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Gnose Et Gnosticisme Chez Rene Guenon -Par Jean Borella

Gnose Et Gnosticisme Chez Rene Guenon -Par Jean Borella

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GNOSE ET GNOSTICISMECHEZ RENE GUENON
Jean BorellaOn estimera sans doute que la question de la gnose et du gnosticisme n’occupe, chez René Guénon,qu’une place très secondaire. Et c’est tout à fait exact, si l’on s’en tient aux textes, puisqu’il n’aconsacré expressément à cette question aucun article 1. Pourtant, si l’on observe que la gnose nedésigne rien d’autre que la connaissance métaphysique ou science sacrée, force est alors d’admettreque Guénon ne traite pour ainsi dire que de cela, et qu’elle représente l’axe essentiel de toute sonœuvre. C’est de la gnose pure et véritable, telle que Guénon s’est efforcé de nous en communiquerle sens, que nous voudrions ici parler, parce que nous croyons qu’il n’y a pas, en Occident, de notionqui soit plus méconnue, ou plus mal comprise, que celle-là, ce dont nous a convaincu l’étudeattentive de la théologie et de la philosophie européenne.L’une des raisons majeures de cette incompréhension presque totale tient au fait, comme nousl’avons déjà signalé 1 bis, que le terme de gnose fut d’emblée discrédité par l’usage dévié qu’enfirent certaines écoles philosophico-religieuses du IIe siècle après J.C. qui, pour cette raison, ont étérangées sous la dénomination générale de gnosticisme. Au regard de la foi chrétienne, les deuxchoses paraissent à ce point liées qu’on ne saurait concevoir l’une sans l’autre, et l’on affirmera qu’iln’y a pas en réalité d’autre gnose que celle dont le gnosticisme aux cents visages nous donnel’exemple. Mais, par une conséquence qui n’a au fond rien d’étonnant, les adversaires duchristianisme adopteront la même attitude, et revendiqueront dans le gnosticisme, qu’ils identifientà la gnose véritable, la possession d’une tradition antérieure et supérieure à toute religion révélée.
 
Ce ne sont d’ailleurs pas seulement christianisme et anti-cléricalisme qui professent la confusion dela gnose et du gnosticisme ; Guénon lui-même, dans la première partie de sa vie adulte ne s’est-il pasemployé à ressusciter le gnosticisme, du moins sous sa forme cathare, en participant à la constitutiond’une « Eglise » gnostique, dont il fut (validement ou non) l’un des évêques ? Lui qui semble toujoursvouloir distinguer la pureté de la gnose des impuretés du gnosticisme, n’a-t-il pas été membre d’uneorganisation néo-gnostique, héritière prétendue d’une ancienne tradition, animée au demeurantd’un anti-catholicisme sans équivoque ?Y a-t-il eu changement dans l’attitude guénonienne ? Ou bien faut-il admettre que, comme il l’écrivitlui-même à Noëlle Maurice-denis Boulet, il « n’était entré dans ce milieu de la Gnose que pour ledétruire » 2 ? Nous verrons qu’à s’en tenir aux textes, il y a bien eu changement, à certains égards, cequi ne saurait exclure toute continuité, tant s’en faut. Nous estimons en effet que, pour ce qui est dela doctrine essentielle, de la métaphysique pure, Guénon n’a jamais varié, pour la raison qu’une tellevariation est tout simplement impossible : ce que l’intellect perçoit est, dans son essence la plusradicale, immuable évidence. On ne s’étonnera même pas qu’une telle perception apparaisse chezun tout jeune homme ; tout au contraire, c’est là chose normale : l’âme jeune est ouverte quasinaturellement aux lumières qui rayonnent de l’Esprit-Saint 3 tandis qu’avec l’âge viennent presquetoujours le durcissement et l’oubli. En revanche, les formes dans lesquelles on tente d’exprimer cesintuitions peuvent varier considérablement, car tout langage est tributaire d’une culture, et doncd’une histoire, c’est-à-dire d’une dialectique et d’une problématique, éventuellement inadéquate ettoujours « compliquantes ». Le choix des expressions relève alors d’un calcul d’opportunité où il estpresqu’impossible de gagner, et qui dépend lui-même de la connaissance que l’on prend de cettecette culture et de cette histoire. Une telle connaissance, portant sur des faits, ne peut être queprogressive et empirique ; elle dépend aussi, et nécessairement d’une certaine affinité du sujetconnaissant avec l’objet connu. Si bien que, en dehors de l’orthodoxie religieuse qui est garantie parl’autorité de la Tradition magistérielle, la signification d’aucune forme culturelle ne saurait êtreimmuablement définie ; elle change avec l’exactitude de nos informations et nos prédispositionsindividuelles, ou peut même être définitivement suspendue lorsque, décidément, la question esttrop embrouillée. Et l’on sait de reste que Guénon ne s’est jamais attardé là où il ne lui paraissait paspossible d’obtenir une lumière suffisante 4.Les considérations précédentes nous dictent notre plan. Avant toute chose, nous devons nousinterroger sur la nature véritable de ce phénomène historique que fut la gnose et le gnosticisme, car,en ce domaine tout particulièrement, les passions partisanes le disputent trop souvent à l’ignorance.Nous pourrons alors mieux apprécier ce que fut la période « gnosticisante » de René Guénon, entre1909 et 1912, qui nous retiendra en second lieu. Enfin nous nous efforcerons de montrer pourquoi lagnose « guénonienne » n’est précisément pas du gnosticisme, car c’est là, au fond, tout l’essentiel, etpeut-être ne l’a-t-on encore jamais bien expliqué.I. La gnose dans son histoireNotre intention n’est nullement de traiter ici de l’histoire du gnosticisme. Le dossier est si vaste et sicomplexe qu’il faudrait lui consacrer un volume entier. Il existe par ailleurs de bons exposés sur cettedifficile question 5. Nous voudrions seulement proposer un point de vue sur la genèse de cephénomène religieux qui permette d’en acquérir une intelligibilité synthétique, ce qui suppose quenous rappelions d’abord quelques données historiques élémentaires. Quelles que soient en effet lesréserves qu’il convient de faire à l’égard de certaines de ses conclusions, nous tenons cependant, encette affaire, la connaissance de l’histoire pour rigoureusement indispensable, d’autant que nousl’avons souligné ailleurs 6, l’histoire du gnosticisme est inséparable de son historiographie (ou parfoismême s’y réduit). Cette historiographie est d’ailleurs fort récente – les plus anciennes études neremontent pas au-delà du XVIIe siècle 7 – et ne se constitue véritablement qu’au XIXe, surtout grâce
 
