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Interview : Benjamin Jean, juriste spécialisé en PropriétéIntellectuelle au sein du groupe Linagora et promoteur dulibre
Bonjour tout le monde !Aujourd'hui, je publie une interview un peu difrente. En effet, mes interviews sontgénéralement orientées vers le métier, les hommes ou la technique. Or lorsque l'on parle desolution d'open source on parle aussi de licence libre et lorsque l'on parle de solutioninformatique on parle aussi de propriété intellectuelle. Ceux sont ces aspects fondamentaux :le juridique et le légal que nous allons découvrir avec cette interview.Pour nous expliquer ces différents axes qui prennent une part de plus en plus importante, j'ail'honneur et le plaisir d'interviewer 
Benjamin Jean, juriste spécialien ProprIntellectuelle au sein du groupe Linagora et promoteur du libre !Bonjour Benjamin,Je tenais avant tout à vous remercier de m'accorder un peu de votre temps pourpondre à cette interview et pour partager votre expertise dans le domaine du juridique.Comme d'habitude dans mes interviews ma première question sera sur vous. Pouvezvous nous parler un peu de vous, présenter votre tier et votre rôle au sein deLinagora ?
Bonjour Jean-Marie,C'est un réel plaisir de participer à cet interview et, ainsi, de donner un aperçu rapidede ce que peut être le métier de juriste dans uneSS2L (Société Spécialisée en Logiciels Libres  – éditeur, intégrateur, etc.). Peut-être pourrais-je ainsi créer des vocations (pour un poste aussiintéressant que qu'accaparant...) ou surtout aider les différents services (l'équipe technique, lescommerciaux, etc.) à cohabiter.Au sein de Linagora, je suis en charge de toutes les problématiques de propriété intellectuelle et plus spécialement des sujets relatifs à l'usage de
Licence FLOS (Free LibreOpen Source)
. Traverse, cette responsabilité m'amène à intervenir dans la quasi-totalité desengagements contractuels de la société. Enfin, et à l'instar de tout juriste d'entreprise, j'ai unrôle de prévision, gestion et résolution de conflits – mes positions sont principalementconsultatives, mais leur niveau d'expertise fait qu'elles sont généralement suivies.
 
Interview : Benjamin Jean, juriste spécialisé en PropriétéIntellectuelle au sein du groupe Linagora et promoteur dulibre
Pouvons-nous en apprendre plus sur le métier et les services que Linagora offre ?
Initialement Société de Services spécialisée dans les Logiciels Libres, LINAGORA aétendu son activité, en offrant dorénavant : de la formation, de l'assistance et du consultingdans tous les domaines liés au FLOSS (transfert de compétences, mise en place degouvernance open source, appréhension des différentes licences, élaboration de schémadirecteur OS, etc.).Reconnue comme leader et experte en matière logiciels libres et open source, lasociété cherche à renforcer son activité d'expertise et mettre en valeur l'excellence de cescompétences. L'offre juridique en fait partie ;-)
Quel est le lien entre la propriété intellectuelle et le domaine informatique ? N'existe t ilpas une distorsion de terme entre propriété intellectuelle et libre ?
