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N°5651
- Dix-neuvième année - Prix : Algérie : 10 DA. France : 1
 €
. USA : 2,15 $. ISSN : 1111-0333 - http://www.elwatan.com
    D    E    S    S    I    N    M    A    Z
SIDER EL HADJAR
300 AGENTS DE SÉCURITÉDÉBRAYENT
I
ls étaient quelque
300
agentsaffiliés à la Société de gar-diennage et de sécurité (SGS),filiale de Sider (El Hadjar), à ob-server hier un débrayage devantle siège de la direction générale.N’ayant pas le droit à la grève,les
1700
protestataires ont étéreprésentés par ceux en repos
300
 ). Plateforme de revendica-tions à la main, ils ont appeléleur employeur à intégrer dansleur fiche de paie la prime d'in-demnité d'expérience profes-sionnelle (IEP), celles du portd'arme, du panier et du trans-port.
(Suite page
 4
 )M.-F. G.
Si le phénomène harraga a reculé, le trafic des migrantsétrangers a connu une hausse inquiétante
D'un pays de transit, l'Algérie se transformeprogressivement en un lieu de fixation.
O
rganisé par la commission défense, del’Assemblée populaire nationale(APN), le séminaire sur la lutte contre lesdiverses formes de crime organisé trans-frontalier, dont les travaux ont été ouvertshier à Alger, a eu au moins le mérite demettre la lumière sur le phénomène del'émigration et l’immigration clandestinesen Algérie.
(Suite page 3)Salima Tlemçani
La sélection nationale rentre au bercailvendredi prochain
Le lendemain (samedi), Saâdane tiendraune conférence de presse
L’entraîneur des Pharaons, Hassan Shehata,est sous pression suite aux accusations faitesà son encontre par le coach de HarassEl Houdoud, Tarek Achiri.
Lire en page 31
DES ENSEIGNANTS ETDES POLICIERS ATTAQUÉS PAR DES TERRORISTES À TIMEZRIT
29 463 ÉTRANGERS ONTFAITL’OBJETDE MESURES RESTRICTIVES CES TROIS DERNIÈRES ANNÉES
El Watan 
 
LE QUOTIDIEN INDÉPENDANT - Mercredi 3 juin 2009
    P    H    O    T    O  :    B .    S    O    U    H    I    L
EN STAGE BLOQUÉ À J-4 DU MATCH ALGÉRIE-ÉGYPTE
LES VERTS AFFICHENTCOMPLETÀ TOULON
       P     u       b       l       i     c       i      t       é
Boumerdès
De notre bureau
L
e premier examen du BEM à se dérouler àTimezrit, un chef-lieu communal, situé àl'orée de la tristement célèbre forêt de SidiAli Bounab, à 20 km des Issers, dans la wilayade Boumerdès, ne se sera pas achevé dans lasérénité. Hier en fin de journée, le convoi rame-nant les copies des élèves du centre d'examen,escorté par des policiers qui assuraient aussi lasécurité dans et autour du collège, a été attaquépar un groupe terroriste dont le nombre dépas-serait la trentaine, selon des informations recou-pées. Le bilan est très lourd : 10 morts et 2 bles-sés. Parmi les morts, il y a 8 policiers et 2 ensei-gnants chargés de la surveillance des épreuves.Le chef du centre de l'examen et un chauffeurde l'APC de Timezrit ont été, quant à eux, bles-sés. Selon des témoignages concordants, unebombe artisanale a été actionnée à distance aupassage du convoi au lieudit Taawint Tassemat,à la limite géographique des communes desIssers et de Timezrit, à 4 km environ du chef-lieu de cette dernière. L'explosion sera suivie detirs nourris en direction des trois véhicules com-posant le cortège, deux voitures de la police etune autre (de type Toyota) appartenant à l'APCde Timezrit et transportant le staff administratif chargé d'assurer le déroulement du BEM. Nossources indiquent que l'un des véhicules de lapolice a dérapé après que le conducteur eut étéatteint. Les terroristes ont par la suite envahi lachaussée pour achever à l'arme blanche l'un despoliciers et brûler l'autre véhicule.
