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Pourquoi s'abstenir?
Le 7 juin 2009, en France, auront lieu les élections européennes afin que les Français élisent 72eurodéputés. L'enjeu semble de taille. Et pourtant, ces élections législatives constituent certainement l'undes suffrages les plus boudés par les citoyens européens et français.
De nouveaux records ?
Le 7 juin approche ! Les européens vont bientôt être appelé à voter dans tous les pays membres. Mais le spectre de toutes les forces politiquesengagées dans le combat des Européennes resurgit alors : il s’agit de l’abstention. 57% des européensse sont abstenus lors du dernier scrutin en 2004. De plus l’abstention est croissante, ce qui constitueun paradoxe selon Jean François Copé qui déclareque « plus le parlement pèse [lourd dans lesdécisions], moins les Européens votent ». Leseuropéens se sentent de moins en moins concernés par ses scrutins et l’une des tâches de l’avenir serade les faire reprendre confiance en l’Europe.
Les européens se sentent donc peu concernés par cette électionlointaine. Ils ont l’impression de ne pas avoir d’influence auniveau de ces Institutions en lesquelles ils ne croient plus,notamment à cause de la crise. Les eurodéputés sont peuvisibles et accessible par les peuples, sont considérés comme àl’abri de tout dans leur Parlement, tranquilles et de ceci,l’opinion en tire la conclusion suivante : les eurodéputés sontmoins (voir pas) compétents.De plus, les thèmes abordés (les Institutions, le traité deLisbonne) paraissent trop en dehors de la réalité de la crise etdonc moins fédérateurs. En plus, la médiatisation n’est pas aurendez-vous. Comparé à une élection de politique intérieure,elle est moins suivie, considérée comme une élection desecond plan, et ne fait pas objet de beaucoup de débats. Cegenre de politique conduite par les médias peut être considéréecomme anti-européenne mais le fait est qu’un reportage de 10minutes sur les élections européennes ne ferait sûrement pasautant d’audience que 10 minutes sur les querelles au PartiSocialiste ! Ainsi, on en arrive à une confusion et l’on mélangepolitique intérieure et politique européenne et on fait de cesélections européennes le cheval de bataille des différents partiscontre d’autres, autrement dit, le « vote sanction ».
Mais, comment faire alors pour redonner goût àl’Europe ?
Tout d’abord, stopper ce qu’on appelle « la guéguerre despartis », autrement dit le « vote sanction » contre legouvernement Sarkozy ou contre l’opposition suivant lestendances politiques. Cela reviendrait à déplacer le débat. Orce n’est pas la vraie question, puisqu’il s’agit là de l’Europe.Mais cela ne suffit pas.Sur le fait que les français (ou même européens) neconnaissent pas assez l’Europe, cela doit passer par descampagnes européennes de sensibilisation, pour faire connaîtrele rôle de l’Europe, de ses décisions, de son poids et d’autressujets importants. Ces campagnes passent aussi par unemeilleure médiatisation dans les « journaux populaires », c'est-à-dire JT de 20h sur TF1 ou France 2, voir d’autres ciblesmédiatiques. Les français doivent comprendre que lorsqu’unbulletin est déposé dans l’urne, il s’agit du sort de l’Europe, etdonc indirectement de leur vie.Cependant, ce travail est de longue haleine et ne peut pas seréaliser du jour au lendemain, car il s’agit d’
un changementde mentalités.
Il faut penser aussi que la France n’est pas le seul pays às’abstenir. Les nouveaux états membres, depuis 2004, sontaussi de moins en moins investis dans ce problème. On peutciter la Pologne ou d’autres pays d’Europe de l’Est, qui ontvoté en 2004 après l’engouement et qui risquent de s’abstenirplus massivement cette année. On semble donc s’acheminer,en tout cas en France, vers une abstention record, et verssurtout un « vote sanction » comme celui qui avait touché letraité constitutionnel de Valéry Giscard d’Estaing, qui avaitnotamment été rejeté pour manifester sa colère contre legouvernement alors en place. Peut-on espérer faire moins pirecette année ? Pas sûr….Aux dernières élections européennes, en 2004, les urnes n'ontpas rouillé par l'usage. C'est le moins que l'on puisse direpuisqu'a été calculé cette année là, 57,2% d'abstention, bien au-dessus de la moyenne européenne caracolant à 47,2% !
La France, mauvaise élève?
Possible, mais elle n'est pas nonplus la dernière de la classe. Les nouveaux Etats membresconnaissent des taux d'abstention mirobolant comme laSlovaquie avec 83% !
Comment expliquer un tel résultat chez nous, pays desDroits de l'Homme, où les révolutionnaires se sont battus jusqu'à la mort pour obtenir ce précieux droit de vote?
Il est évident que les Français ne semblent pas vraimentconcernés par ces élections. Nos voisins européens expliquentcela par le fait que nous nous « prenons pour le centre dumonde » et que par conséquent nous « ne voyons pas plus longque le bout de notre nez »... Nous, Français, avons une autreexplication :
une communication trop insuffisante.
