Les Hyperphotos de Jean-François Rauzier
Des paysages immenses peuplés de détails insolites. Ainsi pourrait-on, à premièrevue, qualifier les hyperphotos de Jean-François Rauzier. Un monde imaginairedans lequel infiniment grand et infiniment petit se marient au cœur d’une mêmevision, dans un monumental format d’une dizaine de mètres carrés.On croit d’abord contempler un agrandissement de photo panoramique. Mais ils’agit d’autre chose. En regardant plus attentivement, on respire une atmosphèreétrange qui éloigne le spectateur du monde réel pour le happer dans un universd’une amplitude étourdissante : chaque hyperphoto existe par l’assemblage decentaines de clichés pris au téléobjectif, un gigantesque puzzle hyperréaliste !En réalité, l’œil ne saurait pas embrasser avec tant de précision un panoramaaussi vaste, capter à une telle distance des détails aussi proches.Et la raison peut-elle admettre la présence d’objets surprenants dans ces théâtresnaturels : d’où vient cette cage qui retient l’envol de l’oiseau en haut d’un arbresolitaire ? Quelqu’un a-t-il vraiment pu la nouer avec tant de poésie à une branchesi haute au-dessus des
Coquelicots
?Dans les blés au seuil de leur maturité, ce
Fauteuil solitaire
qui ouvre l’opulence deses bras ... Le photographe l’a-t-il réellement transporté jusque-là pour nous inviter à une pause contemplative ?C’est peu probable. Nous vivons à l’ère numérique. Jean-François Rauzier est unvirtuose de ces outils magiques qui lui permettent d’incruster les secrets de sonmonde intérieur dans une immensité universelle.Le spectateur de ses œuvres se voit ainsi doté d’un œil de lynx, capable decapturer dans leurs moindres détails des centaines d’images dans l’image, commepar un jeu de poupées russes.En s’immergeant dans ces hyperphotos, on découvre l’imbrication d’une multituded’extrêmement petit qui constitue l’extrêmement grand. La portée d’un tel regard
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