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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
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acte de naissance
côtés de l’Atlantique et l’engouement populaire qu’el-les suscitent. Si on veut célébrer Québec avec un telenthousiasme, c’est qu’on prête à la ville un caractèresymbolique fort, contribuant aux identités collectiveset individuelles. Lesquelles ? C’est là que les chosescommencent à s’embrouiller, le symbole étant reven-diqué par un éventail d’acteurs aux visées parfois con-vergentes, parfois divergentes sinon carrément oppo-sées. Les acteurs politiques, notamment, attribuent à lafête des significations très diverses, rappelant ainsi com-ment l’histoire et la mémoire, fondements de la cons-truction symbolique, peuvent être instrumentaliséespour servir des intérêts partisans. Il nous revient donc,comme citoyens, de tenter de discerner ce qui relèvede la construction de ce qui se fonde sur une historicitéplus solidement établie.
L’OBJET DES CÉLÉBRATIONS
Soixante-cinq ans après l’échec de Jacques Cartier etde Larocque de Roberval à Cap-Rouge (tout juste àl’amont de Québec), la construction d’un poste de traiteà Québec par Samuel Champlain, mandaté pour ce fairebuent à ancrer la présence française sur le continent. Ils’agit d’abord de la construction en 1600 du poste deTadoussac, premier établissement autorisé par le roidans la vallée laurentienne, destiné aux échanges depelleteries avec les nations algonquiennes et utilisé demanière saisonnière après le dur hiver de 1600-1601.Suit l’alliance franco-amérindienne de 1603, conclue àla pointe aux Alouettes à proximité de Tadoussac, parlaquelle les nations algonquiennes (principalement lesInnus) invitent les Français à s’établir à demeure dansla vallée du Saint-Laurent, à commercer avec eux et às’unir contre leurs ennemis iroquois. Enfin, peut-êtreparce qu’ils n’étaient pas pressés d’en découdre avecles nations iroquoises, Dugua de Mons et Champlaintentent les établissements de l’île Sainte-Croix (1604-1605) et de Port-Royal (1605-1607), dans ce qui allaitdevenir l’Acadie, avant de revenir sur les rives du Saint-Laurent fonder Québec.Si on exclut la tentative de 1541, c’est donc au cin-quième essai qu’un établissement permanent, autorisépar les autorités royales, est finalement créé. Québecdevient ainsi le symbole de la présence durable, inin-terrompue, du fait français en Amérique du Nord. Dansles territoires actuels du Canada et des Etats-Unis, onpourrait aller plus loin et faire de Québec le symbolede la plus ancienne présence européenne soutenue. Eneffet, si sa fondation suit d’un an celle de Jamestownpar les Anglais en Virginie et de Santa Fe par les Espa-gnols au Nouveau-Mexique, c’est la seule qui a pros-péré et conservé sa culture d’origine. Jamestown, vuecomme le berceau des Etats-Unis, a été abandonnée aubout de quelques décennies (c’est maintenant un sitearchéologique parsemé de repères mémoriels) tandisque Santa Fe, même si sa population compte toujoursaujourd’hui une forte minorité hispanophone, est de-venue une ville états-unienne à la suite de l’annexiondu Nouveau-Mexique (conséquence de la guerre
Le 400
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de Québec
Quel Québec ?
Marc Saint-Hilaire est géographe,professeur à l’Université Laval deQuébec. Il a contribué à la directionscientifique de l’ouvrage
Sur les traces de la Nouvelle-France en Poitou- Charentes et au Québec 
(Gesteéditions, 2008), publié au Québec sousle titre
Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes 
(Presses de l’Université Laval).
par Pierre Dugua de Mons, s’inscritdans une séquence d’événements quiconduisent à l’établissement d’unecolonie française en Amérique duNord. Cette séquence s’ouvre avecl’établissement d’un pied-à-terrepour la pêche à la morue à l’île deSable, au large des côtes de la Nou-velle-Ecosse, en 1598 (abandonné en1603), et se termine avec la fonda-tion de Québec. Entre les deux da-tes, trois autres événements contri-
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uébec, 1608-2008 : l’anniversaire ne passepas inaperçu, comme en font foi les impor-tantes manifestations organisées des deux
La célébration de la fondation de la ville de Québec permet de mettre enexergue le rôle de 1608 dans la construction de la société québécoise :les 400 ans de Québec ne sont-ils pas les 400 ans du Québec ?