Faîtes untest simple, allumez votre télévision à 20h et observez combiende temps est consacré à l'Union européenne si toutefois il y areportage sur le sujet. Que vous choisissiez le journal deLaurence Ferrari ou celui de David Pujadas, le résultat est lemême: l'U.E. est trop peu présente dans nos médias. Alors, ilest vrai que depuis quelques jours un spot publicitaired'environ une minute, rappelant aux téléspectateurs cette datedu 7 juin 2009, tourne sur nos écrans justement après la« grande messe » du 20h. Violons, portraits, et chiffresretracent le parcours de notre jeune Union européenne. Noussommes nous-mêmes les propres responsables de ce manquede communication, car si l'U. E. ne dispose pas assez de fondpour faire campagne, c'est que les Etats-membres ne dépensentque trop peu de leur P.I.B. dans la communication européenne.Cependant, ce manque n'explique pas tout.Pour beaucoup de Français comme pour beaucoup d'européens,
ces élections sont considérées comme secondaires
. Elles ontpeu d'importance à leurs yeux et, malmenées, elles ne sont quel'instrument de la sanction du peuple envers le gouvernement.Les Français ont tendance à oublier, à tord, qu'aujourd'hui lesgrandes décisions prises dans notre pays sont d'abord élaboréesau niveau européen avant d'être transposées au niveau national.Nous devrions nous souvenir que le vote est non seulement undroit mais également un devoir que tout bon élève doitaccomplir, alors à vos urnes !
Français votez!
Candy et Floriane
Urgence :
Abstention àl’horizon auxélectionseuropéennes !
On ne peut pas dire quel' élection desdéputés européens passionne lescitoyens de l' U E :
Seulement 16% des personnes interrogées savent que le scrutinaura lieu du 4 au 7 juinprochain.Depuis la première élection au
suffrage universel des députés européens en 1979, le tauxd'abstention n'a cessé d'augmenter:de 37% au premier scrutin,
il est passé
à
54,3% en juin 2004, atteignant ainsi le record
d'abstention de toutes les élections de la Cinquième République(hors référendum Quinquennat).Cette année, selon un sondage d'Eurobaromètre, deux tiers des
européenspourraient «oublier»d'accomplir leur devoir de
citoyen.Plusieurs raisons
à
cela : Tout d'abord,64% des citoyens del'UE méconnaissent le rôle du parlement.Aussi,la forte
impression, répandue dans les 27 pays,que les décisions du
Parlement n'ont pas d'impact sur la vie quotidienne des citoyens
est un élément d'explicationnon négligeable.En effet, ces
derniers ne se sentent pas concernés.
Sil'on rajoute
à
toutes ces raisons la quasiinexistence decampagne électorale due aux coûts exorbitants de la publicité,
le taux d'abstention ne parait plus aussi anormal.Néanmoins,
après une enquête sur les thèmes primordiaux de ces élections,les euro citoyens placent massivement le chômage au premier
rang de leurs préoccupations,suividela croissance et de
l'inflation, trois thèmes étroitement liés
à
lacrise et
à
la baissedu
pouvoir d'achat.
Alors, quand le peuple a la possibilité de s'exprimer, il
DOIT
le faire
!
Se taire serait un magnifiquecadeau
à
ceux quiméprisent les peuples dans la construction européenne.
Ilya certes certaines situations où s'abstenir est préférable,
lorsque l'on doit par exemple choisirentre«bonnet blanc»et
«
blanc bonnet» mais ce n'est pas le cas cette fois cioù les listes
présentées sont toutes différentes. De plus, ces électionsconstituent une véritable continuité avec le référendum sur letraité constitutionnel européen du 29 mai 2005.A notercependantque lorsque le résultat d'un vote ne correspond pasaux attentes, comme lors du référendum surle Traitéconstitutionnel,on contourne le scrutin populaire par un vote auParlement,beaucoup plus facilement contrôlable par les "élites"
politiques (cas de la France et desPays-Bas),ou on appelle
à
revoter jusqu'à ce que le résultat attendu soit obtenu (Irlande):
déni de démocratie ?
II
apparaît donc indispensable de semobiliser une nouvelle fois cette année.Est-ce que les records
d'abstention passée aux européennes ont changé quelquechose? Ont-ils montré quoi que ce soit? Bien au contraire!Ils
ont laissé le champ libre
à
tous ceux qui ne veulent pas dedémocratie en Europe. Cette élection offre
également à tousles insatisf aits du système capitaliste néo-libéral la possibilité
d'exprimer leurmécontentement.Mais il est absolument
INDISPENSABLE
de se rendre aux urnes pour cesélections de2009 car c'est la toute première fois que le peuple s'exprimeaprès l'élection de N. Sarkozy et le début la crise économique.De plus, après l'élargissement des pouvoirs duparlement dû
à
larévision de la constitution, il serait tout de même stupide de nepas allervoter.
Alors, assisterons nous
à
ce fameux vote sanction prôné par lagauche? Ou est-ce que,comme les enquêtes le prévoient, ladroite triomphera-t-elle? La mobilisation des citoyenseuropéens sera-t-elle au rendez vous ou battrons nous
à
nouveaudes records d'abstention?Affaire
à
suivre, réponse le 7 juin.
Un article de Brune Baliteau et Laurène Pin
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