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B
ulletin de liaison n°15
20 mai 2009
www.unmondedavance.eu
   t   a    b    l   e    d   e   s   m   a   t    i    è   r   e   s
En ligne
P. 4
Portrait
P. 4
Presse
Dérobade de la droite surl’entrée de la Turquie.
Interview de Benoît Hamon
Le rapport Cotis appelle delourdes réserves.
Communiqué de Henri Emmanuelli
P. 3
Dossier
Pour une juste répartition desrichesses.
Un dossier de Delphine Mayrargue.La crise sociale révèle sa causepremière : la hausse des inégalitésdans le partage des richesses.
P. 21Bayrou se prétend l’opposant le plus vigoureuxà Nicolas Sarkozy. Grand bien lui fasse. J’avoueque l’ego de Monsieur Bayrou est loin d’êtrela première de mes préoccupations. D’ailleursêtre opposant à Monsieur Sarkozy ne suf
t pasà faire de vous un homme de gauche. Jean-Marie Le Pen se considère aussi comme un op-posant à Sarkozy, cela n’en fait pas un hommede gauche pour autant, loin s’en faut. De mêmeque Dominique de Villepin qui ne ménage passes critiques à l’égard du chef de l’Etat. C’estpourquoi je ne peux qu’inviter mes camaradessocialistes à la plus grande vigilance sur cettequestion.
Bayrou est un homme de droite, en désaccordavec Nicolas Sarkozy dont il conteste la préten-tion hégémonique sur la droite. Ce n’est pas unphénomène nouveau. A chaque fois qu’émer-ge un leader de la droite il en apparaît, peu detemps après, un autre qui essaie de lui contes-ter le leadership. La forme que tente de pren-dre la contestation de ce leadership dépendde la forme que tente de prendre la tentationhégémonique dont elle constitue un effet demiroir. Ainsi face à la domination de la droitegaulliste, l’autre droite s’est incarnée autour deValéry Giscard d’Estaing. Comme la matrice dugaullisme était la prééminence de l’Etat selonune conception colbertiste et centralisatrice dupouvoir, la droite Giscardienne s’est structuréeautour d’une conception libérale de la sociétéet de l’économie. Giscard parlait même deconstruire une société libérale avancée. QuandGiscard est devenu Président de la Républiqueet a structuré son action autour de la construc-tion européenne incarnée par son allianceavec le chancelier Allemand social-démocra-te, Jacques Chirac a entrepris de lui contesterle leadership sur le terrain de l’ordre et de la -fense de la nation, allant jusqu’à pourfendre leparti de l’étranger. Quand Chirac est devenule nouveau leader de la droite dans le milieudes années 80, il a du faire face à une doublecontestation, sur sa droite avec le Front Nationalet plus au centre avec Raymond Barre. En 1995,l’affrontement s’est fait entre Edouard Balladur,soutenu par Sarkozy et Bayrou, qui proposaitd’approfondir une politique libérale économi-que de déréglementation et de privatisation etJacques Chirac renouant avec une phraséo-logie gaullienne centrée sur la lutte contre lafracture sociale. En 2007, dans le cadre de lasuccession ouverte de Chirac, une compétitions’est engagée sur le leadership de la droite en-tre Sarkozy et Bayrou.Il convient de ne pas se laisser abuser par le posi-tionnement de François Bayrou. Bayrou n’a paschangé : il reste de droite. Simplement commeSarkozy occupe tout l’espace allant du FN à ladroite traditionnelle, Bayrou tente un déborde-ment par l’extérieur en af
chant un positionne-ment critique. Sarkozy ayant capté le plus grosde l’électorat traditionnel de la droite, Bayroutente de siphonner une partie des électeurs degauche. Mais, il ne s’agit que d’une simple pos-ture dictée par la ligne politique adoptée parSarkozy. La ligne politique de Bayrou n’est por-teuse d’aucune dynamique durable. Son posi-tionnement « républicain » par delà le clivagestructurant gauche/droite ne saurait constituerune alternative sérieuse économique et socialeà l’offre politique de Nicolas Sarkozy. Le seul ef-fet de l’action politique de Bayrou est de tenterd’affaiblir un peu plus la gauche. En ce sensBayrou est le meilleur allié de Nicolas Sarkozy.Il est plus que temps de réaf
rmer que la gau-che n’a pas à se laisser dicter son avenir par unefraction de la droite. Bayrou c’est au regard deNicolas Sarkozy, l’autre droite. Et l’autre droitecela reste quand même et toujours la droite.
