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Fusion des ministères de la santé et de l’environnement
Préalable indispensable à la gestion sécuritairede la politique sanitaire du Congo-Brazzaville
Michel ODIKA
Résumé
Le profil sanitaire de la République du Congo relève pour l’essentiel d’uncumul défavorable de vulnérabilités et d’insécurités environnementales. Enconséquence de quoi, plusieurs éléments et arguments militent en faveur de la fusiondes ministères de la santé et de l’environnement. A l’origine du projet de fusion, unconstat: plus que les aléas conjoncturels (en dépit des apparences), ce sont à la basedes inadaptations et inadéquations structurelles qui génèrent les dysfonctionnementsopérationnels dommageables au système de santé.Parmi les écueils handicapants, on retiendra que, par sa configurationactuelle,le ministère de la santé ne répondplus aux exigences du moment. Pour ainsi dire, sonmode de fonctionnement permet certes la gestion médicale des problèmes de santé,mais il est de moins en moins adapté, voire plus du tout adapté, à la gestion sanitairedes problèmes d’environnement, et encore moins à la gestion sécuritaire desproblèmes sanitaires à prédominance environnementale. Quand bien même la gestionsécuritaire du risque médical reste possible à l’hôpital, force n’en est pas moins deconstater que l’enjeu crucial en matière de défissanitairesest davantageenvironnemental que médical.
Mots-clés: santé –environnement –développement –sécurité
Tout l’enjeu en matière de santé publique et de sécurité environnementaleest de mobiliser et rentabiliser un seuil optimal de capacités d’expertise. End’autres termes, toute la question est de garantir des interactions permanenteset fécondes entre le développement des capacités (capacity building) et lescapacités de développement (building capacity). Le défi qui s’y rattache,histoire d’insuffler un nouvel esprit à nos manières de voir et de faire, consiste àcréer les conditions favorables à la gestion sécuritaire de la politique sanitaired’un pays: parmi les options et orientations allant dans ce sens, figure en bonne place l’éventuelle fusion des ministères de la santé et de l’environnement, dont les activités et centres d’intérêt sont à ce point liés qu’il s’agit, à présent, de les fondre dans une symbiose quasi native.Entre autres atouts, le bien-fondé d’unetelle démarche réside dans la possibilité d’intégrer et de coordonner ce qui serévèle être des approches sécuritaires indissociables et interdépendantes – prévention, hygiène et assainissement, soins, leadership –dans la cohérenced’une vision d’ensemble.
 
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Pourquoi fusionner les ministères de la santé etde l’environnement?
Inutile de rappeler qu’il y a toujours eu nécessité, cruciale et vitale, de préserver, nonseulement la santé, individuelle et collective, mais également le cadre environnemental qui ycontribue. Ne pas s’atteler à cette tâche, c’est s’exposer au risque de ressembler à ce médecinqui combat telle fièvre en cassant le thermomètre, plutôt que d’en traiter la cause sous-jacente.Le projet de fusion ministérielle est né de certaines expériences tirées de l’existencequotidienne. Concrètement sur le terrain, cela signifie que notre santé se révèle être l’effetautant que le reflet de notre environnement, au même titre que notre environnement figure aunombre des déterminants primordiaux de notre santé. A tel point que la fusion des ministèresde la santé et de l’environnement répond à une double exigence de sécurité nationale et demodernité, ainsi qu’à un impératif de développement durable et équitable.Le besoin de procéder à une fusion part de quatre constats.Premier constat, de nos jours, la politique sanitaire du Congo, à défaut d’êtreexclusivement hospitalière et médicale, n’en est pas moins à prédominance hospitalière etmédicale (l’allocation des ressources privilégie les infrastructures de soins au détriment de laprévention, de l’hygiène et de l’assainissement).Deuxième constat, le fonctionnement optimal de tout système de santé dépend del’efficacité des articulations et interactions entre la gestion médicale des problèmes de santé,la gestion sanitaire des problèmesd’environnement et de la gestion sécuritaire des problèmesde santé et d’environnement.Deuxième constat, l’intérêt des relations entre la santé publique et la sécuritéenvironnementale réside dans leurs enjeux et défis, mais aussi dans les perspectivessusceptibles de s’en dégager.Troisième constat, les articulations et interactions entre la santé publique et la sécuritéenvironnementale sont révélatrices d’enjeux à maîtriser et de défis à relever.Au-delà des considérations purement théoriques et/ou dangereusement idéologiques,et il s’agit ici du quatrième constat, toute politique sanitaire à vocation sécuritaire doit prendreappui sur des faits observables et vérifiables sur le terrain.Dèslors, en tant que médecin etcitoyen congolais, mais aussi en tant que Brazzavillois sensible aux questions d’hygiène etd’assainissement, quatre faits ont particulièrement mon attention.Premier fait à prendre en compte: les enjeux et défisauxquels les congolais sontconfrontés s’inscrivent dans une perspective sécuritaire globale, dont la principale dimensionn’est pas seulement policière ou militaire, que ce soit en temps de guerre ou de paix, maisrelève également d’une sécurité d’abord environnementale et sanitaire, ensuite hospitalière etmédicale, sur quoi se greffe la gestion sécurisée du temps et de l’information (leadership).Deuxième constat: les enjeux et défis sanitaires auxquels les Congolais font facepeuvent servir de point d’appui aux piliers d’une politique sanitaire.Troisième constat: la dimension prédominante des enjeux et défis sanitaires estfondamentalement de nature environnementale, l’approche médicale n’étant qu’un desnombreux aspects et reflets de la composanteenvironnementale, alors que les infrastructureshospitalières n’interviennent qu’en bout de chaîne dans le processus sécuritaire globalincluant les enjeux et défis sanitaires d’un pays.Quatrième constat: il y a actuellement urgence dans nombre depays, à commencer parle Congo,à amorcer l’intégration de toute politique sanitaire dans une stratégie sécuritaireglobale, stratégie dont la coordination peut être efficacement assurée par une «super-structure» (ministérielle) en charge de la santé publique et de la sécurité environnementale.
 
