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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES
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N° 81
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compagnés d’un frère ou d’un voisin, ce sont plutôtde jeunes adultes débarqués dans la certitude de re-cevoir un salaire au terme du contrat. Au départ, toutpeut se négocier : le salaire, la durée, voire même leretour qui n’est pas toujours compris. Certains sontrestés, la plupart (2/3) sont repartis. Parfois, aussi,ils sont revenus. Vers la Nouvelle-France, oui, maissurtout vers un emploi. L’engagement est, par es-sence, un contrat de travail adapté aux besoins descolonies françaises et qui a continué d’exister au-delà de la Nouvelle-France.
Qui sont les «engagistes» ?
Depuis les voyages d’explorations et avec les pre-mières tentatives d’établissement au
XVI
e
siècle,l’usage s’est installé d’engager à destination de laNouvelle-France de la main-d’œuvre temporaire parle biais de contrats passés devant notaire. Les pre-miers engagistes sont alors marchands, armateurs,capitaines de navires, habitants, commerçants, direc-teurs ou représentants des différentes compagnies.Les congrégations religieuses seront aussi un des em-ployeurs principaux, en raison du développement deleurs seigneuries et missions. A partir de l’ordon-nance royale de 1714, les capitaines de navires se-ront soumis à des obligations d’embarquements d’en-gagés, en fonction du tonnage de leurs vaisseaux.
sous l’impulsion notamment de Isaac deRazilly, lieutenant général en Acadie,responsable de la colonie acadienne de-puis 1627, parent du cardinal de Riche-lieu et compagnon de Champlain. Sonfrère Claude de Launay-Razilly prend sasuite en 1635. Contrairement à Isaac,Charles vit surtout en France. Menoud’Aulnay le représente en Acadie et luisuccède en 1642.Le navire le
Saint-Jean
part de La Ro-chelle le 1
er
avril 1636, avec à son bordl’équipe de sauniers engagés par Ra-zilly. Sur le
Rôle des sauniers qui sont allés faire des marais en la Nouvelle-France
, dressé par Nicolas Denys, figu-rent les passagers : «Jehan Sandre avecsa femme, maître saunier ; PierreGabory, aussi maître saunier de La Ro-chelle ; Jehan Provost, aussi saunier,des îles ; François Baudry, aussi sau-nier ; Pierre Prault, aussi saunier.»Parmi les autres passagers : laboureur,fendeur de bois, charpentier, tonnelier,vigneron, tailleur d’habits, jardinier,charpentier de marine. Diversité desmétiers, vrai projet de colonisation. Detels recrutements se sont répétés surplusieurs années. En effet, les deux frè-res Razilly contribuent à installer dansles régions de La Hève et de Port-Royalplus de 120 personnes entre 1627 et1642. Isaac de Razilly soutient le com-merce des fourrures, l’exploitation fo-restière et la pêche sédentaire. Les mé-tiers des colons du
Saint-Jean
reflètentces choix de développement. Défricher,travailler la terre, établir des villages,des ports, exploiter le bois et la pêche.
JEAN CENDRE DE MARENNES ET PIERRE GABORIT DE TASDON
Sauniers et bâtisseurs de marais
Contrat d’engagement de JeanCendre de Marennes et PierreGaborit de Tasdon, sauniers etbâtisseurs de marais salants et leurshommes par Isaac de Razilly et sesassociés pour travailler à laconstruction de marais en Acadie.1
er
mars 1636. Fonds du notaireJuppin (La Rochelle).AD 17 - 3 E 1771, fol. 207r°.
E
n Acadie, les années 1630 marquentle début du peuplement pionnier,
L’Acadie est-elle une destination privilégiée ?
Porte d’entrée de la Nouvelle-France pour des mil-liers de migrants français, l’actuel Canada atlanti-que est l’espace emblématique de la découverte puisde la conquête, de la défaite et de la perte. Territoiredes possibles et de l’impossible. De Port-Royal à l’îleSaint-Jean, de l’île du Cap-Breton aux abords duSaint-Laurent, après les pêcheurs et les explorateurs,l’ancienne Acadie a vu arriver peu à peu des colonsvenus du port de La Rochelle.
Et en Louisiane ?
Après une politique d’expansion et d’explorationmenée par la France à partir du Canada, la Louisianeest fondée dans le but de freiner l’expansion anglaisedans l’intérieur du continent américain. Cette coloniesera conservée pour des raisons principalement stra-tégiques. Développée sous l’impulsion de l’Etat et surl’initiative d’entrepreneurs privés jusqu’en 1731, ellepasse ensuite sous l’autorité directe du roi. Des GrandsLacs au golfe du Mexique, ce très vaste territoire bap-tisé par Cavelier de la Salle en l’honneur de LouisXIV est impossible à défendre du fait des rivalitésfranco-britanniques sur le continent américain. Souf-frant, comme l’Acadie et le Canada, d’une faible miseen valeur et d’un manque de moyens, cette partie dela Nouvelle-France est très peu développée.
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A r c h i v e s d é p a r t e m e n t a l e s d e l a C h a r e n t e - M a r i t i m e
Actu81.pmd 01/07/2008, 15:1155
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