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L’ACTuALITé PoITou-ChARENTES
N° 84
66
recherche
RAPPoRT BALLADuR
Vers la fn du Pitu-Charentes ?
p
icardie, Poitou-Charentes rayées de fu
-tures cartes de l’organisation française,est-ce un vrai ou un faux big-bang ?
Dans le rapport du comité Balladur (132 p.),
la démonstration est faite qu’il n’est pasquestion de rechercher de nouvelles mar-
ges de manœuvre nancière pour l’action
publique – le choix aurait pu être fait d’une
abolition du «paquet scal» au prot d’un«paquet social» – mais l’urgence est dans
la transformation de l’architecture descollectivités locales qui consacrent desbudgets croissants pour mieux satisfaireles besoins des populations. Il est claire-
ment dit qu’aucune réforme scale n’est
possible sans un réexamen de la répartitiondes compétences entre les catégories decollectivités locales, ce qui suppose d’en
nir avec l’imbroglio institutionnel (créépar l’Etat au l des lois d’aménagement).
Ainsi est évacuée toute alternative réelle
quant aux moyens solidaires des politi
-
ques publiques, au prot d’une énième
proposition de réforme des structures.Les structures d’abord, les compétences
ensuite, les nances enn : cet ordre a
surtout pour le gouvernement de ne pasinterroger sur un changement radicald’orientation de politique générale.Ainsi, le rapport du comité Balladura l’avantage de détourner le regard del’habitant du double désengagement del’Etat : un désengagement territorial sansprécédent depuis cinquante ans, avec laréorganisation de la carte de la justiceet la suppression de tribunaux dans denombreuses petites villes, avec la cartede la santé et la suppression d’hôpitaux enmilieu de faible densité ou la nouvelle cartede l’armée et les suppressions de casernesdans de nombreuses villes (la suppression
du tribunal à Montmorillon, Civray, Melle,
du tribunal de grande instance à Rochefortet Bressuire ou la suppression de l’Ecolede gendarmerie de Châtellerault illustrent
ce phénomène).
Ce rapport évite de débattre des problèmesactuels d’aménagement du territoire quesont les compétences et les ressources àla disposition des niveaux de décisionlocale, dans un contexte de transferts decompétences croissantes vers les collecti-
vités locales sans compensation nancièresufsante. Ainsi, est-ce que l’instauration
d’un grand Sud-Ouest changerait la clé derépartition imposée par l’Etat aux régionset aux autres institutions territoriales
pour nancer la Ligne à grande vitesse
Sud Europe Atlantique ? Est-ce qu’ellerééquilibrerait la part importante queles collectivités concernées consacrent àleurs universités par rapport à leurs res-sources, comparé à ce que l’on observe enRhône-Alpes ou en Provence-Alpes-Côte-d’Azur ? Les régions et leurs partenairesinfrarégionaux ont d’abord besoin de se
fortier avant de s’étirer.
Pour répondre aux intérêts de l’ensemble dela Région Poitou-Charentes, il ne faut pas secontenter de permettre aux Picto-Charen-tais de mieux relier Bordeaux et l’Espagne.
Cette perspective est certes bénéque pour
tous, à condition qu’elle s’inscrive dans unelogique de développement durable. Maissi Angoulême sera demain, en 2016, à 35minutes de Bordeaux, Poitiers sera à lamême époque à 35 minutes également deLimoges et dans le même intervalle-tempsavec Tours. L’intérêt de Poitou-Charentesn’est pas seulement d’être relié au Sud et
au Nord, c’est-à-dire de renforcer unique
-ment l’axe géographique qui le dessertdéjà favorablement. Il est de renforcersa position charnière en développant un
axe Ouest-Est, de La Rochelle-Niort àLimoges, pour relier ensuite Lyon et leNord de l’Italie. Sur le plan interrégional,
conforter le Centre-Ouest Atlantique entrele Poitou-Charentes et le Limousin est uneperspective qui satisfait aujourd’hui le plusgrand nombre de décideurs institutionnelset économiques.Faut-il souligner l’importance pourPoitiers, actuelle capitale régionale, desemplois liés à la présence des directionsrégionales de l’Etat, ceux liés au conseilrégional mais également au fait que ceslieux sont des centres de décision, essentielspour l’élaboration des projets de territoires.La suppression de ces centres pénaliseraitfortement Poitiers, au risque de fragiliser
à moyen terme son Université !
Le développement régional contem-
porain, des pays baltes à la péninsule
ibérique, s’appuie majoritairement sur
Yves Jean est prfesser deggrapie et directer de l’uFRsciences maines et arts del’universit de Pitiers. Il a cdirig
La France, aménager les territoires 
 (Armand Clin, 2008).
   M  a  r  c   D  e  n  e  y  e  r
Par
 Yves Jean
La pinte deChassirn, dansl’île d’olérn,et Villest enCharente.

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