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Deleuze : Démocratie
L'unique forme de gouvernement reconnaissant la souveraineté du peuple est fondée sur  une certaine  conception de l'Hommequ'elle considère comme un individu capable de prendre en charge son  destinainsi que du politiquele rapport entre les citoyens et le pouvoir –,qu'elle cherche à  transformer  en une sphère de la liberté.
 
L'idéal démocratique trouve son origine dans la Grèce antique à l'âge classique(V
e
 et IV
e
 siècles av.J.-C.).Il s'agit alors à la fois d'une philosophie et d'une expérience politique,avec l'exemple  d'Athènes(réforme de Clisthène en 508 av.J.-C.).Cependant,si la démocratie antique préfigure des  principes de la démocratie moderne,son influence sera négligeable sur  l'avènement des premières  démocraties libérales à la fin du XVIII
e
 siècle aux États-Unis,en France et en Grande-Bretagne.
 
La
 
naissance
 
des
 
démocraties
 
La démocratie comme système de gouvernement a succédé à un vaste mouvement intellectuel qui, des canonistes du Moyen Âge aux philosophes des Lumières,tente de substituer  à l'ordre ancien une  conception nouvelle de l'Homme et du politique.
 
Le contexte intellectuel
 
Fondé sur  la valorisation de l'individu et sur  l'égalité  juridique,l'idéal démocratique moderne émerge à  l'aube du XVIII
e
 siècle d'une nouvelle conception de l'Homme:libre et doué de volonté autonome, celui-ci n'est plus soumis à la divine Providence.La liberté est définie comme une faculté inhérente à  la personne humaine et se réalise pleinement à travers la reconnaissance de droits naturels, inaliénables et sacrés.Cette conception,qui ébranle la société d'ordres et de privilèges de l'Ancien  Régime,est solennellement affirmée dans la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen  de 1789,qui proclame que«les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit».
 
Pour  la philosophie politique moderne,l'acte fondateur  qui établit les liens entre l'individuel et le  collectif  est le«contrat social»,terme par  lequel Hobbes et Rousseau désignaient l'association  volontaire des individus pour  former  une société.Mais l'idéal démocratique ne peut s'accomplir  que si  les individus,désormais libres,sont protégés à l'égard du pouvoir ,car  l'Homme est doté aussi bien de  droits naturels que de droits politiques.Alors que Rousseau déduit de ce principe la nécessité  d'instaurer  la démocratie directe, chaque individu est détenteur  d'une parcelle de souveraineté qu'il  ne peut déléguer  à autrui,les expériences démocratiques occidentales s'écarteront de cette  conception impossible à mettre en œuvre dans les grands États et les sociétés modernes complexes.
 
La
 
doctrine
 
libérale
 
Les grands principes d'organisation du pouvoir fondés sur  une définition restrictive du peuple,sur  le  système représentatif  et sur  le caractère exclusivement politique de la démocratieauxquels se  référaient les premières démocraties relèvent d'un large courant intellectuel issu de Locke et de  Montesquieu.
 
 
2
Une démocratie parlementaire
 
Selon la doctrine de la démocratie libérale,le peuple souverain ne s'identifie nullement avec la réalité  sociologique de l'ensemble des individus.En effet,dans le souci de n'accorder  des droits politiques  qu'à des individus  jouissant d'une autonomie réelle,donc détachés des contraintes matérielles(tels  les propriétaires ou les personnes payant un impôt)et des liens de dépendance sociale,les pères  fondateurs des institutions américaines comme les révolutionnaires de 1789 vont prôner  le suffrage  censitaire.Si en France le suffrage universel masculin est admis dès 1848,les États-Unis n'ont  renoncé qu'en 1964 au système des«poll-taxes»,qui maintenait dans certains États un cens  électoral.Par  ailleurs,à la notion de«peuple»,la doctrine libérale substitue celle de«nation»,conçue  comme un être abstrait,indépendant des contingences économiques et sociales(Sieyès).Érigée en  souverain,la nation ne peut s'exprimer  que par  l'intermédiaire de représentants.
 
Dans le système de démocratie représentative adopté par  les sociétés modernes,les citoyens  n'exercent donc qu'indirectement le pouvoir .Par  l'intermédiaire d'élections aux modalités diverses,ils  désignent ceux qui seront chargés d'exprimer  leur  volonté.Les rapports entre les individus et le  pouvoir  sont ainsi médiatisés.Les représentants élus déterminent la loi imposée à tous.Dès lors,la  démocratie libérale prend la forme d'une démocratie parlementaire, tout un ensemble de  mécanismes institutionnelsséparation des pouvoirs(conformément à la théorie de Montesquieu), soumission des gouvernants à la loi,élections libres,respect des droits de l'Hommeprotège la  société contre l'arbitraire du pouvoir .
 
Une démocratie politique
 
Enfin,l'action du pouvoir  libéral se limite à la sphère politique,qui est nettement dissociée du champ  économique et social.Pour  les libéraux,la démocratie a pour  finalité de garantir  l'épanouissement des  droits inhérents à la personne humaine:le pouvoir  doit assurer  par  des moyens légaux le respect des  libertés afin que les relations sociales entre les individus, juridiquement égaux,se développent  librement.Les individus ne doivent compter  que sur  eux-mêmes pour  réaliser  leur  destinée. Contrairement à la démocratie américaine,très attachée dès sa naissance à la vie associative,au  lendemain de l'Ancien Régime,caractérisé par  ses corporations et ses confréries,les groupements et  associations sont interdits en France.Mais les bouleversements socio-économiques du XIX
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 siècle infléchiront considérablement la doctrine de la démocratie libérale.
 
