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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
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Maritime ont formé le projet inédit de présenter auxQuébécois une série cohérente de documents origi-naux emblématiques de l’établissement en Amériquedu Nord de leurs ancêtres français partis des ports del’Aunis et de la Saintonge.En étroite collaboration avec la Bibliothèque et Ar-chives nationales du Québec, l’exposition «La traver-sée des manuscrits» sera accueillie à Québec à partird’août 2008 au Centre d’archives de Québec pour êtreassociée à l’exposition que prépare cette institution :«L’Etat et le citoyen : du Régime français à la Révo-lution tranquille». Une quarantaine de contrats d’en-gagés ont été sélectionnés et seront présentés, soit l’ori-ginal soit une reproduction, en fonction de leur desti-nation, Acadie, Canada et Louisiane. Un travail réa-lisé par Pauline Arseneault et Myriam Marsaud quirépondent à nos questions.
L’Actualité. – Qu’est-ce qu’un contrat d’engagé ?
Le contrat d’engagement passé devant les notaires aux
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et
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siècles est le contrat par lequel les candi-dats sont recrutés pour partir travailler en Nouvelle-France, en général pendant trois années avec la possi-bilité de s’y installer définitivement. Ces documentsconstituent bien souvent l’unique trace marquant ledépart du migrant vers le Nouveau Monde et le der-nier témoignage de sa vie en France. La qualité histo-rique et la valeur symbolique – affective même – dece type de documents n’en sont que plus grandes.Aux Archives départementales de la Charente-Mari-time sont conservés de très nombreux contrats d’en-gagés s’apprêtant à partir pour Québec, surtout à par-tir des années 1640-1650. Les plus anciens qui noussont connus datent de 1606 et 1620. De tels contratsont été signés jusqu’à la fin de la Nouvelle-France etle plus récent pour Québec date de 1755 et de 1758pour la forteresse de Louisbourg. Le nombre des con-trats d’engagement répertoriés à ce jour en Charente-Maritime est estimé à 1 500, toutes colonies compri-ses (Antilles, Guyane, Louisiane et Guinée).
Quelle diversité représentent les engagés à LaRochelle, et que nous apprennent les contrats ?
La Rochelle est le principal port de commerce etd’émigration à destination de la Nouvelle-France. Letrafic y est continu pendant toute la période. Par lesports de La Rochelle et Rochefort, aux
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siècles, transitent migrants, armateurs, fourrures etmarchandises, hommes en armes, fonctionnaires, in-génieurs et ravitaillement militaire. Port d’embarque-ment, ville de transit, retour espéré au pays, lieux detous les espoirs, pour beaucoup, les ports charentaissont les vitrines de cette intense activité colonisatrice,privée ou publique. Rêve d’un autre monde.Hésitant, indécis, risque-tout, va-t-en-guerre, dansun
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et
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siècle à l’économie parfois très fa-vorable mais aussi encore régulièrement gagné parla misère, véritable gagne-pain, le contrat d’engage-ment est incitatif. Souvent venus seuls, parfois ac-
La traversée
des manuscrits
contrats
Quarante contrats d’engagés conservés aux Archivesdépartementales de la Charente-Maritime seront exposésau Québec. C’est en hommage à ces hommes, femmeset enfants embarqués il y a quatre siècles que cesdocuments traversent à leur tour l’Atlantique
Entretien
Jean-Luc Terradillos
D
ans le cadre des commémorations du 400
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anniversaire de la fondation de Québec, lesArchives départementales de la Charente-
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compagnés d’un frère ou d’un voisin, ce sont plutôtde jeunes adultes débarqués dans la certitude de re-cevoir un salaire au terme du contrat. Au départ, toutpeut se négocier : le salaire, la durée, voire même leretour qui n’est pas toujours compris. Certains sontrestés, la plupart (2/3) sont repartis. Parfois, aussi,ils sont revenus. Vers la Nouvelle-France, oui, maissurtout vers un emploi. L’engagement est, par es-sence, un contrat de travail adapté aux besoins descolonies françaises et qui a continué d’exister au-delà de la Nouvelle-France.
Qui sont les «engagistes» ?
Depuis les voyages d’explorations et avec les pre-mières tentatives d’établissement au
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siècle,l’usage s’est installé d’engager à destination de laNouvelle-France de la main-d’œuvre temporaire parle biais de contrats passés devant notaire. Les pre-miers engagistes sont alors marchands, armateurs,capitaines de navires, habitants, commerçants, direc-teurs ou représentants des différentes compagnies.Les congrégations religieuses seront aussi un des em-ployeurs principaux, en raison du développement deleurs seigneuries et missions. A partir de l’ordon-nance royale de 1714, les capitaines de navires se-ront soumis à des obligations d’embarquements d’en-gagés, en fonction du tonnage de leurs vaisseaux.
