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La découverte et les premières publications de ces documents - dont l’édition est,au reste, loin d’être achevée - ont, à chaque fois, modifié ou infléchi, dans tel outel sens, les conceptions générales que les critiques modernes se sont, tour àtour, faites de l’origine et de la signification foncière du système manichéen.
Vie de Mani
Le manichéisme tire son nom de celui de son fondateur, Mani, ou Manès, ouaussi Manikhaïos, Manichaeus, c’est-à-dire, originellement et en syriaque, ManiHayya, « Mani le vivant » .Mani est né le 14 avril 216 en Babylonie, dans un lieu proche de Séleucie-Ktésiphon : d’où l’épithète arabe d’al-Babilyu (le Babylonien) qui lui est attribuéet ses titres de « Messager de Dieu venu en Babylonie » de « Médecin issu dupays de Babel ».Sinon par son père, du moins par sa mère, Mani appartenait, semble-t-il, à unefamille princière, apparentée à celle des Arsacides, des souverains parthes alorsrégnants, mais dont la suprématie allait, neuf ans plus tard, s’écrouler sous lescoups du Perse Ardashir et passer aux mains de la dynastie sassanide.
Mani séjourne 20 ans chez les elkhasaïtes
Lorsqu’il eut atteint sa quatrième année, son père, Patik, le fit venir auprès de luidans la Mésène (au sud de la Babylonie) où, à la suite d’une injonction reçue partrois fois d’une voix d’une voix mystérieuse dans un temple de Ktésiphon et luiordonnant de s’abstenir du vin, de la nourriture carnée et de tout commercesexuel, il s’était retiré et adjoint à un groupe de sectaires appelés
baptistaï
(«baptiseurs » ou « baptistes ») par les documents grecs et coptes,
al mughtasilah
(« ceux qui se lavent ») par les auteurs arabes, menaqqede (« ceux qui purifient» ou « sont purifiés ») et
halle heware
(« vêtement blancs ») dans la traditionsyriaque, et identiques, selon un témoignage récemment découvert, non pas àdes mandéens, mais à des elkhasaïtes, adeptes de la doctrine répandue dans le «pays des Parthes », vers l’année 100, par le prophète Alkhasaï.S’agissant ainsi de judéo-chrétiens, de chrétiens d’une espèce particulière, quicombinaient avec des traditions et des observances juives certaines théoriesd’allure plus ou moins « gnostique », mais se réclamaient de l’autorité et des «commandements » de Jésus, une pareille précision est capitale. Il n’est donc pluspermis de contester, ni de tenir pour tardif et secondaire, le rôle joué par lefacteur chrétien dans la composition du système manichéen. Puisqu’il est sûr quec’est au sein d’une communauté de cette sorte que Mani a, pendant vingt et unans (de 219-220 à 240), grandi, vécu, formé sa pensée et mûri sa vocation, ilapparaît désormais que, par elle, le christianisme - du moins une certaine imagedu Christ et de l’enseignement évangélique - a dès le départ exercé, sur lui et surl’élaboration de son futur message, une influence décisive ou, en tout cas,profonde. Mani, au reste, n’a pas manqué de faire siennes nombre de vuesempruntées à l’elkhasaïsme.
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