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Nature et sacré

Nature et sacré

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1
Nature et sacre.
 
Georges Bertin.
"Salve, magna parens frugum, Saturnia tellus, Magna virum..." 
Salut, grande terre de Saturne, mère des moissons et des héros ! (Virgile)
Pour le professeur
Régis Boyer, l’homme érige en sacré des représentations
grâceauxquelles il veut vivre et accepte de mourir en paix. Elles lui permettent
d’admettre la
 
temporalité et la justifient en l’incita
nt à savoir et à comprendrepourquoi il veut savoir. Les mythes et leurs vecteurs, les religions, organisent larelatio
n de l’homme et du sacré, celle
-ci reflétant des visages particuliers selon lescultures
et l’agencement
des symboles constitués en récits fondateurs. La quêtedu sacré est ainsi «
le geste le plus fondamental que nous portions en nous 
», dansla recherche du temps du mythe, figure anhistorique où le sacré existait à partentière dans la perfection
i
.Toute expérience du sacré est en effet
d’abord
visitée dans la dimension de la
Vie
, notre bien le plus précieux. En rendent compte les mythes les plus anciens quirenvoient aux manifestations naturelles, vécues comme hiérophanies lorsquequelque chose du sacré se montre à nous comme
réalité qui n’appartient pas à
notre monde dans des objets faisant partie intégrante de notre monde naturel,profane. Par exemple
, la pierre sacrée, l’arbre sacré montrent quelque chose quin’y est pas. La Nature tout entière est ainsi susceptible de se révéler en tant que
 
2
sacralité cosmique. On comprend de nos jours dans une société hyper-technicisée,
où le factice l’emporte sur le
 
symbolique, où le sens s’épuise
 
dans l’insignifiance
généralisée, où les religions traditionnelles, par définition proches de la nature etde ses symboles dont elle est le vivant temple, sont éprouvées de plus en plus dans
la catégorie de l’archaïque
, quand nous avons tant de mal à fixer le sacré dans dessignes perçus comme affadis, dénaturés. Et, pourtant, les mythes produisent uneréelle attirance dans une recherche dont on sent bien la présence toujours plusactuelle au coeur du monde contemporain.
LE
M
ANA
, chez Marcel Mauss ou énergie naturelle première, se confond avec lesacré, il puise dans le donné naturel plusieurs qualités:- le puissant, le lourd, le chaud, le mobile et le vivant,- la force,
source de l’
efficacité symbolique,- la séparation car il se manifeste dans un milieu à part,- mystère et action spirituelle, car il est innommable, incommunicable, fondantune sphère qui se superpose à la réalité naturelle qui en est le soubassement
ii
.Ainsi, les mythes sont
les modes d’accès
au sacré et aux mystères de la Naturedans une vision holiste dont nous découvrons que les sociétés traditionnellespossèdent des clefs de lecture que la Science Moderne tend à redécouvrir en
ouvrant la compréhension du Temps et de l’Espace à d’autres dime
nsions
iii
.Nous pouvons examiner dans ce sens le mythe de la «
Déesse Mère »
, figure dela source vitale
et l’un des plus anciens mythes de notre humanité
.Le paganismematriarcal développa le culte de la déesse-mère, religion universelle qui occupa laplus grande durée dans l'histoire du genre humain
.
Françoise Gange étudiant les mythes de Sumer a montré que dans les plus anciensécrits décryptés à ce jour, on découvre «
des sociétés gravitant autour d’un divin 
féminin, et autour de valeurs radicalement différentes de celles qui fondent 
l’ordre patriarcal 
: rapports non hiérarchiques, valeurs nourricières et de partage,
sans aucune verticalité, valeurs d’échange, dans une ambiance de respect et de 
confraternité entre les différents éléments qui constituent le vivant. La nature y est respectée et vénérée comme étant la création de la Mère, aimante et nourricière. On peut voir à travers les mythes, tant ceux de Sumer que ceux de 
l’Egypte ancienne pré 
dynastique, que cette culture de la Déesse favorise les arts,
la musique, la danse, qu’ell 
e vénère la beauté 
»...
iv
 Les mythes qui ont construit nos sociétés montrent donc comment la culture
patriarcale s’est imposée (à partir des environs de
- 2800 avant JC) en combattantpuis en effaçant le culte immémorial de la Déesse Mère.
 
3
Ce mythe a survécu dans de nombreuses actualisations dont celui de la Viergemère ou encore la Veuve Dame du roman arthurien,
l’
initiatrice, que les romansmédiévaux mettent en relation avec les cultes chthoniens dont rend compte levoyage terrestre, au sein de la caverne, de la Terre-Mère Nature dans la Quête
d’un objet en creux (chaudron, vase, archétype fondé sur la matrice
, Graal).La mère, première incarnation de cet archétype, ou anima, personnifie même
l’inconscient tout entier. Ce n’est donc qu’en apparence que la régression ramène àla mère. Cette dernière n’est en réalité que la grande porte qui s’ouvre surl’inconscient, sur le « royaume des mères
». Elle est bien figure de l
’autre en cequ’il contribue à l’altération du psychisme.
 Dans l'univers indo-européen d'où nos mythes sont issus, les contradictions par laloi de l'Amour (ou attraction) universelle sont résolues, symbolisées certes partrois déesses ou figures de la grande déesse en ses avatars:
Kâli
ou laconnaissance, déesse du temps,
Tara
Etoile ravageuse ou la déesse qui mène lesbons voyageurs sur l'autre rive,
Siddha-Râtri
, déesse des sphères, Isis la déessedu Nil.A la Mecque, trois déesses préexistaient au monothéisme:
Uzza
: déesse de lafécondité, la tribu de Mohammed lui appartenait,
Al Lät
, divinité pan Arabe,féminin d'Allah,
Manat
, déesse de la Fortune, celle qui compte et divise. Toutestrois correspondaient aux trois phases de la lune (montante, pleine, descendante),comme les trois déesses grecques: Artémis, Séléné et Hécate, les trois saintesMaries de la Mer (Marie, Marie de Magdala, Marie Salomé). Et encore la triadedes romans médiévaux: la reine Guenièvre (le Blanc Fantôme), Morgane (aux troisvisages: Morgue, Mourgue, Morrigan), soeur et maîtresse incestueuse d'Arthur etViviane, la fée du Lac et les trois Yseult du célèbre roman de Tristan et Yseult :Yseult la Reine, Yseult la Blonde et Yseult aux Blanches Mains dont la relation auvivant est on ne peut plus explicite.- La première,
la reine Yseult,
est soeur du Morholt, le géant doublet du dragonla Nature sauvage) que Tristan tuera également. Elle le soignera à chaque fois desblessures empoisonnées prises à leur contact. Par ses origines, elle appartient à larace des races. Comme Brigit, la déesse celte, elle connaît les herbes et lescharmes. Magicienne, elle participe de la deuxième fonction indo-européenne quiallie guerre et magie, quand force physique, violence et ruse sont canalisés pourdéfendre la société.
- Yseult la Blonde
, amante fatale et passionnée, est image de la féminité. Lacoupe est son archétype car elle détermine l'amour des héros. En s'abîmant dansson sein, en se fondant avec elle dans celui de la Nature. Elle est encore une autreimage de cette déesse - mère - amante vers laquelle à toutes les époques, leshommes ont fait régresser leur désir sublimé en mystique de la dame quand laséparation devient inéluctable.

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