femmes tandis que la continuité de l’immigration dans le temps a permis le rajeunissement de la population.
La réglementation des étrangers
Elle apparaît à la fin du XIXe siècle pour plusieurs raisons: d’abord parce que lesrecensements de population, devenus réguliers (tous les cinq ans), ont fait progresser la sciencedémographique; ainsi l’immigration est-elle perçue comme numériquement plus importante et plus diversifiée; la France est aussi plus nettement engagée dans la société industrielle etl’immigrant devient un concurrent sur le marché du travail, en particulier pour les jeunestravailleurs qui se sentent défavorisés par l’obligation du service militaire.Enfin, il existait depuis plus d’un siècle une population étrangère enracinée en France,mais non évaluable et difficilement contrôlable. L’État, qui intervient désormais massivementdans les secteurs de la vie sociale, met en place une législation de l’immigration et une politiquede protection des frontières. En 1889, est adopté le premier code de la nationalité, qui introduit lanotion de droit du sol, tandis qu’un décret de 1888 avait déjà imposé des papiers d’identité auxétrangers (il s’agit là de «l’ancêtre» de la carte de séjour).
Les causes des difficultés d’intégration
ne sont pas seulement économiques ou sociales(manque de formation et de qualification, faiblesse des ressources financières, sociales, etc.);elles relèvent également des représentations culturelles réciproques.- La
discrimination
envers les immigrés s’observe principalement lors de l’accès à l’emploi. Lesoffres d’emploi ouvertement discriminatoires sont pénalement condamnables, mais denombreuses autres pratiques, plus discrètes, échappent à la justice. C’est pourquoi le seulrecensement des condamnations judiciaires est insuffisant pour les évaluer.- Le
racisme
s’exerce surtout à l’égard des populations dont la présence évoque un passé coloniallourd de conflits: les immigrés d’origine maghrébine sont les premières cibles de l’hostilité desnationaux (avant les Africains, bien avant les Asiatiques et surtout les Portugais). L’adhésion àl’islam souvent perçu comme “inassimilable” dans la civilisation française ou tout au moinsréfractaire à la laïcité, et pourtant deuxième religion en France, est considérée dans le pire descas comme un défi à la tradition nationale d’intégration. Par ailleurs, certaines différences demœurs (statut de la femme, modes de vie, autorité familiale, etc.) alimentent le sentimentd’étrangeté.Dans une perspective historique, on doit noter que tous les groupes d’immigrés, quellesque furent leurs nationalités d’origine, leurs religions, leurs couleurs de peau ou leurs mœurs, ontété victimes du racisme.
La xénophobie
est souvent liée à une période de dépressionéconomique et les notions de “seuil de tolérance” ou "d’inassimilabilité” sont dépourvues de senssociologique.
Le modèle français d’immigration
L’immigration en France est une immigration de travail,non de peuplement. La législation de l’immigration mise en place à la fin du XIXe siècle a pour but de combler les vides des secteurs les plus défavorisés du marché du travail: il s’agit d’unrecrutement sélectif d’une maind’œuvre destinée aux métiers délaissés par les nationaux,redonnant ainsi plus de fluidité au marché du travail. Cela peut fonctionner parce que l’État estde nature démocratique et repose sur la liberté d’expression, la mobilité sociale, l’extensionincessante de la citoyenneté, grâce à la mise en place des droits économiques et sociaux.
3
Leave a Comment