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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
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de la politique dans l’économie, l’apparition d’uneforme première de capitalisme. L’élargissement dumonde avec la découverte de territoires nouveaux, lagénéralisation du prêt à intérêt des capitaux, le per-fectionnement des techniques marchandes et du trans-port maritime ont fait de l’Europe une place commer-ciale, un lieu de tous les échanges.
 Le mercantilisme
à la française
L
Colbert met en place le premier vrai plan d’interventionétatique dans l’économie. Par la création desmanufactures et des compagnies, il assure un relatifrayonnement de la France et contribue à l’émergenced’un droit moderne des affaires
Par
Valérie Debrut
Puis, une forte période de récession économique(1650-1750) a empêtré la France – et une bonne par-tie de l’Europe – dans une chute démographique quiest intervenue au préjudice de l’agriculture. Ont suiviles crises alimentaires, la baisse du niveau de vie, dela consommation, et la misère urbaine. Les produc-tions artisanale et manufacturière n’ont plus augmenté.C’est d’abord à la guerre qu’il faut imputer un tel re-tournement de situation puisque, du
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au milieu
XVIII
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, la seule période de paix se situe entre 1715 et1740. Les guerres entre les grandes puissances sontquasi permanentes et des guerres civiles viennent dé-chirer les nations.Le poids de l’Etat va alors s’accroître par la centrali-sation du pouvoir et de l’administration ainsi que parla multiplication des représentants de la puissancepublique. Les charges publiques et les dépenses somp-tuaires de la monarchie augmentent et rendent rapi-dement la fiscalité écrasante.a fin du Moyen Age a connu de profondesmodifications qui se sont amplifiées au
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siècle : l’expansion coloniale, l’introduction
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Les luttes religieuses et la révocation de l’Edit deNantes vont également avoir un effet dévastateur :150 000 à 180 000 protestants quittent la France. Etcomme nombre d’entre eux étaient tournés vers lesaffaires, ce sont beaucoup de patrons, de manufactu-riers, de banquiers, et leurs employés et ouvriers pro-testants qui s’expatrient et vont apporter à d’autrespays leurs compétences.Il s’agit là d’un indiscutable affaiblissement écono-mique pour le pays, d’autant que les élites naturellesdu royaume rechignent à prendre la relève : le com-merce est mal vu par les nobles et la bourgeoisie estbeaucoup plus attirée par les charges et offices quimènent à la noblesse.La France n’est malgré tout pas la seule à être touchéepar cette crise puisque ce problème se pose plus oumoins dans les mêmes termes à toute l’Europe occi-dentale. Seuls les Pays-Bas et l’Angleterre vont émer-ger, en profitant de la faiblesse des autres puissances,par un commerce maritime intense avec les colonies.Cette sombre période laisse rapidement entrevoir quele recours à l’Etat constitue le seul moyen de redres-sement possible,
a fortiori
lorsque l’organisation del’économie et la prospérité du royaume apparaissentcomme la condition même de la gloire du souverain.Une politique économique doit donc se mettre enplace. Parallèlement, se développe le mercantilisme.Cette doctrine d’origine anglaise (appelée«bullionisme» par les Anglais) se révèle empirique etdétachée de tous principes moraux. Les problèmes dutravail et de la production n’y sont considérés que sousl’angle économique. Selon cette théorie, l’enrichisse-ment des nations ne peut se faire que par l’accumula-tion des métaux précieux. Il est vrai qu’à l’époque lesbillets de banque et valeurs mobilières n’existent pas.Dès lors, l’Etat doit veiller à l’accumulation des mé-taux précieux et doit favoriser le commerce extérieur.L’idée forte qui s’installe durablement à cette épo-que est que l’Etat doit intervenir dans l’activité éco-nomique au nom de l’intérêt supérieur de la nation.C’est dans ce contexte que Colbert arrive au pou-voir, dans les années 1660.
