blanche entre mes mains. J'entrais lentement par la porte aux vitres cassés, tenantfermement le sac qui me reliait encore à toi. Je me souviens encore de cette odeur marinée qui picotait mes narines, des murs d'un blanc qui ne l'était plus par manquede soin, de ces escaliers en bois qui grinçaient sous mes pas, de cette poussière sur lesrampes quand je passais ma main dessus, de la porte mal fermé de ton appartement,de cette odeur d'huile et de peinture qui venait remplacer l'odeur qui me picotaitencore, de toi qui étais concentré sur ton travail, de toi qui ne m'avais pas entendu, detoi si sérieux, passionné par ce que tu faisais, de toi qui avait remplacé toute mavision.J'étais restée ainsi immobile pendant une durée que je n'avais pas calculée, commeemprisonnée dans une illusion. Je pense que j'aurais pu rester y longtemps si, par mégarde, je n'avais pas fait tomber le vase qui se trouvait derrière moi, et bien sûr,qui créa un grand bruit. Tu t'étais retourné étonné et avais remarqué la fille maladroitequi essayait de réparer ses bêtises. Tu riais comme la dernière fois qu'on s'était vu enme voyant ramasser maladroitement les bouts de verres éparpillés par terre. Tu asvoulu m'aider, mais j'avais refusé car c'était de ma faute. Tu as insisté, mais monentêtement avait fini par gagner.En ramassant les derniers bouts de verres précipitamment, je m'étais coupée et tum'avais soigné patiemment. Tu étais si gentil et si chaleureux, j'avais honte d'avoir paru être une idiote devant toi. Peut-être que c'est à ce moment-là que j'ai remarquémes sentiments pour toi. Je voulais te rembourser le vase que j'avais cassé, mais tuavais catégoriquement refusé, même mon entêtement n'avait pas pu te faire changer d'avis. Aucun de nous deux ne voulant s'avouer vaincu, tu m'as proposé de poser pour toi pour ta nouvelle peinture pour te rembourser. Après avoir résisté pendant unmoment, j'ai finalement accepté seulement s'il devenait connu, au cas contraire je terembourserais. Tu avais poussé un soupir en souriant.Je m'étais changée à ta demande, dans une somptueuse robe d'un blanc pur. Je mesouviens des fleurs de lys éparpillés partout autour de moi et de la seule chaise envieux bois de la pièce, de l'odeur flottant dans les airs qui rendait l'atmosphère encore plus agréable, de ton regard sérieux qui peignait sur la toile trait par trait. C'était pour moi un moment vraiment magique. J'étais comme dans un conte pour enfants. J'étaisdevenue Cendrillon, c'est ce que je pensais. A ce moment-là, plus rien n'existait pour moi, seulement toi. _/O°*~_~*°O\_/O°*~_~*°O\_/O°*~_~*°O\_ Les jours passés, je venais de temps en temps te voir, puis plus souvent, pour finalement prendre l'habitude d'y aller tous les jours en t'amenant ce dont tu avais besoin. Quand je venais chez toi, tu me peignais sur ta toile dans une nouvelle tenuechaque fois, dans une nouvelle atmosphère, mais c'était toujours chaleureux, tu avaistoujours ce regard dans lequel j'étais absorbée. Malgré l'état de l'immeuble et desnombreux objets qui traînaient partout dans l'appartement, cet endroit était devenumon petit paradis. Quelquefois, on sortait nous promener dans un parc en bas de cheztoi, ou on faisait du vélo, moi assise derrière en criant quand on descendait les pentes.
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