EDITORIAL |
 
Pascal Cherki
L’autre droite !
Stéphane Olivier
Entretien avec Stéphane Olivier,conseiller régional d’Ile-de-France.
Une Europe d’avance
www.uneeuropedavance.fr
Changer l’Europe, mainte-nant !
www.changerleurope.frPascal Cherki, Maire du 14e ardt de Paris, secré-taire général Un monde d’avance
 
Certes, le débat reste ouvert sur la perte subiepar les salariés. Elle est a minima, reconnaît lerapport Cotis, de 3 à 5 points si l’on se réfèreaux Trente Glorieuses, ce qui déjà justi
eraitde reverser de 55 à 90 Md € aux salariés surcette seule base de calcul. Encore cette réfé-rence aux années 60 / 70 fait-elle abstractionde la forte progression de la part salariale en-tre la
n des années 70 et le début des an-nées 80. En effet, si l’on se réfère à ce pic dudébut des années 80, ce sont bien 10 pointsde richesse qui ont été perdus par les salariés.Le contexte in
ationniste de l’époque rendcette référence sujette à débat. Néanmoins,alors que depuis plus de 20 ans la dérive in-
ationniste a été conjurée, et alors que nousconstatons une baisse de la rémunération sa-lariale sur la longue période et une stagnationsur les 20 dernières années, la question du réé-quilibrage de la répartition de la richesse sepose légitimement. L’acuité de cette questionest renfore par le fait que pendant ces 20ans, la stagnation (qui n’est pas un progrès !)de la part salariale dans la valeur ajoutée aété acquise au prix d’inégalités croissantes ausein même du salariat et d’une explosion deshauts revenus. Le renforcement de la préca-rité (CDD, intérim, temps partiel) a, bien sûr,fortement contribué à cette dégradation.Qu’est-ce qui justi
e, historiquement et politi-quement, une telle dégradation de la valeurdu travail du plus grand nombre ? L’hégé-monie de la culture libérale y prend toute sapart. Nous avons perdu la bataille de la valeurdu travail, c’est-à-dire de sa juste rétribution.Il n’est qu’à regarder le déséquilibre dans larépartition au sein même des pro
ts. La partrevenant à l’auto
nancement et à l’investis-sement des entreprises a chuté alors que celleconsacrée aux dividendes versés aux action-naires a augmenté, signe de la
nanciarisa-tion de l’économie.Fort de ce double état des lieux : baisse dela part salariale et hausse de la part dévolueaux dividendes, deux réponses politiques s’im-posent. Premièrement, il est juste et urgentd’augmenter immédiatement les salaires(hausse du Smic, conditionnement des exo-nérations de cotisations sociales à la conclu-sion d’accords salariaux…) et de s’engager àindexer la progression des salaires sur les gainsde productivité. Cette proposition permet degarantir un rééquilibrage entre salaires et pro-
ts. En second lieu, pour répondre à la distor-sion entre pro
ts réinvestis dans le développe-ment de l’activité et pro
ts dévoyés dans leversement de dividendes, il est juste et urgentde moduler l’impôt sur les sociétés en impo-sant plus les dividendes.Le débat actuel a le mérite de se concentrersur l’essentiel, le partage de la valeur ajou-tée, donc le partage entre ce qui revient ausalaire et ce qui revient au capital. Le Prési-dent Sarkozy souhaitait circonscrire ce débatà celui des pro
ts tenant pour acquis que laquestion salariale ne se posait pas (les heuressupplémentaires, le travail le dimanche et lecrédit étant là pour compenser la pauvretésalariale). La seule mesure qui vaille pour lespro
ts, c’est de réduire la rive exponentiellede la rémunération des actionnaires. Pour lereste, la question du pouvoir d’achat de tousles salariés ne peut trouver, évidemment, sasolution que dans une hausse des salaires.
