Sophie Spandonis
L’adieu aux larmes
À Sandra
«La luz de un fósforo fue nuestro amor pasajero.Duró tan poco... lo sé...como el fulgor que da un lucero... »
(Enrique Cadícamo)Il faisait presque nuit. La pluie avait cessé. L’appartement étaitimprégné d’une chaleur moite et enveloppante. J’avais cherché l’ac-calmie en vain. Seul le ciel avait retrouvé la paix, sa lune indifférente,haut perchée. Je tournais. Lisais et relisais. Son dernier message, quim’avait bouleversée. Il était parti quelques semaines auparavant, pourune tournée de deux mois en Espagne. Un beau succès et une aventuremagnifique, m’écrivait-il. L’équipe l’avait engagé à poursuivre dansd’autres pays. Et je venais de comprendre que, probablement, il nereviendrait pas. Qu’il était de passage, qu’il continuerait son chemin,comme il l’avait toujours fait, changeant de continent, d’occupation, devisages, de langue, étreint par le mouvement. Il n’avait rien ici, ou si peu,et ses quelques affaires de voyageur sans bagage n’étaient pas de natureà le faire rentrer. Il m’avait moi, son amie. Moi. Un amour si grand, à lataille du monde, comme il l’écrivait, un flux que tout barrage eût tari.
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