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Le Graal Et l'Islam-Horacio Labat

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Le Graal Et l'Islam-Horacio Labat
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05/11/2014

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Le Graal et l'Islam
 
Horacio Labat
 
Le Graal, symbole de la Grâce ? rapprochementet participation au divin ? rencontre de Dieuavec lui-même dans l'homme ? uniontransformatrice de la créature avec le modèledivin ? connaissance directe de Dieu et de sonVerbe ? Sujet transcendantal pour le mysticismeoccidental....
 
D'une manière générale, on suppose que le Saint Graal est en relation avec Jésus. Selon certaines traditions, c'est lcoupe à laquelle burent Jésus et ses disciples lors de la dernière Cène. D'autres disent que c'est la coupe que Josepd'Arimatie utilisa pour recueillir le sang de Jésus crucifié. Mais si le Graal était si intimement associé à Jésus, pourqun'y a-t-on fait absolument aucune allusion pendant plus d'un millénaire ? Où était-il pendant tout ce temps ? Pourquon'a-t-il pas figuré dans la littérature, le folklore ou la tradition antérieures au douzième siècle de notre ère ? Pourquoiquelque chose d'aussi important pour le christianisme est-il resté apparemment caché pendant tant de temps ?
 
Tout approfondissement du sujet qui nous occupe doit commencer par un examen de l'origine du Graal, de ses aspeses caractéristiques, son éthique, l'idée du centre du monde, la recherche ou quête du Graal, ses épreuves, lachevalerie terrestre et la chevalerie céleste, et le héros du Graal.
 
La Kaaba, sanctuaire principal de l'islam dans la mosquée de la Mecque, a une forme cubique et sur sa face orientalinterne se trouve la Pierre noire que baisent les pélerins. La tradition nous dit que le patriarche hébreu Abraham, néUr en Chaldée, vers 2000 ans av. J.-C., avec son fils Ismael, né de l'esclave Agar, reçut de Dieu l'ordre d'élever untemple, et comme il ne savait pas où ,ni comment l'ériger il posa la question au Seigneur. Celui-ci envoya un nuagequi se posa en l'air : en cet endroit géographique et avec les mêmes dimensions et les mêmes couleurs que celles dnuage, le père et le fils réalisèrent leur oeuvre. "Fais-nous connaître le culte", demandèrent-ils. Survint alors l'ArchanGabriel, qui apportait la pierre noire. Ce qu'apporta Gabriel était-il une jacinthe qui se transforma en pierre noire enprésence d'une femme impure ? S'agit-il en réalité d'une pierre météorique de couleur rouge sombre ? En tous cas,l'équivalent islamique du Graal, en tant que symbole des centres spirituels de l'humanité, est la Pierre noire de laKaaba.
 
Depuis le VIIIe siècle de notre ère, le problème théologique et intellectuel de la coexistence et de la valeur respectivdes trois fois est posé : la foi chrétienne, la foi judaïque et la foi musulmane. Et depuis cette époque, la parabole destrois anneaux tente de nous donner une solution : un père remet un anneau à chacun de ses trois fils : lequel est lemeilleur ? se demandent chacun des fils, imbus de la grande hérésie de la séparativité et prompts à cataloguer. Par lnature et leurs caractéristiques, les trois fils sont différents, ce que met en évidence le fait que le père leur a remis danneaux différents adaptés à leurs possibilités et à leurs besoins. Ils sont aussi complémentaires, car le père veut lemeilleur pour tous ses fils. Mais eux ne le comprennent pas ni ne le vivent. La clé réside dans l'usage que fait chaqufils de son anneau, pour être le reflet toujours plus fidèle du père. Ces trois branches du monothéisme, de racineabrahamanique, devront actualiser le Mystère prophétique permanent de Melchisedech.L'islam, ouvert par vocation à toutes les formes de révélation authentique prophétiques ou sapientiales, a joué un rôlparticulier d'intégration avec les mazdéistes, les hermétiques, les pythagoriciens, les platoniciens, les chrétiens et le juifs.Le message de transcendance des trois branches monothéistes pour mieux tirer profit des possibilités que l'Ereastrologiques des Poissons conférait à l'humanité, apparaît dans les Ecritures avec le thème du Roi du Monde, Prêtrdu Feu, Melchisedech, bénissant Abraham au nom du Dieu Très-Haut, et par son intermédiaire les trois religions àl'origine desquelles se trouve Abraham. L'Ordre du Graal, à travers toutes les époques et toutes les traditions, est unexpression de l'Ordre du Feu de Melchisedech. De la conscience effective de l'unité essentielle des trois religionsmonothéistes dépendait la restauration de la souveraineté du Graal, c'est-à-dire l'accomplissement du "Mystèreimpérial" qui sauverait l'Occident de la décadence due à la scission politique et religieuse. Plus tard, dans la littératur
 
également, Dante a posé le problème, en tant que Gibelin qu'il était (partisan des Empereurs d'Allemagne, en Italie,durant le Moyen Age, contre les Guelfes, défenseurs des Papes).
 
