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Le plus controversé de tous les chefs du Québec est probablement
Maurice Le Noblet Duplessis
. Il fut Premier ministre de
1936
à
1939
et de
1944
jusqu'à sa mort en
1959
. De son vivant l'un des politiciens les plus populaires de l'histoire de la province, ilfut largement dénoncé après sa mort par toute une génération d'intellectuels et d'historienscomme étant un véritable dictateur. Il n'en demeure pas moins que ce
dernier des grandschefs
de la période pré-Révolution tranquille remporta toutes ses élections sauf celle de
1939
, ce qui n'est pas une mince affaire (en utilisant des moyens parfois peu orthodoxes,il faut bien le dire).Alors âgé de 37 ans et originaire de
Trois-Rivières
, Duplessis fut d'abord élu àl'Assemblée nationale en
1927
et devint rapidement le chef du
Parti conservateur
duQuébec. En
1935
, son parti se joignit à l'
Action Libérale Nationale
de
Paul Gouin
pour former un nouveau parti politique;
l'Union nationale
. Duplessis fut élu chef de laformation politique, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.
Autonomie provinciale
 Élu Premier ministre du Québec en
1936
, Duplessis se fit l'adversaire des politiquescentralisatrices d'Ottawa et le plus grand défenseur le l'autonomie provinciale que leQuébec avait jusqu'alors connu. Il fit de cette lutte son principal cheval de bataille. Sadevise était
«la coopération toujours, l'assimilation jamais».
Une de ses politiquesautonomistes les plus célèbres fut son rejet des arrangements fiscaux proposés par Ottawaaprès la guerre. Il refusa que le gouvernement fédéral subventionne les universités de la province, l'éducation étant de juridiction provinciale. Il mit également sur pied la
commission Tremblay
qui avait pour mandat de se pencher sur les problèmesconstitutionnels. C'est le gouvernement Duplessis qui institua un
système provincial de
 
taxation du revenu
. À ce jour, le Québec est la seule province canadienne qui possèdeson propre système de collection des impôts. Duplessis donna également au Québec
, en
1948
.
Politiques sociales
 Il ne faut toutefois pas oublier que cesmesures autonomistes très populaires étaientaccompagnées de politiques très conservatriceset parfois carrément rétrogrades dans lesdomaines sociaux et économiques. Duplessisidéalisait dans ses discours
la vie rurale
et les
valeurs de l'Église catholique
. Pour lui, l'étatne devait pas s'impliquer dans les domainessociaux et économiques. Son rôle était plutôtde financer les bonnes oeuvres religieuses et decréer des conditions favorables àl'investissement étranger. Duplessis et lestraditionalistes s'opposèrent fermement àl'adoption du programme fédéral desallocations familiales qu'ils disaient être
«uneatteinte à l'autonomie provinciale et à laconception chrétienne de la famille».
SousDuplessis, l'Église continua donc à contrôler l'éducation, les hôpitaux, les orphelinats et lesservices aux personnes démunies. Les prêtres jouaient le rôle de ministres et les évêques celuide princes. En retour, l'Église encourageaitfortement la population à voter pour l'Union Nationale. Qui n'a jamais entendu la fameusecitation
«Le Paradis est bleu et l'enfer estrouge»
?Plusieurs enfants orphelins ou illégitimes dont on ne savait trop que faire furentdéclarés «déficients» et envoyés dans des institutions psychiatriques. Les traitements queces enfants reçurent dans ces institutions sont tout simplement épouvantables. Ces jeunesvictimes, aujourd'hui adultes et surnommées
«Les orphelins de Duplessis»
ont connul'enfer. Ils représentent sans aucun doute
le plus terrible héritage
de l'époque Duplessis.
Politiques économiques
 
 
Pour stimuler l'économie, Duplessis
ouvrit les portesdu Québec aux investisseurs étrangers
. Des compagniesminières américaines investirent au Québec dansl'exploitation du fer ce qui amena le
développement desrégions
de la Côte-Nord et du Nouveau-Québec dans
lesannées 50
. Les conditions de travail dans ces régionséloignées étaient souvent épouvantables.Duplessis voyait dans les communautés rurales laréflection d'une
société idéale
où s'épanouissaient lesvaleurs traditionnelles familiales et religieuses. Pour lui,
l'agriculture
devait demeurer au coeur de l'économiequébécoise pour ainsi éviter l'urbanisation et les problèmesque celle-ci engendre comme le chômage par exemple.C'est le gouvernement Duplessis qui mit en branle
l'électrification des campagnes
. En
1956
, 90% des fermesavaient l'électricité. Des crédits furent offerts aux fermiersqui désiraient
renouveler leurs équipements
et lescoopératives agricoles devinrent de plus en plusimportantes.
Ses adversaires
 Votée dans le but de mettre un terme aux activités communistes au Québec,
la Loi duCadenas de 1937
autorisait la police à cadenasser et à interdire l'accès à tout édificeutilisé à des fins communistes. Ces mesures excessives furent en fait utilisées contre lesgroupes syndicaux et même contre les adversaires politiques de Duplessis. La loi futfinalement déclarée inconstitutionnelle par la Cour Suprême.Deux groupes majeurs s'opposèrent au régime de celui qu'on surnommait toutsimplement
«le Chef»
. Le premier groupe était constitué des
Unions de travailleurs
(lessyndicats). Ils accusèrent Duplessis de s'opposer au progrès social et de servir les intérêtsdes américains plutôt que celui des travailleurs québécois. Les Unions organisèrent plusieurs grèves qui furent souvent réprimées avec violence par les forces policières. Lorsde la
grève d'Asbestos en 1949
, les grévistes reçurent même le support de certainsreprésentants de l'Église, entre autres l'
évêque Charbonneau
. Cette grève est vue commeun point tournant dans l'organisation des opposants de Duplessis. Le second groupe étaitcomposé de plusieurs intellectuels et journalistes, tels que
et
, qui décrièrent le gouvernement Duplessis dans les journaux, lesmagazines et à la télévision.
L'héritage de Duplessis
 
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