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L’attente de l’inattendu
Quelques considérations concernant le devenir transcendent de la nature
 
Dr. Alexandre S.F. de Pomposo
 Introduction.Le temps et les chaînes de l’éternité.L’auto-organisation de la matière.La seconde loi de la thermodynamique.La téléologie cosmique.Les niveaux de la réalité.Ni hasard, ni nécessité : une amnésie ignorée.Toute science dépassant.Conclusion.Références.
Introduction
 « La loi de causalité est la synthèse de deux éléments irréductibles entre eux, lechangement et l’identité »
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est une citation qui reflète bien la forme de la pensérégnante dans l’épistémologie de la science vers la fin du XIXe siècle. En cemoment-là la physique, la plus élémentaire des sciences
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, montrait les limitesde la connaissance humaine sur la réalité cosmique ; encore plus, elle croyaitdéjà épuisées les études sur les lois régissant l’univers. En effet, la formalisationmathématique des lois de Newton, faite par Hamilton, faisait une impressionmonolithique sur la connaissance de la mécanique. D’une manière parallèle,Maxwell avait déjà systématisé les diverses théories de l’électromagnétisme ; onavait même tendu un pont assez surprenant entre ledit électromagnétisme etl’optique physique. Bref, il ne restait pas grande chose à rechercher sauf trois« petits » problèmes, à savoir, l’effet photoélectrique, l’effet Zeeman anomal etplusieurs questions concernant les phénomènes de la diffraction de la lumière.La leçon pour la physique fut accablante avec sa position face à la réalité : lestrente années qui suivirent virent la naissance de la mécanique quantique, desthéories spéciale et générale de la relativité, et de la thermodynamique des
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Cfr. Émile Boutroux,
De la contingence des lois de la nature
. Thèse de doctorat, Paris, 1874. p. 24.
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Élémentaire en tant que « contient, qui concerne les premiers éléments d’une science, d’unart » comme le définit Le Petit Robert.
 
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phénomènes irréversibles. La
science des merveilles
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ne serait plus jamais lamême.De leur part, la philosophie et la théologie se débattaient sur des terrainsplus « biologiques », c’est-à-dire plus proches de ce qui est strictementanthropologique. Le vitalisme bergsonien, l’étude de la
 formgeschichte
et, en finde compte, tout le mouvement du
sturm und drang
romantique touchant à sa fin,ils montraient l’inachevé des modèles de pensée jusqu’alors intégrés. La véritécherchée se montrait plus comme un mensonge consistant (et, en tant que tel,identifié avec ladite vérité) qui réduisait une bonne partie de l’étude de laréalité à une taxonomie complexe ; il y avait en elle un reflet d’éloignement desperspectives que la science cherchait en ce temps-là. Néanmoins, beaucoupd’efforts se sont faits pour concilier les conclusions obtenues en philosophieavec ceux de la science physique
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; en tout cela, même la métaphysique trouvaun terrain fertile pour orienter sa pensée
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.Partant, la science physique étant la plus fondamentale des sciences àcause de la liaison avec les principes mêmes qui fixent le comportement de lanature, n’importe quelle autre discipline, scientifique ou non, était seulement leprolongement de la physique, dans la complexité, ça oui, mais pas plus qu’uneextension. Petit à petit, la mathématique devint le langage sophistiqué de laphysique : son identité non scientifique
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lui faisait se placer au-dedans de laphysique. C’est de cette manière-là que se sont posés beaucoup de conceptsmathématiques extrêmement fins ; il suffit de se rappeler des géométries deRiemann et de Minkowski. Cependant, la description des phénomènes de la vierestait tout à fait de côté, assez méprisés par les physiciens théoriciens. Ledégrée de complexité de ces phénomènes les faisait, en même temps, être peureprésentatifs de la réalité « forte », c’est-à-dire « objective » (faisant de
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Il s’agit d’une expression employée par Santiago Ramón y Cajal dans son œuvre « El mundovisto a los ochenta años » (le monde vu aux quatre-vingt ans), tout en reconnaissant la valeurfondamentale de la physique face aux autres sciences, la biologie y comprise.
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Il suffit de considérer le propre Bergson avec son « Évolution créatrice », à Émile Boutrouxdont on a déjà fait mention plus haut, à S. Kierkegaard avec sa pensée juste, bien que complexe,à l’égard du sens de la douleur et de la souffrance humaines, à M. Blondel qui dans son« Action » fait un premier effort pour aborder la réalité avec tout le poids de la culpabilitéhumaine, et beaucoup d’autres imprégnés d’immenses influences spinozistes, kantiennes ouhégéliennes.
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Nous songeons tout spécialement en l’œuvre remarquable de J. Maritain dans laquelle le pèredu néothomisme stratifie les dégrées du savoir humain, tout en gardant la place de choix qui estcelle de la métaphysique thomiste. Le prix payé pour cela est l’impitoyable critique déferlée surla pensée bergsonienne.
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Nous disons cela sur la base du fait que la science est une discipline qui naît de l’expériencedes événements de la nature, se retirant ensuite vers l’abstraction (qui est, à son tour,l’explication du réel par le moyen de l’impossible) en vue de développer le cadre conceptuel quiconvient à de tels événements et, finalement, elle retourne vers l’expérience pour corroborer ouchanger les hypothèses et conjectures initiales. Par contre, la mathématique naît, grandit etmeure dans l’abstraction, sans jamais avoir besoin du recours envers l’expérience vécue del’espace-temps. Bien entendu, tout ceci en ayant la mathématique pure (non appliquée) dansl’esprit.
 