A l'intérieur de la tradition primordiale représentée par le Graal, existe alors un versant occidental (la Coupe, pierreprophétique des Celtes, devient la coupe qui a reçu le sang du Christ : le dogme de la transsubstantation, conversiointégrale d'une substance en une autre, l'eucharistie comme expression de la dernière Cène au cours de laquelle lecorps et le sang de Christ devient l'hostie-pain et le vin dans la coupe). Et un versant oriental (la Pierre de la révélatidescendue du ciel oriental). La tradition occidentale se manifeste à la fin du XIIe siècle comme effet de l'influence decroisades, après leur contact avec l'Orient, dans le terrain européen fertile préparé par la renaissance celtico-chrétieou néodruidisme qui eut lieu au XIe siècle. Appartiennent à ce courant les oeuvres littéraires du cycle du Graal deChrétien de Troyes, Robert de Boron, Monnessier, Gerbert de Montreuil et les travaux sur Lancelot et la mort d'ArthuL'Ordre de Citeaux et l'Ordre de saint Benoît canalisent dans les faits cette tendance. La filiation orientale apparaît dla littérature avec le Parsifal le Wolfram von Eschenbach et le Nouveau Titurel (Tintagel ?) de Albrecht (1270). Ladoctrine de l'Ordre du Temple canalise cette tradition. L'enseignement du Graal est un magistère ésotérique (moine-soldat, prêtre-roi), magistère distinct de l'Eglise.L'oeuvre de Wolfram von Eschenbach est un des rameaux principaux et primitifs du mythe du Graal. Pendant cessiècles, l'islam fut l'inspirateur et le guide des minorités responsables du développement et de la canalisation des troireligions monothéistes. Ibn Arabi, Ibn Masara, Ibn Farabi, Avicenne et Averroès, parmi d'autres moins connus, ontinspiré la production de saint Albert le Grand, de saint Thomas d'Aquin, d'Escoto (?) et d'autres. La science occidentest pour lors totalement arabe : Ptolémée et Euclide parviennent, via l'Espagne et la Sicile, au XIIIe siècle, jusqu'auxchaires d'Oxford et de Chartres.La confrérie des constructeurs de cathédrales, et les corporations artisanales d'une manière générale, furent desorganisations initiatiques, avec des traces claires d'influence islamique. La tradition hermétique, dont HermèsTrismégiste, du nom grec donné au dieu égyptien Thot, passe de Geber(?) à Roger Bacon, au-delà des différencesextérieures des dogmes : c'est ainsi que l'alchimie est parvenue jusqu'à nos jours. Von Eschenbach nous parle d'unmaître provençal, qui avait reçu le baptême, et qui sous le pseudonyme de Kyot trouva, dans un atelier alchimique àTolède, des manuscrits arables abandonnés : il recueillit en Espagne la tradition arabe, racontant la vie d'un docteursciences cosmologiques, Flegetanis (descendant d'une ancienne famille d'Israel), qui lit le nom du Graal dans les étet voit comment les anges le font descendre sur la Terre, pour le remettre à la garde "des seuls hommes d'essenceangélique (qui grâce au mystère du Baptême étaient à l'abri des embûches du Malin) : les chrétiens. Le Graal estapporté jusqu'en Inde, lieu où on situait alors le paradis terrestre. Le mystère du Graal, en tant que mystère de laconnaissance, de l'initiation, de la transmission initiatique, en tant que mystère des centres spirituels de la planète, aalors une existence certaine, il est d'origine céleste, de source islamique, et sa présence en Occident est sous la gardes chrétiens. Où ? le récit nous parle de Gahumret, frère cadet du Roi d'Anjou, qui fuit la vie de la Cour et entreprele voyage à la recherche de lui-même, cheminant de l'Asie à l'Afrique, pour passer ensuite par l'Irlande et revenir apren Provence. C'est le père de Feirefiz (Orient) et de Parsifal (Occident), représentants de la chevalerie errante orientet occidentale. La coupe de chevalerie représente les breuvages initiatiques des quatre sciences : la science de l'Es(le vin), la science absolue (l'eau), la science des lois révélées (le lait) et la science des normes sapientales (desagesse) (miel).
 
La conquête pour notre monde de la Cité divine, le projet et l'oeuvre interrompue des templiers, chercher en Europepaix spirituelle, s'est faite à travers une relation initiatique avec l'islam, créant des liens de fraternité spirituelle avec dOrdres musulmans comme celui des Assassins (à contrôler)("Gardiens"), créé cinquante ans avant que ne soit institle Temple en 1118. L'authentique Terre Sainte de l'ésotérisme médiéval, le centre spirituel suprême de l'époque estconnu pour nous comme le Royaume du Prêtre Jean, en relation en Asie Centrale avec l'Agartha, Royaume occulteRoi du Monde.Dans la tradition occidentale, la quête du Graal complète la réalité d'Arthur comme pouvoir temporel, de la mêmemanière que le Ciel complète la Terre et que la chevalerie céleste complète la chevalerie terrestre. Le Roi du Cielattribue à l'Homme deux clés, deux mystères : celle de l'Empire (qui est en argent) et celle du Sacerdoce (qui est enDans la mythologie celtique, Arthur (fidèle agent de Merlin) est l'Empire avec son épée Excalibur, et Merlin est le Prêavec la direction spirituelle des peuples celtes. A l'heure de la seconde venue, les deux autorités, sacerdotale et royseront à nouveau réunies sur une seule auguste tête : la tradition chiite nous dit la même chose quand elle explique lfonction du Mahdi.Si le lieu central, la Montagne polaire, l'Ile sèche, dans les différentes traditions, reçoit les noms de la Thulé

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