• Embed Doc
  • Readcast
  • Collections
  • CommentGo Back
Download
 
 
L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N° 81 
20
pare un doctorat de philosophie encotutelle entre l’Université Laval deQuébec et le Centre de recherche surHegel et l’idéalisme allemand de l’Uni-versité de Poitiers, sous la direction deThomas De Koninck et de Jean-LouisVieillard-Baron. Ayant fait une partie desa maîtrise en Allemagne, il a choisi depoursuivre ses études en France.
L’Actualité. – Comment s’agence vo-tre sujet de recherche ?
Antoine Cantin-Brault. –
Mon sujet con-cerne le lien entre Héraclite (550-480 av.J-C) et Hegel. Je me propose d’étudierl’affinité de Hegel pour Héraclite, nour-rie d’une pensée semblable du temps etdu devenir. Pour les deux philosophes letemps fait partie de l’absolu ou de Dieuou du monde en général. Autrement dit,les deux penseurs laissent place à la con-tingence, au mouvant, à la finitude etincluent ce côté négatif de la réalité dansla totalité du réel. Dieu se forme à traversles produits du monde, mais ceux-ci sontmarqués par une condition ontique quiles fait un jour disparaître. Tout ce quiexiste disparaît, tout ce qui vient au mondeva mourir. Et c’est à travers cette venue etcette mort, à travers les oppositions dumonde, qu’on peut voir qu’il y a uneunité, un Dieu, un absolu. Dieu est omni-présent, il vit de la mort des autres cho-ses, il se donne pour s’appartenir.Héraclite et Hegel sont deux penseurs quiont assumé le devenir, ils se sont décidésà intégrer le devenir à la perfection. Aufond, ce qui est parfait devient, change, setransforme pour finalement se constituer.Le monde existe, se constitue et se fait lui-même à travers le changement.
Le fait d’être à Poitiers vous a-t-il aidé ?
J’avoue que je n’avais pas encore réussià écrire avant de venir ici. Poitiers est uneville calme, paisible qui permet de bientravailler.
Votre identité québécoise a-t-elle joué un rôle dans les relations avecles Français ?
Oui, décidément. C’est surtout à cause dela langue. Il y a un écart entre nos maniè-res de parler, qui fait que le françaisquébécois soit perçu comme un françaisdu Moyen Age, comme un français unpeu désuet. Quant à la langue écrite, il estvrai que la littérature de chez moi estsouvent marquée par un souci de montrerson identité, ce qui fait que les écrivainspréfèrent employer des expressions qué-bécoises, ce qui aboutit parfois à desromans culturellement limités.Ce 400
e
anniversaire de la fondation deQuébec est un signe d’une volonté de lapart de Québécois de renouer avec leursracines françaises. Cela renvoie à la ma-nière dont a été utilisé l’argument de lafrancophonie dans la controverse sépa-ratiste au Québec. Notre francophonie aété invoquée comme un point d’appuipour se forger une identité propre à l’in-térieur du Canada. Certains Québécois sepensent comme les «cousins» des Fran-çais. Plus précisément, ils s’imaginentque les Français emploient cette drôled’expression pour les définir.En voyageant un peu en France, on se rendcompte qu’en effet ce «cousinage» n’estpas le reflet de la manière dont la majorides Français se rapportent au Québec,mais que c’est plutôt une relation unilaté-rale. Il y a un acharnement de certainsQuébécois à se voir dans la France pour sedéfinir et à faire intervenir la France dansdes débats d’identité, alors que règne ducôté français un certain réalisme concer-nant la nature différente des deux peupleset le Français moyen ne semble pas avoirla fibre québécoise… On est des cousins,mais des cousins très lointains.Le voyage nous confronte vraiment à lafragilité de l’identité québécoise, au faitque l’appartenance à la francophonie n’estpeut-être pas assez solide pour pourvoirà nos besoins de savoir qui nous sommes.Alors, il me semble que ce 400
e
est unebonne occasion d’essayer de définirl’identité québécoise de manière locale,de la refonder mais en cessant de regar-der exclusivement vers la France, carl’attachement que nous avons pour laFrance n’est pas réciproque. Ce n’est pasune chose mauvaise, loin de là, les Fran-çais sont des gens très chaleureux et j’étais très chanceux à me voir bien ac-cueilli, à bras ouverts même, partout où j’ai voyagé. C’est juste une question deréalisme peut-être et de mieux gérer uneidentité qui est, soyons francs, difficile.
Propos recueillis par Gabriele Badea et Catalina Gaidau 
ANTOINE CANTIN-BRAULT
Cousins mais très lointainsJ
eune enseignant de philosophie àQuébec, Antoine Cantin-Brault pré-
   J .  -   L .   T .
Actu81.pmd 01/07/2008, 16:5320
 