(Suite page 5)K.O.
Une bombe artisanale, actionnée à distance, a explosé aulieudit Taâwint Tassemat au passage d’un convoiramenant les copies d’examen des élèves du BEM
Bilan : dix morts et deux blessés.
MAURITANIE
REPORTAU 18 JUILLETDE LA PRÉSIDENTIELLE
L
'élection présidentielle,prévue hier en Mauritanie,a été reportée au
18
juilletpour permettre la participa-tion de toutes les forces poli-tiques et mettre un terme à lacrise née du coup d'Etat du 6août
2008
, a indiqué à l’AFPunmédiateur sénégalais. Un gou- vernement d'union, composéà parité de personnalités proet anti-putsch, doit être forméavant le 6 juin.
R. N.(Lire également en page
15
 )
L’ALGÉRIE DEVIENTUNETERRE D’IMMIGRATION
10 morts dans un attentat à Boumerdès
 
L ’ A CTUA L I TÉ
El Watan 
- Mercredi 3 juin 2009 - 
PRÉPARATION DU NEUVIÈME CONGRÈS ORDINAIRE DU FLN
Les enjeux d'un rendez-vous «politique»
E
n prévision du 9
e
congrès duFLN, prévu pour le premier tri-mestre 2010, le secrétaire généraldu vieux parti, Abdelaziz Belkhadem, adécidé de mettre de l'ordre dans la mai-son FLN et de mobiliser ses troupes. Ildevrait remettre son mandat quinquen-nal, qui s'achève le 1
er
février 2010, en jeu. C'est peut-être l'unique enjeu ma- jeur de ces assises, dont on n'a pas enco-re fixé la date. Hier, lors d'une réunionregroupant au siège du parti les 48 mou-hafedhs et les présidents des commis-sions de transition, le leader du FLN adémenti de manière forte l'existenced'une quelconque crise au sein du parti.Bien au contraire.Pour Belkhadem,
«le FLN ne s’est ja-mais porté aussi bien»
.
«Pour la pre-mière fois dans l'histoire du pluralisme,le parti a mis de côté ses divergences et décidé d'unir ses rangs autour d'un seulcandidat, lors de l'élection présidentiel-le du 9 avril, et ce, contrairement à1995, 1999 et 2004 où il avait participé en rangs dispersés»
, a souligné Belkha-dem. Reportée à deux reprises, la ren-contre d'hier, qui sera suivie, aujour-d'hui, de la réunion de l'instanceexécutive, s'est tenue à huis clos. Dansson intervention à l'ouverture des tra-vaux, Abdelaziz Belkhadem a tenu àpréciser à ses «détracteurs» et à ses «an-tagonistes» que le vieux parti se porte
«très bien et est en parfaite santé»
. Sansles citer, le secrétaire général de l'ex-parti unique soutient cependant que lascission arrange les affaires de certainsqui cherchent par tous les moyens àcréer une faille au sein de sa formation.
«Il y a des individus
, selon lui,
qui veu-lent à tout prix affaiblir et diviser le par-ti. Ces gens doivent comprendre que cetemps est bien révolu. Les fidèles et lesdévoués au front doivent dresser desbarrières contre eux et leur démontrer qu'au FLN l'heure est à l'union.»
Cespropos sonnent donc comme un avertis-sement contre ceux qu'il qualifie
«d'en-nemis d'hier»
– qui reviennent à la char-ge à chaque opportunité – et contreceux qui veulent être maintenus auConseil de la nation à l'occasion du re-nouvellement partiel du Sénat prévu àla fin de l'année. Pour les petits diffé-rends et lacunes d'ordre organique, Bel-khadem pense que
«le linge sale se laveen famille»
.Ces questions, selon lui, doivent êtreprises en charge et définitivement réso-lues par les instances du parti avant latenue du congrès.En prévision du prochain mandat, Bel-khadem veut instaurer la rigueur et ladiscipline qui ont fait défaut jusqu'à au- jourd'hui dans la maison FLN.
