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A l'appui, Sabinus invoquait le témoignage de l'Iliade où les Grecsacquéraient du vin contre du bronze (les Romains avaient là le sentiment que c'était du droit archaïque: mais parce que tel, c'était undroit ayant une valeur particulière, parce que il pouvait être étayépar le
mythe).
Dans cette conception, la monnaie est une chose substantiellement quelconque mais qui a été choisie par l'autorité publiquepour jouer le rôle d'un instrument dans les échanges. Cette conception est devenue classique (notamment chez les économistes du XIXème.
siècle).
Deux orientations nouvelles de l'ethnologie ont fait surgir uneautre explication.
C'est
le moment où les ethnologues développent lathéorie de la mentalité archaïque. Suivant Lucien Lévi-Bruhl, celle-ci est prérationnelle, mystique. L'origine de la vente et de la monnaiene peut échapper à cette nouvelle explication. La monnaie ne peut pasêtre une invention rationnelle, utilitaire. Son rôle sera mystique.Elle est là non comme une marchandise à substituer à d'autres; elleest un symbole lié à des représentations mythiques. Il y a irréductible originalité de la vente et de la monnaie. Cette dernière inclutun élément mystique: "Nummus numen": il y a une sorte de divin quientoure la monnaie.
C'est
un élément équilibrant que la monnaie.
C'est
quelque chose qui vient des Dieux. A
l'appui
de cette analyse, on invoque le fait que dans la monnaie primitive, l'effigie des Dieux estsouvent représentée. Rien de commun avec
l'idée d'une
marchandise dontles pouvoirs publics attesteraient la valeur.Quand on pousse plus avant
cette
analyse, on distingue des variantes chez les auteurs. Certains voient le besoin irrationnel sousles espèces d'un besoin de parure. Ce besoin est constant dans lessociétés primitives.
C'est
la parure de la femme qui parait la plusessentielle: la "parure de publicité"; mais si
c'est
la femme qui inventa la parure,
c'est l'homme
qui la transforma en monnaie.
C'est
lebijou qui a inventé la monnaie et non l'inverse. Ce qui explique queles premières monnaies, dans les sociétés primitives, étaient constituées par des coquillages. Ce sont les parures du chasseur. Voyez ence
sens,
Metais, Une monnaie archaïque : la cordelette de coquillages,
l'Année
Sociologique,
1949-1950,
pages
33
et suivantes.
Mais,
a-t'on
objecté.,
n'y
a-t'il
pas ici une contradiction ? La monnaie serait fondée sur le besoin de se différencier; tandis que un objet doit êtrepartout reçu pour constituer une monnaie. On répond à cela que lapremière circulation de la monnaie n'a pas été une circulation d'échan
ge
mais une circulation de don entre
amis,
entre compagnons d'armes:donc une sorte de participation au prestige. On ajoute que pour les
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