LE COLBERTISME
Bourreau de travail, obsédé par les autres puissanceséconomiques (l’Angleterre et les Pays-Bas), il est con-trôleur général des finances de Louis XIV, fonctionqui serait l’équivalent de nos actuels ministres del’économie, des finances et du budget. Très influencépar cette idée déjà entrevue par Sully et Richelieu quela politique doit manipuler l’économie, il applique lesprincipes du mercantilisme, à tel point que l’on par-lera de colbertisme pour évoquer le mercantilisme àla française. Colbert a ainsi deux idées simples en tête :faire rentrer en France un maximum de métaux pré-cieux et garder ce métal dans le pays.
Dessin aquarellé deGérard Edelinck filsreprésentant le portde Rochefort vers1720.Ce grand dessin(330 x 60 cm), dontnous publions lapartie supérieure,est en cours derestauration.Il a été déposé parla Chambre decommerce deRochefort et deSaintonge au Muséed’art et d’histoire deRochefort.
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Il déplore que les Français achètent trop de produits deluxe à l’étranger de sorte que les métaux précieux par-tent vers le Nord, les Flandres, l’Angleterre, l’Italie etmême l’Espagne. La France ne fabrique pas les pro-duits nécessaires à l’apparat et au décorum de l’épo-que. Il faut donc acheter à l’étranger les dentelles, drapsde soie, mobiliers, vaisselles, épices, carrosses... Col-et une production de masse dans le textile et la sidérur-gie. Le recrutement de la main-d’œuvre repose sur lachasse aux oisifs, les rafles de mendiants ; on attire éga-lement la main-d’œuvre étrangère.Ainsi, Colbert relance indéniablement l’industrie.Mais il s’agit d’une industrie dirigée et favorisée parl’Etat, qui en tout cas n’est pas (ou peu) impulsée parles particuliers. L’initiative individuelle n’a qu’uneplace résiduelle, et ce d’autant plus que le contrôleétatique sur le commerce et l’industrie s’accroît. LouisXIV s’appuie en effet sur Colbert pour refondre lesbases juridiques de l’administration du royaume. Lesordonnances royales se succèdent (procédure civileen 1667, procédure criminelle en 1670, eaux et forêtsen 1669, commerce de terre en 1673, commerce ma-ritime en 1681) qui constitueront une référence juri-dique jusqu’à la Révolution. L’ordonnance de 1673vient recenser et uniformiser les différentes coutumeslocales qui existent et servira de base au code napo-léonien du commerce, promulgué en 1807.Si Colbert réussit à conserver les métaux précieux enFrance, reste à en faire rentrer. Les colonies peuventfournir à la métropole les denrées alimentaires et ma-tières premières qui lui manquent. Mais surtout, ellespourront constituer des débouchés pour l’exportationdes produits français. A cette fin, Colbert va suivre lemouvement lancé dès le début du
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en créant descompagnies qui commerceront avec le monde.
   J .  -   L .   T .
Valérie Debrut est doctorante àl’Université de Poitiers, allocataire derecherche de la Région Poitou-Charentes. Elle effectue sa thèse dedroit privé sur le banquier actionnaire(ou les investissements departicipation des établissementsfinanciers dans les sociétés), sous ladirection d’Hervé Causse.
bert tente d’abord d’empêcher cesproduits d’entrer en France par desmesures protectionnistes. Il met ainsien place des barrières douanièresdestinées à favoriser les exportationsde produits manufacturés et, à l’in-verse, à limiter les importations.Mais il perçoit vite que le cadre cor-poratif traditionnel est trop étriquépour assurer une production de masse.Il développe alors le système de la ma-nufacture royale, entreprise subven-tionnée par l’Etat qui bénéficie d’unstatut privilégié pour encourager etdévelopper l’industrie du royaume. Laproduction y est dirigée, surveillée,encadrée par des inspecteurs ; le pro-duit fini est également contrôlé avantd’être sanctionné par une marque degarantie. Les manufactures assurentainsi la fabrication de produits de luxe
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