sous l’impulsion notamment de Isaac deRazilly, lieutenant général en Acadie,responsable de la colonie acadienne de-puis 1627, parent du cardinal de Riche-lieu et compagnon de Champlain. Sonfrère Claude de Launay-Razilly prend sasuite en 1635. Contrairement à Isaac,Charles vit surtout en France. Menoud’Aulnay le représente en Acadie et luisuccède en 1642.Le navire le
Saint-Jean
part de La Ro-chelle le 1
er
avril 1636, avec à son bordl’équipe de sauniers engagés par Ra-zilly. Sur le
 Rôle des sauniers qui sont allés faire des marais en la Nouvelle-France
, dressé par Nicolas Denys, figu-rent les passagers : «Jehan Sandre avecsa femme, maître saunier ; PierreGabory, aussi maître saunier de La Ro-chelle ; Jehan Provost, aussi saunier,des îles ; François Baudry, aussi sau-nier ; Pierre Prault, aussi saunier.»Parmi les autres passagers : laboureur,fendeur de bois, charpentier, tonnelier,vigneron, tailleur d’habits, jardinier,charpentier de marine. Diversité desmétiers, vrai projet de colonisation. Detels recrutements se sont répétés surplusieurs années. En effet, les deux frè-res Razilly contribuent à installer dansles régions de La Hève et de Port-Royalplus de 120 personnes entre 1627 et1642. Isaac de Razilly soutient le com-merce des fourrures, l’exploitation fo-restière et la pêche sédentaire. Les mé-tiers des colons du
Saint-Jean
reflètentces choix de développement. Défricher,travailler la terre, établir des villages,des ports, exploiter le bois et la pêche.
JEAN CENDRE DE MARENNES ET PIERRE GABORIT DE TASDON
Sauniers et bâtisseurs de marais
Contrat d’engagement de JeanCendre de Marennes et PierreGaborit de Tasdon, sauniers etbâtisseurs de marais salants et leurshommes par Isaac de Razilly et sesassociés pour travailler à laconstruction de marais en Acadie.1
er
mars 1636. Fonds du notaireJuppin (La Rochelle).AD 17 - 3 E 1771, fol. 207r°.
E
n Acadie, les années 1630 marquentle début du peuplement pionnier,
L’Acadie est-elle une destination privilégiée ?
Porte d’entrée de la Nouvelle-France pour des mil-liers de migrants français, l’actuel Canada atlanti-que est l’espace emblématique de la découverte puisde la conquête, de la défaite et de la perte. Territoiredes possibles et de l’impossible. De Port-Royal à l’îleSaint-Jean, de l’île du Cap-Breton aux abords duSaint-Laurent, après les pêcheurs et les explorateurs,l’ancienne Acadie a vu arriver peu à peu des colonsvenus du port de La Rochelle.
Et en Louisiane ?
Après une politique d’expansion et d’explorationmenée par la France à partir du Canada, la Louisianeest fondée dans le but de freiner l’expansion anglaisedans l’intérieur du continent américain. Cette coloniesera conservée pour des raisons principalement stra-tégiques. Développée sous l’impulsion de l’Etat et surl’initiative d’entrepreneurs privés jusqu’en 1731, ellepasse ensuite sous l’autorité directe du roi. Des GrandsLacs au golfe du Mexique, ce très vaste territoire bap-tisé par Cavelier de la Salle en l’honneur de LouisXIV est impossible à défendre du fait des rivalitésfranco-britanniques sur le continent américain. Souf-frant, comme l’Acadie et le Canada, d’une faible miseen valeur et d’un manque de moyens, cette partie dela Nouvelle-France est très peu développée.
   A  r  c   h   i  v  e  s   d   é  p  a  r   t  e  m  e  n   t  a   l  e  s   d  e   l  a   C   h  a  r  e  n   t  e  -   M  a  r   i   t   i  m  e
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1Sachent tous que pardevant Pierre Moreau2Notaire tabellion royal et gardenotte héréditaireen la ville et gouvernement de la Rochelle ont été3Présents et personnellement establys Anthoined’Aulnay, laboureur, de Luçon en Poitou4Agé de vingt trois ans ou environ, louis Gaborit,laboureur, de Saint-Martin-de-la-Coudre5[...] en Saintonge âgé de vingt deux ansou environ, et Etienne Vergnonneau,6aussy laboureur de Bonnevault en Poitou,âgé de vingt ans ou environ, d’un part et7Médard Chouart sieur de Groseilliers général de laflotte des Ottawois, demeurant au Trois Rivières8pays de la Nouvelle-France d’autre part. Lesquels[…] de leurs bons grés et vollontés9ont fait et passé entre […] le marché qui s’ensuit.C’est assavoir que les dits d’Aulnay10Gaborit et Vrignonneau se sont louhés au dit sieurdes Groseilliers pour aller le servir ou11Autres de luy ayant charge et faire ce qu’il leursera commandé au dit lieu de Trois Rivières12Et ailleurs au pays de la Nouvelle France duranttrois années …
arrive au pays vers 1641. Coureur de boisavant la lettre, il entreprend sa premièrequête des fourrures à l’ouest del’Outaouais. Ses voyages d’explorationvers les Grands Lacs et la baie d’Hudsoncontribuent à la découverte de la partieoccidentale du territoire, alors très peucartographiée. Son voyage en France en1660-1661 semble motivé par uneamende que lui a imposée le gouverneurpour être parti sans permission faire latraite. A La Rochelle, il s’associe avecArnaud Pere. Dans les années 1670-1680,il entreprend de nombreux voyages d’ex-ploration, notamment vers la baie d’Hud-son. En 1682-1684, il est engagé par laCompagnie du Nord. Au recensement de1666, il réside à Trois-Rivières. Il s’estmarié en 1647 avec Hélène Martin et en1653 avec Marguerite Hayet.
