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Chapitre La-demarche-du-sociologue 2013-2014.doc

Chapitre La-demarche-du-sociologue 2013-2014.doc

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01/27/2014

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I
 
- La sociologie, un champ d’étude vaste et mal défini
 
.
Constat :
selon R.Aron , les sociologues ne sont d’accord que sur un point : la difficulté de définir la sociologie .
la sociologie traite
d’éléments, de domaines très disparates , ce qui donne l’impression d’une absence de cohérence scientifique .
Conséquences :
La sociologie ne paraît pas avoir de champ d’études propre. Elle subit la concurrence d’autres sciences paraissant plus à mêmed’étudier les domaines sur lesquels elle se penche. Ainsi, par exemple :
o
le travail semble relever de l’économie
o
le suicide de la psychologie
o
l’évolution des manières de vivre de l’histoire 
II - Des définitions concurrentes.
Alors qu’un accord majoritaire s’opère sur la définition de l’économie , au contraire les traditions sociologiques opposent au moins deuxgrandes conceptions , comme le montre les définitions comparées de Pareto et Duesenberry :
 
-celle de Pareto qui oppose l’économie à la sociologie :
o
l’économie serait la science des actions logiques
 
, c’est-à-dire des actions rationnelles : lesindividus agissent après avoir opéré un calcul coût–bénéfice ; ils n’entament cette action que si elle estprofitable pour eux . L’individu de référence sur lequel sont construits les modèles économiques est
l’Homo Oeconomicus
( ou HO) c’est à dire un individu qui est :+ naturellement égoiste c‘est à dire qui vise à satisfaire ses besoins matérielles même si sesactions doivent se faire au détriment des autres+ naturellement rationnel c’est à dire qui définit des objectifs et qui se donnent les moyens deles atteindre en opérant une analyse coût bénéfice qui minimisent les efforts et maximisent lessatisfactions.
o
la sociologie serait la science des actions non logiques
 
, c’est-à-dire des actionsindividuelles qui apparaissent comme irrationnelles car les déterminants de l’action ne sont pas , apriori , compréhensibles .-celle explicitée par l’économiste Duesenberry :
o
l’économie est la science qui étudie la manière dont l’individu agit et cherche à atteindreses objectifs
o
la sociologie est la discipline qui étudie les déterminismes sociaux qui influencent lesactions individuelles : définition qui paraît correspondre à la démarche mise en œuvre par Durkheim .-ces deux définitions paraissent présenter des démarches antinomiques :
o
pour Pareto , l’individu , même s’il agit pour des raisons non logiques , agit : c’est un homosociologicus actif (HSA)
o
 
pour Durkheim , l’individu n’ a aucune marge de manœuvre , il est déterminé par sescaractéristiques sociales : c’est un homo sociologicus passif 
 
(HSP).
1
Chapitre introductif : La démarche du sociologue Notions fondamentales : Opinion, prénotion,objectivation, fait social, action sociale.Sociologie générale et sociologie politique
Fiche 1 - Essai de définition de la sociologie.
 
 
Le fondement de l’analyse de Durkheim est l’étude du
fait social :
-
pour Durkheim, un
fait social « se définit comme « les manières d’agir , de penser , de sentir quiprésentent cette remarquable propriété qu’elles existent en dehors des consciencesindividuelles . Non seulement, ces types de conduite ou de pensée sont extérieurs à l’individu ,mais ils sont doués d’une puissance impérative et coercitive
» .
-
Cette définition conduit à opérer les remarques suivantes :
Durkheim veut limiter son analyse aux faits qui relèvent du domaine de la sociologie. Tout faitde société n’est pas un phénomène social : pour qu’il en soit un, il faut mettre en évidence desdéterminismes sociaux, c'est-à-dire révéler l’influence de la société sur le fait étudié.
il veut spécifier le champ d’études de la sociologie en le différenciant des autres disciplines quis’intéressent aux mêmes domaines :
o
le fait social diffère du fait biologique : s’alimenter est un fait biologique ; la manière des’alimenter un fait social
o
le fait social diffère du fait psychologique, puisqu’il est extérieur à l’individu
cette définition met bien en évidence les caractéristiques du fait social :
o
les contraintes impoes par la société ou le groupe social influencent voirdéterminent les comportements des individus
o
ces contraintes n’apparaissent pas en tant que telles à l’individu ; il a l’impressiond’être libre. Car l’individu a intériorisé les normes et les modèles de comportementdéfinis par la société : c’est le rôle de la socialisation (cf. chapitre ultérieur)-La démarche sociologique de Durkheim résulte alors de sa conception du fait social :
L’analyse des opinions des individus ne permet pas de connaître les vrais déterminants de leursactions :
o
les individus n’étant capables d’exprimer que
des prénotions
reflétant les croyancesde la société, leurs réponses ne permettent pas aux sociologues de comprendre lesvéritables raisons qui ont guileur comportement, par contre elles sont utiles ausociologue pour démontrer l’intérêt d’une analyse sociologique qui dévoile les véritablesdéterminants des actions.
o
puisqu’ils ne connaissent pas les véritables raisons motivant leurs actes, les individus ontl’impression d’être libres, seulement influencés par des caractéristiques individuelles etnaturelles,
o
comme ils ne sont pas conscients des contraintes sociales : les individus sont donc pourDurkheim des HSP
il faut développer une
méthode objectiviste, neutre
: comme l’écrit Durkheim : « il fautétudier les faits sociaux comme des choses ». Il faut donc accumuler des données chiffrées, desstatistiques qui mettent en évidence les faits et les contraintes sociales pesant sur les individus.
Il faut alors opérer une
démarche holiste
: c'est-à-dire rechercher au niveau de la société lesdéterminants (normes, modèles de comportements) qui préexistent aux individus et quis’imposent à eux
Le sociologue après avoir analysé les données statistiques peut révéler les véritables raisonsexpliquant le comportement des individus et donc proposer des solutions aux maux auxquelles lasociété est confrontée.
 