Par
Marc Saint-Hilaire
Actu81.pmd 01/07/2008, 14:4812
 
 
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américano-mexicaine de 1846-1848), partageant le sortde Saint Augustine, en Floride, établissement espagnolplus vieux devenu états-unien en 1821.
UN SYMBOLE REVENDIQUÉ
Symbole puissant, Québec est aussi célébrée et re-vendiquée par plus d’une mémoire collective. Ce sontd’abord et tout naturellement ses habitants qui se l’ap-proprient : la municipalité, ses créatures et diversesassociations locales ont soit préparé des manifesta-tions particulières (expositions, fêtes populaires, ac-tivités de commémoration), soit placé leurs activitésrégulières sous le thème du 400
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anniversaire. C’estaussi à l’initiative du maire de l’époque, Jean-PaulL’Allier, qu’une société a été instituée en 2000 pourpréparer les célébrations de 2008, la Société du 400
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anniversaire de Québec.La fondation de Québec est également célébrée par lesQuébécois comme l’acte de naissance de la nation.S’agissant de la seule société francophone d’Améri-que du Nord disposant de certaines prérogatives étati-ques, la grande majorité de la population québécoise etau premier chef celle d’origine canadienne-française(incluant les apports subséquents qui s’y sont greffés)se voit comme l’héritière de Champlain et de la Nou-velle-France : les 400 de Québec sont les 400 ans duQuébec. Le gouvernement québécois, formé par le Partilibéral, ouvertement fédéraliste, se montre étonnam-ment discret sur ce point, taisant toute référence à lasociété québécoise dans ses communications publiquesentourant le 400
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de Québec.Officiellement bilingue dans ses institutions sinon dansson administration, l’Etat canadien se réclame aussi deChamplain, présentant Québec comme la première villedu Canada, le français comme la langue fondatrice duCanada et allant jusqu’à affirmer que Michaëlle Jean,gouverneure générale du Canada et de ce fait la repré-sentante de la reine Elisabeth II, était la successeure deChamplain ! Il va de soi que de telles affirmations ontsuscité des réactions assez vives au Québec, surtoutdans les milieux nationalistes. Pour plusieurs, le Ca-nada s’était déjà abusivement approprié la commémo-ration du fait français en Amérique lors des célébra-tions entourant l’anniversaire de l’île Sainte-Croix en2004, l’Etat fédéral investissant pour l’occasion dessommes considérables. Il présentait alors les événe-ments de 1604 comme le début des relations France-Canada, provoquant un certain ressentiment au Qué-bec et contribuant à éloigner Acadiens et Québécoisdans la commémoration de la francophonie nord-amé-ricaine. A ce jeu, l’implantation du fait français enAmérique aurait tout aussi bien pu être célébrée en 2000(400
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du poste de Tadoussac) qu’en 2003 (alliancefranco-amérindienne qui a rendu possible l’établisse-ment colonial) ou en 1998 (île de Sable). Bref, le Ca-nada ayant marqué ses prétentions sur le fait français
   S  a  r  a   h   C  a   i   l   l  a  u   d
La ville de Québec,le Saint-Laurentet, en face, l’îled’Orléans.
Actu81.pmd 01/07/2008, 14:4913

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J'ai toujours trouvé mystérieux que le Québec a fêté son 400ieme (1608-2008) en mettant l'emphase sur une Ville plutôt que tu la nation ou société Québécoise. Par exemple, l'Acadie a fêté son 400e (1604-2004) en fêtant les 400ans du périple Acadien... ils n'ont pas fêté le 400e de la fondation de Port-Royal, par exemple...