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Traces de Soufisme en Europe Occidentale

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Traces de Soufisme en Europe Occidentale
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Traces de soufisme en Europe occidentale
Le soufisme, à travers ses différentes voies spirituelles, se présente avant tout comme un support deméditation et il a rarement eu une implication visible dans des phénomènes de société tels queconflits politiques et sociaux ou luttes pour le pouvoir. Cette discrétion apparente a parfois conduitles historiens à sous-estimer l’impact réel que l’esprit soufi a pu exercer sur les fondements de lacivilisation islamique, ainsi que l’influence plus ou moins directe qu’il a eu sur l’europe chrétiennemédiévale.Cependant, la sagesse et la sainteté de certains maîtres soufis ont eu un tel rayonnement dans lemonde musulman qu’elles ont fortement marqué les consciences. Ainsi, on retrouve toutnaturellement de nombreux écrits et des témoignages de disciples et de maîtres représentants devoies soufies au sein de diverses civilisations islamiques qui ont jalonné les quatorze derniers siècles.Pour ne citer que quelques exemples, on peut évoquer l’enseignement des Naqchabandiprincipalement en Asie, des Derviches Tourneurs en Anatolie et en Europe Balkanique, des Qadiri etdes Chadilites majoritairement dans le Maghreb et au Proche-Orient et des Tijani en Afrique. Cesdifférentes voies se sont répandues depuis le Moyen-Âge au sein de confréries (tariqas) danslesquelles le disciple effectue un travail de transformation intérieure sous la guidance d’un maîtrevivant réalisé. Aujourd’hui encore, elles continuent de se diffuser et, suite aux importantsmouvements migratoires de ces dernières décennies, elles sont désormais ancrées sur le sol
 
européen.De nombreux ouvrages de soufis illustres ont été traduits, principalement en anglais et en français, sibien que des auteurs tels qu’Ibn Arabî, Ghazali ou Rûmi peuvent être appréciés par un public de plusen plus large. En conséquence, les confréries européennes se composent désormais non seulementd’hommes et de femmes issus originellement d’une culture islamique, mais aussi de personnes desouche européenne qui ont avant tout été touchées par un message qui s’adresse au cœur.Ainsi, pour suivre l’enseignement d’un maître soufi, il n’y a pas de conditions d’âge, de niveau social,de capacité intellectuelle ou de connaissance de la langue arabe : ce qui importe, c’est la sincérité dela demande intérieure. Certains intellectuels européens ont atteint une certaine reconnaissancepublique de par la qualité de leurs études sur le soufisme : Titus Burckhardt (Suisse), Michel Valsan(Roumanie puis France), Martin Lings (Angleterre), michel Chodkiewiecz et René Guénon (France).Ce dernier eut sans aucun doute un rôle d’éclaireur pour les européens en quête de sens et sonœuvre demeure inégalée dans l’etude des traditions, du symbolisme et des possibilités d’unevéritable inititiation spirituelle. Ses livres et ses articles, qui ont été écrits durant la première moitiédu vingtième siècle, ont gardé un impact incontesté en cette fin de siècle. En effet, à l’aide d’unvocabulaire simple, ils répondent avec profondeur et lucidité aux problématiques spirituelles,toujours d’actualité, qui sont nées avec l’avènement du monde moderne.Regards sur le passéEn premier lieu, il faut préciser que, dans les différentes civilisations islamiques, le soufisme arayonné bien au-delà des voies spirituelles et a inspiré fortement l’ensemble de la société.Dès le plus haut Moyen-Âge, on relève l’existence de traités de chevalerie (futuwah), notamment ausein de corporations de métiers, qui eurent pour effet de favoriser un élan de spiritualité dans lesdifférentes couches de la société. Ces corporations étaient en fait un prolongement naturelle de laspiritualité soufie qui trouvait dans de tels modes d’expression l’occasion de mettre en pratique dansle monde l’enseignement reçu au plus profond du cœur.En effet, si on ne peut affirmer que tous les membres d’ordres chevaleresques ou de corporations demétiers étaient soufis, par contre, on retrouve dans ces organisations bien des valeurs communesaux confréries soufies : initiation préalable, recherche d’une excellence de comportement,générosité dans les actes de la vie quotidienne, liens de fraternité entre les membres, utilisation d’unlangage symbolique, exaltation de la beauté de la création...Si l’on adopte un point de vue extérieur sur les rapports que l’Europe occidentale et l’Islam ontentretenus, on pourrait conclure un peu trop hâtivement qu’ils se sont toujours présentés commeune succession de conflits ou de guerres et une incompréhension mutuelle.Le Christianisme et l’Islam médiévaux semblent s’exclure radicalement et revendiquent chacun ledroit d’être la seule religion universelle. Cette vision est largement confirmée par des évènementstels que les Croisades et la Reconquista espagnole pour lesquels l’histoire ne retient que les aspectsles plus violents. Cependant, en examinant plus attentivement les témoignages issus du cœur dechacune de ces deux traditions, on est frappé et surpris par les similitudes, les analogies et lesinfluences mutuelles que l’on peut relever dans les domaines tels que l’art sacré, la littérature etl’esprit des organisations initiatiques.
 