 
L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N° 81 
21
études de français à Acadia University àWolfville. Cette année, elle était lectriced’anglais à l’Université de Poitiers dansle cadre d’un échange entre les deuxuniversités.Le français représente pour Robin unchoix de vie. En effet elle est issue d’unefamille mixte, franco-anglophone, maisle français n’est pas sa langue maternelle.Comme elle a commencé à l’apprendredepuis son plus jeune âge, elle a faitl’expérience du système d’enseignementdu français à tous les échelons dans unezone anglophone d’un pays qui se veutofficiellement bilingue.Robin explique qu’il y a principalementdeux manières d’apprendre le français àl’école dans la partie anglophone : soiten intégrant une école francophone, soiten participant au programme d’immer-sion. Dans une école francophone, tousles enseignements sont dispensés enfrançais, mais l’accès est réservé auxélèves d’origine francophone. L’immer-sion fait partie d’un programme d’en-couragement du bilinguisme dans lesparties anglophones et consiste à pren-dre un nombre de matières scolairesdonnées en français. Il y a plusieurspoints d’entrée dans le système d’immer-sion en Nouvelle Ecosse. On peut com-mencer soit à partir de 5 ans, soit à l’âgede 11-12 ans. «En dépit de l’origine qué-bécoise de ma mère, faute d’une écolefrancophone dans ma région, j’ai com-mencé par l’immersion, raconte Robin.C’est une bonne idée, mais en pratique,pas très utile. En effet, les enseignantssont des anglophones qui ont appris lefrançais comme langue seconde, alors ilsvont transmettre un accent anglophone.»D’autre part, les enseignants sont recru-tés d’abord pour enseigner leur disci-pline, ce qui prime sur leurs compétencesen français.Robin souligne par ailleurs que l’ensei-gnement du français souffre aussi à causedu désintérêt des jeunes. Extrêmementutile sur le marché du travail, surtoutpour les emplois dans le domaine pu-blic, l’attractivité du français pour les jeunes est toutefois minime. Apparem-ment ce n’est pas «cool..» : pas d’émis-sions ou chaînes de TV populaires enfrançais, ni de radios.Après l’ouverture d’une école franco-phone à Halifax, Robin est allée suivredes cours donnés par des locuteurs natifs.Mais l’expérience «francophone» a euaussi ses côtés négatifs. Comme l’ori-gine francophone était une conditionobligatoire pour suivre les cours del’école, il y avait très peu d’élèves et lechoix des cours était très réduit. Robin adû revenir au système d’immersion.En dépit des efforts gouvernementauxd’implantation du français dans les zo-nes anglophones, les seuls qui ont unechance réelle d’atteindre de façon natu-relle un bilinguisme personnel sont leshabitants du Québec et du NouveauBrunswick ou ceux qui ont le françaiscomme langue maternelle. Pour le reste,comme pour Robin, le français reste uneaffaire d’affinité personnelle et qui exigebeaucoup de travail linguistique.
Gabriele Badea et Catalina Gaidau 
ROBIN WESTHAVER
Le français au Canada anglophone
MOBILITÉPROFESSIONNELLEDES JEUNES
La Région Poitou-Charentes a signéune convention avec l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ)afin de proposer aux jeunes picto-charentais (18-35 ans) :des stages de perfectionnementpour de jeunes demandeursd’emploi au Québec dans le cadredu programme de l’OFQJ ;des missions exploratoires oucommerciales au Québec pour dejeunes créateurs d’entreprises dansle cadre du programme de l’OFQJ ;des participations de jeunes dePoitou-Charentes aux délégationsorganisées par l’OFQJ sur desthématiques phares de lacoopération franco-québécoise etsur des événements porteursidentifiés au Québec.Ces délégations concernent enparticulier l’entrepreuneuriatjeunesse, la culture, la citoyennetéet le développement durable.http://quebec2008.poitou-charentes.frwww.ofqj.org
échanges
O
riginaire de la Nouvelle Ecosse,Robin Westhaver a effectué des
   J .  -   L .   T .
Actu81.pmd 01/07/2008, 16:5321
of 00

Leave a Comment

You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...
You must be to leave a comment.
Submit
Characters: ...