«Le 9
e
congrès du FLN se doit être politique et organique»
, note-t-il, en promettant decombattre
«les personnes ayant utilisé le parti comme un tremplin»
et
«de fa-voriser, en parallèle, ceux qui ont fait  preuve de dévouement durant les an-nées critiques»
. Par ailleurs, à l'ordre du jour des travaux de la réunion des mou-hafedhs, l'on a appris que lors de la ré-union prévue de l'exécutif figureront àl’ordre du jour l'évaluation de la derniè-re élection présidentielle, la préparationdu 9
e
congrès du parti, ainsi que le pointsur les rapports d'activité des 6 derniersmois, en plus d'autres questions orga-niques et politiques. Un débat généralautour de toutes les questions intéres-sant la base militante est également ins-crit au menu.Actuellement, le FLN s'apprête à mettreen place toutes ses structures de base oùperdurent des dissensions internes quise sont traduites par le non-renouvelle-ment de responsables de certaines mou-hafadhas, remplacées par des commis-sions provisoires.Selon Belkhadem, ces réunions vontpermettre aux participants de faire unétat des lieux sur le plan organique à tra-vers l'étude des différents rapportsd'évaluation émis par les structures, enplus du rapport d'activités du dernier se-mestre. Aujourd'hui, l'instance exécuti-ve se penchera sur la validation des rap-ports d'activité du dernier semestreélaborés par les mouhafedhs, la prépa-ration des élections pour le renouvelle-ment des structures du Conseil de la na-tion, et l'installation de la commissionde préparation du 9
e
congrès. D'autresrencontres seront programmées afin desensibiliser la base et les élus à cette im-portante échéance.
 Nabila Amir
Contrairement à l’image que la direction veut donner, le FLN reste un parti miné par les luttes de pouvoir 
       P     u       b       l       i     c       i      t       é
Partenaires étrangers dans l’expectative 
 Par Réda Bekkat
REPÈRES
Q
ui va entrer dans le capital des entreprises étran-gères», en vertu de l’obligation faite aux sociétés im-portatrices d’ouvrir 30% de leur capital social aux natio-naux, une mesure qui fait partie des nouvelles dispositionsarrêtées par le gouvernement de M. Ouyahia ? L’interroga-tion, soulevée par le président de la chambre française decommerce et d’industrie en Algérie, mérite qu’on s’y attar-de quelque peu. Elle traduit sans doute une part d’«inquié-tude» sur la nature de cette participation nationale qui n’estpas sans rappeler une certaine démarche rentière qui a ca-ractérisé l’ouverture économique des pétromonarchies duGolfe dans les années 1970. On sait que cette forme de pré-lèvement obligatoire des sociétés a servi d’accumulationprimitive au capital local qui occupe depuis une positiondominante dans le commerce, l’immobilier, etc. Tout com-me on est en droit de se demander si nos «décideurs» sont àce point à court d’idées sur la manière de relancer l’inves-tissement direct en Algérie. Derrière la question du repré-sentant de la chambre française de commerce se profile lesouci des opérateurs étrangers sur le caractère obligatoirequi risque à terme de devenir un droit d’accès négocié aumarché algérien et dont les premiers bénéficiaires ne se-ront pas forcément ceux auxquels on pense, c’est-à-diredes investisseurs nationaux. De là qu’elle devienne un droitde passage sans contrepartie, il n'y a qu’un pas que descourants rentiers n’hésiteront pas à franchir au détrimentde l’économie nationale. Les interrogations de partenairesétrangers ne semblent pas avoir ému les décideurs convain-cus sans doute que le véritable business se fait ailleurs, no-tamment dans le secteur des hydrocarbures sur lequel desaccords et des garanties sont réunis. Le souci mis en avantpar le haut fonctionnaire français traduit sans doute letrouble dans lequel se trouvent les opérateurs