La réforme de la catégorie B -
Travailler plus longtemps sans gagner plus !Des objectifs dissimulés
Si les minima de début de car-rière en catégorie B sont légè-rement relevés, ce n’est quepour mieux dissimuler les ob- jectifs réels : enfoncer un coinsupplémentaire dans la fonc-tion publique de carrière endéconnectant le traitement dela qualification, mettre en placede nouveaux blocages de na-ture à limiter l’accès des agentsaux grades et cadres d’emploissupérieurs, allonger la duréedes carrières sans progrès de larémunération. On mettra sim-plement plus longtemps pourgagner la même chose.
L’allongement des carrières
Aucun progrès sur l’amplitudeet le rythme des carrières. Pasplus qu’avant, la linéarité et ladurée de la carrière ne sont as-surées. Les grilles sont établiessur des carrières maximums.Que devient l’avancement à du-rée minimum ? La revalorisationen début de carrière reste mi-nime (13 points). Selon la grilledu ministère, pour atteindre lesommet du 2
e
grade, un agentpublic va mettre 8 ans de plus !Pour le 3
e
grade, l’accès resteentièrement conditionné pardes ratios promus/promou-vables.Dorénavant, ce sont les ratiosqui conditionneront complète-ment l’accès à un échelon ensommet de grade. Ainsi, la ma- jorité des agents actuellementclassés en CII (classement indi-ciaire intermédiaire, indices 308à 534) vont se retrouver au 2
e
grade (indices 327 à 515), avecune fin de grade inférieure de19 points d’indice à l’actuel CII.Notons que le passage directdu 1
er
au 3
e
grade est impos-sible. La logique de ce projetconsiste à créer les conditionspour qu’une carrière ne puissese dérouler que sur les deuxpremiers grades.
Un 3
e
grade fonctionnel ?
Le ministère n’a pas caché sonintention de réserver l’accèsau 3
e
grade de la catégorie Bà des agents en situation d’en-cadrement ou de direction, af-firmant que « tout le monden’a pas vocation à y accéder ».Cette « nouvelle philosophie »pose bien des questions. Endéfinitive, une grande partiede nos collègues de catégorieB risquent d’être bloqués dansles deux premiers grades, oumême faire toute leur carrièredans le 2
e
grade – sauf à réussirun concours de catégorie A.
L’ascenseur social en panne
Par le biais des ratios d’avan-cement de grade, bien des em-ployeurs locaux seront tentésde limiter de façon drastique lenombre de promouvables. Enréservant l’accès au 3
e
grade àune minorité, la majorité desagents de catégorie B se verraainsi interdire un débouché encatégorie A par la promotioninterne. Qui restera le « fait duprince ».
Un risque de déqualification
Pour accéder à la catégorie Bpar concours externe, les can-didats doivent en principe jus-tifier d’un diplôme de niveauIV (bac ou équivalent). Or, plu-sieurs cadres d’emplois classésaujourd’hui en CII (classementindiciaire intermédiaire) exigentactuellement un niveau bac+2(techniciens supérieurs…). Legouvernement prévoit de sup-primer le CII. A ce titre, les dé-tenteurs d’un diplôme d’Etatseront recrutés ou reclassésdans le 2
e
grade. Les autresbac+2, par contre, risquent fortd’être à l’avenir recrutés au 1
er
grade de la catégorie B.Alors que les qualifications aug-mentent ainsi que les tâchesà responsabilité, ces mesuresvont à l’encontre de ce que lessalariés sont en droit d’attendre.
Quid du bac + 2 ?
Avec la mise en place de la ré-forme Lmd (licence, master,doctorat), dans le cadre de l’har-monisation des cursus d’ensei-gnement supérieur européens,un décalage va se manifesteravec les diplômes universitaires.Les diplômes à bac +2 devant àterme disparaître, les candidatsà certains concours externes decatégorie B devront-ils justifierd’un niveau bac +3 (niveau au- jourd’hui exigé pour accéder àla catégorie A...) ? Cela justifie-rait un reclassement en catégo-rie A.La ministre de la Santé vientd’annoncer le passage des in-firmières en catégorie A, re-connaissant ainsi leurs qualifi-cations à bac + 3. Pour la Cgt,cette reconnaissance devrait enappeler d’autres.
L’évolution des cadresd’emplois de catégorie Bde la filière sanitaire etsociale sera traitée de ma-nière séparée.En 1986, le début de car-rière de la catégorie B sesituait à 24% au-dessusdu Smic. Aujourd’hui, leprojet du gouvernementramène le début de car-rière des B à 7% au-des-sus du Smic. Il s’agit d’undéclassement qui touchel’ensemble des catégoriesde la Fonction Publique.
Leave a Comment