aux travaux de l’historien allemand Harnak (1851-1930). Depuis les érudits les plus considérablesn’ont cessé de se passionner pour cette question, devenue l’un des problèmes majeurs de l’histoiredes religions. En 1945 cet intérêt devait bénéficier de l’une des découvertes les plus extraordinairesde l’archéologie chrétienne, celle d’une bibliothèque à Nag Hammâdi (khénoboskion) en Haute-Egypte 8 : en déterrant « par hasard » une jarre ensablée, on aperçut à l’intérieur 13 volumes enforme de codex (c’est-à-dire de cahiers assemblés et non de rouleaux ou volumen 9) « réunissant autotal selon les plus récentes évaluations cinquante trois écrits en majorité gnostiques » 10, ce quipermet désormais d’avoir accès directement aux textes. Jusqu’alors, en effet, tout ce qu’on savait deceux qu’on appelle « gnostiques » se réduisait aux citations et aux résumés qu’en avaient fait leshérésiologues (principalement S. Irénée et S. Hippolyte) ou à quelques fragments d’interprétationmalaisée 10 bis. Il s’en faut, pour autant, que la question du gnosticisme soit définitivement éclairéeou qu’elle en ait été fondamentalement transformée.De quoi s’agit-il ?A vrai dire, il n’est pas possible de répondre à cette question. On le pourrait s’il existait véritablementdes écoles de pensée se donnant à elles-mêmes le titre de gnostiques et caractérisées par un corpsde doctrines bien défini. Il n’en est rien. Le terme de « gnosticisme » est de fabrication récente et neparaît pas antérieur au début du XIXe siècle. Celui de « gnostique » (gnostikos) adjectif grecsignifiant, au sens ordinaire, « celui qui sait », le « savant », n’est employé que fort rarement pourcaractériser techniquement un mouvement philosophico-religieux : seuls, parmi toutes les sectesgnostiques, les Ophites se sont ainsi dénommés 11. C’est on a pu conclure : « Il n’y a aucune trace,dans le christianisme primitif de « gnosticisme » au sens d’une vaste catégorie historique, et l’usagemoderne de « gnostique » et « gnosticisme » pour désigner un mouvement religieux à la fois ampleet mal défini, est totalement inconnu dans la première catégorie chrétienne » 12. Assurémentlorsque les historiens appliquent cette catégorie religieuse à telle ou telle doctrine, ce n’est pasabsolument sans raison : on retrouve ici ou là, des éléments et des thèmes religieux communs, dontles deux plus constants paraissent être la condamnation de l’Ancien Testament et de son Dieu, d’unepart, et celle du monde sensible, d’autre part. Cependant, l’usage qu’ils en font est nécessairementdépendant de l’idée qu’ils s’en forment, c’est-à-dire, au fond, de la conception de la gnose elle-mêmeet de ce qu’ils peuvent en comprendre. Dans la mesure où la gnose connote également les idées deconnaissance mystérieuse et salvatrice, ne se communiquant à quelques uns que sous le voile dessymboles, mettant en jeu une cosmologie et une anthropologie extrêmement complexes, et ne seréalisant qu’à travers une sorte de théo-cosmogonie dramatique, dans cette mesure, le concept degnose prend une extension considérable. Les historiens seront alors fondés à en découvrir en desdomaines assez inattendus. En définitive, c’est la religion elle-même, quelle qu’en soit la forme, quis’identifiera à la gnose.Est-il possible de trouver cependant un point de repère fixe et incontestable ? Le mot de gnôsis nepourrait-il nous le fournir ?Ce terme, en grec, signifie la connaissance. Mais il est très rarement employé seul, et, presquetoujours, exige un complément de nom (la connaissance de quelque chose), tandis qu’épistémè(science) peut être employé absolument. C’est pourquoi, on admettra avec R. Bultmann, que gnôsissignifie, non la connaissance comme résultat, mais plutôt l’acte de connaître 13. Contrairementd’ailleurs à ce qu’affirment quelques ignorants, il n’est pas le seul nom dont dispose la langue pourexprimer la même idée 14. Platon et Aristote utilisent aussi, en des sens voisins, outre épistémè (etles verbes épistasthaï ou eidenaï), dianoïa, dianoèsis (et dianoesthaï), gnomè, mathèma, mathèsis (etmanthaneï), noèsis et (noeïn), noèma, nous, phronésis, sophia, sunésis, etc. A côté de cet usageordinaire du terme, peut-on parler, comme le fait Bultmann 15, d’un usage « gnostique », danslequel il serait employé absolument, au sens de la « connaissance par excellence », c’est-à-dire de la« connaissance de Dieu » ? Les exemples que fournit la littérature « païenne » ne sont guèreprobants. Ce n’est plus le cas avec la littérature sapientale de l’Ancien Testament dans sa version

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