3De ce qui précède, toute la question est de faire des enjeux et défis sanitaires despiliers essentiels de toute politique sécuritaire. A l’appui d’une telle exigence, on retiendraque les relations entre la santé et l’environnement s’inscrivent non seulement dans unecontinuité historique
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révélatrice de disparités géographiques, mais également dans uneperspective globale –dont la principale dimension est d’abord environnementale avant d’êtremédicale, puis sanitaire avant d’être hospitalière.
Eléments et arguments en faveur d’unregroupement ministériel
D’abord un fait aux allures de constat, et il s’agit ici d’un constat prenant appui sur desfaits observables et vérifiables sur le terrain. Loin de toutes considérations purementthéoriques et/ou dangereusement idéologiques, la santé, le développement et l’environnementne peuvent plus, ne doivent pas, s’ignorer. Dès lors qu’il en va de même pour la santé etl’économie, placer les départements de la santé publique et de l’environnement sous unemême tutelle se révèle être une étape cruciale et incontournable vers la concrétisation des«Objectifs de Développement du Millenium»
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. Ainsi, au-delà des «chiffres de la santé» etde la «santé des chiffres»
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, les principaux enjeux et défis sanitaires de l’écrasante majoritédes pays:1)relèvent pour l’essentiel, non pas de l’
accès aux infrastructures de soins
en tant quetelles (dont il ne s’agit toutefois pas de nier l’importance), ni de l’
accès à laconsommation médicale
au sens large (médicaments, consultations/hospitalisations,examens complémentaires, évacuations sanitaires…), mais plutôt de l’
hygiène dumilieu
et de l’
assainissement de l’environnement 
, deux exigences –osons-le dire -à lafois fondamentales et capitales dont les acquis en termes de concrétisation et deconsolidation2)dépendent de l’accès optimal des populations à l’
éducation
et à l’
information
, deuxatouts incontournables en matière de
 prévention
, l’
instruction
étant le trait d’unionentre l’
éducation
et l’
information
;3)reflètent des réalités tant sociales qu’économiques, donc politiques, inscrites dans unecontinuité historique révélatrice de disparités géographiques observables et vérifiablesà l’échelle de la planète;4)attirent l’attention sur les incohérences, inadaptations et inadéquations structurellesgénératrices de dysfonctionnements et de déséquilibres, le tout sur fond d’inégalités etde disparités dans l’accès à un environnement sécurisé –disponibilité de l’eau potable,évacuation des eaux usées et des déchets, sanitaires écologiquement fiables,
1. En termes de gestion sécuritaire et médicale à vocation sanitaire et environnementale, la prise en charge du paludisme offreun modèle de continuité historique, dont on ne dira jamais assez qu’il demeure d’actualité, du moins au moment où ces lignessont écrites (2009). Consulter à ce sujet les articles ci-dessous référencés:-
Paludisme: maladie parasitaire au très lourd passé militaire
(http://fr.calameo.com/books/00002169438d0ed7e975b);-
Paludisme: observatoire et laboratoire de la condition humaine
(http://fr.calameo.com/books/0000216941c071e76b7ae);-
Paludisme: tueur en série et arme de destruction massive
(http://fr.calameo.com/books/0000216942b9ca2b8cf81
 
).-2. The Millenium Development Goal Report 2007.Available athttp://www.un.org/milleniumgoals/pdf/mdg2007.pdf 3. Michel ODIKA,
Cross-cutting view on health spending
.Available athttp://www.scribd.com/doc/15272395/Crosscutting-view-on-health-spending

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