Welcome to Scribd, the world's digital library. Read, publish, and share books and documents. See more
Download
Standard view
Full view
of .
Save to My Library
Look up keyword
Like this
3Activity
0 of .
Results for:
No results containing your search query
P. 1
Princesse de Clèves

Princesse de Clèves

Ratings:

5.0

(1)
|Views: 2,916|Likes:
Published by Site Commune Langue

More info:

Published by: Site Commune Langue on May 18, 2009
Copyright:Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

05/25/2012

pdf

text

original

 
Cours d’une heure sur la Princesse de ClèvesDéroulement du cours
1.
 
Le cours que je vais donner portera sur
 La princesse de Clèves
(je note « Princesse deClèves » au tableau). Qui a déjà entendu parler du livre ou qui l’a déjà lu ? Que peut-ilen dire ?2.
 
Distribution du dossier (extraits, images, explications, brève bibliographie).Le dossier contiendra les extraits que je présente (je vais essayer d’en faire quatrefeuilles recto-verso), un compte-rendu sous forme de résumé des passages qui neseront pas lus, des images, les personnages qui interviennent.3.
 
Mise en exergue du contexte de l’œuvre.Roman traditionnellement attribué à Madame de La Fayette,
 La Princesse de Clèves
a étépublié en
1678
,
de manière anonyme
. Ce choix de l’anonymat prouve peut-être que malgréson succès, le roman n’était pas considéré comme étant digne d’être revendiqué par sonauteur. Il semble être admis aujourd’hui que ce soit Madame de la Fayette qui en est l’auteur,mais, étant
très proche de certains hommes de lettres ou de cour tels que LaRochefoucauld, Segrais ou Huet, on sait qu’elle recueillit auprès d’eux des conseils et desavis à propos de l’écriture de son roman.
Il s’agit donc malgré tout d’une œuvre qui estl’émanation d’un groupe. En collaboration avec ses amis, Madame de La Fayette met au pointune œuvre expérimentale.Madame de La Fayette, née en
1634
à
Paris
dans une famille de petite noblesse enrichie, estdécédée en
1693
. De son vrai nom
Marie-Madeleine Pioche de la Vergne
, elle se marie avec
Jean-François Motier, comte de La Fayette
, en 1655 (elle avait 21 ans). Mais elle vivrapresque séparée de lui : dès 1661, il se retire à la campagne,
la laissant seule à Paris
. Cen’est donc
pas une vie conjugale exaltante.
Fine stratège, elle se lie avec nombre de personnages importants de son époque, tant sur leplan politique que littéraire. Elle fréquente des salons littéraires, ce qui était fort à la modedans les milieux d’aristocrates. Madame de La Fayette commence à écrire, mais elle le faisaiten cachette, de manière anonyme, parce qu’il n’était pas encore de bon ton qu’une femmes’adonne à ce genre d’activité.
La question du genre.
Bref historiqueÀ l’époque d’Henri IV et durant la Régence qui a suivi son règne, le genre du « roman »était fortement déconsidéré
. Certains hésitaient même à considérer le roman comme étant ungenre. Au XVIè siècle en effet, la
mode voulait qu’on fasse sans cesse appel aux modèlesde l’Antiquité, ce qui n’était pas le cas du roman
. Certains considéraient même que le
 
roman était un ouvrage
immoral
, qu’il ne fallait pas laisser entre les mains des femmes ou des jeunes filles.
Dans les années 1620-1660 pourtant, une période s’ouvre pendant laquellenaissent de nombreux grands romans héroïques
(tableau)
.
Ce mouvement tente de
retravailler l’image
qu’avait le roman en essayant de récupérer la légitimité de l’épopée (parl’unité de temps, de lieu, d’action ; par la mise en scène de personnages de haute conditionavec des sentiments nobles et louables,…), tout en s’écartant de ce genre noble par le type desujets abordés (amour, péripéties plus nombreuses,…). L’on prend garde aussi à ce que leroman ait une
dimension morale, édifiante
; et la
présentation du climat historique
danslequel baignent les personnages prend également une importance non négligeable : il est trèsimportant que la fiction soit
vraisemblable
.
Mais les romans de ce type-là se sont très viteessoufflés, parce qu’ils sont très vite tombés dans le cliché, le stéréotype
. La mode estalors passée vers des
textes plus courts,
du genre de la nouvelle : on remet en cause les hérostrop parfaits, au profit d’une recherche plus pointue du vraisemblable. Les
personnagesdeviennent moins stéréotypés, plus
 
