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Contrat de consommation : information et qualité du produit en droit Algérien
Hadjira DENNOUNI Professeur à la faculté de Droit – Tlemcen Directrice du laboratoire de Droit Privé Fondamental 
La relation entre consommateurs et professionnels est une relation déséquilibrée à l’origine.Ce déséquilibre s’explique par la supériorité du professionnel aux plans des compétences,des informations dont il dispose, enfin par sa dimension financière.Cette position peut être à l’origine d’abus de la part du professionnel ; d’où risque pour leconsommateur d’en être la victime. Pour parer à cette situation, ou en limiter lesconséquences de moins, la loi tient compte de ce désavantage et assure au consommateurune certaine protection. Cette intervention du législateur, n’est pas sans porter atteinte auxrègles générales régissant le contrat : le principe étant l’égalité des contractants.Or, compte tenu de la position de faiblesse du consommateur ; il est mis à la charge duprofessionnel une série de mesures : il doit être en mesure de livre un produit ou assurer unservice conforme à l’attente légitime du législateur, et sûr ; c’est à dire exempt de tout vicesusceptible de porter atteinte à sa santé ou sa sécurité. D’autres communicants auront lesoin d’aborder ces aspects. En revanche, l’information du consommateur, nécessaire à sonconsentement, s’impose au niveau des préliminaires du contrat de consommation. Cesinformations relatives aux biens et services auront une influence sur la décision duconsommateur. L’obligation d’informer le consommateur (I) se traduit obligatoirement pardes signes permettant de distinguer l’entreprise ; mais qui attestent surtout de la qualité duproduit (II).
1. L’obligation d’informer le consommateur
Théoriquement l’obligation d’information précède la conclusion du contrat ; elle permetd’éclairer le choix du consommateur. N’étant pas liée au contrat, elle est de naturedélictuelle. Quant à l’information portée à la connaissance du consommateur après laconclusion du contrat, elle a pour objet de l’informer sur l’utilisation du produit ; elle est doncde nature contractuelle. En pratique, il est difficile de distinguer les deux types d’information,car chaque consommateur a ses propres raison qui l’incitent à conclure le contrat.Dans la législation algérienne, on dénombre deux catégories d’information : l’obligationgénérale d’information qui pèse sur tout professionnel ; et les obligations spécialesd’information.
1.1 L’obligation générale d’information 
Cette obligation n’est pas expressément formulée en droit de la consommation ; elle estperceptible en droit commun à travers l’exigence « de la bonne foi » dans la formation etl’exécution du contrat (article 107 al 2 et 3 du code civil algérien).Le droit commun sanctionne la mauvaise foi exprimée par le dol dans la formation du contrat(article 86 du code civil). Dans le droit de la consommation, l’obligation de renseignement nese limite pas à « satisfaire la curiosité du consommateur1 » mais s’étend à une obligation
1
D. ZENNAKI : « L’information comme source de protection des consommateurs » ; séminairenational sur la protection en matière de consommation ; Oran 14 et 15 mai 2000.
 
Symposium International : Qualité et Maintenance au Service de l’Entreprise QUALIMA01 - Tlemcen 2004 
plus générale de « satisfaire et répondre à l’attente légitime du consommateur » (article 3alinéa 2 et 3 de la loi de 89-02). L’alinéa 2 de l’article 3 de la dite loi précise cette attente, enparticulier, sa nature2 son espèce, son origine, ses qualités substantielles, sa composition,sa teneur.C’est le contrat qui définit donc l’étendue de ces renseignements ; c’est pourquoi, toutedéfaillance, rend le professionnel contractuellement responsable de tout dommage causé,car l’ignorance du consommateur est le plus souvent légitime3.La sanction en cas de défaut de renseignement est la nullité du contrat ; néanmoins cettesituation n’est pas envisageable, en tous cas en Algérie ; du fait que le recours aux tribunauxest souvent « hors de proposition » avec l’intérêt en jeu4.
1.2 Les obligations spéciales d’information 
Outre l’obligation générale de renseignement qui prend sa source directement du contrat ;qui demeure soumise à l’appréciation du juge, la loi prévoit d’autres informations à la chargedu professionnel. Elles ont un but préventif. Elles sont relatives à certains produits etservices. Elles ne mettent d’ailleurs pas un terme à l’obligation générale d’information. Parmices obligations selon la loi 89-02 : l’obligation d’information sur les caractéristiques des bienset services, l’obligation d’information sur les prix enfin l’obligation faite aux professionnelsd’utiliser la langue nationale.