étrangersface au flou d’une réglementation économique qui semblechercher ses marques. On comprend dès lors que ceux-cise retrouvent dans l’expectative, voir geler leurs activités,comme l’a souligné l’ambassadeur allemand la veille del’ouverture de la Foire internationale d’Alger. Le représen-tant de la chambre de commerce allemande en Algérie n’apas manqué lui aussi de souligner qu’il ne fallait pas s’at-tendre à ce que des entreprises familiales qui n’ont jamaisaccepté d’ouvrir leur capital le fassent ici.Il n’en demeurepas moins que le constat du représentant français de lachambre de commerce et d’industrie et de son homologueallemand se rapproche de celui de l’ambassadeur desEtats-Unis à Alger, exprimé au cours de sa dernière confé-rence de presse. Celui-ci a fait part de son inquiétude de-vant l’obstacle que représentait la bureaucratie algériennedans les relations commerciales entre les deux pays.Dans la bouche d’un diplomate, de tels propos signifientbien plus qu’une simple préoccupation à l’égard d’une ad-ministration tatillonne et procédurière.Ces propos voilés associés au risque de voir des entreprisesdécouragées se désengager du marché algérien renvoient àce phénomène qui gangrène la sphère économique qu’estla corruption. Celle-ci ne trouvera sans doute pas de sitôtune conjoncture plus «favorable» que celle que traversel’Algérie actuellement avec un programme d’investisse-ments de 150 milliards, un marché déstructuré, des dys-fonctionnements de l’appareil de production national, unedérégulation quasi totale...Les partenaires étrangers sont depuis longtemps au fait dela réalité du marché algérien, mais ils s’attendent sans dou-te dans la pratique à un relèvement des «droits de pénétra-tion» du marché algérien auquel il leur sera difficile de fai-re face par ces temps de crise internationale.
SNAPAP
Les anciens cadresappellent à l’unification
D
'anciens secrétaires généraux etcadres du Snapap ont organiséhier à Alger une conférence de pressepour appeler à la tenue d'un congrèsunificateur pour les deux branches dusyndicat séparées depuis le derniercongrès ayant eu lieu en mai 2004.
«Nous faisons un appel pour la consti-tution d'une commission nationale de préparation du congrès que nous es- pérons tenir à la prochaine rentrée so-ciale, et ce, afin de sauver le syndicat des mains des intérêts personnels»
, aindiqué M. Boumkhila, ancien SG duSnapap. Pour rappel, le syndicat s'estscindé depuis 2004 en deux parties,l'une se revendiquant de la direction deM. Felfoul et la deuxième de celle deRachid Malaoui.
«Le premier est fort du soutien des pouvoirs publics et ayant été imposé lors du congrès de2004 – qui a duré juste une demi-heu-re – pour écarter le second qui, lui,avait le soutien des organisations in-ternationales»
, résume un cadre syn-dical, qui note que c’est à partir de cet-te scission que le Snapap a été fragiliséet a perdu de son aura. Le mandat deM. Felfoul a pris fin le 24 mai dernier,indiquent les conférenciers. Lescadres syndicaux revendiquent le res-pect des statuts en organisant uncongrès pour élire une nouvelle direc-tion.
«Etant retraité, M. Felfoul n'a pasle droit de postuler à un nouveau man-dat, et il a tout fait pour casser le syn-dicat avec le soutien des pouvoirs pu-blics»
, soutient un cadre du Snapap,qui l’accuse aussi d’avoir utilisé lesyndicat pour ses propres intérêts etpour faire des affaires. Amar Mebarki,lui aussi ancien SG du syndicat, dé-nonce
«la politique de régionalismeinstaurée»
par M. Felfoul. Et de pour-suivre :
«Felfoul a évincé pas moinsde 8 membres du conseil exécutif et n'arien fait pour réactiver les fédérations. Nous voulons qu'il rende des comptessur les 50% qu'il a pris comme margesur chacune des 400000 adhésions.Qu'a-t-il fait de la subvention de 320millions de centimes ?»
