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 L
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 M 
 ETAPHYSIQUE 
 
Cours d’agrégation d’Alain Badiou (1999-2000)
(notes de François Duvert)
11.10.99 2
 
 Heidegger 2
 
 Nietzsche 3
 
Wittgenstein 4 
 
10.10.99 5
 
 Marx 6 
 
Freud 6 
 
Comte 7 
 
 Kant 7 
 
 Hegel 9
 
18.10.99 9
 
 Hegel 10
 
25.10.99. 14
 
2.11.99 18
 
Date inconnue. 20
 
 La méthode 20
 
 Kant 21
 
 Hegel 23
 
Date inconnue. 24
 
1
ère
question 24 
 
2
ème
question 26 
 
Date inconnue. 27
 
Date inconnue. 29
 
 Platon 31
 
 Aristote 32
 
 Descartes 32
 
 Leibniz 33
 
Date inconnue 34
 
 Rappels 34 
 
Platon..............................................................................................................................................34
 
Descartes.........................................................................................................................................34
 
Leibniz............................................................................................................................................35
 
Spinoza...........................................................................................................................................35
 
Kant................................................................................................................................................36
 
Hegel...............................................................................................................................................37
 
 Husserl 39
 
 Lautréamont 41
 
20.03.2000. 42
 
Date inconnue. 46
 
Texte de Heidegger sur Nietzsche 50
 
 
11.10.99
Question : qu’est-ce que métaphysique peut dire et veut dire, y compris pour nous aujourd’hui ? Etcomment ce mot s’est-il installé dans la philosophie d’une manière tout-à-fait paradoxale parce que, aufond, le mot métaphysique s’est installé dans la philosophie de telle sorte que, comme nous le verrons, demanière récurrente, il est constamment question de l’en extirper.→ c’est un mot en ce sens qui fait symptôme de la philosophie, en ce que plutôt qu’il ne dit directementson essence, il y fait semble-t-il obstacle, ou figure dans le discours philosophique de telle sorte qu’il faitl’objet de constantes tentatives de critiques, de contestations, d’éradications, ou comme on ditaujourd’hui, de déconstruction.
De quoi en fin de compte métaphysique est-il le nom
 
?
 
Réponse : c’est moins le nom d’un discours, d’un type de discours ou d’un régime de discours quele nom d’une puissance
. Quelle est cette étrange puissance qui est désignée ou signifiée sous le nom demétaphysique ? Une puissance qui est telle que depuis 2 ou 3 siècles après sa fin annoncée, sonimpossibilité démontrée, que métaphysique soit devenu un mot négatif, la chose reste dont il faut sedébarrasser. Comment se fait-il que 2 ou 3 siècles après cela, et bien en un certain sens, on en soit encoreà annoncer cette fin, à démontrer cette impossibilité et à se débarrasser de cette catégorie ? Au fond,l’histoire moderne du mot métaphysique c’est le titre de la pièce de Ionesco : "
Comment s’endébarrasser ?
". Mais exactement comme dans la pièce, s’en débarrasser semble être une entrepriseextraordinairement complexe, et qui donne surtout le sentiment de l’interminable. Même le verdict le plus contemporain comme celui de Derrida, dans la logique générale de la discontinuité de la philosophie, relayant la thèse heideggerienne du dépassement de la métaphysique, indique que ladéconstruction est une tâche infinie, une tâche qui n’a pas de terme. C’est une tâche qui estintrinsèquement sous la règle de l’infinité de la tâche : c’est pour ça qu’il y a une énigme moderne de lamétaphysique qui est de comment y mettre fin, se soustraire à l’emprise de cette puissance dontmétaphysique est le nom. Comment en finir avec la métaphysique, la déposer, la déconstruire ? Pourquoitout cela compose-t-il encore un impératif philosophique actuel ? Qu’est-ce que cet impératif général à partir du sens du mot métaphysique comme l’impératif de sa fin, mais en même temps comme unimpératif dont le remplissement, l’accomplissement, l’exécution est de l’ordre de l’interminable ?
Méthode : nous commencerons par examiner comment se présentent les injonctions d’en finir avecla métaphysique, par une typologie ou un repérage des diverses façons dont ont été prononcée lanécessité de sortir de la métaphysique, d’en finir, de la déconstruire
.Remarque : on pourrait peut-être soutenir que maintenant la singularité d’une pensée philosophique estlargement déterminée par le mode propre sur lequel elle propose d’en finir avec la métaphysique. Si vousvoulez spécifier ou identifier une orientation philosophique, contemporaine, la manière dont elle déclarequ’elle en finit avec la métaphysique, la manière dont elle reformule l’impératif d’en finir avec lamétaphysique définit ce qu’on peut appeler son style. Le style d’une pensée depuis un bon siècle, c’estlargement le mode propre sur lequel elle déclare se situe aux marges de la métaphysique, ou obéir àl’impératif d’en finir avec elle. C’est pourquoi en effet cette injonction a de nombreuses formescorrespondant finalement à une espèce de stylistique philosophique, elle-même très variée. Cf quelquesexemples pris dans cette question de la tonalité ou de la stylistique de la philosophie, dans la manièredont elle se déclare elle-même non-métaphysique, ou ayant le projet de ne pas être métaphysique. Atravers ces exemples, essayez d’entendre aussi qu’à chaque fois il y a en réalité une définition singulièrede la métaphysique. Le style propre de la polémique anti-métaphysique est aussi à chaque fois uneidentification de la métaphysique elle-même. Une des formes de l’énigme, c’est qu’il y a autant dedéfinitions de la métaphysique que de styles philosophiques contemporains. L’unité de la notion estextraordinairement problématique.
Heidegger
Philosophie dans laquelle la catégorie de métaphysique est centrale. Donc rien n’est plus tentant que des’installer à propos de la question de la métaphysique dans ce dispositif de pensée. En même temps, c’estun dispositif dont il n’est pas facile de se soustraire à sa clôture. C’est un dispositif langagier, c’est unstyle qui appelle un assez violent mimétisme. 2 conséquences :-
 
 pas de cours sur la métaphysique chez Heidegger.
 