1.2.1 L’obligation d’information sur les caractéristiques des biens et services 
l’article 4 de la 89-02 dispose : « les éléments prévus à l’article 3 de la présente loi sontadaptés suivant la nature et l’espèce du produit et/ou du service compte tenu des spécificitésqui le caractérisent et qui doivent être portés à la connaissance du consommateur selon lemode adapté au produit qui en est l’objet. Le texte demeure incomplet quant aux sanctionsprévues ; heureusement d’autres textes viennent les compléter. Ainsi en est-il du décret 90-367 du 10 novembre 1990 relatif à l’étiquetage et à la présentation des produitsalimentaires : « l’étiquetage » des denrées alimentaires précise le texte, « comporte lesmentions obligatoires suivantes »:la dénomination de vente.Le cas échéant la liste des ingrédients.La quantité nette exprimée..La date de fabrication exprimée par la mention « fabriqué le… » et la date limite deconservation.Le nom ou la raison sociale ou la marque déposée et l’adresse de la personne responsablede la fabrication du conditionnement, de la distribution ou de l’importation de la denrée.Si nécessaire le mode d’emploi et les conditions particulières d’utilisation.Toutes autres mentions rendues obligations par un texte spécifique.Pourtant, des dérogations sont prévues et justifiées par des « contraintes dimensionnelles decertains emballages ou de difficultés techniques éventuelles » (article 7 du décret 90-367).
2
Le produit
3
Jourdain : L’obligation de renseignement, Dalloz 1983, chronique p 139.
4
D. ZENNAKI : op.cit
 
Symposium International : Qualité et Maintenance au Service de l’Entreprise QUALIMA01 - Tlemcen 2004 
D’autres dérogations sont envisagées, telles relatives à l’indication de la liste desingrédients, la quantité nette du produit ainsi qu’au mode d’emploi de ce dernier. Selon ladoctrine5, il est vrai que les termes évoqués sont trop vagues ce qui pourrait éventuellementêtre interprété au profit de professionnels malintentionnés et peu scrupuleux6.Il convient toutefois d’exclusse de ces lacunes, le secret de fabrication d’un produit parexemple, et la dérogation est tout a fait légitime.
1.2.1-Les informations sur les prix et les conditions de vente 
Dans le cadre de la protection assurée par le législateur algérien au consommateur, deuxtextes fondamentaux sont mis en œuvre et combinés ; il s’agit de la loi 89-02 relative à laprotection du consommateur et l’ordonnance 95-06 du 25 janvier 1995 relative à laconcurrence. En effet, l’article 53 de cette dernière précise que : « La publicité des prix estobligatoire. Elle est assurée par le vendeur à l’effet d’informer le client sur les prix et lesconditions de vente des biens et services ». le but essentiel de cette disposion estl’information impérative du consommateur sur les prix. La publicité des prix est une règle d’ordans le jeu de la concurrence. C’est d’ailleurs le leit motiv des consommateurs « choisir lemeilleur rapport qualité/prix pour les produits mis sur le marché.Dans la pratique algérienne, la publicité des prix n’est pas toujours assurée, d’ailleurs, enviolation des dispositions légales.C’est pourquoi le vendeur annonce souvent des prix –avec une bonne marge de différence-selon la tête du client !Le défaut de publicité des prix est pourtant puni par une amende (article 51 de l’ordonnance95-06). Les services de répression de la fraude ne font pas de cette publicité leur cheval debataille, ayant d’autres priorités (défaut de facture ou contrefaçon) pourtant, éduquer lescommerçants à ces pratiques demeure une vertu contribuant efficacement à la transparencedu marché7.
1.2.3 L’obligation d’utiliser la langue nationale 
l’article 5 du décret 90-367 prévoit :« Les mentions d’étiquetage doivent être visibles, lisibles et indélébiles. Elles sont rédigéesen langue nationale et à titre complémentaire dans une autre langue ». la question de laseconde langue se pose bien évidemment. Et compte tenu du fait de l’utilisation quasi-généralisée de la langue française, il aurait été souhaitable de préciser que cette langueserait pour le moment la langue française, car nous ne voyons aucune utilité à utiliser lalangue turque ou chinoise inconnues du grand public.
1.3 Sanction de l’inexécution de l’obligation d’information 
selon le droit commun le manquement à l’obligation d’information du consommateur exposele contrat à la nullité (dol, erreur sur une qualité substantielle). Le code pénal quant à luiprévoit une peine d’emprisonnement et/ou une amende (article 429 du code pénal) pourtromperie.A cet égard soulignons que le droit de la consommation, branche du droit des affaires,combine les règles de droit commun (civil ou pénal) ainsi que des dispositions spéciales.
5
D. ZENNAKI : op.cit.
6
le texte prévoit que la dérogation est sollicitée du ministre chargé de la qualité.
7
Hadjira DENNOUNI : « La loi sur concurrence et la protection du consommateur », séminairenational sur la protection du consommateur 14 et 15 mai 2000, faculté de droit, Oran
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