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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N° 81 
52
le Second Empire (1852-1870) puis maintenues sousla Troisième République (1870-1940). Ces divisionsavaient pour but de défendre et faciliter le dévelop-pement des intérêts français à l’étranger. Le Servicehistorique de la Défense de Rochefort (SHDR) a jus-tement conservé une partie des archives de la divi-sion navale de l’Atlantique nord. Cette division de-vait protéger les intérêts français et montrer le pa-villon tricolore sur un vaste espace allant de l’em-bouchure de l’Orénoque à l’estuaire du Saint-Lau-rent et incluant le bassin Antilles Caraïbes. AuSHDR, il est possible de lire le rapport de campagnede cette division pour les années 1885-1888.Les navires de cette division, qui partaient de BrestNew York pour célébrer le centenaire de l’Indépen-dance des Etats-Unis. En 1885, c’est un bâtiment dela division navale de l’Atlantique nord (DNAN), la
Flore
, qui a escorté l’
 Isère
, transportant la statue, lorsde son arrivée sur les rives de l’Hudson et participéaux nombreuses fêtes qui furent données à cette oc-casion. Durant ces années, les navires de la DNANrenouent le contact avec la population du littoral at-lantique des Etats-Unis, ignorée depuis longtemps.Ainsi, de Savannah à Boston en passant par Charles-ton et Baltimore, on accueille avec joie les descen-dants de La Fayette, on célèbre les représentants de la
république sœur 
. L’accueil le plus chaleureux est reçuà la Nouvelle-Orléans où l’élite francophone de la villese presse sur les quais à la venue de chaque bâtimentpour venir
«fouler le sol de France»
.
BALS ET RÉCEPTIONS
Mais ces visites ne sont pas que de simples amabi-lités : à chaque escale les officiers des bâtimentsfrançais rencontrent les cercles économiques descités portuaires. On discute affaires, on attend despropositions commerciales que les officiers pour-ront ramener en France. Il s’agit de véritables mis-sions de prospection économique. On joue sur l’élande sympathie pour la France qui accompagne lecentenaire de l’Indépendance afin de raviver lesrelations économiques entre les deux pays. Pour lesofficiers, l’objectif est simple : donner l’image laplus positive possible de la France. A ce titre, lesnombreux bals et réceptions en présence des éliteslocales qui accompagnent chaque escale sont trèsimportants. Les officiers doivent se comporter enparfaits gentlemen, témoignant d’une maîtrise par-faite des bonnes mœurs. En effet, c’est avant toutce genre de détail que notent les journaux locaux
agents économiques
Des marins
De la Restauration à la Troisième République, les relationséconomiques transatlantiques passent aussi par lesofficiers de la Marine nationale
Par
Romain Delmon
Romain Delmon, agrégé d’histoire,enseigne dans un collège de Niort.A l’Université de La Rochelle, il achèveun Master 2 sur la Marine française etl’expédition au Mexique 1862-1867(dir. Mickaël Augeron), avant de selancer dans une thèse sur laprésence de la Marine française surles littoraux atlantique centre et nord-américains entre 1850 et 1914.
ou de Rochefort du fait de l’inscrip-tion maritime, comportaient deséquipages à majorité bretonne oucharentaise. Ces marins ont ainsiparticipé à une tentative françaisepour relancer les échanges écono-miques avec l’Amérique du Norddans la deuxième partie du
XIX
e
siè-cle. La grande affaire, dans les an-nées 1880 entre la France et lesEtats-Unis, est bien évidemmentl’envoi de la statue de la Liberté à
affaires
S
ous la Restauration (1815-1830), la Marinea décidé de récréer les stations et divisionsnavales outre-mer, qui ont été étendues sous
Actu81.pmd 01/07/2008, 15:1052
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