, S’interroge-t-il. M. Mebarki souligne en outre qu'au
«lieu de faire du syndicalisme, Felfoulétait occupé à constituer un comité desoutien à Abdelaziz Bouteflika à Aïn Defla. Ceci n'est pas la vocation duSnapap, il n'a qu'à aller rejoindre lesorganisations de masse»
. Et à Boum-khila de préciser encore
«la base n'a pas été associée au débat sur les sta-tuts particuliers, ni à celui sur le régi-me indemnitaire, le syndicat est mar-ginalisé, alors que le Snapapconstituait la deuxième force syndica-le du pays»
.
 Nadjia Bouaricha
    P    H    O    T    O  :    M .    S    A    L    I    M    /    A    R    C    H    I    V    E    S
 
ElWatan 
- Mercredi 3 juin 2009 - 
L ’ A CTUA L I TÉ
Suite de la page 1
L
es communications des repré-sentants de la Gendarmerienationale et de la police se re- joignent et se complètent pour leverle voile sur un fléau qui touche prèsde 48 nationalités africaines, maiségalement et depuis quelques an-nées seulement asiatiques, avec l’ar-rivée d’Afghans, de Pakistanais,d’Indous et de Chinois. Ils braventles dangers d’un voyage de milliersde kilomètres à travers le désert pourregagner l’Algérie. Certains n’at-teindront même pas leur destination,comme ces 25 Africains dont lescorps déshydratés ont été décou-verts par les gendarmes à Reggane,dans un véhicule de type Toyota.Pour le colonel Abdeslam Zeghida,chef du département de la police ju-diciaire au niveau de la Gendarme-rie nationale, c’est la position géos-tratégique de l'Algérie au nord del'Afrique au regard de partage desfrontières terrestres avec 7 pays et saproximité du sud de l'Europe, qui«
 favorise l'émergence et le dévelop- pement de l'émigration par mer desnationaux et des immigrants en pro-venance des pays d'Afrique».
L’offi-cier indique que le phénomène har-raga a connu une forte progressiondepuis 2005, du fait de la courte dis-tance qui sépare les villes côtières del'Espagne (100 à 180 km entre la wi-laya de Aïn Témouchent et Almeria)et de l'Italie (230 km entre la wilayade Annaba, 217 entre El Taref et laSardaigne). Cette progression aconnu une baisse en 2007, puisque,selon le colonel, le nombre de per-sonnes arrêtées en 2006 est passé de1071 à 320 en 2007, et de 100 en2008 à 8 en 2009. Il précise que lamajorité des candidats harraga a ten-té de partir en Europe, dans la légali-té, avant de risquer leur vie, puisque62 % d’entre eux ont affirmé avoirformulé des demandes de visa reje-tées par les chancelleries. Ce que lecommissaire de police Bencherif Mahdi confirme en déclarant que cesont les restrictions sur les visas quipoussent les jeunes à risquer leurvie. Les services de la gendarmerien’ont pas encore identifié de ré-seaux de passeurs organisés de har-raga. Pour le colonel Abdeslam Ze-ghida, il s’agit plutôt de petitsgroupes de 8 à 10 personnes, dontl'âge varie entre 19 et 40 ans, qui co-tisent pour acheter une embarcation,s'approvisionner en carburant, se do-ter en équipements de navigation,tels que le GPS et les boussoles, etquitter le pays durant la nuit.
ÉVOLUTION DUPHÉNOMÈNE MIGRATOIRE
Par contre, ce qui inquiète aussi bienla police que la gendarmerie c’estcette «é
volution du phénomène mi-gratoire de ressortissants étrangerset sa connexion avérée avec lesautres formes d'activités criminellesorganisées (escroquerie, trafic dedrogue, particulièrement cellesdures, réseaux de faux documents,mise en circulation de fausses mon-naies, ainsi que la prostitution)constitue une réelle menace pour l'ordre et la sécurité publics (...)»
