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L’ACTUALITÉ POITOU-CHARENTES 
 N° 81 
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Field, pour faire adopter son projet de code civil dansl’Etat de New York. Malgré l’échec de cette entreprise,son projet fut reçu par quelques Etats de l’Ouest et par-ticulièrement par l’Etat de Californie qui l’adopta en1872 après quelques modifications relatives au droitminier notamment. La singularité de l’entreprise repo-sait sur le fait que l’Etat de New York ne comptait pasO’Reilly du nom du gouverneur espagnol de la Loui-siane. A partir de cette date les habitants se trouvè-rent soumis au droit espagnol. Le 1
er
octobre 1800,par le traité de San Idelfonso, la Louisiane fut rétro-cédée à la France qui n’en prit possession officielleque le 30 novembre 1803. Quelques semaines plustard en 1804 lorsque les Etats-Unis prirent possessiondu territoire qu’ils venaient de racheter à la France, leprésident américain Thomas Jefferson (1743-1826)souhaita complètement remplacer le droit civil espa-gnol et les influences françaises par la «common law».Sous la pression de la législature pro-civiliste, un Di-geste, c’est-à-dire une compilation des lois existantes,d’abord écrit en français puis traduit en anglais, futadopté en 1808. C’était un compromis entre «commonlaw» et droit civil. La première s’appliquait à la pro-cédure criminelle et le deuxième aux relations fami-liales, aux relations personnelles et à la propriété pri-vée. C’est le code civil de 1825 rédigé par EdwardLivingston et deux autres commissaires qui allait ser-vir de base de droit civil pour l’Etat de Louisiane etqui allait grandement influencer David Dudley Fieldet son projet de codification.
LE CODE CIVIL DU QUÉBEC
Cette codification se situe aux alentours de 1865 aumoment ou la province de Québec au Canada adop-tait son premier code civil qui entra en vigueur le 1
er
août 1866. Ce succès s’explique par le fait qu’au Qué-bec il existait une forte communauté française qui avaitd’abord été soumise à la coutume de Paris depuis lacharte royale de Louis XIV en 1712 puis, à partir de1763, le territoire passa sous souveraineté anglaise quiallait se lancer dans une malheureuse et dramatiquepolitique d’assimilation jusqu’en 1774. C’est seule-
 Entre common law
D
Fabrice Scotto est doctorant àl’Université de Poitiers, allocataire derecherche de la Région Poitou-Charentes. Actuellement à New Yorkpour ses recherches, notamment surDavid Dudley Field, il effectue sathèse sur la codification du droit del’Etat de New York dans la deuxièmemoitié du
XIX
e
siècle (dir. Eric Gojosso)et devrait présenter ses travaux cetautomne (école doctorale de droit etsciences politiques de Poitiers).
Entre codification en Louisiane et au Québec, la réforme de laprocédure civile et le projet de code civil de David Dudley Fieldpour l’Etat de New York (1848-1886)
Par
Fabrice Scotto
et droit civil
ans l’histoire du droit américain, un épisodedemeure assez méconnu : la tentative d’unbrillant avocat et réformateur, David Dudleyune communauté française à l’instardes territoires de Louisiane et duQuébec et n’avait aucun antécédentespagnol qui pouvait justifier –comme dans les Etats de Louisiane,Floride, Texas ou Californie – le re-cours au droit civil. Voyons briève-ment les cas de la Louisiane et duQuébec avant de nous intéresser àDavid Dudley Field et à son projet decode civil pour l’Etat de New York.
LE CODE CIVILDE LOUISIANE
En Louisiane, une forme de droit ci-vil avait déjà été introduite aux alen-tours de la Nouvelle-Orléans quandle territoire fut cédé par Louis XV àson cousin Charles III d’Espagne en1763. La population d’origine fran-çaise – les Cajuns eux-mêmes ori-ginaires d’Acadie – avait été jusque-là soumise au droit français et leresta jusqu’au 25 novembre 1769date de l’entrée en vigueur du code
Actu81.pmd 01/07/2008, 15:3696

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