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L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES
N° 82
24
jalmalv
«
d
’un côté notre société médiatise à outrancela mort accidentelle et spectaculaire, del’autre elle occulte complètement la mort 
“normale”, point fnal de la vie de tout être humain.
Si bien que les gens ne s’y préparent pas et se sentent 
démunis quand la fn de vie est confrmée par les mé 
-decins»
, souligne Marie-Christine Rouleau, bénévoleet membre active de Jalmalv 86. Quand ce moment estannoncé, pour certains patients, les visites des prochess’espacent et sont moins régulières. L’entourage estsouvent démuni devant ce mourant qui a autant, voireplus, besoin de communication pour affronter l’angoisseet le questionnement qui le submergent. D’ailleurs, quandle lien est maintenu et l’accompagnement bien réel, leséchanges sont souvent d’une rare intensité.
«La fn de
tion, libérer la parole, qui pourra ensuite s’instaurerentre les conjoints.»
D’autres se penchent sur leur passéet ressentent le besoin de s’alléger.
«Nous sommes là pour recevoir ces souvenirs qui pèsent, ces non-dits jamais exprimés.»
Si cette parole est cruciale, elle n’estpas le seul vecteur de communication employé par lesbénévoles. Nombre de patients ne s’expriment que demanière non verbale. Dans ces cas-là aussi, la présenceet l’écoute active (basée sur la reformulation, «sorted’accusé de réception de la parole», et sur l’adoptionde postures et de gestes miroirs) instaurent une relationd’une grande qualité et comblent ce besoin de se sentirencore un membre à part entière de la communautédes hommes.L’association poitevine, membre d’une fédérationnationale, Jalmalv (Jusqu’à la mort accompagner lavie) regroupe une centaine d’adhérents et compte unevingtaine de bénévoles actifs. Ces bénévoles attentifs etassidus interviennent chaque semaine dans les servicesde soins palliatifs, dans les services spécialisés, surtoutla rhumatologie et la pneumologie, dans les maisonsde retraite ou à domicile auprès des malades maisaussi de leur entourage.
«Nous n’intervenons qu’avecl’accord des patients, sur leur sollicitation ou celle deleurs proches ou celle des soignants.»
 Etre attentif à l’autre ne s’improvise pas, notammentquand cette écoute s’exerce auprès de personnesconfrontées à leur propre mort. A Jalmalv, tous lesbénévoles sont formés pendant un an avant d’envisa-ger toute intervention auprès des mourants.
«Pendant cette période, les bénévoles échangent avec d’autresbénévoles, ils s’entretiennent avec la psychologue sa-lariée de l’association et rencontrent des intervenantsextérieurs, spécialistes de la vieillesse ou des soins palliatifs.»
Les bénévoles apprennent ainsi à connaître
Jalmalv 86 intervient dans les nitsde sins de site des services dermatlgie et de pnemlgie dChu de Pitiers, dans l’nit de sinsde site et le lng sjr de la Maisnmdicale des Gâts de Câtelleralt,à la cliniqe Saint-Carles à Pitiers.Jalmalv, 16 re Alpnse Dadet86000 Pitiers. Tl. 05 49 46 90 71.Permanence le mardi de 1730 à 19.
jusqu’à la mort
accompagner la vie
L’association Jalmalv œuvre depuis 25 ans pourle développement de l’accompagnement et des liensde solidarités vers les personnes en fn de vie
Par
Ahn-Gaëlle Truong
Photo
Thierry Girard
vie, c’est encore la vie
, poursuit Ma-rie-Christine.
 Les mourants sont desvivants et nous essayons simplement de rendre cette étape plus humaineen maintenant le patient dans unréseau relationnel en lui apportant une écoute et une présence.»
 Par exemple, au sein d’un cou-ple, quand la mort d’un des conjointsest annoncée, certains sont incapa-bles de l’envisager et d’en parlerensemble.
«La présence d’un tiers peut déverrouiller la communica-
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