Une introduction aux jeux stochastiques 137
des autres joueurs. A cet effet, la théorie des jeux admet : i) que chaque joueur s’ef-force de prendre les meilleures décisions pour lui-même et sait que les autres font demême; ii) que le précédent fait, c’est-à-dire i), est une connaissance commune à tousles joueurs.4.2.1.1.
Critères distinguant différentes formes de jeux
Les jeux à un seul joueur (jeux d’adresse, casses-têtes, énigmes, etc.). Ils se ra-mènent souvent à des problèmes d’optimisation classique, de planification dans unespace de grande taille par exemple pour les casses-tête ou de planification dans l’in-certain (
MDP
) pour les jeux d’adresse. On s’intéresse donc ici à des jeux à plusieurs joueurs et, la plupart du temps, à
information complète
, c’est-à-dire que chaque joueurconnaît les règles du jeu (dont les coups que peuvent choisir lui-même et les autres joueurs selon le moment du jeu) ainsi que les objectifs de tous les joueurs. Dans lecas contraire, dans le cas d’un jeu à information incomplète, il faudrait soit agir demanière prudente, soit essayer de comprendre les objectifs des autres joueurs.Avec deux joueurs ou plus, le mot « jeu » peut faire en premier lieu penser auxéchecs ou aux dames, des jeux
séquentiels
– parce que chaque joueur joue à son tour– et à
information parfaite
– parce que l’on agit en connaissance de la situation exactedu jeu.On se trouve dans une situation différente dans un jeu de cartes classique, lestours de jeu étant en général aussi alternés, mais le jeu étant souvent à
informationimparfaite
: on ne sait pas quelles cartes les autres joueurs ont ou l’ordre des cartesdans la botte. Une autre différence est qu’ici apparaît la notion de hasard : il fautque les cartes aient été battues pour que l’on ne sache pas comment elles ont étédistribuées. Un jeu peut aussi être à information imparfaite si un joueur n’observe pastous les coups effectués par les autres joueurs, par exemple quelles cartes sont passéesd’une main à une autre ou ont été remises dans le tas.Dans certains autres jeux, plusieurs joueurs (voire tous) peuvent agir en mêmetemps. On parle alors de jeu
simultané
. C’est le cas par exemple dans « diplomatie »,un jeu de stratégie dans lequel les prochains mouvements des troupes de chaquejoueursont à chaque tour : 1) discutés entre joueurs (qui peuvent mentir), 2) notés sur desfeuilles de papier et 3) exécutés simultanément (où l’on voit qui a menti à qui). C’estle cas aussi dans le cas plus simple d’un penalty ou des tirs au but en football : tireuret gardien doivent souvent choisir leurs mouvements simultanément en espérant avoirdeviné quel côté l’adversaire aura choisi.La plupart des jeux peuvent se ramener à des jeux à somme nulle, c’est-à-dire des jeux dans lesquels la somme des gains des joueurs vaut toujours zéro. Dans le cas d’un jeu à deux joueurs, cela signifie trivialement que, quand l’un gagne, l’autre perd.
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