-
 
on va être dans une instrumentation prudente de ce vaste dispositif heideggerien, car il y a toutlieu de penser que s’engager dans ce dispositif, incite à un psittacisme heideggerien.Au fond, comment Heidegger entreprend-il de s’installer dans une logique d’un dépassement de lamétaphysique ? Il le fait dans une logique de la question.
L’opérateur heideggerien qui consiste às’installer de telle sorte que le mouvement général de la pensée tente de s’extraire de l’emprise dela métaphysique comme figure destinale de l’être, c’est le style de la question
. Heidegger précise bien quelle est en fin de compte la question qui déstabilise la métaphysique : l’emprise métaphysiquec’est "
en quelle manière l’essence de l’homme appartient à la vérité de l’être
". Si on pose cette questionde façon radicale, alors on est dans une logique de pensée qui entreprend de se dégager de lamétaphysique. La pratique de cette question déstabilise lentement la disposition métaphysique dont laforme moderne était l’humanisme.
la disposition contemporaine véritable de la métaphysique, c’est l’humanisme
, et la pratique de laquestion va porter sur l’être de l’homme, en quel il semble que l’homme appartient à la vérité de l’être.Précisément, le cœur de la question métaphysique moderne est la question de l’homme, dans la modalitéde l’humanisme. Ce questionnement nous découvre quoi sur la métaphysique, si on adresse à la pensée laquestion : "
comment l’essence de l’homme appartient-elle à la vérité de l’être ?
", qu’est-ce qui sedécouvre alors concernant la métaphysique ?Réponse : c’est que
la métaphysique est achevée
. Lecture suggérée de ce point : le dépassement de lamétaphysique, dans
 Essais et Conférences
.1
ère
phrase du texte : "
que
 
veut dire le dépassement de la métaphysique ?
". Dans ce texte, Heidegger indique que ce que découvre la pratique de la question, c’est l’achèvement de la métaphysique de Nietzsche. "
 Avec la métaphysique de Nietzsche, la philosophie est achevée. Cela veut dire qu’elle a fait le tour des possibilités qui lui étaient assignées. La métaphysique achevée qui est à la base de la pensée,d’un mode de pensée planétaire, fournit la charpente d’un ordre terrestre vraisemblablement appelé àune longue durée
". Il y a dans ce texte une double thèse :-
 
la métaphysique est achevée. Au sens strict : elle a épuisé le système général de ses possibles,autrement dit il n’existe plus de nouveautés métaphysiques possibles.-
 
de l’intérieur de cet achèvement elle est installée, elle fournit la charpente de l’ordre du monde.
c’est donc à la fois une thèse d’achèvement, mais aussi en réalité une thèse de commencement
:commencement de la métaphysique comme installée, comme ordre stable du terrestre pour une longuedurée.Donc : si on fait retour à notre question initiale, ie quelle puissance se loge sous le nom de métaphysique,Heidegger répond :
c’est une puissance qui a achevé ses virtualités
. Elle n’a plus de réserves, elle n’est plus créatrice d’une pensée nouvelle, en un certain sens on pourrait dire que la métaphysique s’estépuisée… mais en même temps cet épuisement est la figure propre de son installation, de son emprisegénérale et durable sur la terre toute entière.1
ère
ponctuation : la puissance métaphysique est aujourd’hui dans la double forme de sa saturation et deson installation. 2 prédicats d’Heidegger essentiels. Quel est le signe, le nom propre de cette doublevocation de la métaphysique ? C’est Nietzsche.
Nietzsche
Avec la métaphysique de Nietzsche – pour Heidegger – ce double protocole de saturation et d’installation paraît à son apogée. Le problème, c’est que Nietzsche lui-même est persuadé qu’il met fin à lamétaphysique. La métaphysique de Nietzsche : il se conçoit lui-même en rupture radicale avec lamétaphysique. On peut même dire qu’il formule son entreprise comme une guerre contre lamétaphysique. Vocabulaire très souvent militaire qui est le style de Nietzsche : cf le début de
 Humain,trop humain
(section 1 et 2). Il a un style guerrier. Il entreprend de lutter contre la métaphysique.Il trouve 3 caractéristiques à la métaphysique :-
 
l’hostilité au devenir et la négation du temps. Nietzsche s’attaque à la catégorie d’éternité.-
 
la non-liaison des contraires, ie l’incapacité à lier les contraires et à voir leur communauté dedestin. La métaphysique, c’est la séparation, c’est la pensée qui sépare, là où il faudraitconjoindre. La métaphysique, c’est la disjonction abusive.-
 
une théorie toujours miraculeuse des origines. La théologie transcendante en lieu et place d’unegénéalogie.
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10 / 07 / 2010This doucment made it onto the Rising List!
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