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Iblîs, la Lumière Noire
Extrait du EzoOccult le webzine d'Hermèshttp://www.esoblogs.net
Iblîs, la Lumière Noire
- Mystique & Religion -
Date de mise en ligne : mercredi 25 mars 2009
EzoOccult le webzine d'Hermès
 
Iblîs, la Lumière Noire
SommaireL'ADVERSAIRETROIS DÉFENSES DE SATAN (...)L'ANGE PAONIBLÎS, L'IMAGINATIONJ'avais un ami à Téhéran, un acteur d'avant-garde et membre de la secte des
Ahl-i-Haqq 
(le « Peuple de la Vérité »ou le « Peuple de Dieu »,
haqq 
étant un nom divin) qui avait voyagé dans la vallée des adorateurs de Satan dans lemilieu des années 70.L'
Ahl-i-Haqq 
, une secte kurde influencée par le soufisme shiite extrême, le gnosticisme iranien et une forme localede chamanisme, est constituée d'un certain nombre de petits groupes dont la plupart des membres sont de simplespaysans illettrés. N'ayant aucun livre sacré qui unisse ces groupes isolés dans leurs vallées éloignées, ils ontdéveloppé au fil du temps leur propre version, très divergente, des mythes et des enseignements de l'Ahl-i-Haqq.L'un de ces groupes vénère Satan. Je ne connais pratiquement rien qui soit écrit au sujet des Shaïtan-parastiyyan ou« Adorateurs de Satan » [1
 
] et aucune étude n'a été réalisée à leur sujet en général [2]. De très nombreux secretsdemeurent pour les personnes extérieures à la secte.Les membres d'
Ahl-i-Haqq 
à Téhéran étaient dirigés par un
pîr 
kurde, Ustad Nur Ali Elahi, un grand musicien et unprofesseur [3]. Les vieux Alh-i-Haqq le considéraient comme un renégat, car il avait révélé des secrets à desétrangers, c'est-à-dire à des non-Kurdes, et les avait même publiés dans des livres. Lorsque mon ami le questionnaau sujet des adorateurs de Satan, cependant, Elahi répondit gentiment : «
Ne t'inquiète pas de Shaïtan ; inquiète-toi plutôt de shay-ye-tan 
» (littéralement « la chose dans le corps », l'âme incarnée, l'ego). Mon ami ignora ce bonconseil et avec son frère ils se rendirent au Kurdistan à bord de leur Land Rover.Vous n'avez pas idée à quel point certains lieux de l'Asie peuvent être loin de tout à moins de vous y être rendu ; pasmême un hélicoptère ne pourrait pénétrer dans ces vallées aux pics escarpés. Pour la dernière partie de leurexpédition, ils louèrent des mules. Alors qu'ils se rapprochaient de leur but, ils entendirent de plus en plus de chosesau sujet des adorateurs de Satan, et rien en bien : c'étaient des bandits qui mangeaient du porc et buvaient du vin etqui pratiquaient le « soufflage des lampes » (des orgies rituelles dans l'obscurité).Quand ils arrivèrent ils furent accueillis par des hommes en costume traditionnel kurde et leur : « Ya ! Zat-i-Shaïtan !» - « Salut, ô essence de Satan ! »Comparé avec cet accueil, le reste du voyage se révéla assez décevant. Les villageois avaient abandonné depuislongtemps le banditisme (à ce qu'ils disaient), et il n'y avait bien sûr aucune preuve de perversion nocturne.Terriblement pauvres, ils ne possédaient rien de tel qu'un cochon ou du vin. De leur religion ils avouaient ne riensavoir ; soit ils cherchaient à protéger des secrets soit ils avaient réellement oublié. Une grande part du savoir peutse perdre dans des sociétés illettrées vouées au secret et coupées du monde ; les chefs peuvent mourir sanstransmettre certains éléments, et des villages entiers, frappés par la maladie ou les épidémies, peuvent disparaîtretotalement.Il ne fait aucun doute que les adorateurs du diable en savaient plus qu'ils l'avouèrent à mes amis, mais en fin decompte, ils ne semblaient pas plus sinistres que les autres groupes de Kurdes montagnards, un peuplegénéralement noble et hospitalier lorsqu'il n'est pas engagé dans des guerres de clans, des vendettas ou desguérillas.
 
