Le
Pont Gabriel
et
New York
sont ainsi le résultat de dizaines d’heures de recomposition aprèsplusieurs heures de prise de vues nocturne : 160 et 300 clichés pris à l'aveuglette avec uneminute de pose pour chacun !. «
De nombreux détails me sont apparus après coup, magie du résultat, importance du hasard… Le chat près du pont et les personnages dans Central park étaient bien présent cette nuit-là, mais je les ai photographié à part puis réincorporés. »
L
ES
RETRAITS
ET
LES
AJOUTS
Pour investir totalement ces paysages et nous en donner son image intérieure, Jean-FrançoisRauzier en élimine ce qui le gêne : maisons, poteaux électriques, voitures, panneaux designalisation … «
Pour créer mon monde idéal, j’ôte en général tout ce qui signe la présencehumaine afin de redonner au paysage sa virginité. Une certaine quête de l’Eden peut-être …Pourtant je donne à voir des paysages vierges mais pas sauvages. Ils sont souvent cultivés.Les champs me fascinent par leur sage régularité, le rythme solide et apaisant qu’ils imposent au paysage. La nature nourricière est maîtrisée, domestiquée. Et donc le rêve aussi… »
En revanche, il replace aussi un grand nombre d'éléments. Des objets comme en attente dequelqu’un : ballons, chaussures, livres, jouets, bicyclettes, tables dressées avec raffinementpour de mystérieux convives … En tout cas tout est immobile, figé, parfois même inquiétant,laissant parfois supposer l’après d’une catastrophe.
Les paysages des hyperphotos de Jean-François Rauzier sont très recomposés. Afin d'obtenir ce qu’il cherche, il s’est constitué des collections de détails (arbres, cieux, champs, forêts,animaux, insectes…) qu’il assemble selon son inspiration. Cette technique laisse libre cours àses envies et lui permet aussi de maîtriser l’éclairage, comme il en a l’habitude dans son métier de photographe de studio.
« Je photographie un champ sous un certain éclairage rasant, mais je lui choisis un ciel totalement différent, retrouvant ces atmosphères surréalistes d'orage. C’est l’esprit du décor de cinéma en studio. »
Avec ces images très fabriquées, nous sommes loin de l'instantané, plus proches de la peinturehyperréaliste.
« Mais je veux que cela reste de la photographie, ou du cinéma en arrêt sur image, que l'on y croie. Je veille donc à rester dans la plus grande vraisemblance photographique possible : respect des ombres, des reflets, des défauts de la réalité. »
Arrêter le temps… Dans le cas de ces prises de vue, ce n'est pas si facile. Prendre 400 vues nese fait pas en 1/30 de seconde, mais plutôt en une heure minimum. Les cieux tourmentésn'attendent pas. Parfois la magnifique lumière d'une éclaircie ne dure que quelques minutes. Àpeine le temps de démarrer la série de clichés.
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