Dans cette perspective, des représentants du soufisme ont été amenés à jouer un rôle actif depremier ordre. En effet, les soufis ont toujours tenté de maintenir un contact avec les représentantsd’organisations chrétiennes, conscients de l’importance de ses échanges, et ceci même dans uncontexte d’hostilité réciproque entre les formes extérieures du Christianisme et de l’Islam. Ce type decontact échappe à toute forme de prosélytisme et fait appel aux liens profonds qui unissent desexpressions traditionnelles authentiques.Présence musulmane en Europe occidentaleIl n’est pas inutile de rappeler que, durant le dernier millénaire, une partie de l’Europeméditerranéenne n’a pas toujours été majoritairement chrétienne. En effet, au cours du VIIème etdu VIIIème siècle, l’Islam s’est très largement répandue en Asie, en Afrique et en Europe.L’Espagne et l’Italie du sud ont été adminitrées pendant plusieurs siècles par les musulmans et cen’est même qu’en 1492 que le royaume de Grenade en Andalousie fut repris par la Reconquistacatholique.Dès le IXème siècle, alors que l’Europe chrétienne voyait l’empire de Charlemagne se disloquer, lacivilisation islamique d’Espagne et de Sicile connaissait un « Âge d’or » qui se caractérisa par uneeffervescence intellectuelle et une inventivité artistique sans pareille. Des chefs-d’œuvresarchitecturaux, encore visibles aujourd’hui, tels que la grande mosquée de Cordoue, l’ancien minaretde Séville (la Giralda) ou le palais de l’Alhambra à Grenade, témoignent du haut degré de raffinementdes dynasties musulmanes qui se succédèrent pendant sept siècles sur le sol ibérique. Cette présencea notamment pu favoriser le développement de voies soufies dont un de ses plus illustresreprésentants fut Mouyiddin Ibn Arabî, né à Murcie en 1165.Ce dernier connut un accomplissement spirituel exceptionnel et légua une œuvre écrite considérablequi est, aujourd’hui encore, une référence majeure dans la littérature soufie. En particulier dans l’unde ses ouvrages « Les soufis d’Andalousie », il brosse le portrait de plusieurs dizaines d’hommes et defemmes de souche ibérique très avancés dans la voie et dont la sagesse servait d’exemple pour leurscontemporains.Alors qu’une partie du Languedoc devenait une enclave musulmane, au cours du VIIIème siècle, laGaule méridionale reçut sur son territoire des émissaires venus d’Espagne et du Maghreb. Lesvestiges matériels de cette époque sont rares, mais on a cependant retrouver des poteries et desmonnaies à proximité de Carcassonne, Perpignan et Narbonne.Sur le plan architectural, le principal vestige de cet époque, bâti par des musulmans à proximité de laFrance se situe à Saragosse, au pied des Pyrénées espagnoles. On peut y visiter un ancien palais(l’Aljaferia) érigé sous la dynastie des Benihud vers 1050 qui contient une mosquée privée dont ladécoration est caractéristique de l’art almohade.Même après la constitution de l’Empire carolingien, puis de la société féodale, la présencemusulmane dans le Languedoc et en Provence est attestée. Parmi les principales preuves matériellesd’une communauté musulmane durablement installée, la mise à jour au cours de fouilles deplusieurs stèles funérères à Aniane (Hérault) et au centre de Montpellier, datant des XIème et XIIèmesiècles, est particulièrement édifiante. Sur l’une d’entre elles, on peut lire : « Ceci est la tombe dufaqih (juriste) de l’année 533 (soit l’an 1138 du calendrier chrétien) » et par ailleurs, « ...Il attestequ’il n’y a pas de divinité en dehors de Dieu l’Unique qui n’a pas d’associé ... ». Ce type dedécouverte se conçoit d’ailleurs assez aisément si l’on songe que Montpellier était alors un port trèsactif et ouvert sur le pourtour méditerranéen et en particulier sur l’Espagne et la Palestine qui

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