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l’objectivité une équivalence du critère de vérité). L’explication de cette attitudese trouve dans le développement scientifique de la seconde moitié du XIXesiècle ; c’est au long de cette période que les idées principales de la sciencecontemporaine se structurèrent, et aussi que le développement ultérieur de lascience et de la technique du XXe siècle se constitua.C’est Ludwig Boltzmann qui a été la seule exception à ce qu’on a dit jusqu’à présent. Ce sage trouva que la réalité universelle ne pouvait êtrecompatible que avec un principe de désordre croissant en imposant ainsi unesorte de direction préférentielle en l’évolution des systèmes dans la nature.C’est peut être de trop dire que ses collègues physiciens se sont niés à accepterde tels propos pour un monde qui manifestait (en apparence) des symétries, del’ordre et jusqu’à un certain point la propriété d’être prédit. La causalitéparaissait contredire absolument le second principe de la thermodynamique (laloi de Boltzmann). Tellement grande avait été la pression exercée sur cethomme de science, que pour finir il tomba dans une profonde dépression, cequi l’a finalement poussé a se tuer par un suicide en 1906. Cependant, sesthéories non seulement ne furent point stériles, mais qu’elles donnèrent le pointde départ pour bâtir le pont entre la physique fondamentale et la biologie, entreautre choses.
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Une grande partie du présent article a comme but d’extraire lesconséquences les plus essentielles de ce principe de l’entropie croissante, passeulement dans le cadre de la science, mais aussi dans le cadre del’épistémologie extrême, de la transcendance. Nous voulons montrer avec cetteanalyse quelle devrait être la véritable attitude de l’homme de science face à lavérité qu’il recherche.À l’heure actuelle la science compte sur un patrimoine de connaissancespas du tout négligeables ; toutefois, si bien il est vrai que nous savons trop, c’estvrai aussi que nous savons trop peu. Même le concept de
réalité 
n’est évidentpour personne et les bases du langage scientifique même semblent trembler àchaque coup de questions que la philosophie lui adresse. Néanmoins, laphilosophie ne paraîtrait pas apte en ce moment pour résoudre les doutes enprovenance de la science, surtout en ce qui concerne les différences entre letemps et la durée, entre l’être et l’existence, entre le futur et le devenir, avec lesidées et les concepts qui conviendraient justement à la science. Or, c’estprécisément en notre temps d’aujourd’hui que la science, la philosophie etmême la théologie semblent se diriger vers des point en commun ; plus à lamanière des anciens, vers une vérité qui étant méconnue elle était alorstranscendante, mais plutôt vers la vérité pressentie, là où la dimensionmystérique se manifeste justement dans le processus cognitif, dans la démarcheintuitive, dans la constatation d’une réalité toujours « observable » mais enmême temps toujours « fuyante », voilée. La transcendance dans la nature estexactement semblable à ce qui arrive dans l’événement fondateur du « bigbang », c’est-à-dire, que loin d’être une explosion dans l’espace et dans letemps, il s’agit plutôt de l’explosion de l’espace t du temps. Ni les perspectives
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Vide ad infra.
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