PHILIPPE BIENVENU
MAÎTRE MENUISIER
Ces pionniers, Philippe Bienvenu etson fils Antoine, s’installent pourplusieurs années dans la région deKaskaskia (Illinois). Le père semarie en 1723 à Kaskaskia avecMarie Ferret, veuve de PierreVerrier, et le fils Antoine en 1726,avec Françoise Rabut, veuve dePierre Derene. Entre 1723 et 1725,ils passent des marchés deconstruction. Le 13 mai 1723, uncertain Bienvenu, maître menuisierpour la Compagnie signe un marchépour bâtir une maison en bois.
ANTOINE D’AULNAY, LOUIS GABORIT,ETIENNE VERGNONNEAU
Laboureurs du Poitou
Antoine Daulnay, après avoir vécu àTrois-Rivières, s’installe à Bouchervilleoù il décède en 1713. Marié en 1669 àMarie Richard, originaire de Reims(Champagne), il est père de 9 enfants.Louis Gaborit (Gaboury) s’installe dansl’île d’Orléans puis à La Durantaye. Mariéen 1665 avec Nicole Souillard, fille duroi originaire de Sens (Bourgogne), ildécède en 1707. Le couple a 7 enfants.
Quant à leur engagiste PierreMelicque, le 22 juin, il engage lescieur de long Laplume pour luifournir du bois de construction. Le11 avril 1725, il recrute pour faireériger un bâtiment. Situé dans lepays des Illinois (Haute-Louisiane),le village franco-indien de Kaskaskiase développe à partir d’une missionjésuite implantée à l’embouchure dela rivière des Metchigamias vers1703. A 30 km au nord, entre 1718 et1720, est établi le fort de Chartres,centre administratif de la région desIllinois. En 1740, Kaskaskia est unvillage prospère dont l’église est enpierre. Les Français installés dans larégion épousent en majorité desamérindiennes illinoises, aussi lapopulation de la région est-ellelargement métisse.
Contrat d’engagement de PhilippeBienvenu, maître menuisier, natifd’Orléans, et Antoine Bienvenu,son fils, à Pierre Melicque, officierde la Compagnie d’Occident, pourservir trois années en Louisiane.13 mai 1718. Fonds du notaireDesbarres (La Rochelle).AD 17 - 3 E 573, fol. 94r°.
JEAN ET CHARLES ALLAIRE
MARCHANDS DE LA ROCHELLE
Fils de Guillaume Allaire et Perrine Fleurisson, lesfrères Allaire sont originaires de la paroisse de Saint-Philibert du Pont-Charrault (Vendée). Partis deLa Rochelle en 1658, ils ont 18 et 23 ans. Ilss’installent dans l’île d’Orléans et ont respectivementtreize enfants et trois enfants. Charles reçoit une terrevers 1661. Après l’annulation d’une première union en1662 avec Françoise Chapelain, il épouse CatherineFièvre, fille du roi, de Niort. Jean se marie à Québecen 1662 avec Perrine Therrien. Lors du recensementde 1666 ils habitent l’île d’Orléans.
L
contrats
’engagiste Médard Chouart des Gro-seilliers, né en Champagne en 1618,
Contrat d’engagement de Jean Allaire, 23 ans, et CharlesAllaire, 18 ans, natifs de Saint-Philibert en Poitou par FrançoisPéron, marchand de La Rochelle, pour servir trois annéesà Québec. 14 mai 1658. Fonds du notaire Cherbonnier(La Rochelle). AD 17 - 3 E 1128.
   A  r  c   h   i  v  e  s   d   é  p  a  r   t  e  m  e  n   t  a   l  e  s   d  e   l  a   C   h  a  r  e  n   t  e  -   M  a  r   i   t   i  m  e   A  r  c   h   i  v  e  s   d   é  p  a  r   t  e  m  e  n   t  a   l  e  s   d  e   l  a   C   h  a  r  e  n   t  e  -   M  a  r   i   t   i  m  e
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