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ulletin de liaison n°15
20 mai 2009
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DOSSIER |
Delphine Mayrargue
Pour un juste partage des richesses.
La brutalité de la crise sociale que nous vivons met en exergue sa cause première : la hausse des inégalités dans le partage des richesses. Dans cecontexte, le rapport Cotis sur le partage de la valeur ajoutée contribue à dessiner le cadre, mouvant, de ce débat essentiel.Premier constat partagé : la part salariale dans le partage entre salaires et pro
ts a diminué sur la longue période. Second constat partagé: dans la partierevenant aux pro
ts, la part allant aux dividendes a augmenté au détriment de l’auto
nancement et de l’investissement des entreprises. Ce diagnostic suf
tà poser les termes du débat que nous n’avons cessé de faire vivre au sein du Parti socialiste.
Delphine Mayrargue, secrétaire nationale adj.
Les premières universités de rentrée d’Un Monde d’avance se dérouleront le week-end des 25, 26 et27 septembre à Port d’Albret (Vieux Boucau), dans les Landes.
Dans ce contexte de crise économique et sociale installée, le premier objectif de nos universitéssera de travailler à l’élaboration d’un nouveau projet politique et à la constitution progressive d’unealliance des mouvements, syndicats et partis de gauche.Lors du congrès de Reims, nous avons cidé de participer à la direction du Parti a
n de garantirl’ancrage à gauche du parti. Néanmoins pour thésauriser le travail politique mené jusqu’à présent etnotamment celui de rassemblement de la gauche du parti et au-delà, il est, aujourd’hui, primordialde passer à un niveau de structuration de courant politique qui dépasse notre motion. Ce sera lànotre second objectif.La tâche est lourde mais nous vous attendons nombreux pour la mener à bien !Les informations pratiques, le bulletin d’inscription et le programme vous seront communiqués pro-chainement.
 
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AGENDA
mercredi 20 mai
Journée service public : meeting Parisiensur les services publics en Europe avecRazzy HammadiRéunion publique avec Henri Emmanuelliet Renaud Lagrave à Mugron (40)Meeting avec Benoît Hamon à Trappes(78)
samedi 23 et dimanche 24 mai
Déplacement de Benoît Hamon à LaRéunion.
lundi 25 mai
Réunion UMA en Indre et Loire avecPhilippe DarriulatRéunion publique avec Liem Hoang Ngocdans les ArdennesMeeting avec Benoît Hamon à La Cour-neuve (93)
mercredi 27 mai
Meeting « Européennes » à RezéConférence de Liem Hoang Ngoc pour laMGEN « le système de protection socialeface à la crise », Saint Quentin, 9hRéunion publique avec Liem Hoang Ngocsur le thème « quelle politique en Europeface aux délocalisations et à la désindus-trialisation ? », Langres (52), 18hMeeting avec Benoît Hamon à la Belle-villoise (75)
 jeudi 28 mai
Meeting avec Benoît Hamon à Clamart(92)
vendredi 29 mai
Formation du vendredi : Cycle histoirede la gauche (depuis 1971) par FrédéricHocquard, 19h, université Panthéon Sor-bonne, Amphi 1, ParisRéunion publique avec Henri Emmanuelli,Renaud Lagrave et Kader Arif à Dax (40)Conférence sur « la crise économique
nancière » avec Liem Hoang Ngoc aulycée Libergier de Reims.Meeting avec Benoît Hamon à Massy (91)
mardi 2 juin
Meeting avec Benoît Hamon (91)
mercredi 3 juin
Meeting avec Benoît Hamon à Mont deMarsan (40)
 jeudi 4 juin
Meeting de cloture de la campagne desEuropéennes du PS à LillE
vendredi 5 juin
Meeting avec Benoît Hamon à Saint Denisà 18h30 (93)Meeting avec Benoît Hamon dans le14ème à 20h00 (75)
dimanche 7 juin
Élections européennes
PRESSE |
Benoît Hamon
Dérobade de la droite sur l’entrée de la Turquie.