.Le colonel Zeghida estime que
«l’analyse de la situation fait ressor-tir que la menace de ce phénomènede la migration sur l'Algérie va àl'avenir s'accentuer davantage auregard de la transformation progres-sive du pays en un lieu de fixation pour les immigrants irréguliers enraison de la crise financière et éco-nomique mondiale qui a généré unecrise dans l'emploi en Europe»
.L’officier relève une hausse considé-rable de ce trafic, en l’espace de 5ans, en affirmant que 900 migrantsillégaux ont été interpellés en 1995et 8000 en 2000.
«Depuis cette date,l’Algérie se transforme de plus en plus en un pays de fixation des im-migrants illégaux en raison de la fer-meture des frontières européennes,de l’embellie économique du pays et de la crise économique en Europe. Des milliers d'étrangers en situationirrégulière se sont installés définiti-vement dans notre pays»
, note le co-lonel. Une analyse qui rejoint celledu commissaire Boumahdi. Selonlui, les services de police enregis-trent une hausse de plus en plus im-portante en matière d’arrestationsdes étrangers en situation irréguliè-re. Ainsi, en 2005, la police a arrêté335 émigrés clandestins, dont lenombre est passé à 1636 en 2006,1858 en 2007, et 2215 en 2008. Ilajoute que durant les 3 dernières an-nées, 29 463 étrangers ont fait l'objetde mesures restrictives. Pour l’offi-cier de police, ce phénomène a prisde l’ampleur parce que pris en char-ge par des réseaux spécialisés depasseurs. Une situation qui a pousséla Sûreté nationale à mettre en placeun nouveau dispositif à travers lacréation d'un service central de luttecontre le trafic des migrants, ayantpour but de combattre les filières depasseurs, et celle de 11 brigades ré-gionales d'investigation sur l'immi-gration et l'émigration clandestine(Bric). Le premier bilan de cettestructure à Illizi par exemple fait étatd'un démantèlement d'un réseau depasseurs important en 2007. Il s'agitde l'arrestation de 1393 personnesliées à l'émigration clandestine, dont1360 étrangers et 33 Algériens. Par-mi ces derniers figurent 30 transpor-teurs, 4 guides, 2 logeurs, 2 faus-saires de monnaies et de papiers, 6contrebandiers et une bande crimi-nelle transnationale. Au cour de cesopérations, les policiers ont saisi 46véhicules type 4x4, 6035 litres degasoil, 3 téléphones satellitairesThuraya, 146 boîtes de médica-ments, 93 montres, 157 650 DA et 1908 000 CFA, et un lot de pièces dé-tachées. En 2008, la Bric de Tlem-cen a mené une autre opération simi-laire qui a permis l'interpellation de458 personnes liées à l'émigrationclandestine, dont 360 étrangers et 98Algériens. Parmi eux, 4 employeurs,2 organisateurs, 1 transporteur, 1guide et 1 logeur. La police a saisi unvéhicule, 13 000 euros et 3160 di-rhams. En conclusion, policiers etgendarmes attirent l'attention desautorités sur l'ampleur du phénomè-ne migratoire clandestin, et son co-rollaire en termes de criminalité etsa dangerosité par les connexionsparticulières avec les organisationscriminelles transnationales et quiconstituent aujourd'hui une préoccu-pation majeure de tous les Etats quifont d'ailleurs de sa prise en chargeune priorité absolue.Pour eux, le traitement de ces fléauxdoit s'opérer à travers la prise encharge de leurs causes profondesque sont
«l'écart de développement,une meilleure circulation des per-sonnes, qui ne peut que réduire lamigration clandestine et par làmême le rôle des filières de trafi-quants d'êtres humains ; la coopéra-tion des pays du Sud dans la luttecontre ce phénomène est intimement liée aux efforts que consentiraient les pays du Nord en matière d'immi-gration légale et de circulation des personnes».