Il existe un «
droit de l'informatique
», qui inclut notamment des notions dePropriété Intellectuelle, néanmoins cette dernière est plus large et les deux domaines serejoignent uniquement dans leur vision de l'informatique comme vecteur de création :l'informatique et Internet ne sont que support et moyen de diffusion de biens susceptiblesd'appréhension par les droits de propriété intellectuelle.Quant à la seconde question : il peut sembler en effet étrange d'associer les termes «Libre » et « Propriété Intellectuelle ». Un objet sujet d'appropriation peut-il être libre – c'est-à-dire à la disposition de tous –, alors que la propriété est au contraire fondée sur le monopole ?Pour la plupart des biens corporels (table, chaise, etc.), l'objet ne le permet pas (car il est rival – c’est à dire qu'il empêche l'usage par les autres – et souvent consomptible – le bien se détruit progressivement par son usage) ; en revanche, on s'aperçoit que la seule limitation, en ce quiconcerne les biens immatériels, réside dans la décision du titulaire de droits. Ainsi, et c'est làle mécanisme sous-jacent aux licences FLOS, il suffit que le titulaire de droits – le « propriétaire » de la création – décide de partager l'exploitation et la jouissance qu'il contrôlesur cette dernière.Le principe du copyleft repose plus encore sur la Propriété Intellectuelle puisqu'enl'absence d'un contrôle sur son logiciel, comment un auteur pourrait-il forcer celui qui modifieson programme à mettre à disposition cette version modifiée dans les mêmes conditions ?
Quels sont les organismes de référence dans le domaine du juridique en informatique ?
C'est une question difficile : il n'y a pas de « référence » dans le domaine, tout au plusquelques organismes plus pertinents que d'autres. Parallèlement à la pratique de nombreuxcabinets d'avocats spécialisés dans l'informatique et la propriété intellectuelle, différentsorganismes gouvernementaux réfléchissant (CSPLA notamment) sur ces problématiques. On  peut noter au passage qu'il est intéressant de constater que de nombreuses initiativescommunautaires se mettent en place pour combler le manque en la matière (je pense à desinitiatives comme Grocklaw, l'OSI,Fossbazaar , etc. aux États-Unis, ou l'OSOR , Veni, Vidi, LibriouCeCILLen Europe).
 
Interview : Benjamin Jean, juriste spécialisé en PropriétéIntellectuelle au sein du groupe Linagora et promoteur dulibre
Par ailleurs, ces groupements, communautés, qui cherchent (gracieusement) et souventafin de mutualiser, vulgariser et faire progresser le domaine scientifique afférent, sont trèssouvent tout à fait avertis des enjeux liés à l'usage des licences libres et, par là, en avance dansleur appréhension.
Maintenant essayons de découvrir ensemble les différents aspects du juridique dans ledomaine de l'open source. En effet suivant le point de vue, nous n'avons pas la mêmevision des choses!En premier, j'ai cru comprendre dans l'une de vos présentations qu'il existe unedifférence entre la notion d'open source et de logiciel libre. Pouvez vous nous résumer ladifférence d'un point de vue juridique ?
J'essaie systématiquement de mettre mes interventions en ligne sur le Blog del'association VVL et je suis ravi d'apprendre que cette mise à disposition permet une pluslarge diffusion !Pour commencer (et d'après moi), les deux notions sont assez proches. Ainsi, leslicences libres répondent à une finalité alors que les licences open source répondent à descritères précis :conformément à la définition de la FSF, un logiciel sera dit libre si l'utilisateur disposeeffectivement des libertés :1.d'exécuter / utiliser le programme ;2.d'étudier et d'adapter le programme ;3.de redistribuer des copies ;4.de modifier et de publier ses modifications.de son côté, l'Open Source Definition, afin d'établir une définition plus pragmatique , claire(moins sujette à interprétation) détaille dans l' « Open Source Definition » les 10 critères quiconfèrent automatiquement à une licence la qualité d'Open Source :1.la libre redistribution du logiciel — elle ne peut, par exemple, exiger le paiement d'uneredevance supplémentaire ;2.le code source doit être fourni ou être accessible ;3.les dérivés des œuvres doivent être permis ;4.l'intégrité du code doit être préservée — un tiers ne peut pas s'approprier le travail d'unautre et les contributions de chacun sont clairement attribuées (les modifications peuvent n'être éventuellement distribuées que sous forme de patch, séparément :distinguo que ne tolère pas la FSF) ;5.pas de discrimination entre les personnes ou les groupes — toute personne détentriced'une copie du logiciel bénéficie des termes de la licence tant qu'il s'y conforme lui-même ;
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