Le porte parole du PS a lancé au président dela République: « Soyez sérieux et rigoureux surce dossier parce que, aujourd’hui, vous êtes entrain (...) d’aller jouer sur la peur de l’autre, cen’est pas sain électoralement (...) Puisque vouspréparez l’adhésion de la Turquie à Bruxelles, as-sumez-le ».
« Cessez de mentir »
Benoît Hamon poursuit : « Cessez d’avoir un dis-cours pour les Turcs à Paris et un autre pour lesTurcs à Bruxelles ». « Je le dis assez solennellement: dites la vérité aux Français, cessez de leur men-tir, notamment sur le dossier turc ».Il ajoute ensuite : « Nicolas Sarkozy a fait de l’en-trée de la Turquie dans l’UE un chiffon rouge : ildit en France ‘nous ne voulons pas de la Turquie, je m’y opposerai’, et pourtant sous la présiden-ce française de l’UE, il a ouvert deux chapitressupplémentaires dans les négociations avec laTurquie ».
Que fera-t-on quand la Turquie sera en confor-mité avec le droit ?
Benoît Hamon insiste : « Il y a 35 cases à cocherpour entrer dans l’UE ; il y en a dix qui sont ouver-tes et deux l’ont été sous la présidence française». « Plus on avance, plus il sera compliqué de direaux Turcs ‘vous ne rentrez pas dans l’UEdès lorsque les Turcs se sont mis en conformité avec ledroit européen ».
Le PS favorable, si....
« Le PS est favorable à l’adhésion de la Turquie àcondition qu’elle se soit mise en conformité avecle droit européen, et qu’elle fasse des gestes surle génocide arménien et la reconnaissance desminoris ».
L’UMP se dérobe.
« On ne cherche pas à taper par fétichisme par-ce qu’on aurait envie de molir Nicolas Sarko-zy. Je préférerais être dans une situation où onaurait une confrontation intelligente avec l’UMP». « Le problème, c’est que nous avons en facede nous un adversaire qui se dérobe », conclutle porte parole.
Benoît Hamon, porte-parole du Parti Socialiste
France Info, le 19 mai 2009 - retranscription : Parti Socialiste. La vidéo complète de l’interview est disponi- ble sur www.benoithamon.fr .
Benoît Hamon était invité sur France Info ce matin. Il y parle notamment del’attitude de Nicolas Sarkozy sur le dossier turc.
PRESSE | Henri Emmanuelli
Le rapport Cotis appelle de lourdes réserves.
Contrairement à ce que conclut ce rapport, lapart des valeurs dans la valeur ajoutée n’est pasrestée stable. Selon le mode de calcul -parcequ’il en existe plusieurs- la diminution est de 3 à 5points, soit 60 à 90 milliards d’euros. Ce qui n’estpas rien.Encore faudrait-il analyser ce qui s’est passé àl’intérieur de la masse salariale. Véri
er notam-ment que l’on ne confonde pas la rémunérationdes managers avec la masse salariale.Ce rapport conclut par ailleurs que le sort dessalariés les plus modestes s’est amélioré. C’estinexact, sauf à confondre les faibles rémunéra-tions avec d’autres formes d’emplois à tempspartiel.En l’état, il est dif
cile d’accepter ce rapportcomme base de discussion sur le sujet.
Henri Emmanuelli, député et président du conseilgénéral des Landes
Communiqué de presse de Henri Emmanuelli.
Le rapport de Monsieur COTIS, directeur général de l’INSEE,appelle de lourdes réserves...
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