S. T.
Oran
De notre envoyé spécial
U
n groupe de 24 candidats à l’émigration clan-destine a été intercepté, hier-matin à Oran. Lesgardes-côtes et les éléments de la Gendarmerie na-tionale ont, en effet, réussi à faire avorter la tentati-ve de ces jeunes qui ont choisi la plage de Sakhr ElAdjouz, dans la commune de Aïn Turck, pour ten-ter la traversée. C’est ce qu’a déclaré, le comman-dant du groupement de la gendarmerie d’Oran, lecolonel Bidel Aïssa, lors d’un point de presse ani-mé au siège du groupement. Selon l’interlocuteur,les éléments de la gendarmerie ont surpris ces indi-vidus au moment où ils s’apprêtaient à prendre lelarge.
«La gendarmerie a arrêté 5 jeunes qui n’ont  pas pu monter dans l’embarcation, alors que 19autres ont réussi à prendre le large. Les gendarmesont alors alerté les gardes-côtes qui les ont pour-suivis et ont réussi à les intercepter non loin de la plage»
, explique-t-il. Le nombre de candidats àl’émigration clandestine ne cesse d’augmenter. Enmoins d’un mois, plus de 96 personnes ont été arrê-tées par les gendarmes et les gardes-côtes dans larégion d’Oran. Le 9 mai dernier, 21 jeunes ont ten-té de rejoindre les côtes espagnoles à bord d’un zo-diac. Mais leur tentative a échoué et ils ont été in-terceptés par les gardes-côtes. Une semaine plustard, le 17 mai passé, 45 personnes ont été égale-ment arrêtées toujours dans la région de Aïn-Turck(au niveau de cap Falcon). Les émigrés clandestinsne reculent devant rien. Et rien ne fait reculer les jeunes candidats à l’émigration clandestine. Denombreux jeunes, en proie au désespoir, risquentchaque semaine leur vie en haute mer. Cela en dé-pit du durcissement de la loi, aux yeux de laquellel’émigration clandestine est considérée comme undélit. La loi, rappelons-le, condamne les candidatsà l’émigration clandestine à plus de six mois d’em-prisonnement ainsi qu’à des amendes.
LES MALFAITEURS DE LA RN
11
DEVANTLA JUSTICE
Selon le colonel Bidel Aïssa, la Gendarmerie natio-nale a réussi à arrêter un groupe de malfaiteurs quiterrorisait les usagers de la RN11, reliant Oran etMostaganem. Ce groupe, composé de 4 per-sonnes, sème des pierres sur la chaussée pour en-dommager les véhicules des particuliers pour lesobliger à s’arrêter.
«Une fois le véhicule est immo-bilisé, les malfaiteurs sortent de leur cachette pour détrousser leurs victimes»
, dit-il. Des éléments dela section spéciale d’intervention (SSI) du groupe-ment de la gendarmerie d’Oran ont réalisé une opé-ration, le 31 mai dernier, qui a abouti à l’arrestationd’un membre de ce groupe qui leur a donné l’iden-tité de ses compagnons.
«Les malfaiteurs qui sont au nombre de 4 ont été présentés aujourd’hui (hier,ndlr) à la justice»
, ajoute-t-il. Les gendarmes, in-dique encore l’orateur, ont réussi à mettre un termeà l’activité d’une association de malfaiteurs spécia-lisés dans le vol des groupes électrogènes des opé-rateurs de téléphonie mobile en Algérie. Ce grou-pe, enchaîne-t-il, opère dans toutes les wilayas cô-tières de l’ouest du pays.
«Le 29 avril dernier, nousavons pu arrêter 4 personnes parmi les membresde ce réseau, alors que 5 autres sont toujours en fuite. Nous avons également récupéré troisgroupes électrogènes»
, conclut-il.