 
2
 Notions fondamentales : fait social, objectivation, prénotion, opinion Notion complémentaire : holisme
Fiche 2 - Durkheim : la sociologie du fait social
 
 Notions fondamentales : action sociale Notions complémentaires : idéal-type, individualisme ,subjectivisme, neutralité axiologique
Fiche 3 - Weber : la sociologie de l’action sociale
 
La sociologie de Weber relève d’une démarche presque antinomique de celle de Durkheim :-
Individualiste
: Max Weber ne définit pas les faits sociaux comme des choses, mais comme desinteractions entre des comportements individuels obéissant à des motivations et des intérêts qu’il s’agit dereconstituer. Ainsi, selon Weber, « la sociologie ne peut procéder que des actions d’un, de quelques, ou denombreux individus pas. C’est pourquoi elle se doit d’adopter des thodes
strictementindividualistes
». Pour étudier un phénomène social, il faut donc :
partir de l’ individu : mettre en évidence ses objectifs et les moyens qu’il utilise pour les atteindre. Weber postule que l’individu n’est pas totalement libre, qu’il a des contraintes qui pèsent surses actes, mais qu’il a une marge de manœuvre à l’intérieur de ses contraintes et qu’on peutdéceler une certaine rationalité dans la conduite de ses actions.
néanmoins, les résultats des actions individuelles, lorsqu’elles sont agrégées afin de mettre enévidence le phénomène social, ne sont pas nécessairement conformes aux buts initiauxrecherchés par les individus. -
subjectiviste et compréhensive
:
afin de rendre compte de l’action d’un individu, 2 solutions peuvent se présenter :
o
soit interroger directement l’individu sur les motivations qui l’ont guidé, car seull’individu est a même d’expliquer les raisons de son action
o
soit, dans le cas où l’on étudie des sociétés ayant disparu, se mettre à la place del’individu, analyser le contexte dans lequel il vit et les contraintes qui pèsent sur lui etcomprendre la manière dont on agirait si l’on était à sa place.
le risque de cette méthode est donc d’être trop subjective et arbitraire, c’est-à-dire de faire tropconfiance à l’individu ( cf la critique opérée par Durkheim des pré-notions ) ou d’opérer uneanalyse ethnocentriste ( qui reflète , non pas le contexte de la société étudiée , mais celle dusociologue ) .-
la neutralité axiologique :
or, Weber prône une démarche reposant sur le principe de la neutralité axiologique, c’est-à-direqu’une science ne peut édicter ce qu’il convient de faire à la place des individus. Elle doit selimiter à appréhender ce que l’individu peut ou veut faire. Pour atteindre cet objectif, lesociologue doit s’efforcer de mettre entre parenthèses ses références culturelles.
dans un second temps, il faut toujours confronter le résultat obtenu à des données statistiquespermettant de le vérifier.-
une démarche basée sur la recherche de types idéaux :
Weber considères que la aliestbeaucoup trop complexe pour pouvoir être complètement analysée. Il faut donc élaborer un idéal-type quivise à :
simplifier la réalité pour mieux l’analyser
sélectionner quelques traits significatifs et cohérents donnant sens à la rechercheL’idéal type n’est donc pas une moyenne des comportements individuels ( cf le français moyen ) , mais aucontraire , un cas limite que l’on ne rencontre jamais dans la aliqui permet pas la comparaison auxcomportements réels de déterminer les motivations des acteurs . Selon Weber, l’homo oeconomicus est un idéal-type ayant une vision parfaite de la situation économique, maîtrisant complètement les moyens les plusappropriés à la réalisation des buts qu’il s’est fixé : « l’économie argumente donc , à partir d’un homme irréelanalogue à une figure idéale en mathématiques .
 
3

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