complexes et plus nuancés : on n’épargne plus ladescription de leurs faiblesses
, propres à la condition humaine. Les comportementsamoureux sont décrits de manière un peu plus pessimiste, en ce sens où ils ne sont plus l’effetde personnalités parfaites et idéalisées. La vie sociale est peinte sans complaisance : l’amourdurable est impossible, tout n’est qu’apparence et mensonge.
Le cas de
 La Princesse de Clèves
Dans ce contexte, à la parution du livre de Madame de La Fayette,
énormément dediscussions étaient animées par le genre
auquel il fallait considérer que
 La Princesse deClèves
appartenait. Elle ne ressemblait en rien, en effet, au « grand roman » que l’on avaitconnu jusque là, ni au genre de la nouvelle.
Madame de La Fayette a confié qu’elle-mêmela voyait plutôt appartenir à ce qu’on appelle les « Mémoires » de la cour, ce qui nousoriente donc plutôt vers un genre historique : elle répugnait à ce qu’on qualifie sonœuvre de « roman », ce qui n’est sans doute qu’une preuve supplémentaire que le genreromanesque n’était pas apprécié à l’époque.
Le fait de situer la fiction dans un cadre réellui donnait de la crédibilité et de la légitimité. De plus, le fait de mettre ainsi en scène lemonde politique lui permettait de dénoncer les pratiques de ce milieu, qui étaient fonction desalliances et inclinations personnelles.
Aujourd’hui certains qualifient cette œuvre de roman classique
, parce qu’il appartient à lalittérature qui a été écrite en réaction aux grands romans héroïques (considérés comme étantbaroques), puisqu’il plaide pour plus de
simplicité et de clarté
.
Pourtant, il est vrai queMadame de La Fayette a dû avoir recours à certains éléments baroques ou précieux
 (comme les
digressions
que constituent les récits secondaires en marge de l’action, parexemple), pour rendre
l’atmosphère mondaine
qui est le cadre de l’intrigue. L’aventure de laPrincesse de Clèves, qui célèbre l’intégrité de la noblesse, devient un sujet de discussionsdans les salons précieux, au sujet de la moralité. Elle écrit pour les initiés, puisqu’ellemultiplie les références historiques, dans lesquelles se perdraient les lecteurs non initiés.
 
D’autres considèrent que
 La Princesse de Clèves
pourrait être le premier romanpsychologique, ou analytique
: il est vrai qu’il semble que le caractère et les sentiments de laPrincesse de Clèves font l’objet d’une observation approfondie et d’une
analyse rigoureuseautant que nuancée.
Madame de Clèves est tourmentée par l’amour qu’elle ressent pour unhomme qui n’est pas son mari : si
ce type d’intrigue n’est pas neuf, c’est la manière dontle sujet est abordé qui est complètement novateur
. Sur fond historique, la fiction met enscène des personnages qui ont chacun leur logique, et c’est d’ailleurs cette
logiqueimplacable qui semble traverser le roman tout entier en dictant les sentiments et lescomportements des personnages.
L’analyse psychologique est serrée, et peut probablementêtre considérée comme étant la raison d’être de l’œuvre.
Il s’agirait donc aussi d’un romande cour à propos de la cour, lieu étouffant où l’on scrute les sentiments des autres
, où lavie est un entremêlement de passions et de recherche de pouvoir. La cour s’impose alorscomme étant la preuve de l’insuffisance humaine.Pour aborder l’histoire du livre en elle-même, je vais essayer de travailler avec les élèvescomme cela se passait dans les salons littéraires : selon la psychologie de chaque personnage,ils agissent de façon logique. Leurs actions deviennent donc presque prédictibles : aprèschaque scène, je leur demanderai de déduire logiquement quelles seront les réactions despersonnages du roman face aux évènements.L’histoire se déroule vers 1558, dans la cour des Valois, durant les dernières années durègne d’Henri I. Mademoiselle de Chartres, une jeune fille de 16 ans qui a été éduquée par samère de façon extrêmement vertueuse fait son entrée à la cour. Elle est très belle, et reçoitbeaucoup de propositions de mariage. Alors qu’elle se trouve chez un marchand de joyaux, unhomme, de grande droiture morale, la remarque et en tombe éperdument amoureux : il s’agitdu Prince de Clèves. Mademoiselle de Chartres n’a aucune expérience en amour et épouseMonsieur de Clèves sans en être amoureuse.En ce qui concerne les extraits, je les ai fait passer sous forme d’enregistrement sur CD (parceque je me suis dit que si moi je lisais tout, les élèves allaient se lasser ; et si je faisais lire parun élève, ce n’est pas toujours une bonne solution parce l’élève ne connait pas le texte).4.
 
 Extrait 1
: rencontre entre la Princesse et le Duc de Nemours.
CD 1 plage 2 (livre page 37-40) : 6 minutes.
Que fera la Princesse ? Commencera-t-elle une liaison avec ce duc ?
Madame de Chartres découvre la passion naissante entre sa fille et le duc de Nemours, ettente de la mettre en garde contre les dangers d’une telle passion, sans jamais l’aborder demanière directe pourtant. Elle commence par faire croire à sa fille que Monsieur deNemours est amoureux de Madame la Dauphine, ce qui peine beaucoup la Princesse deClèves. Mais bien vite elle s’aperçoit que c’est bien d’elle que le duc est amoureux.Madame de Chartres, la mère de la Princesse de Clèves, est prise d’un mal soudain. Sur

Activity (3)

You've already reviewed this. Edit your review.
1 thousand reads
1 hundred reads
alia6 liked this

You're Reading a Free Preview

Download
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->