Ostrogorsky émet des réserves sur la manière dont le byzantinistehongrois surestime le rôle des auxiliares hongrois dans le déroulement de la bataille dePélagonia, mais il se garde de contester la réalité d
une alliance byzantino-hongroise ou le bien fondé de l
identification des combattants
„Scythes”
dans cette bataille aux Cumans sujetsdu Royaume de Hongrie
. D’une participation de
ces Cumans à la reconquête de
Constantinple, il n’en dit mot
9
. En 1953, Peter Charanis
10
et Deno Geanakoplos
11
ont préféré,eux, identifier les participants
„Scythes”
à la bataille de Pélagonia aux Cumans qui avaient
 passé le Danube sous la pression des Mongols, se réfugiant dans l’Empire et qui, c
olonisés par Jean III Vatatzès en Thrace, en Macédoine et en Asie Mineure, sur le Méandre et en Phrygie,allaient servir ensuite comme soldats
dans l’armée byzantine
. Quant à la participation des
6
Darkó, Byzantinisch-ungarische Beziehungen, p. 10-12.
7
Darkó,
 Byzantinisch-ungarische Beziehungen,
 p. 17-19. Le texte du diplôme chez Wenzel,
Codex diplomaticus Arpadianus continuatus
, XII, 12 et Hurmuzaki, I, 1, CCLIX, p. 349-350.
8
Darkó,
 Byzantinisch-ungarische Beziehungen,
 p. 17. La lettre d’Ottokar II au pape
Alexandre IV est citée par Darkó
d’après l’édition de
Fejér,
Codex diplomaticus Hungariae, ecclesiasticus ac civilis,
IV, 3, p. 15-18.
9
Georg Ostrogorsky,
Geschichte des byzantinischen Staates,
München,
3
1963, p. 370-371, n. 1 et 2.
10
Peter Charanis, On the Ethnic Composition of Byzantine Asia Minor in the Thirteenth Century, in Studiesoffered in Honour of St. Kyriakides, Thessalonique, 1953, p. 140-147
11
Deno J. Geanakoplos, Greco-Latin Relations on the Eve of the Byzantine Restauration: the Battle of Pelagonia, Dumbarton Oaks Papers, 7, 1953, p. 99-141, cf. du même Emperor Michael Palaeologus and theWest, Cambridge Mass., 1959

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