 M.Makedhi
    P    H    O    T    O  :    M .    S    A    L    I    M
29 463 ÉTRANGERS ONT FAIT L’OBJET DE MESURES RESTRICTIVES
L’Algérie devientune terre d’immigration
LORS D’UNE OPÉRATION DES GARDE-CÔTES ET DE LA GENDARMERIE
24
candidats à l’émigration clandestine interceptés à Oran
L’embellie financière encourage les immigrants clandestins à s’installer en Algérie
BLANCHIMENTDE CAPITAUX
Une filière qui financeles réseaux terroristes
L
e blanchiment prend depuis des chemins diverspour financer une économie parallèle, des fi-lières de crimes organisés ou des réseaux terro-ristes. Ces derniers, selon Bouanane Medjber, direc-teur de la lutte contre la fraude douanière à la directiongénérale des Douanes, activent sous couvert d'opéra-tions d'import-export, en recourant à des «prête-noms» qui ignorent souvent la nature des opérationsqui sont réalisées en leur nom et sous couvert de leurregistre du commerce. Les vrais propriétaires, qu'ilssoient liés à des réseaux criminels, terroristes ou desimples trafiquants visant à échapper à tout contrôle,restent souvent invisibles et en cas de contrôle ne ré-clament pas leurs marchandises.
«Actuellement,quelque 400 conteneurs sont bloqués au port, sansque personne ne vienne les réclamer»
, note en guised'exemple le directeur de la lutte contre la fraudedouanière à la direction des Douanes. Ce dernier rela-te le cas d'une personne interpellée dont le registre ducommerce a été utilisé pour 540 opérations d'importa-tion en une année, équivalent à plusieurs milliards dedinars alors qu’elle habitait dans un 20 m
2
dans la wi-laya de Boumerdès ! Une anecdote qui en dit long surles fraudes commises et les subterfuges utilisés. Dansces cas, les services des douanes constatent en pre-mier lieu les infractions commises, telles que lesfausses déclarations, les faux et usages de faux docu-ments... avant d'examiner les infractions sous l'angledu crime de blanchiment d'argent. Et dans ce domai-ne, la tâche n'est pas facile pour les services desdouanes étant donné le manque d'outils juridiques etd'investigation, d'où l'interconnexion qu'établissent leplus souvent les Douanes avec les services de police etde la Banque d'Algérie pour mettre un terme aux in-fractions constatées.En plus de l'import-export, les filières de blanchimentont recours à la contrebande, au trafic de stupéfiants,elles infiltrent aussi les réseaux de la contrefaçon àtravers lesquels l'argent est recyclé et remis en circula-tion en Algérie pour alimenter les différents trafics, lemarché informel ou pour être utilisé à des fins crimi-nelles ou terroristes. La tâche des différents services,note cependant M.Bouanane, n'est pas facile étantdonné que les opérations d'importations par exemplesont le plus souvent financées en partie par le biais desopérations bancaires, mais aussi par «valises», soit enargent liquide dont la provenance et l'origine sont sou-vent difficiles à déterminer.Certains voyageurs sont aussi impliqués dans ce tra-fic, les services des douanes ayant saisi en 2008l'équivalent de 10 millions de dollars sur des passa-gers. La corruption de certains agents des douanes estégalement à mettre à l'index, selon M. Bouanane quicite le cas de 900 agents douaniers arrêtés, entre 2006et 2009, pour complicité dans des opérations de traficdouanier.Il reste que la lutte contre le blanchiment d'argent, se-lon Abdelmadjid Amghar, président de la cellule detraitement du renseignement financier au ministèredes Finances
«est un concept nouveau pour l'Algérieet que tout reste à faire dans ce domaine»
. Pour cet ex-pert, il faut renforcer la culture du contrôle,
«spéciale-ment dans le secteur financier»
afin qu'il puisse dis-poser
«de systèmes d'information et d'outils de détec-tion et de surveillance efficaces»
.
Zhor Hadjam
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