La«démocratie socialiste»
 
Les transformations de la vie économique à la suite des révolutions industrielles,l'aggravation des  conditions matérielles de toute une catégorie de la population et le développement des mouvements  sociaux au XIX
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 siècle ont conduit à une critique globale et radicale des principes de la démocratie  libérale par  le socialisme.Partant de l'analyse de la condition ouvrière,le marxisme met en évidence  le fait que la démocratie n'a pu empêcher  l'exploitation de l'homme par  l'homme.
 
Selon le marxisme,l'État n'est pas la nation organisée avec le consentement de tous,mais le produit  de l'antagonisme des classes et un instrument d'oppression aux mains de la classe possédante.Il  considère que les libertés ne sont pas des attributs immanents de la personne,mais qu'elles doivent  être conquises en même temps qu'une nouvelle structure économique et politique qui,à terme, amènera même la disparition de l'État.
 
Mais les«démocraties socialistes»instaurées selon les principes léninistes,loin d'évoluer  vers une  société sans État,vont au contraire renforcer  les institutions étatiques,soumises au contrôle exclusif   du parti,qui dirige et maîtrise le choix des responsables politiques.Le régime fonctionne sur  une base  autoritaire et policière,et tout mouvement critique est  jugé subversif .La société totalitaire a remplacé  la démocratie.L'idéal socialiste de  justice et de solidarité a fait place à l'autocratie d'une caste de  privilégiés du parti.
 
 
3
Les
 
démocraties
 
contemporaines
 
Les démocraties occidentales et les principes libéraux auxquels elles se réfèrent ont connu au cours  du XX
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 siècle d'importantes mutations.La plus importante d'entre elles est le renoncement au principe  de la dissociation du politique et de l'économique et la reconnaissance des droits sociaux.
 
L'extension du modèle libéral
 
Le modèle de la démocratie libérale a été peu à peu appliqué dans l'ensemble des États de l'Europe  et dans quelques États nouveaux nés après les décolonisations du XIX
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 et du XX
e
 siècle.Cette  consécration internationale des principes démocratiques,en particulier  des droits de l'Homme,s'est  traduite par  la Déclaration universelle des droits de l'Homme,adoptée le 10 décembre 1948 par   l'Assemblée générale des Nations unies puis,en 1966,par  deux pactes,l'un relatif  aux droits civils et  politiques,et l'autre aux droits économiques,sociaux et culturels.Dans le cadre européen,une  convention de sauvegarde des droits de l'Homme a été signée à Rome le 4 novembre 1950.
 
Les démocraties occidentales ont reconnu peu à peu le peuple réel comme titulaire de la  souveraineté.Ainsi,le suffrage universel a été adopté par  tous les régimes libéraux,et de grandes  organisations politiques(partis)et sociales(syndicats)se sont constituées:outre la garantie des  libertés individuelles,la démocratie libérale a admis l'existence de libertés collectives,telles que la  liberté d'association et de réunion.
 
La conception classique du rôle des individus dans le champ politique se trouve ainsi  considérablement modifiée et les règles politiques sont bouleversées:certaines grandes organisations  se posent en rivales du pouvoir ,au point que les nouveaux partis de masse menacent l'équilibre  antérieur .Désormais,les assemblées législatives sont structurées à partir  des forces politiques,et le  fonctionnement du pouvoir  est soumis au  jeu des coalitions.Aussi,le pluralisme des opinions est une  règle de gouvernement qui va,dans certaines circonstances,fragiliser  le pouvoir .
 
La transformation du pouvoir 
 
Les démocraties libérales se caractérisent à l'heure actuelle par  la multiplication des organisations  politiques,sociales et économiques.La société démocratique se structure en groupes d'intérêts qui  médiatisent presque complètement les rapports des individus au pouvoir .Parallèlement,la croissance  du rôle de l'État semble avoir  atteint ses limites.Face à cette évolution,certains proposent un retour   aux sources du libéralisme,c'est-à-dire à«moins d'État».
 
Les associations comme contre-pouvoir 
 
Le rôle accru des organisations politiques et sociales dans le  jeu politique modifie les règles de la  démocratie.Les groupes s'érigent en contre-pouvoirs et prennent leur  autonomie vis-à-vis du pouvoir   politique,sur  lequel ils agissent directement en négociant avec les gouvernants au nom des intérêts  de leurs membres.La démocratie tend ainsi à se transformer  en un vaste ensemble d'organisations  corporatistes, la puissance remplace la légitimité.Dans ce cadre,la décision politique apparaît  moins comme le résultat d'une délibération que comme le fruit de la mise en œuvre d'un réseau de  clientèles,et d'une négociation entre les partenaires publics et les groupes d'intérêts.En somme,les  associations les plus puissantes tententet elles y parviennent souventd'imposer  leur  volonté. Cette crise du pouvoir  traverse toutes les démocraties occidentales et donne lieu,paradoxalement,à  la reconstitution de féodalités au sein de la société démocratique,modifiant le sens initial du 
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on ne comprend pas trop. En titrant Deleuze : démocratie, on pourrait s'attendre a trouvait la définition par Deleuze de la Démocratie, mais a la place de cela on trouve un exposé sur le thème général de la démocratie visiblement, et avec en toute conclusion un maigre rapport a Deleuze, avec son nom entre parenthèse signifiant bien qu'il n'est pas du tout l'auteur de ce texte

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