Iblîs, la Lumière Noire
Que signifie, cependant, cette « essence de Satan » ? Dans un livre portant sur les enseignements d'Ustad Elahi [4],Satan est censé exister, prisonnier et sans pouvoir, un simple ange déchu. En outre, « mis à part chez l'homme, lemal n'existe pas dans la nature... le « mal » est simplement une manière qu'a le moi dominateur de s'exprimer ennous... L'histoire de Satan est finie depuis bien longtemps ; elle ne concerne que lui et Dieu ». En d'autres mots, laversion coranique de la Tentation et de la Chute (très similaire à celle de la Genèse) est littéralement vraie, maishors de propos. Le Satan en qui tous les croyants « prennent refuge » dans la prière est, en réalité, une projection deleur propre imperfection spirituelle. Il est inutile de dire qu'il ne s'agit pas là d'un Islam orthodoxe ou de l'opinion de lamajorité des soufis ; c'est, cependant, une résolution très intéressante d'un problème théologique épineux. Au seind'une religion basée sur l'unicité métaphysique, sur l'unité de la Réalité (tawhid), comment peut-on expliquer le mal ?
L'ADVERSAIRE
Le Judaïsme biblique ne connaît pas de principe du mal séparé. Dans le Livre de Job, Satan - un simple Adversaire,fier et méchant, mais faisant toujours partie du cosmos de Jéhovah et placé dans son pouvoir - est presque unaspect de la divinité.En réaction au Gnosticisme (qui proclamait que Jéhovah était lui-même le « mal »), le Christianisme à mis enexergue l'unicité de Dieu à un point tel qu'au fil du temps Satan a acquis une existence de plus en plus séparée etsubstantielle. Dans la théologie chrétienne (ou la « théodicité » pour être précis), le mal demeure relativement irréel,ou du moins secondaire ; mais dans la pratique chrétienne, le mal est devenu le « Prince de Monde », une véritablepuissance, presque un principe. Pour cette raison, dans la culture chrétienne, le satanisme a émergé en tantqu'opposition au bien, c'est-à-dire en tant que mal. Cette forme de malice intellectuelle et rituelle dépeinte dans le LàBas de Huysmann ou dans la Bible Satanique de LaVey n'aurait jamais pu se développer dans le Judaïsme, et ellen'est typique dans la culture de l'Islam [5].Allah est caractérisé par 99 noms, parmi ceux-ci le « Tyran » et le « Rusé ». Certaines qualités associées par leschrétiens au « mal » sont ainsi divinisées par le Coran en tant qu'attributs de la majesté ou de l'aspect « terrible » deDieu. Dans ce contexte, Satan ne peut aspirer à une autonomie séparée ou substantielle - son pouvoir ne peuts'opposer à celui d'Allah mais doit, au contraire, en dériver et le compléter. L'Islam n'admet aucun « péché originel », juste un oubli du Réel ; de la même manière, le cosmos / la nature ne peut être considéré comme « maléfique » enlui-même puisqu'il est un reflet ou un aspect du Réel. Mais, précisément parce que le cosmos / la nature reflètetoutes les possibilités divines, il doit également inclure les possibilités « terribles » que sont la négation et l'illusion etdonc l'existence d'Iblîs [6].Dans le Coran et la Tradition (
hadiths 
), Satan est présenté comme constitué à partir du feu comme les djinns, et nonde la lumière comme les anges. Néanmoins, l'ange Azazel, le pasteur des anges de toute éternité, était assis sous letrône de Gloire. Lorsque Dieu créa la forme d'Adam et commanda aux anges de se soumettre à lui (du fait que seull'humain est véritablement cosmique), seul Azazel refusa. Il soutint la fière supériorité du feu (le psychique) sur laboue (le matériel). Pour cela Dieu le maudit, Azazel devint Iblîs et tout advint plus ou moins comme dans la Genèse.Étant donné les principes de l'unité divine et de l'omniscience, on peut facilement déceler une histoireoccultesouscet épisode ; que Dieu, d'une manière ou d'une autre, voulait qu'Iblîs devienne Satan et qu'Adam et Eve chutent afinque le drame de la création et que la manifestation de tous les Noms puissent entrer en jeu dans la Rédemption.Satan et Adam ont tous les deux une « volonté libre », cependant, tout est écrit, pré ordonné et connu. Clairement uncertain secret prend part à tout cela, il y a une signification sous le texte (et le Coran, selon les enseignementsorthodoxes, contient au moins sept niveaux de lecture). C'est à partir de la science ésotérique de l'herméneutique etdu Soufisme qu'une explication de ce secret est possible.
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