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L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES
N° 82
6
L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES
N° 82
6
m
ars 1985, une image dans un pro-gramme télé accroche l’œil et percutel’imagination de Nicolas Stanzick alorsâgé de 7 ans. Elle représente Dracula. Le jeune Poitevin patientera deux ans avantde voir le comte évoluer sur écran mais levoilà prédisposé pour le fantastique. Juin2003, il achève à la Sorbonne un cursuscommencé à l’Université de Poitiers. Aprèsdes mois à chercher en vain un sujet surlequel bâtir son mémoire d’histoire, le voilàqui s’impose de lui-même : la Hammer.Fondée en 1934, cette société londonienne
culture
quand le fantastiue vous rattrape
a produit plus de 260 lms et surtout im
-posé un renouveau du genre fantastiqueà l’aube des années 1960. Puisant dansl’esthétique gothique ancrée dans la période
victorienne, elle réinvente alors des gures
mythiques telles Frankenstein, le Loup-Garou, la Momie et bien sûr ce Draculaincarné à l’écran par Christopher Lee etdont l’image intriguait tant le jeune Stan-zick. Ces créatures seront pour lui autantde compagnons de veillée à la faveur des
rares rediffusions dont ces lms font l’objet
à la télévision. Avec la Hammer pour axed’étude, le terme de mémoire prend tout sonsens pour Nicolas Stanzick. Mais au-delàde l’histoire personnelle, en précisant sesrecherches sur la réception culturelle dansl’Hexagone des productions de la Ham-mer, il met le doigt sur une page méconnueet pourtant passionnante de la cinéphiliefrançaise, celle du fantastique.
Dès la n des années 1950, ils sont quel
-ques-uns en France à se passionner pource renouveau du genre.
Frankenstein s’est échappé 
met le feu aux poudres dès 1957mais c’est
 Le Cauchemar de Dracula
quifera date en 1959 et inaugura une longuesérie de résurrection du vampire devenu
séducteur. Ce lm impose une esthétique
sanglante, introduit un réalisme fantastiquepar l’utilisation du Technicolor et révèleun réalisateur : Terence Fisher. Il faudradix ans avant que la critique dominantereconnaisse les qualités d’un cinéma qu’elle juge a priori infantile. C’est cette réceptionaffective, intellectuelle et contrastée queNicolas Stanzick s’emploie à retracer, et dèsle début de ses recherches, il a l’intuition detenir la matière d’un futur livre. «Contraire-ment à l’Angleterre ou aux Etats-Unis, il n’yavait jusqu’alors pas en France d’ouvragesconsacrés à la Hammer mais de grandslivres portant sur le cinéma fantastique engénéral. Parce que des années 1960 aux an-nées 1980, la question clé a été avant tout delégitimer ce genre dans son ensemble.»En conjuguant l’histoire de la Hammeret celle de la cinéphilie fantastique fran-çaise, animée par le goût du subversif etde l’étrange, Nicolas Stanzick tient unetrame passionnante – reste à prouver que
le rôle qu’il fait jouer à la rme anglaise
dans l’éclosion d’une contre-culture pré-68 n’est pas surévalué. Son travail s’appuie
principalement sur les lms, les critiques
de l’époque et les témoignages. Il rencontreau printemps 2004 une dizaine de cinéphi-les, ceux-là mêmes qui ont défendu pied àpied le cinéma de la Hammer. Anecdoteset souvenirs de projections dans des sallesaux réputations sulfureuses dépeignent lavitalité d’une époque où, à l’image de NoëlSimsolo, certains étaient littéralement prêts
à se battre pour défendre un lm. Nicolas
Stanzick le rappelle : «Le cinéma fantastiqueest admis aujourd’hui, il est même dominant
au box-ofce. Ce qui n’était pas du tout le
cas à l’époque. Et ça, c’est une incontestablevictoire de la Hammer. Finalement, c’est ellequi impose le cinéma fantastique dans lemonde.» En 2007, une rétrospective TerenceFisher à la Cinémathèque française parachè-ve cette légitimation. Cette reconnaissancen’a pour autant pas épuisé la part de mys-tère qui entoure les années 1960. «Quand j’ai rencontré les fondateurs de la revue
 Minuit-Midi Fantastique
et les cinéphilesqui sont interviewés dans le livre, j’avais unpeu l’impression d’être confronté aux hérosfabuleux d’une époque mythique
.
» Cettedécennie qui marqua un tournant culturelunique inspire également sur le plan musicalle jeune auteur, par ailleurs guitariste dansUltrazeen, formation inspirée par le rockbritannique. Nicolas Stanzick a trouvé avecla Hammer un angle original et personnelpour ranimer cette époque qui, à bien deségards, le hante et dont il compte désormaisparmi les nouveaux hérauts.
Alexandre Duval 
Dans les griffes de la Hammer 
, deNiclas Stanzick, d. Scali, 462 p., 29
e
Vietnam
Séastien Laal photographie lespopulations inoritaires u vietna.
Après avoir été projetées au Festival
e Hue 2008, ses iages seront pré-sentées au centre culturel e Hanoi ennoere, puis à la aison e l’Ino-chine à Paris e férier à ai 2009.
Nicolas Stanzick
   A   l  e  x  a  n   d  r  e   D  u  v  a   l
ExPoSitioNS
Frac Poitou-Charentes 
: «Larsen», ex-position e la collection autour e laboîte en alise e marcel duchap :Francis bauein, Eouar boyer,Eric duyckaerts, Say Engraer,Franck Eon, Richar Fauguet, Hans-Peter Felann, Sylie Fleury, Fréé-ric Fourcau, Hallgriur Helgason,Pierre Huyghe, Pierre Jahan, bertranLaier, Les reay-aes appartien-nent à tout le one ®, PhilippeParreno, martin Tupper, Jens Wolf. AAngoulêe (63  besson-bey) u 7noere au 7 férier. 05 46 92 87 01
Thierry Girard 
: «voyage au pays uRéel» au usée ’Agesci à Niort, u 8octore au 7 écere ; «Feng ShuiLanscapes» à l’Alliance française eShanghai, en noere ; «Noise» àla iennale ’art conteporain e bè-gles en noere ; «Un hier ’Oise»à la galerie nationale e la tapisserieà beauais à partir u 20 noere.
Antonio Segui 
: Une grane sculpturee l’artiste argentin sera installée à lai-noere à l’école ’arts plasti-ques e Châtellerault.
Glen Baxter 
: dessins à la galeriemartine et Thiault e la Châtre, àParis, à partir u 5 écere.
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